Le sublime sacrifice

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99 pages
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Dans les temps anciens, le royaume de Klôdan doit trouver un successeur à son souverain. Fait insolite, une femme est pressentie pour lui succéder. Elle s’appelle Taloua Klaman et est tout particulièrement belle et intelligente. Un oiseau sacré lui a porté le message de sa mission salvatrice. Mais elle devra subir nombre d’épreuves et finalement quitter le pouvoir, accompagnée de ses partisans. En route pour l’exil, alors qu’elle est poursuivie par ses détracteurs, elle sacrifie son fils au fleuve Comoé en furie. Arrivée sur l’autre rive, elle fonde un nouveau royaume avec son peuple.Avec ce récit narré au rythme d’un conte, nous retrouvons la légende de la reine Pokou, fondatrice au XVIIIème siècle, du royaume baoulé de Côte d’Ivoire. Plusieurs versions de cette légende existent, notamment celle de Véronique Tadjo, Reine Pokou. Concerto pour un sacrifice (voir également « Guerre et littérature africaine de jeunesse »). Ici, l’auteur trace un portrait assez féministe de la reine, investie d’une mission d’importance et très sensible au sort des siens. On suit avec intérêt les différentes péripéties de son parcours et pour les lecteurs les moins chevronnés, illustrations et vocabulaire final contribuent à la compréhension. Un texte à recommander aux adolescents.

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Date de parution 01 janvier 2010
Nombre de visites sur la page 94
EAN13 9782916532189
Langue Français

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Le sublime sacrifice
François d’Assise N’DAH
Le sublime sacrifice
Récit jeunesse
Vallesse Éditions 01 B.P. 2290 Abidjan 01 (Côte d’Ivoire) e-mail : edition_vallesse@yahoo.fr
© Vallesse Éditions, Abidjan, 2010 ISBN : 978-2-916532-18-9 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
Je voudrais dédier ce livre à Konan N'Guessan Benjamin, mon père, celui-là même qui m'a donné la vie et gratifié de ce don merveilleux. À toi aussi, Kouamé Wolié Agnès, ma mère, pour ton amour si tendre, pour ta douceur. À tous mes frères et sœurs, pour leur soutien et leurs conseils. Je n'oublie pas ma femme et mes enfants. Que dire de mes amis, N'Guessan Aimé, Banga Alain, N'Goran Bernard, Djè Charles, Serge Grah, Kra Etienne ! Mille mercis pour vos encouragements.
1.
LE CHANT DU CYGNE
Komlan Anzian était le roi de Klôdan, un royaume composé de neuf tribus au cœur de la forêt dense. Il avait succédé à son oncle Badou Yassoua. Depuis six ans qu'il régnait, la prospérité du royaume s'était accrue au point de susciter la jalousie de ses voisins. Mais qui oserait attaquer le royaume le plus puissant de la contrée ? Un matin, alors que Komlan Anzian venait à peine de se réveiller, uncygne, oiseau réputé pour son chant mélodieux, vint se poser sur le rebord de sa fenêtre. Dès qu'il se mit à chanter,
NB : Les mots en italiques sont expliqués en fin d’ouvrage.
Komlan Anzian se leva brusquement pour l'écouter. – Nanan Komlan, dit l'oiseau, Gnamien Kplim'a dépêché auprès de toi pour t'avertir que bientôt tu rejoindras la Cité des ancêtres. C'est pourquoi, il m'envoie chercher le « cœur d'or ». Komlan Anzian comprit aussitôt le sens de son message. Le « cœur d'or » est le symbole du courage et de la force dont tout roi doit faire preuve. Il l'avait reçu du même oiseau le jour où il avait été désigné comme roi. Sans opposer de résistance, il se leva tout doucement et se dirigea vers un coin de sa chambre. Là, il sortit d'une malle, un collier en or avec un penden-tif en forme de cœur. Puis, il revint vers l'oi-seau et le lui remit. Celui-ci le prit dans son bec et disparut dans la nature. Assis sur son lit, Komlan Anzian pensa à ses six années déjà passées à la tête du royaume. Après avoir longuement réfléchi, il conclut avoir fait son devoir du mieux qu'il avait pu. « J'espère, pensa-t-il, que le choix des ancêtres rencontrera l'assentimentdes notables. » À travers cette pensée, il faisait allusion à la
crise qui était survenue après sa désignation par le Conseil des Sages comme successeur de Badou Yassoua. Son cousin Koussi Obodoun s'y était opposé. Il avait estimé que le trône lui revenait de droit. On avait évité de justesse l'explosion du royaume. Mais il était sûr que ce problème resurgirait tôt ou tard. Komlan Anzian savait qu'il mourrait bientôt mais ignorait qui allait lui succéder. Toutefois, il n'allait pas tarder à le savoir. En effet, il venait à peine de finir son petit-déjeuner qu'on vint lui annoncer la visite de Gbôssô Nanwlè, le gardien des traditions sacrées. Il le rejoignit dans la somptueuse salle de réception. C'était une grande salle décorée avec goût. De grands pagneskitaaux motifs chatoyants couvraient l'ensemble des murs. Des statuettes en bronze, en bois d'ébène ou en argent symbolisant la force, le courage ou la maternité étaient déli-catement disposées dans chaque angle. Sur la gauche, en entrant par la porte centrale, se dressait fièrement une grande table recou-verte d'un lourd tapis aux bordures brodées en fils d'argent. On y avait posé avec soin les