Le TARTUFFE 2

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Le dossier de ce numéro 2 est consacré à la musique de Brecht. Lorsque l'on associe le nom de Bertolt Brecht (1898-1954) à la musique, on songe seulement aux deux opéras du compositeur Kurt Weill (1900-1950), L'Opéra de quat'sous (1928) et Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny (1930), dont le dramaturge allemand a signé les livrets. Et pourtant la musique est au cœur de pratiquement toute la production littéraire de Brecht, qui ne concevait pas l'expression scénique sans la musique.

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Date de parution 01 avril 2010
Nombre de lectures 302
EAN13 9782296240896
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0068€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LE TARTUFFE REVUE PÉRIODIQUE DE THÉÂTRE 2
0 1
02
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION RÉDACTEUR EN CHEF
COMITÉ DE RÉDACTION
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION GRAPHISME ET MISE EN PAGE
_Gérard ALLOUCHE _JeanPierre HAN
_Gérard ALLOUCHE _Yves BOURGADE _JeanPierre HAN _Karim HAOUADEG
_Jeanne CAUSSÉ _Corinne B.
ONT COLLABORÉ À CE NUMÉROAlexandra BARBIER, Pierre BARRAT, Yahia BELASKRI, Jacques DOUCELIN, Philippe DU VIGNAL, François EYCHART, Audrey MEYER, MarieNoël RIO, Alice ROUGEULLE.
COUVERTURE :© Steve Bouteiller, Élizabeth Carecchio, Marion Duhamel, JeanLouis Fernandez, José Frade, Lesley LeslieSpinks, Sébastien Mathé, Pascal Victor/ArtComArt.
Le Tartuffeparaît trois fois par an. Prix au numéro : 12La revue reçoit le mardi de 10h à 12h au 25, rue des Écoles 75005 Paris (L’Harmattan Vidéo).
La revueLe Tartuffeest régie selon le code juridique des Associations de 1901. Membres : Gérard ALLOUCHE (président), Jane ROBERTS (secrétaire), MarieThérèse MORON (trésorière). Adresse du siège : 17 rue de la Procession 75015 Paris. Mail : Tartuffe.harmattan@clubinternet.fr
Les manuscrits envoyés à la revue sont placés sous la responsabilité de leurs auteurs et ne sont pas rendus.
Copyright L’Harmattan, 2010 ISBN : 978-2-296-10349-8
S O m m A I R e
ÉDITORIAL PAGE07LE ÛLURES DE L’HIVER S BR _Gérard ALLOUCHE
PAGE13
PAGE17
PAGE35
PAGE49
DOSSIER BRECHT ET LA MUSIQUE BRECHT ET LA MUSIQUE : UNE TRÈS ÉTROITE RELATION _Yves BOURGADE
DE LA MUSIQUE À LA « MISUQUE » _Gérard ALLOUCHE
UNE EXPÉRIENCE EXEMPLAIRE _Pierre BARRAT _MarieNoël RIO
BRECHT ENTRE EISLER ET DESSAU _ François EYCHART
PAG59HEURS ET MALHEURS DE BRECHT MUSICIEN E SUR LA SCÈNE PARISIENNE _ Jacques DOUCELIN PAGE63LE DISCOURS DE LA MUSIQUE DANSLA MÈREDE BRECHT _JeanPierre HAN
PAGE69
PAGE70
PAGE74
SPECTACLES AU CRIBLE À PROPOS D’UNEMÉDÉEOCCITANE ET AFRICAINE _JeanPierre HAN
ODILE SANKARA, DE L’ÉCRITURE AU JEU _Yahia BELASKRI
MÉDÉEEN MANQUE DE FOLIE _Audrey MEYER
LE TARTUFFE03
04
PAGE77
PAGE79
PAGE86
PAGE88
RENONCIATION AU VOYAGE _Alice ROUGEULLE
AU LUCERNAIRE NATHALIE JOLY ALLUME L’ÂME DU JENESAISQUOI _Gérard ALLOUCHE
MÉMOIRE VIVE RACHEL OU LE MIRACLE CLASSIQUE _Karim HAOUADEG
MLLE RACHEL _Jules JANIN
FABRIQUES DE THÉÂTRE PAGE96LA FOLLE ÉCOLE DE CHAILLOT _Philippe DU VIGNAL
PAGE110
CRITIQUES LES BALLETS RUSSES, LE RETOUR À L’OPÉRA DE PARIS _Yves BOURGADE
PAGE115VINAVER AUX ASSISES _Gérard ALLOUCHE PAGE118POUR ISA BELLE HUPPERT… ET SES CAMARADES _JeanPierre HAN
PAGE121
PAGE124
PAGE126
LA PIERRE: TROIS GÉNÉRATIONS AUX PRISES AVEC LEUR MÉMOIRE _Yves BOURGADE
DÉSIRÉ,DIRIGÉ AVEC RIGUEUR ET MAESTRIA _JeanPierre HAN
LES PEAUX DE PIPPO _Alexandra BARBIER
_AIRe05 LE TARTUFFESOmm
EXPOSITIONS P E130ISADORA DUNCAN, LA DANSEUSE AUX PIEDS NUS AG _Yves BOURGADE PAGE134LE « CHOC » DES BALLETS RUSSES _Yves BOURGADE
LIVRES PAGE142APPELS À LA POSTÉRITÉ… _JeanPierre HAN GE146QUAND KNOCK AUSCULTAIT LE COMÉDIEN PA _Gérard ALLOUCHE 148AUX SOURCES DU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI PAGE _JeanPierre HAN
PAGE150
ÉVÉNEMENT ÉDITORIAL _JeanPierre HAN
PAGE151SARAH BERNHARDT OU LE CONDENSÉ D’UNE VIE _JeanPierre HAN PAGE153POURQUOI LE HOMARD ATIL DES PINCES ET PAS LA LANGOUSTE ? _Gérard ALLOUCHE
LES BRÛLURES DE L'HIVER
LE TARTUFFE07 _
Cet automne, deuxPhiloctète,sortis de Sophocle, ont atterri à Paris. À l'Odéon et aux Abbesses. La naïveté est cette ruse subliminale qui seule peut séduire un héros aguerri et le ramener avec son arc fabuleux à la Cité des hommes. Céderatil ? Et d'abord, à l'orgueil de luimême ? Le sang noir de la rancune brûle son pied purulent « atteint d'un si vieux mal », comme le pied d'dipe, alourdi d'œdème, trahissait sa naissance. Mémoire des corps, moments de théâtre.
Brecht se moquait des petits bourgeois œdipiens qui caressaient le cordon ombilical de cet arc invisible qui ne les reliait finalement qu'à euxmêmes. Heiner Müller écrit sonPhiloctèteau cœur de la guerre froide. Le mur de Berlin est de béton : qui le franchit rend son âme. Ce sont les ordres. C'est au Brecht radical des années trente que Müller, disparu, rend hommage dans le palimpseste incestueux de sa pièce. Depuis, l'Histoire a fait litière des illusions perdues...
Mais l'actualité brechtienne est toujours sur la brèche. Le Berliner Ensemble est de retour au Théâtre de la Ville, conduit par Bob Wilson.Le Regard du sourd
É d i T o R I A L
08
s'offre la musique de Weill en version originale complète :L’Opéra de quat'sous,exhumé des basfonds de Londres, que les gueux occupent, déploie son show dans les sons de sa clique et ses silences qui en disent long. « Qu'y atil audelà de leur apparence, sous leurs vêtements pouilleux ? »
Au festival actuel d'Almada, ville ouvrière faisant face à Lisbonne, Brecht se croise avec Gorki.La Mèreest tirée du célèbre roman naturaliste populaire russe que Brecht prolonge de 1905 à 1917, aux portes de la révolution rouge, dans les gestations antagonistiques du marxisme. La musique de Hanns Eisler crée une tension dialectique avec le texte. Un jeu cynique aussi « car la pièce n'est pas une pièce de propagande ».
Notre dossier est consacré à la musique de Brecht.
La matière est abondante et les apories affleurent, au
partage même d'un dramaturge, poète et guitariste,
qui se fait violence mais qui sait ce qu'il veut.
Il s'assigne d'émasculer une musique ensorcelante
dont il mesure la puissance émotive sans rivale.
Avec, en contrepoint, un texte qui lui fait pièce et qui est
la partition politique qu'il propose au peuple ou
au public, c'est tout un. Brecht tente donc de tresser
une très étroite relation avec les sons dans cette
distribution des rôles qui se veut paritaire. On lira
le témoignage sur les scènes françaises de ceux qui ont
fait connaître ce théâtre musical depuis Malraux.
Vérités vécues sur le vif et sur le fond de cette
aventure exceptionnelle. Une archive précieuse,
une actualité présente.
RTUFFE LE TA_ÉdiToRIAL09
Si Weill et Brecht ont campé dans des territoires autonomes, avec les dissensions qu'on leur connaît, ils ont aussi vogué ensemble vers le succès. Mais l'osmose musicale ne s'est vraiment faite qu'avec Eisler et Dessau. Et pour cause, camarade ! De la musique à la « misuque » est donc un programme qui n'est pas près d'être bouclé. Le théâtre est bien l'art du vivant, le concert ininterrompu de nos jours.
En 1951 Vilar prenait la direction du TNP et y montaitMère Courage. Nada Strancar l'a jouée dans des mises en scène de Schiaretti.
Odile Sankara, dans l’entretien qui lui est consacré, évoque laMédéede Max Rouquette. Médée aussi est africaine, « elle est la grande prêtresse pétrie de pouvoir » du continent noir. Une femme libérée, décomplexée et qui va jusqu'au bout d'ellemême !
Une école était abritée dans les murs du palais de Chaillot en proie à des restaurations sans fin (et sans moyens). Elle a connu des heurs glorieux. Et des descentes aux enfers du fait de ses pédagogies à géométrie variable. La folle de Chaillot a hanté cette fabrique de talents. Mais la tragédie, comme la crise, adhère au théâtre et le triangle est fermé : le ciel, la terre, l'enfer.
La tragédie d'une tragédienne, c'est de quitter la scène sur un rappel des cieux. La jeune Rachel (18211858) est vite repérée par Jules Janin, contemporain de Balzac, critique auJournal des DébatsJe la rencontre: « l'autre jour, et elle me dit : –C'est moi que j'étaitau Gymnase.:À quoi j'ai dû répondre Je le savions.»
10
Sarah Bernhardt (Voir rubrique Livres) se donna un mal fou pour faire oublier Rachel au Français, mais elle triomphaquand même. Elle fut la marraine de Sacha Guitry dont nous voyons aujourd'huiDésiréà La Michodière. Le couple Robin RenucciMarianne Basler fonctionne à merveille. Ils ont été l'un et l'autre à l'école des grands.
Retour surMédée,décapée en occitan et mue par le tamtam de JeanLouis Martinelli. Deux regards critiques sur elle. Il faut la sauver ! Mais rien n'y fait : sa magie s'est affadie aux Amandiers de Nanterre. L'Afrique, sursaturée de folklore, a abusé de ses couleurs. Les boubous de son chœur ont plombé sa douceur bambara. La fiction est devenue carte postale bienpensante : « Ici la banlieue, vous avez le bonjour de BoboDioulasso. »
Isadora Duncan dansait aussi les pieds nus ! Quand elle inspirait Antoine Bourdelle… Quand elle mourut étranglée par son foulard… Quand les Ballets russes créaient un choc en France : leur retour à l'Opéra de Paris pour une exposition.
Rafraîchissement : le cabaret d'Yvette Guilbert. Nathalie Joly au Lucernaire. Brûlure :Un tramwayà l'Odéon. La touffeur sudiste de Tennessee Williams. Son Mississippi à fleur de peau, ferment de sexe et de suicide. La soif inextinguible de la femme frustrée. La performance d'Isabelle Huppert...
Gérard ALLOUCHE _ Directeur de la rédaction