Le temps de la paresse

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Français
328 pages
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Description

"Le Temps régit tout", répète souvent Amadou qui aime dire en une formule hermétique et provocante : "Le Temps m'effraie, c'est pourquoi j'adore la paresse". A la fois antisocial et antireligieux, signe d'échec de mauvaises gouvernances, insulte à la dignité spirituelle de l'homme et à son destin métaphysique, Le temps de la paresse demeure l'éternel ennemi, la sourde et constante menace, le mal absolu. Il peut, cependant, de loin en loin, quelquefois, inciter à la création, quand on sait et arrive à le combler d'une présence active qui en informe la négativité.

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Date de parution 05 février 2017
Nombre de lectures 13
EAN13 9782140030444
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Ibrahima Sow
Letempsde la  paressSPNeBO
L E T E MPS DE L A PA R E SSE R oman
IBR A HIMASOWL E T E MPS DE L A PA R E SSE R oman
© L’HA R MAT TA N-SÉ NÉ GA L, 2017 10 V DN, Sicap A mitié3, L otissement CitéPolice, DA K A R http://www.harmattansenegal.com senharmattan@gmail.com senlibrairie@gmail.com ISBN : 978-2-343-11401-9 EA N : 9782343114019
DÉ DIC A C E S
À tous mes amis de jeunesse du Club technique des C hômeurs (CTC) de la Sicap Liberté 3, morts et vivants, qui ont inspiré la rédaction de ce roman dont les personnages sont fictifs, si bien qu e toute ressemblance que l’on pourrait y noter avec des ê tres réels ayant ex isté n’est que pure coïncidence ou le fruit de l’imaginaire.
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1LA T INDU M L UT E SA
L’aube naissante chasse les derniè res ombres de la nuit. L ’obscurité, peu à peu, se dissipe, dévorée par un soleil encore timide dont la lumiè re diffuse se répand lentement dans la ville endormie. Une immense quiétude enveloppe la ville, dévoilant ê tres et choses dans leur réalité surprenante. Un concert rythmé d’ombres et de lumiè re ! Telle une formidable explosion contenue, le chant de l’aube se libè re du monde des ombres. La nature, frissonnante, comme si elle avait tenu son cœ ur en réserve pour cet unique instant, s’éveille, paresseusement, aux premiè res caresses de l’aube aux lè vres de rosée, secouant doucement son manteau d’ombre et de nuit.
Dans le ciel baigné de rose et de pourpre indéfinissable, mê lant leurs cris encore tout faibles à la rumeur montante et sourde de la ville, des bancs épars de mouettes et d’oiseaux marins, l’aile lasse, voguent en théories graciles en direction de la mer. Dans le l ointain, à l’appel de la voix métallique et sereine du muezzin, se mê lent pleurs d’enfants, bê lements de moutons, klaxons de voitures et autres bruits familiers du matin. Un chien aboie au loin comme si on l’égorgea it. Des pas traînent sur l’asphalte, en crissant. La sérénitéde l’aube se d issipe peu à peu dans cet univers matinal. É coute des ê tres et des choses, l’aube, sitôt venue, se meurt, laissant place au jour, à un monde nouveau.
Les ê tres et les choses prennent alors une nouvelle mesure, découvrent de nouveaux contours. Annonce du jour, noces de l’o mbre et de la lumiè re, du ciel et de la terre ! Un avè nement ! Avè nement de la présence de l’homme et de l’éveil du jour confondus dans l’entr elacs rythméde ce qui s’annonce et de ce qui s’évanouit. Oh, miracle quot idien de l’avè nement du matin surgissant à mê me le geste de l’homme, à mê me le cri des mouettes, à mê me le crissement du sable sous les pas.
De la douceur juvénile du jour ou de la présence de l’homme, on ne saurait dire d’où vient cette surprise qui habite A madou, livrant à son regard éclaté cette existence inédite. Tout lui apparaît comme si c’était la premiè re fois. Il ne saurait dire si tout est nouveau ou ancien, car, en cet instant, si grande et bouleversante est la proximité des choses en lui. Proches lui sont les choses, étrangement proches, mê me dans leur
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