Les Arbres de la Sagrada Familia

Les Arbres de la Sagrada Familia

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Français
408 pages

Description

En 1881, Antoni Gaudi n'est pas encore le célèbre architecte qu'il deviendra lorsqu'il rencontre le petit Jaume Alcina, gardien de chèvres, sur le terrain où va s'élever la Sagrada Familia. Un journaliste français, qui se fait écrivain, recueille le récit de cette rencontre qui scellera le destin de quatre générations.

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Date de parution 20 septembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140130939
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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JeanClaude Caillette
LES ARBRES DE LA SAGRADA FAMILIA Roman
L’autre Espagne
LES ARBRES DE LA SAGRADA FAMILIA
L'autre Espagne Littérature
Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin Cette collection de littérature apour vocation de faire connaître en France des écrivains espagnols de talent;poètes ouprosateurs; rarement oujamais traduits en français. Elle accueille les textes en français ou en édition bilingue, reflet de la richesse linguistique de l'Espagne. Dernières parutions : GARCIA VALDES Olvido,Et nous étions tous vivants, 2017. BETRANA Prudenci,Josafat, 2016.
Jean-Claude Caillette
LES ARBRES DE LA SAGRADA FAMILIA Roman
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-18515-6 EAN : 9782343185156
PRÉAMBULE
Et si un jour on lit ces lignes, je veux qu’on sache ce qu’il m’en a coûté. L’écriture se joue seule. Jean-François Roseau
 Il n’est pas commun que l’éditeur écrive le préambule ou la préface d’un livre. On laisse ce soin, en général, à une connaissance bienveillante qui dissèque et analyse l’œuvre sous forme de panégyrique que la famille de l’auteur met soigneusement de côté aux fins d’une réutilisation éventuelle en modeéloge funèbre. À charge pour l’auteur de renvoyer l’ascenseur à l’occasion d’un article élogieux dans un blog, un site.  Cependant, les circonstances particulières à l’élaboration de cet ouvrage m’incitent à penser que quelques explications sont nécessaires à la bonne compréhension du récit.  Cet ouvrage a été conçu et élaboré entre l’été 2017 et le printemps 2018, en grande partie à Barcelone. En fait, deux livres distincts devaient voir le jour. L’un concernant l’histoire de la construction de la Sagrada Familia, l’autre devant relater la saga de la famille Alcina ; famille étroitement impliquée dans cette construction.  L’un et l’autre ouvrage ont été élaborés par le journaliste Tancrède Seurat d’après les souvenirs de Francesc Alcina. (À ce propos, au regard des interventions, aveux, et propos personnels des deux hommes, l’anonymat a été respecté. Tous les noms, y compris celui de l’auteur sont des pseudonymes.)  Ma contribution, en tant qu’éditeur (et néanmoins ami), a été d’inclure les divers missives, mails, comptes rendus de conversations ; le tout avec l’approbation des correspondants ou de leurs héritiers, bien entendu. Ces lettres, notes, ajouts, sont essentiels à la restitution des faits et de l’état d’esprit des protagonistes. J’ai laissé d’origine, la datation et la chronologie des documents tels qu’ils me sont parvenus. C’est tout naturellement que les deux histoires se sont mêlées, imbriquées et enrichies des propos, remarques, souvenirs, aveux, de deux fidèles amis, Tancrède et Francesc.
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Archie Boes,éditeur
NOTE DE L’AUTEUR Les arbres de la Sagrada Familia ; un roman opératique.  Après avoir délivré à l’humanité quelques ouvrages pratiques et aussi variés queLa culture des bonsaïs géants : Je veux être Steeve Jobs ou rien : La sexualité du gaucher et le fameuxGuide pratique à l’usage de celui qui ne sait rien faire de sa cervelle, ni de ses dix doigts, je voulais m’éloigner de cette écriture scolastique et revenir au romanesque.  Ce livre est la somme de toutes mes envies traduisibles en signes compréhensibles.  C’est un roman, une saga de plusieurs générations d’artisans, d’artistes, impliquées dans la construction de la Sagrada Familia et parties prenantes des soubresauts économiques et sociaux de la révolution industrielle, de la guerre civile de 1936/39, de ses prolongements sous Franco, pour se terminer de nos jours.  C’est un livre historique, qui s’appuie sur mes investigations journalistiques. C’est également le récit de la Sagrada Familia et de ses mystères, de 1866 à nos jours.  Concernant la narration, je l’ai voulue lyrique, symphonique, quitte à revendiquer des excès, des déraisonnements.  L’intrigue se veut orphéonique. Au début, les chants semblent isolés, sans qu’aucun thème ne se détache ; hormis la violence, toujours présente, hormis la présence tutélaire de Gaudi – le génie au-dessus de la mêlée –, pour s’ordonner et devenir chorale.  Car ne vous y trompez pas, Antoni Gaudi n’a pas à être jugé, mais doit être interrogé, compris, comme un artiste complet, un génie créateur en conflit avec la médiocrité ordinaire.  Ce livre est une fiction, inspirée de faits et de personnages bien réels.  Quoique ! Tancrède Seurat
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1866/1881 E. mail 1 De Tancrède Seurat à Archie Boes Objet :Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Évangile selon Jean, VIII, 12.Cher éditeur et néanmoins ami,
 Ton mail d’hier reflète plus ton statut d’éditeur que celui d’un ami. Ma réponse sera d’autant adressée à l’un qu’à l’autre.
 Je voudrais tout d’abord que tu acceptes mes excuses pour mon quasi-silence de plus de trois mois. J’espère que ces lignes, ces paragraphes et chapitres qui vont suivre t’aideront dans cette voie.
 Moi aussi je suis double ! (parfois je pense être multiple !) L’homme devait se reconstruire, l’auteur avait besoin de se régénérer. Ma mère, qui a toujours un adage d’avance, m’a dispensé un jour celui-ci : «Dans la vie, tu auras de bons et de mauvais moments, mais tu ne sauras jamais les reconnaître. » Pour une fois, ma pauvre maman a eu tort. L’homme aurait plutôt choisi une île grecque ou les hauteurs de Bonifacio (tu sais combien j’y suis attaché), l’auteur (qui peut être sérieux, quoi que tu en dises) préféra se rapprocher du modèle de son étude. Tu n’ignores pas que Barcelone est pour moi un endroit sensible, chargé. C’est la raison pour laquelle j’ai abordé la capitale catalane par le chemin des écoliers ; le chemin étant celui de Compostelle. Deux mois de cheminement pédestre depuis le Puy, la Margeride, l’Aubrac… Te souviens-tu du tour des bastides albigeoises et des sentiers douaniers bretons que nous fîmes ensemble ?  À Compostelle, il me fallut un mois supplémentaire pour profiter des bains de mer, m’imprégner de l’art gothique catalan, faire un bout du chemin d’Argent vers les mines asturiennes, puis le Maître Gaudi… Léon… Astorga.  Au bout de trois mois, je n’avais pas écrit une ligne du foutu bouquin sur la Sagrada Familia que tu m’as commandé. (Au passage, je te signale que je ne t’ai jamais demandé d’avaloir et donc ne me considère tenu par aucune obligation.)  Tu trouveras le début de mon tapuscrit en pièces jointes. Je te laisse le soin (sous réserve de coupures drastiques) d’agencer les périodes à ta guise, n’ayant aucune idée du chemin narratif à suivre. Mon ordonnancement est celui de mes rencontres, de mes recherches, celui de mes envies et de mon imagination. Comme je suis actuellement en période constitutive, je t’adresserai les documents au fur et à mesure de l’avancement.
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