Les Larmes de Satan - Tome 1

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Français
231 pages
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Description


Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.


Tome 1 - Le Groupe Opéra (juin 1917 - juillet 1940)


Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir en silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Jugé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisit sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque...

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Nombre de lectures 14
EAN13 9782374535982
Langue Français

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Présentation
Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orp helinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse . Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre le s armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loire t et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas-à-pas le destin d ’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre. Tome 1 - Le Groupe Opéra (juin 1917 - juillet 1940) Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir e n silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Ju gé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisi t sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque...
Gilles Milo-Vacériil vitune vie bien remplie. Après des études de droit,  a pendant quelques années de multiples aventures au s ein de l’armée puis entame une série de voyages sur plusieurs continents afin de découvrir d’autres cultures. C’est un auteur protéiforme, explorant sans cesse d e nouveaux territoires. Le polar ou le thriller, le roman d’aventures inscrit dans l ’Histoire ancienne ou plus contemporaine, les récits teintés de fantastique, s e sont imposés à lui en libérant complètement sa plume de toutes contraintes et révé lant un imaginaire sans limites. Au-delà d’une trame souvent véridique, le suspense et les intrigues s’imposent dans ses romans, apportant une griffe particulière à ses publications. Un pied dans la réalité, l’autre dans un univers étrange où tout pe ut devenir possible, Gilles Milo-Vacéri surprend ses lecteurs avec des textes au réa lisme angoissant. Il aime conserver un lien étroit et permanent avec son lect orat, lors de rencontres dédicaces ou grâce à sa présence sur les réseaux so ciaux et son blog officiel qu’il anime très activement. Blog officiel-Facebook-Twitter
LES LARMES DE SATAN
Tome 1 LE GROUPE OPÉRA
Gilles MILO-VACÉRI
LES ÉDITIONS DU 38
À Caroline,
Avec Les larmes de Satan, avec la Guerre, les drames et les morts qui parsèment ce récit, je réalise, une fois de plus, ma chance d’être vivant, libre et heureux. Vivant pour avoir pu te rencontrer, libre de t’aimer et d’être aimé par toi, et heureux de ce bonheur partagé au quotidien.
Préface de l’auteur
Pourquoi avoir voulu écrire un énième roman sur cet te période sombre de notre histoire, pourriez-vous me demander. Si vous êtes l ’un de mes lecteurs fidèles, il est évident que cela n’a rien à voir avec mes polars ha bituels. Pourtant, je me suis déjà penché sur ce thème dans certains de mes textes pré cédents. J’ai simplement souhaité aller plus loin, afin d’évoquer le courage de ces hommes et de ces femmes qui ont relevé la tête quand d’autres, dans une gra nde majorité, l’ont baissée, tandis qu’une minorité rampait dans la boue de la collaboration. Ce roman, qui n’est qu’une fiction, n’est rien en r egard de l’histoire réelle vécue par tous ces volontaires dont les visages ont, pour la plupart, disparu de nos souvenirs tandis que leurs actes héroïques ne figur ent dans aucun livre d’histoire. Tous ces anonymes ont versé leur sang et, trop souv ent, payé de leur vie le combat pour notre liberté. Nous n’avons pas le droit de le s oublier. Ce roman aborde à peine l’horreur des camps en évoq uant, sans commune mesure avec la sinistre vérité, la barbarie et l’ex termination organisée d’enfants, de femmes et d’hommes dont la seule faute a été de por ter une étoile jaune imposée par leurs bourreaux, ceux-là mêmes qui voulaient le s anéantir au prétexte d’une race dite supérieure. Je ne pouvais donc pas taire la Shoah, six millions de victimes innocentes et l’appui de Vichy ou la lâcheté de ceu x qui détournaient les yeux. La Seconde Guerre mondiale a été le creuset du meilleu r comme du pire de l’âme humaine et c’est pourquoi ce roman est intense en é motions de toutes sortes. Je le voulais ainsi. Je pense que nous avons tous un devoir de mémoire e t en tant qu’auteur, je n’apporte qu’une bien modeste pierre au temple de n otre mémoire collective. J’ose espérer que les générations futures conserveront ce s valeurs fondamentales du respect de l’humain, du droit à la différence, qu’e lle soit de couleur de peau, d’opinion ou de religion. Cela démontrerait, de la meilleure manière qui soit, que le sacrifice de nos aînés n’a pas été vain et encore m oins oublié. Ce roman est un hommage pudique, sans doute maladro it, mais sincère, à ces femmes et ces hommes, Résistants et Déportés, à ces combattants de l’ombre que je mets en lumière grâce à mes personnages, même si ces derniers ne souffrent pas la comparaison avec la grandeur d’âme et la rée lle bravoure des premiers. Nous le savons tous, la vérité a toujours dépassé d e très loin la fiction et c’est encore plus vrai dansLes larmes de Satan. Avec mon plus profond respect, Gilles Milo-Vacéri
Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place . Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous é coute… Chant des partisans– Extrait (1943) Musique originale d’Anna Marly Paroles françaises de Joseph Kessel et Maurice Druo n * […] Écoute aujourd’hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C’est la marche funèbre des cendres que vo ici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l’an II, de celles de Victor Hu go avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu’elles reposen t avec leur long cortège d’ombres défigurées. Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu pense r à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé. Ce jour-là, elle était le visa ge de la France. Discours du transfert des Cendres de Jean Moulin au Panthéon– Extrait André Malraux 19 décembre 1964 *
Prologue
13 juin 1917 e Paris XIV - Boulevard Arago La silhouette avançait courbée, luttant contre la p luie et poussée par un vent trop froid pour cette saison. À cette heure bien matinal e, il faisait encore nuit et son pas décidé ne trahissait aucune hésitation. La températ ure était fraîche en ce mois de juin que les orages disputaient à la fin d’un print emps qui n’avait rien annoncé de bon. Le pays était en guerre, un conflit qui n’en finiss ait plus et qui avait envoyé au front tous les hommes valides, abandonnant à leur t riste sort, les femmes, les veuves, les laissés-pour-compte, les enfants et les vieillards. Dans les tranchées lointaines, comme dans la Capitale ou les provinces , le moral était au plus bas, le peuple souffrait de privations et tous espéraient d es jours meilleurs. L’ombre rasait les murs sans ralentir, heurtant par fois un volet mal fermé ou s’écartant d’une gouttière qui fuyait. Elle tenait quelque chose dans ses bras, serré contre elle, s’accrochant désespérément à ce léger fardeau qui remuait à peine. — Que Dieu me pardonne… Presque à chaque pas, elle murmurait ces mêmes quat re mots dans une litanie difficilement audible, le souffle court, la voix br isée par le chagrin qui la terrassait. C’était une femme dont on ne pouvait apercevoir le visage, dissimulé derrière un foulard sombre. Portant un long manteau, ses talons claquaient sur le bitume. Dès qu’elle apercevait un passant, le fantôme traversai t la chaussée en courant avant de revenir sur le même trottoir. Elle laissa les ja rdins de l’Observatoire sur sa droite, rassurée et sachant qu’elle serait bientôt arrivée. Si l’on avait prêté l’oreille, d’aucuns auraient pu entendre de curieux pleurs se mêler aux sanglots de la femme. Dans ces instants-l à, elle s’arrêtait, écartait les linges qui recouvraient son étrange colis qui se ré vélait tout à coup très remuant. Ayant abaissé son foulard, son visage sombre appara issait alors, ravagé de larmes, de honte et de remords. — Je t’en prie, ne pleure pas. Bientôt, tu pourras manger… Elle embrassait le front du nouveau-né, suffoqué pa r sa détresse, recouvrait l’enfant et reprenait sa fuite en avant, alternant le trot et la marche rapide, sans doute pressée d’en finir. Tout en cheminant, les so uvenirs revenaient s’agripper à sa conscience, alourdissant un peu plus le poids d’ une culpabilité qu’elle s’apprêtait à porter pour le restant de ses jours. Eugénie avait 25 ans. Elle avait été mariée, amoure use et heureuse avec deux enfants, puis veuve avec toujours deux adorables ba mbins. Vint la faute, la terrible et irrémédiable erreur qui avait laissé un troisièm e enfant en souvenir. Trois ans après la mort de René, son mari tombé sous les ball es allemandes, elle avait perdu la tête et succombé au charme d’un bel officier en permission. Il avait suffi d’une semaine et, malheureusement pour elle, de quelques nuits, pour que l’impossible devienne une sinistre vérité qui pleurait maintenan t nichée dans ses bras. En ces temps, on ne pardonnait pas aux filles-mères et encore moins aux veuves
joyeuses, surtout quand leur mari était mort à la g uerre. Eugénie avait pensé se jeter dans la Seine avec son petit dernier, mais el le avait renoncé, car ses deux aînés n’avaient plus qu’elle pour survivre. Trois semaines après l’accouchement, terrorisée à l a simple idée que ses parents apprennent son méfait, à bout de forces, el le avait décidé d’abandonner son bébé. Trois semaines d’enfer au cours desquelles el le avait cru mourir à chaque instant. N’ayant pas de montée de lait à cause du m anque de nourriture, elle courait après les nourrices qui lui faisaient payer les tét ées à prix d’or. Trois semaines où elle avait cherché toutes les solutions, pensant mê me fuir à l’étranger sans rien dire à personne. Peu à peu, l’idée avait fait son chemin . Elle devait abandonner son fils, sa chair, ce nourrisson qui se blottissait contre e lle, réclamant ce qu’elle ne pouvait pas lui donner. — Que Dieu me pardonne… Elle arriva enfin sur la place et n’avait plus qu’à remonter la rue Denfert-1 Rochereau sur sa droite pendant une centaine de mètres. Son but était là, la boulangerie Lombard. En ces te mps de guerre, elle avait appris que le couple qui tenait ce commerce avait b on cœur, octroyait parfois du crédit aux indigents et ne détournait jamais les ye ux quand une main se tendait. Elle aurait pu le porter jusqu’aux Enfants Trouvés, à qu elques pas de là, mais c’était une épreuve encore plus dure, un miroir qui lui renverr ait l’image qu’elle avait déjà d’elle-même. Une mère qui abandonne son enfant n’es t qu’un monstre. Avec un peu de chance, ils garderaient son fils avec eux, il ma ngerait à sa faim et grandirait, entouré d’amour et bien protégé. Tout ce qu’elle ne pouvait plus lui offrir. Un sanglot plus fort déchira sa gorge et elle comme nça à courir. * Eugénie n’avait plus de larmes depuis longtemps et elle savait que la déchirure qui brisait son cœur ne cicatriserait jamais. Il n’ était pas encore six heures et l’artisan ne devrait plus tarder à ouvrir. Elle n’a vait que peu de temps pour faire ses adieux à son fils. Elle vérifia qu’il était bien em mailloté, l’embrassa une dernière fois et après s’être assurée que personne ne la regardai t, déposa son précieux fardeau près de la porte de la boulangerie, au coin du pili er de pierres et à l’abri de la pluie. — Je prierai pour toi jusqu’à mon dernier souffle, balbutia-t-elle. Je te demande pardon… je ne peux pas… je ne… Sa voix s’éteignit. Elle n’avait plus la force de p arler. Elle se remit debout, dut s’appuyer contre les volets de bois qui protégeaien t la vitrine pour ne pas tomber et s’éloigna en se bouchant les oreilles. Elle crut mê me entendre,Maman!les dans cris du nouveau-né à qui elle s’était interdit de d onner un prénom. D’ailleurs, ses cris faiblissaient et devenaient à peine audibles. Eugénie s’immobilisa, se tourna une dernière fois. En cette seconde, tout le poids du monde reposait sur ses épaules et elle dut se re tenir à un tronc d’arbre pour ne pas chuter, les jambes coupées. Là-bas, la petite f orme sombre remuait et l’appelait. Le visage noyé de larmes, le chagrin et la honte serrant sa gorge, elle sursauta quand une main se posa sur son épaule. Un vieil homme se tenait derrière elle, intrigué par son comportement.
— Un problème, m’dame? Ça n’a pas l’air d’aller… Elle hurla comme une possédée, se mit à courir et d isparut dans l’aurore pluvieuse de cette nuit parisienne qu’elle ne pourrait jamais oublier. * Gaston Lombard sifflotait en se lavant les mains. D ans dix minutes, ils ouvriraient la boulangerie et il jeta un regard attendri vers s a femme qui mettait la maigre fournée du jour en rayon. Elle le lui rendit avec c e sourire qui le faisait fondre. Il se dirigea vers elle, la démarche peu assurée. Mobilis é en 1915, il avait sauté sur une mine allemande et failli perdre la vie. Il y avait laissé la jambe et le pied gauche, remplacés par une prothèse à laquelle il avait du m al à s’habituer. Renvoyé dans ses foyers, il avait repris son métier aux côtés d’ Annie. — Que serais-je sans toi? murmura-t-il, en l’enlaçant. Elle le repoussa avec tendresse. — Voyons! On pourrait nous voir. Il rit de bon cœur et contempla leur boutique, vide de toute présence. — Hmm… Ma foi, tu as raison! Et je… Ils s’immobilisèrent tout à coup. Gaston fronça les sourcils. — Tu as entendu? Elle acquiesça et ils ne bougèrent plus. Dans un mê me mouvement, tous les deux se tournèrent vers la devanture, encore fermée . — On aurait dit… ajouta son épouse. Il lui fit signe de se taire, mais plus rien ne tro ubla le silence. — On a dû rêver. Bien, je t’ouvre les volets et je vais me reposer une petite heure. Avec ce temps pourri et l’humidité, ma patte folle est douloureuse. Il se dirigea vers la porte qu’il ouvrit après l’av oir déverrouillée. — Quelle saloperie cette pluie! Depuis trois heures du mat, ça flotte comme vache qui pisse. Alors qu’il s’apprêtait à décrocher la plaque de bo is, il entendit nettement des vagissements. — Ah, crénom… Je… Le boulanger posa le volet en équilibre et se préci pita au-dehors. — Nom de Dieu! Viens vite! Annie accourut au plus vite. Consternés, ils contem plaient le petit paquet de linge qui remuait beaucoup. Gaston s’agenouilla, écarta l a couverture et découvrit le visage d’un bébé. — Oh, putain de m… — Ne jure pas! Tu sais que je ne supporte pas ça. Elle le ramassa pour le serrer dans ses bras. — Pauvre petit! Il est tout trempé. Ils fixèrent la rue d’un côté puis de l’autre. Il p oussa sa femme vers l’intérieur. — Mets-le vite à l’abri. Va près du four, il fera m eilleur. Si le môme piaille comme ça, c’est qu’il doit mourir de faim. Je t’apporte d u lait… vite, rentre! Son épouse s’éloigna rapidement vers le fournil. Ga ston examina une dernière fois la rue déserte et grimaça. Pourquoi avait-on l aissé cet enfant devant chez lui? Il