Les Larmes de Satan - Tome 2

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Français
237 pages
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Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer...

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Nombre de lectures 24
EAN13 9782374536002
Langue Français

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Présentation
Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orp helinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse . Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre le s armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loire t et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas-à-pas le destin d ’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre. Tome 2 - Dans l’ombre d’Alice (juillet 1940 - octob re 1941) Après la diffusion des tracts et les missions de re nseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut co mpter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazièr es, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les atten d dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Grou pe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer...
Gilles Milo-Vacériune vie bien remplie. Après des études de droit, il vit a pendant quelques années de multiples aventures au s ein de l’armée puis entame une série de voyages sur plusieurs continents afin de découvrir d’autres cultures. C’est un auteur protéiforme, explorant sans cesse d e nouveaux territoires. Le polar ou le thriller, le roman d’aventures inscrit dans l ’Histoire ancienne ou plus contemporaine, les récits teintés de fantastique, s e sont imposés à lui en libérant complètement sa plume de toutes contraintes et révé lant un imaginaire sans limites. Au-delà d’une trame souvent véridique, le suspense et les intrigues s’imposent dans ses romans, apportant une griffe particulière à ses publications. Un pied dans la réalité, l’autre dans un univers étrange où tout pe ut devenir possible, Gilles Milo-Vacéri surprend ses lecteurs avec des textes au réa lisme angoissant. Il aime conserver un lien étroit et permanent avec son lect orat, lors de rencontres dédicaces ou grâce à sa présence sur les réseaux so ciaux et son blog officiel qu’il anime très activement. Blog officiel-Facebook-Twitter
LES LARMES DE SATAN
Tome 2 DANS L'OMBRE D'ALICE
Gilles MILO-VACÉRI
LES ÉDITIONS DU 38
Discours du Maréchal Pétain
Français! À l’appel de Monsieur le Président de la République , j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la Fr ance. Sûr de l’affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne d e ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes; sûr que, par sa magnifique résistance, elle a rempli ses devoirs vi s-à-vis de nos alliés; sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fier té de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la Franc e le don de ma personne pour atténuer son malheur. En ces heures douloureuses, j e pense aux malheureux réfugiés, qui dans un dénuement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’ il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui dem ander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’h onneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se grou pent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassen t taire leur angoisse pour n’obéir qu’à leur foi dans le destin de la patrie. 17 juin 1940 Maréchal Philippe Pétain (1856-1951) Président du Conseil
*
Appel du 18 juin 1940 Les Chefs qui, depuis de nombreuses années sont à l a tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernem ent, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécan ique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit? L’espérance doit-elle disparaître? La défaite est-elle définitive? Non! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de c ause et vous dis que rien
n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui no us ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule! Elle n’est pas seule! Elle n’est pas seule! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Ang leterre, utiliser sans limite l’immense industrie des États-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheu reux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les sou ffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écr aser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du mo nde est là. Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’i nvite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouv ent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rappo rt avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éte indre et ne s’éteindra pas. Demain comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. Appel du 18 juin 1940 (Radio Londres - Fréquence de la BBC) Général Charles de Gaulle (1890-1970)
Chapitre I
31 juillet 1940 Loiret - Environs de Beaune-la-Rolande - Route de P ithiviers Après le départ de Gustave, tout était allé très vi te à la ferme. Le temps de faire chauffer le moteur et deux heures plus tard, le pay san était revenu avec son petit groupe. En effet, Jandart ayant emprunté les chemin s de la forêt pour conserver un maximum de discrétion. Ils s’étaient serré la main, sans se présenter, comme le voulaient les règles de sécurité qui régnaient main tenant dans tous les réseaux. Rapidement, les quatre hommes et Abel avaient embar qué à l’arrière du camion, tandis qu’Antoine, Jean-Paul et Gustave prenaient p lace à l’avant. Le voyage avait été pénible à cause du chargement très encombrant q ui prenait toute la place et ralentissait leur véhicule. Par chance, ils n’avaie nt fait aucune mauvaise rencontre sur le trajet. Ils avaient rejoint le lieu choisi par le fermier, un petit bois qui bordait la route de Pithiviers, proche de Beaune-la-Rolande. Les arbres dissimulaient le camion à la vue des véhicules qui passaient assez souvent sur c et axe et le groupe de résistants s’était ainsi réuni à l’abri des regards . En descendant, Antoine avait jeté un coup d’œil autour de lui et remarqué la présence de deux autres maquisards arrivés avant eux, chacun portait une pelle sur l’é paule. — Je les ai envoyés en éclaireurs pour faire le néc essaire, expliqua Gustave, en les désignant d’un signe de tête. Jean-Paul faillit demander comment ils avaient fait pour arriver si vite sans 1 véhicule, puis il remarqua une Terrot sur sa béquille, près d’un arbre. Boulan pensa que le réseau de leur ami était vraiment très bien organisé et le seul détail qui lui posait problème était l’armement qu’il esti mait trop faible. Tous n’avaient que des fusils de chasse ou de vieux revolvers d’ordonn ance datant de la Première Guerre, c’est-à-dire des pétoires qui faisaient pâl e figure face aux armes ennemies et c’était bien le souci actuel de tous les groupes de résistance. Cependant, il s’abstint de faire un commentaire déplacé qui aurai t pu les mettre mal à l’aise et comprit que l’embuscade ne serait pas une partie de plaisir. Il était persuadé que ses camarades feraient face, le cas échéant, mais à quel prix et avec combien de pertes? Opposer du plomb de chasse, même s’il s’agissait de chevrotine, à des 2 pistolets-mitrailleurs qui envoyaient dix balles de 9 mm en une seconde , ça ne laissait que peu d’espoir sur l’issue d’une fusilla de. Perdu dans ses pensées, Antoine regarda le petit gr oupe qui avait formé un cercle pour discuter à bâtons rompus. Il ne savait rien de ses nouveaux compagnons, hormis quelques prénoms qu’il captait a u hasard de la conversation. Les membres du réseau de Gustave présents ce soir-l à avaient entre vingt et trente ans, grand maximum, sauf un qui avait attiré l’attention des deux Résistants parisiens. Jandart leur avait raconté discrètement l’histoire de Thomas, le plus jeune des maquisards qui les entouraient. L’adolescent avait quinze ans et vivait chez les un s et les autres depuis le drame
qui l’avait jeté à la rue. Son père, combattant de l’ombre de la première heure, avait été dénoncé par un collabo. La Gestapo et une secti on SS avaient fait une descente dans la ferme familiale. Thomas avait réussi à se c acher in extremis et avait assisté, impuissant, au massacre de sa famille. Ses parents avaient été pendus, ses deux jeunes sœurs tuées d’une balle dans la têt e puis leur demeure incendiée. Les faits remontaient à quelques semaines à peine e t pourtant, il semblait s’en être remis, au moins en apparence. Avec un peu d’attenti on, on devinait facilement à son regard la faille qui le rongeait. Il y avait en lui un abîme de souffrance qu’il cachait mal par des plaisanteries et un engagement au combat plus téméraire que celui de bon nombre d’adultes. Ce soir, il portait un revolver glissé dans la ceinture et ne quittait jamais sa carabine à deux coups. C’é tait le fusil de son père, leur avait-il confié avec une voix qui faisait froid dan s le dos. Tel était le groupe d’hommes courageux qui attendai ent dans ce petit bois. En attendant que la nuit tombe, Gustave avait deman dé aux deux résistants parisiens de le rejoindre près du camion. Il avait pris l’initiative d’apporter un rasoir et une tondeuse à main afin de leur faire une coupe de cheveux réglementaire. En effet, même s’ils portaient un uniforme allemand, à défaut de parler leur langue, ils devraient avoir une apparence physique et militaire irréprochable qui devrait résister à un premier examen, même de près. Boulan l’avait félicité pour son idée tandis que son complice avait râlé et n’avait cessé de se plai ndre, faisant rire leurs camarades rassemblés autour d’eux. Après ces préparatifs, Gustave et Antoine expliquèr ent leur plan plus en détail, car il nécessitait une adaptation en fonction des f orces qu’ils auraient à affronter. Le jeune homme estimait être en nombre suffisant pour subtiliser le camion allemand. Il y avait les six maquisards et leur chef, Abel qu i tenait fermement sa place et Jean-Paul, qui ne serait pas le dernier à foncer. Il leu r rappela qu’il fallait éviter de tirer sur le véhicule pour qu’il demeure intact. — On a bien compris, avait répliqué un maquisard. S eulement, tu vois bien que tous les bahuts qui passent en ce moment sont toujo urs escortés par une moto avec side-car ou par un command car. Difficile de n e pas ouvrir le feu… Il avait vu juste et pour lui donner raison, un con voi de ce genre passa dans leur dos, avec en plus un transport de personnels où une section complète de la Wehrmacht avait pris place. Après son passage, le p aysan échangea un long regard avec lui et ils s’abstinrent d’en parler. So n objectif semblait bien plus compliqué qu’il ne l’avait pensé. Gustave et Antoine avaient réparti les troupes de c haque côté de la route avec un ordre simple. Il fallait éviter les coups de feu in tempestifs et ne tirer que si leur vie était en danger. Quant au plan, il se résumait à sa plus simple expression. Abel serait seul sur la route, arrêterait le bahut et à charge pour les deux groupes de le prendre d’assaut simultanément. Personne n’eut de question et alors qu’ils allaient se disperser, Abel vint vers eux, alors que Boulan discutait avec Gustave et Jea n-Paul. — Pardon, Antoine, pourrais-je vous demander quelqu e chose? — Oui, bien sûr. Le vieil homme baissa les yeux et parut gêné. Le je une homme se méprit sur ses intentions.
— Je comprendrais tout à fait si vous vouliez renon cer. Je persiste à dire que ce n’est pas votre place et… — Oh, non! Je voudrais avoir une arme. Mazières fronça les sourcils et le fixa. — Dans quel but? — On ne sait jamais… Il pinça les lèvres et regarda ses amis. Jean-Paul récupéra un pistolet 7,65 mm et le tendit à Antoine. — C’est bon, j’emmène toujours deux flingues avec m oi. L’ancien sergent éjecta le chargeur, vérifia les mu nitions et le remit en place. Il arma la culasse et mit le cran de sûreté avant de l e tendre à Abel. — Il est armé. Vous n’avez plus qu’à retirer la séc urité qui est ici, dit-il, en lui montrant. Ensuite, vous pourrez tirer. Il y a neuf cartouches. L’homme aux cheveux blancs s’en saisit et le mit da ns sa poche. — Merci, répondit-il, d’une voix atone. Les deux complices se regardèrent, étonnés. Gustave grimaça, mais ne dit mot. Il était temps que les groupes prennent leur position. Antoine regarda le ciel qui se couvrait des belles couleurs du crépuscule et acqui esça. Ils avaient décidé d’attendre la nuit pour tendre leur embuscade, sauf si un camion isolé se présentait. * L’attente avait commencé et Antoine se tenait à l’a bri des fourrés qui cachaient parfaitement leur présence. Abel était de son côté, car il agirait sur son ordre exclusif, à charge pour lui de choisir le bon camio n. Boulan regarda le maquisard près de lui et tapota s on bras pour attirer son attention. — T’en veux une? L’homme de Gustave était debout, les bras croisés, avec un simple fusil de chasse en bandoulière sur l’épaule. Il accepta la c igarette et lui sourit. — Merci, c’est sympa. Il lui alluma avant la sienne puis rangea son briqu et. Dans la pénombre, son voisin le regardait à la dérobée et soudain, se lan ça : — C’est vachement gonflé ce que vous allez faire. B on Dieu! Si on m’avait dit qu’un jour je monterais un coup de ce genre, je ne l’aurais jamais cru. J’suis fier d’être à vos côtés, m’sieur! Devant le silence de Boulan, il n’insista pas. Il p orta le doigt à sa casquette et s’éloigna de quelques pas. Il le regarda partir, ét onné. Ce type lui donnait du monsieur et lui parlait comme s’il avait vingt ans de plus! Pourtant, ils avaient environ le même âge. Avait-il donc vieilli à ce poi nt pour que ses camarades le vouvoient et l’interpellent de la sorte? Il grimaça et pensa à ce qu’il venait de lui dire. Qui pouvait croire en la réussite d’un tel pl an? Plus il y pensait, plus il se disait qu’il avait vraiment fait n’importe quoi et que jam ais ça ne marcherait. Il se morigéna et essaya de retrouver confiance en lui. Peut-être que l’imminence de l’action le minait ou que le poids des responsabilités l’accabl ait plus sûrement que tout le reste et, l’attente faisant, il finissait par doute r de tout, à commencer par son idée.
Antoine hocha la tête et s’éloigna à son tour, en t irant nerveusement sur sa cigarette. Il n’avait pas répondu à ce jeune homme ni souhaité entretenir une conversation, non par méfiance, mais parce que seul l’avenir pourrait lui donner raison ou tort et dans la deuxième hypothèse, il ne serait plus là pour s’en expliquer. La mort était une donnée plus que probable dans tou tes les équations de la clandestinité. La seule inconnue était qui et quand elle frapperait. Il se concentra sur l’opération sans toutefois perd re de vue Abel qui restait à l’écart. Il imaginait fort bien que Jean-Paul, de l ’autre côté de la route, devait s’impatienter lui aussi. Le temps passait, les conv ois lourdement escortés aussi et la possibilité de voir enfin arriver la bonne cible s’évanouissait avec les heures. * Il faisait nuit maintenant et soudain, une douzaine de poids lourds déboula dans un bruit assourdissant, renforcé par la présence de deux half-tracks et de cinq chars Panzer. Boulan pesta comme un beau diable. Un maqui sard qui se tenait à côté de lui, ajouta quelques jurons bien sentis. — On n’a pas de bol! Il n’y a que des convois ou des colonnes de blind és. Quelle merde! Antoine lui jeta un coup d’œil. Il venait d’énoncer une vérité fort déplaisante et le temps qui passait lui donnait malheureusement raiso n. Gustave traversa en courant et les rejoignit. — Bon sang, à croire qu’ils savent qu’on les attend! Qu’est-ce qu’on fait? Dans le ciel, les premières étoiles apparaissaient et l’obscurité était complète. Il regarda le paysan dont il devinait les traits agacé s et trancha : — Bien, le prochain, on le stoppe sauf s’il est en convoi. Passez le mot de l’autre côté et on s’y colle. Qu’il y ait un command car ou une moto, on se le fait. On commencera par abattre les types de l’escorte et on essaiera d’avoir les autres vivants. Tant pis! On n’a plus le choix. — Ça me va. J’y retourne. Tandis que le fermier détalait pour rejoindre les s iens, Boulan rassembla ses équipiers sans oublier Abel et leur expliqua les ch angements d’ordre. Disciplinés, ils se postèrent et attendirent encore un bon quart d’h eure avant qu’un moteur ne se fasse entendre. Antoine, tendu jusqu’à présent, dev int étrangement calme. Il pressa l’épaule du vieil homme resté avec lui. — Abel, vous êtes prêt? — Oh que oui! Je n’ai jamais été aussi prêt de ma vie. 3 Au loin, il aperçut rapidement les phares du camion en black-out qui semblait circuler seul et sans escorte. — Nom de Dieu, j’y crois pas. Enfin, lâcha-t-il. Il fit un signe aux hommes et mit une tape dans le dos d’Abel. — Dès que je vous fais signe, vous y allez et si le bahut ne s’arrête pas, ne restez surtout pas devant, écartez-vous et planquez -vous. Dès que vous serez à l’abri, on ouvrira le feu. C’est bien compris? Ne faites pas n’importe quoi et pas d’acte d’héroïsme! — Ça fait cent fois que vous me le dites. Je suis v ieux, mais pas encore gâteux.