Les yeux de Louise

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218 pages
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Description

Le mystère du regard bleu de Louise est le fil conducteur de ce récit d'un homme à sa petite-fille âgée de cinq mois lors des attentats qui ensanglantèrent Paris en novembre 2015. Désireux de transmettre son expérience et son savoir accumulés durant sa carrière de chercheur, l'auteur a entrepris de dérouler ici le chemin de sa vie. Entre l'exode 1940 en France et le Liban qu'il a longtemps fréquenté, en passant par l'Algérie où un fellagha fit le choix de lui laisser la vie, l'auteur s'adresse à sa petite-fille, Louise aux yeux bleus comme l'espérance.

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Date de parution 02 avril 2017
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782140034145
Langue Français

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Jacques Beauchard
Les yeux de Louise Récit
Les yeux de Louise
collection Amarante
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11580-1 EAN : 9782343115801
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Les yeux de Louise
Amarante Cette collection est consacrée aux textes de création littéraire contemporaine francophone. Elle accueille les œuvres de fiction (romans et recueils de nouvelles) ainsi que des essais littéraires et quelques récits intimistes.
La liste des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
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Jacques BEAUCHARDLes yeux de Louise
DU MÊME AUTEUR
Beyrouth, la Ville, la Mort,Aube, avril 2006.
Liban, mon amour,Aube, avril 2007.
Mon Malheur Arabe,L’Atalante, Nantes, 2010.
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PROLOGUE
Petite Louise, la première fois que je t’ai vue, je n’ai pas osé te prendre dans mes bras. Tu étais si fragile, si petite. Je craignais de ne pas savoir te porter ou de te faire mal. Je me suis approché doucement sans faire de bruit, il ne fallait pas te déranger, tu étais encore dans l’autre monde à poings fer-més. Pour te caresser d’un doigt, je m’étais lavé les mains mais tu étais intouchable. Je ne savais quoi faire. C’est Chloé, ta mère, qui t’as mise dans mes bras.
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Rue de la Roquette
Quelques mois plutôt j’avais fait le tour de ta chambre et visité l’appartement. Par la fenêtre, le ciel découpait une belle lumière qui s’accrochait à un vieux balcon suspendu sur la gauche, avec une cage et un oiseau tout jaune qui se balan-çaient par-dessus la cour de l’école. Jean-Baptiste, ton père, expliquait les travaux en cours, le berceau, les étagères, le nid, enclos sur lui-même, alors qu’à l’extérieur de la chambre il avait fait abattre les cloisons, y compris celle de la cuisine. Cette pièce, voisine de ta chambre, était désormais séparée de la salle à manger par une verrière coulissante qui renvoyait la lumière de la cour de l’école. Un air léger circulait à travers l’appartement, qui avec deux fenêtres se penchait sur la rue de la Roquette. Qu’allais-tu voir en premier ? D’abord tous tes sens seront à l’œuvre, les odeurs et le toucher, les saveurs et les sons, le mouvement et enfin le regard, que tu allais associer à chacun de tes réveils suivant une composition reprise sans fin. Un tâtonnement de la perception pour don-ner figures au monde accroché à la proue de ton berceau. Dans la proximité mais aussi à distance, ton horizon se des-sinerait là, jusqu’au jour où, de l’intérieur, jaillirait le regard, celui de ta présence, échangée les yeux dans les yeux, pour la première fois. Un regard du fond de la pupille, fixe, précis, comme affirmation de toi, ton emprise : ce serait ta deu-xième naissance. A partir de ce regard, les choses de la vie allaient s’ordonner, voire se déchirer entre rires et larmes tandis que se mettrait à l’œuvre la fabrique des mots. Un
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