Même meurtrie, la vie peut refleurir

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Français
258 pages
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Description

La vie ne meurt pas. Elle se met en sommeil, le temps que passe l’orage, que les blessures ne saignent plus, que les cicatrices se résorbent. Il lui faut peu pour refleurir, à peine une poignée de terre, quelques cailloux pour la violette discrète qui ne se laisse deviner que par son léger parfum, et, pour l’être blessé qui ne voyait plus que la noirceur du monde, le sourire d’un inconnu dans un moment d’inattention à soi-même. C’est de cela que ces nouvelles se font les messagères: au bout de toute nuit naît un jour nouveau, le soleil n’est jamais loin derrière les nuages les plus noirs. Et la vie est plus forte que la mort. Apprivoiser le passé, laisser les souvenirs vous assaillir pour mieux les laisser se retirer, s’arc-bouter contre la résignation et le désespoir… Ce rapport à soi-même et à notre vécu imprègne les nouvelles de L. Cambefort qui sonde les mémoires d’hommes et de femmes en souffrance, en attente, en quête d’un printemps, de paix ou d’amour. Des individus en apparence ordinaires, mais dont l’auteur de Tranches de vie explore les mystères et non-dits au moyen d’une écriture pudique et éloignée de tout pathos, souvent chaleureuse, compatissante et tendre.

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Date de parution 21 juin 2012
Nombre de lectures 38
EAN13 9782748386899
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Même meurtrie, la vie peut refleurir
Du même auteur
Tranches de vies,(Nouvelles)2010 Éditions Publibook Marguerite et le village(roman), 2011 Éditions Baudelaire
Louise Cambefort Même meurtrie, la vie peut refleurir
Publibook
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à W.
André Paris, 12 Juin 1979. À l’attention de Raphaël Bellemain, médecin chef de Service psychiatrique à Valparaiso. Mon cher confrère, Je suis intrigué. Un nommé André Bellemain vient de nous être confié par un sien parent éloigné. Son nom : Al-fredo Moares. Voyez-vous de qui il s’agit ? Et cet André pourrait-il être un parent à vous ? Cet Alfredo l’aurait dé-couvert errant dans les rues de Santiago. Il l’avait rencontré à plusieurs reprises et était donc connu d’André qui n’a pas cherché à fuir lorsqu’abordé. Selon les dires d’Alfredo, André errait visiblement depuis des jours sinon des semaines. Pas rasé, hâve, il avait vraiment l’aspect d’un SDF. Surtout, un regard de bête blessée qui a ému ce parent. Il sembla évident à Alfredo que cet homme était soulagé de ne plus être seul, livré à lui-même. Il ne pou-vait comprendre ce qu’il faisait là, et dans cet état, n’étant au courant de rien. Mis en confiance, André l’a suivi à l’hôtel où Alfredo était descendu. Ses propos inquiétèrent Alfredo. Selon lui, quelque chose clochait. Il lui semblait qu’André était déconnecté de la réalité et flottait dans un monde connu de lui seul. Alfredo étant à Santiago pour affaires et ne pouvant les négliger, il s’assura les services d’un détective pour ne pas laisser André lui échapper. Lors d’une journée de repos, il emmena André dans un des
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parcs de la ville. Dérouté par ce dont il fut le témoin, ne sachant comment joindre la famille d’André dont il avait perdu la trace depuis longtemps, et me connaissant un peu par la famille de son épouse, née française, et cousine germaine de ma femme, il ramena André à Paris et me le confia. Pour éclairer un peu ma lanterne, il me rapporta exactement ce qui l’avait désagréablement surpris au cours de cette promenade. « Nous étions dans une des allées de la roseraie du parc. André me parut soudain nerveux, comme si cet endroit lui rappelait quelque chose, un événement pénible ou doulou-reux. Je le vis s’immobiliser au bord d’un massif de roses. Je pensai qu’il les contemplait, les respirait. Des propos étranges sortirent alors de ses lèvres. Je dois vous préciser que j’arrivais à peine à lui soutirer quelques mots quand nous étions ensemble. Son mutisme était déconcertant. Et là, ce fut un torrent de phrases incompréhensibles pour moi qui s’écoula de sa bouche. J’ai une excellente mé-moire, surtout pour ce qui me frappe. Voici ce qu’il a dit et qui m’a paru vraiment étrange et à même de vous aider. ‘‘ Petites ailes colorées, papillon, mon ami, si tu me prenais sur ton dos et si tu me faisais franchir les monta-gnes, tu me poserais dans un jardin plus beau que celui-ci, les fleurs se prosterneraient sur mon passage, je boirais leur nectar, les abeilles me laisseraient leur miel sans me piquer, les frelons ne bourdonneraient plus à mes oreilles, les biches viendraient me lécher les mains et leurs faons gambaderaient autour de moi, et je danserais avec les loups de l’enclos. Si tu m’emmenais au-delà de cette barre sombre au bout de ce jardin, peut-être que je la retrouve-rais, qu’elle reviendrait avec moi et que nous reprendrions la vie où nous l’avions laissée ; peut-être que je recouvre-rais la paix plus vite, que la désespérance me lâcherait, que je n’aurais plus jamais peur de la nuit et des hommes en
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