Ngondélé

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158 pages
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Description

Une jeune fille se lance à la recherche du père qu'elle n'a pas connu et que sa mère a voulu cacher. Cette recherche de son identité lui fait faire une profonde investigation, l'amenant à visiter son village natal et nombre d'établissements publics susceptibles de lui donner un indice. Elle découvre malgré elle une société pour laquelle le père devient un symbole qu'on recherchera encore quand bien même on aura retrouvé le géniteur. Un souffle de naïveté traverse ce roman, pour dire la difficulté de trouver le modèle recherché.

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Date de parution 01 novembre 2018
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EAN13 9789956506262
Langue Français

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NGONDÉLÉ ROMAN
Faustin Mvogo
NGONDÉLÉ ROMAN
Du même auteur
-Guide pédagogique deL’Enfant de la révolte muette, CEPER, Yaoundé, 1996. -Aspects de la littérature maghrébine, Yaoundé, PUY, 2000. -Rupture et transversalité de la littérature camerounaise(éd), Yaoundé, CLE, 2010. -Une écriture de la dénonciation ; la littérature maghrébine, Yaoundé, PUY, 2010. -L’Adversité, source de créativité littéraire : lecture deMorituriet Timimoun,Yaoundé, CLE, 2010. -L’Otage(roman), Paris, L’Harmattan, 2012. -Le Printemps arabe : Prémisses et autopsie littéraire(Ed), Paris, L’Harmattan, 2012. -Aube(Poésie), Paris, L’Harmattan, 2014. -L’Errance dans les romans de Tahar Ben Jelloun,Paris, L’Harmat-tan, 2015. A paraître:L’Affirmation identitaire de l’Africain : lectures de l’œu-vre de Jacques Fame Ndongo(Ed).
INFOGRAPHIE ET MONTAGE: DIEUDONNÉMBASSIYANA
Illustration couverture de Mlle Yves Murielle Akono Couleurs Dieudonné Mbassi Yana
Tous droits de représentation, traduction ou reproduction, réservés pour tous les pays. © By éditions Ifrikiya, 2019 BP : 17629 Yaoundé, République du Cameroun Tél. 00 237 699 77 10 99 - 699 98 04 88 Courriel : editionsifrikiya@yahoo.fr ISBN : 978-9956-506-26-2
Donnez-moi une seule raison qui devrait me dé-tourner de me chercher. Ajoutez s’il vous plaît celle qui ne m’autorise pas à partager mon aventure. Je vais écrire, oui, mais à la troisième personne. Tout ce que j’écrirai ne sera qu’authenticité, exactitude. Tout ce que je dirai a été là, sous vos yeux. Je pense d’ailleurs que par pudeur, chasteté et continence, je resterai, à mon habitude, en-deçà du patent, de l’éta-bli. Par oubli aussi. Peut-être aussi pour ne pas acca-bler Essamseguele ma mère ou l’éreinter outre mesure. Sois forte, mon âme et accepte que je dise. Garde à l’esprit que tout ce qui sort de la bouche déborde du cœur. Ainsi pensait Ngondélé. Réveil brutal, s’il en fut, lorsqu’il accompagne une telle décision.
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EKANI BILIGA’A
Ngondélé fouillait méthodiquement la chambre. Elle le faisait très consciencieusement, regardant par-tout autour d’elle. Il fallait trouver des indices, des éléments pouvant la mettre sur le chemin, lui faire voir ce qu’elle cherchait avec acharnement. Elle venait d’ouvrir délicatement une valise posée à même le sol, bourrée de choses et d’autres, sans contenu fixe, faisant voir des habits, des bouts de pa-pier, des choses ayant appartenu à quelqu’un. La va-lise présentait un piteux état, pour avoir longuement séjourné sur une étagère, sans recevoir un coup de brosse, sans qu’on l’ait essuyé une seule fois. Pour-tant, à y regarder de près, elle n’avait pas beaucoup servi au sens de faire des voyages ici et là. Elle était sur place, comme un meuble, un habita-cle de choses et d’autres, un fouillis, cafouillis, dé-barras, lieu de stockage, peut-être d’enfouissement, d’enterrement de choses utiles et inutiles. Tout ce qui fait la fortune du propriétaire. Des foulards jadis flamboyants s’y faisaient voir, de même que des pagnes achetés dans une grande maison ayant pignon sur rue dans la capitale du Cameroun. Elle continuait de fouiller derrière le meuble aban-donné, simplement parce qu’il ne recevait plus les
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fesses des habitants de la maison. Il menaçait de s’écrouler avec celui qui se hasarderait à se poser dessus sans précaution. Dessus, apparaissaient des bibelots d’un temps éculé, qui avaient dû faire la fierté du possesseur. En soulevant le matelas du lit en fer, les ressorts grincèrent. Ngondélé crut avoir entendu les pas dehors. Elle s’arrêta et prêta l’oreille, attentive à ne pas attirer l’attention, car de toute évi-dence, elle ne souhaitait pas attirer l’attention sur ses préoccupations. Pas ici en tout cas. Le matelas posé sur le lit avec dessus un drap et une couverture de laine, ne cachait rien qui puisse intéresser Ngondélé. A l’angle de la chambre se trouvait une chaise en bois et sur cette chaise, on pouvait remarquer de vieux cahiers et un livre de grammaire du cours moyen I. Pour Ngondélé, ceci pouvait être le sésame qu’elle cherchait. On sait qu’un cahier est le lieu idéal pour consigner des informations, tenir son jour-nal, écrire au jour le jour ses pensées, décrire son quotidien et finalement, se livrer. Ngondélé prit avidement le cahier et sans chercher à bien s’installer, elle se mit à l’ouvrir et à le parcou-rir page après page, lisant consciencieusement tout ce qui y était écrit. Il s’agissait du cahier d’orthographe de Mot Atan, lorsqu’il était en classe de 6è au Collège de la Re-traite. On y voyait des mots alignés en deux colonnes sur chaque page et tout à côté, le propriétaire donnait l’explication du mot, donnait un synonyme chaque fois que cela était possible et à la fin, le propriétaire
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