Pari tenu !

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Quelle est la pire situation pour un parieur invétéré ?


Perdre à tous les coups.


Haley, une jeune étudiante, passionnée de jeux vidéos, va se faire expulser de son appartement. Son petit copain, Julian, ne tient ni à vivre en couple ni à l'accueillir chez lui. Heureusement, ou hélas, Nathanaël, le meilleur ami de celui-ci, propose un défi à cette parieuse incorrigible. Si par malheur Haley échoue, elle deviendra durant quatre mois son esclave attitrée en vivant sous son toit.


Comment un simple jeu de danse sur console peut-il tout chambouler ?


Haley parviendra-t-elle à supporter les caprices de ce mystérieux jeune homme arrogant et maniaque ?


Mais surtout, qui se cache réellement derrière le masque condescendant de Nathanaël De Marchal ?

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Date de parution 17 mars 2015
Nombre de visites sur la page 1 716
EAN13 9782365408271
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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« Le Code de la propriété intellectuelle et artisti que n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, qu e les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ay ants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Ce tte représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » ©2015 Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com
Je remercie La Buze qui, quoi que j’écrive, croit toujours en moi, malgré toutes les débilités que je suis capable d’inventer. Merci à Maxime pour sa patience, et pour toutes les soirées où je t’ai délaissé, je t’en demande pardon. Un gros merci à Rachel pour l’illustration de la couverture qui correspond bien aux côtés décalés de cette histoire. Pour finir un big méga merci à l’équipe de Sharon Kena de m’offrir cette chance.
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Épilogue
Table des matières
Chapitre 1 Il existe deux sortes de problèmes. Ceux qui vous poursuivent, les récurrents, tels que les factures, les déjeuners dominicaux, les pannes de voitures, Nathanaël de Ma rchal… Puis ceux qui vous hantent, qui pourrissent votre q uotidien, comme l’acné, une addiction aux paris, des douleurs dorsales, les TOC , Nathanaël De Marchal… Dans les deux cas, vous ne trouvez guère de solutio ns, hormis attendre que les choses se tassent, ou passer à l’action. J’avais le don de cumuler les problèmes comportant cette double caractéristique. Mon souci principal était d’arriver à suivre mes études . Mais ne vivant plus au domicile parental, une autre contrainte s’exposa à moi, un p roblème récurrent et qui me hantait : l’argent. Il me fallait du fric afin de me rendre en cours. L a nécessité de travailler s’imposa rapidement à moi ; or, pour me rendre à un job suffisamment bien rémunéré, le permis de conduire s’avérait indispensable. Cependant, pour l e payer… il me fallait de l’argent. Ouroborosnal, ma seule issue reposa, le système du serpent qui se mord la queue. Au fi sur la précarité. Deux emplois sous-payés, un studi o miteux, des déplacements incertains en bus, et un cruel manque de temps pour me rendre en cours, avec l’épée de Damoclès constante de me retrouver à redoubler ma p remière année d’histoire de l’art… encore une fois. Mon planning était réglé comme du papier à musique, m’accordant peu de temps, ou plutôt peu d’heures de sommeil. Lorsque je parvenai s à accomplir tout ce que j’avais prévu dans une journée, indéniablement on me sollic itait pour la soirée qui n’en finissait plus. Mon tendre matelas, que je délaissais toutes les nuits, m’implorait de rester à ses côtés. J’effleurais à peine sa douce peau drapée de soie écrue, quand mon pire ennemi au monde m’arrachait à notre étreinte : mon réveil. Avec certitude, l’inventeur de l’heure était un sadique. Mes semaines, bien que trop court es, se résumaient à cette course contre la montre perpétuelle. Mon premier emploi me mangeait un tiers de mon temps. Je préparais des sandwichs, alors que je n’avais pa s cinq minutes pour en avaler un seul. Lorsque je quittais mon service du midi, je t rouvais tout juste un créneau afin d’assister à un ou deux cours, au pire des cas, je récupérais les notes auprès d’autres étudiants. – C’est la dernière fois, me répétaient-ils souvent. Je me persuadais de la même chose ; or il fallait a rrêter d’être stupide, c’était impossible. Cela tenait déjà du miracle que je parv ienne à concilier deux boulots et les études. Car pour couronner le tout, je passais mes débuts de soirée à donner des cours de français à des élèves en difficulté scolaire, le monde à l’envers pour une dyslexique collectionnant jadis les zéros en dictée. Technique ment, ma routine se terminait, en général, vers vingt heures. Mais si vous souhaitez vous reposer et profiter de votre lit-canapé, il ne faut surtout pas avoir d’amis, et enc ore moins de petit copain, et qui plus est, un qui s’avère être un véritable crampon invét éré. Bien que Julian fût un type adorablement gentil, je rêvais intimement de passer une nuit en tête à tête avec moi-même. Je ferais ce que je n’ai plus le loisir d’eff ectuer… ne rien faire. Même lorsque le jeune homme m’assurait qu’il ne débarquerait pas da ns mon studio miniature, sa présence se ressentait. Qui se ressemble s’assemble , comme on dit. Un seul mot suffisait pour expliquer ce point commun qui nous a vait attirés l’un vers l’autre :geek. Ou plus précisément :mmorpg, c’est-à-dire les jeux de rôle massivement multi-j oueurson line. Lesmmopeurgsencontres pour, comme le disait mon père, étaient notre site de r célibataire. Combien de chances,ou de malchances, y avait-il pour que je craque sur un gars jouant un chevalier jedï virtuel, vivant à seu lement deux pâtés de maison de mon pitoyable appartement au papier peint tournesol de grand-mère ? Statistiquement, il était
improbable que je rencontre Julian Tulliet de cette manière. Je ne saurais dire s’il tomba amoureux en premier lieu de ma capacité àsoignerles membres de notre groupe de jeu ou simplement parce que j’étais unefille qui joue. Au début, je me connectais pour me détendre, sortir de mon quotidien, ne pas songer à mes notes désastreuses, aux factures qui s’empilaient au fur et à mesure. Internet était mon exutoire, où la vie numérique, plus dangereuse que jamais, s’avérait incroyablement att rayante. J’aurais pu faire sa connaissance d’une façon beaucoup plus formelle, à l’angle d’un café, en sortant d’un bus, en faisant la queue à la supérette du quartier . Le destin l’avait mis sur ma route, en direction de Coruscant, à bord de mon speeder coule ur abeille, en scrutant les annonces pour les opérations spéciales pour contre-attaquerl’empire. Il manquait un joueur afin de compléter le groupe de six, prêt àtâterl’ennemi virtuel. Voilà la romantique et navrante première rencontre entre Klaha’footy et Coogloff, a lias moi et Julian. Nous avions ri durant toute la soirée au sujet de notre choix de p seudonymes porté sur la pâtisserie. Au boss finalz-vous le lendemain, même, il me rajouta dans ses contacts et me donna rende heure, sur la station Carrick, autrement dit dans l e jeu. Telle ne fut pas sa stupéfaction lorsqu’il entendit ma voix pour la première fois, v ia un canal en réseau. – Tu es une fille ! Une vraie fille ! Si j’avais été un transsexuel, je suis certaine que je m’en souviendrais tout de même. Alors son ton se fit plus mielleux et je fus rapide ment invitée dans sa guilde d’amis-jo u e u rs ,les Lumineuxquêtes. Durant des mois, il m’accompagna dans toutes les jtre, à huit, voire à seize. Je manquaisournalières de jeu, les instances ou parties à qua d ecrédits, la monnaie fictive, il m’en donnait, je voulais u n petit animal virtuel qui suive mon personnage partout, il me l’offrait. J’étais de venue une poule de luxe dans une réalité artificielle. Dans la vraie vie, jamais auc un gars ne m’aurait couverte d’autant de fanfreluches inutiles. Il fallait bien reconnaître qu’on ouvre plus facilement son porte-monnaie quand l’argent qui se trouve à l’intérieur n’a absolument aucune valeur. Tous les deux ne parlions plus seulement du mmorpg, nous app rîmes à nous connaître, jusqu’au jour où il aborda le sujet délicat de notre lieu de résidence. Je ne voyais pas ce que je pouvais craindre d’un garçon de vingt-deux ans viva nt certainement à plusieurs centaines de kilomètres de mon logement. J’avais re tenu mon souffle lorsqu’il m’avoua habiter dans le même département que le mien. Une a ngoisse gravit doucement mes entrailles pour remonter jusqu’à ma gorge. Une part en moi désirait le voir, pour de vrai, ne plus lui parler exclusivement à travers un micro et ne plus entendre sa voix de velours que par le biais d’écouteurs. Une autre part était terrorisée. J’avais entendu tant de mauvaises anecdotes au sujet des rencontres via int ernet, mon anxiété grimpa en flèche quand il me révéla que nous vivions dans la même vi lle. Je refusais de croire en un quelconque destin fait pour nous rassembler. C’étai t tout bonnement impossible. Je l’avais peut-être déjà croisé une fois, peut-être m ême plus que cela. Nous faisions, si cela se trouvait, nos courses au même Lidl®. Pire, j’aurais pu l’insulter un jour, par hasard, en le surprenant en train de jeter un papie r par terre, c’était bien mon genre. Toutes ces éventualités me tenaillèrent. Mon pouls s’accéléra dans l’attente de la terrible nouvelle qui pouvait changer ma vie… ou non. Je me liquéfiai quand il entreprit de prendre le risque de me donner son adresse, car je faisais équipe depuis des mois avec mon propre voisin d’immeuble. Et là, la phrase que vous attendiez tous… – Ça te dirait qu’on se voit ? balbutia-t-il dans s on micro. Enfin… pour de vrai. Ctrl, Alt, Suppr. Voilà en trois mots ma réaction. Comme si appuyer sur ces touches pour atteindre la « fin de tâche », me permettant d e fermer mes activités sur internet, allait occulter cette invitation IRL,dans la vraie vie. J’étais tellement habituée à me débarrasser de ce qui pouvait me nuire sur mon ordi nateur de cette manière, que je crus honteusement que ce geste pourrait fonctionner sur lui. Et pourtant, cette action m’apaisa, car je me retrouvai déconnectée du serveu r vocal et ne l’entendis plus. Durant les cinq minutes les plus longues de toute mon exis tence, j’étais face à mon écran à me poser mille questions, dont la plus récurrente s’av érait être : est-ce que je lui dis oui ? Telle une automate, je relançai le site de discussi on en ligne et prétendis un problème de la part de mon modem, une erreur de réseau qui m’au rait soi-disant coupée du web. Je sentis le malaise au son de sa voix, une hésitation à réitérer sa demande. Puérilement, j’avais peur qu’il ne me plaise pas physiquement, o u que ce soit moi qui le révulse. Je pris une grande inspiration et, sans réfléchir, je laissai mes lèvres faire le travail à ma place. – Tu es chez toi tout de suite ? Je pourrais peut-ê tre passer te voir. Bon sang, pourquoi avais-je prononcé ces mots ? Bie n sûr qu’il était chez lui, puisqu’il se trouvait devant son écran. Quelle idiote !
Les mains moites, la sueur s’accumulant le long de ma nuque, les doigts tremblotants, j’étais persuadée d’avoir fait la plus grosse boule tte de toute ma vie. Je venais de proposer à un inconnu, un éventuel psychopathe, de me rendre directement dans son antre. – Euh… Oui, donne-moi dix minutes que je… que je ra nge un peu, bégaya la voix grésillante du jeune homme. Oui, tu peux venir, il n’y a pas de problème. Bien évidemment qu’il y avait un problème, de ceux qui hantent : la peur. Néanmoins, une forme d’excitation venait de prendre le dessus. Je refermai les onglets ainsi que le clapet de mon ordinateur portable et paniquai. Je n e pouvais pas me rendre chez Coogloff vêtue comme une souillon. Si mon personnag e fictif était hautement sexy, moi derrière mon clavier je traînais en robe de chambre rose bonbon. Voilà qui lui laissait quelques minutes supplémentaires pour camoufler sa tanière en une chambre décente. Quant à moi, je sautai dans un pantalon, le retirai pour bondir dans un autre, avant de revenir au précédent. Passage express devant mon mi roir, un coup de gloss discret, déodorant, changement de débardeur pour la quatrièm e fois d’affilée. Puis, recherche accrue de mes clefs, qui se trouvaient déjà dans ma poche, avant d’enfin prendre mon courage à deux mains et de quitter mon foyer pour l a rue sombre menant vers son appartement. – Je te préviens, je vis avec un coloc’, m’avait-il dit. Mais, il n’est pas là ce soir. C’était beaucoup pour moi en si peu de temps, j’éta is du genre casanier, pas l’ombre d’une fonceuse. Néanmoins, j’adorais déjà le garçon avec qui je discutais tous les soirs depuis six mois. Une fois arrivée devant l’interpho ne avec les informations principales en tête :prénom, adresse, numéro de porte, je me mis à m’affoler. Je voulus faire demi-tour une quinzaine de fois. Je fermai les yeux, et m’efforçai d’appuyer sur la sonnette. – Oui ? Devais-je me présenter en tant que Klaha’footy ? – C’est moi. Il n’y avait pas pire pour se présenter, pourtant l ’entrée se déverrouilla. Je fis traîner l’instant fatidique en prenant les escaliers à la p lace de l’ascenseur. Inconsciente... J’entrouvris la porte donnant sur son couloir, la l umière blafarde éblouissait déjà les lieux. La chair de poule grimpa le long de mon échi ne, Julian m’attendait dans l’encadrement du seuil de son logement. Adossé au c hambranle, les bras croisés, il tentait de paraître nonchalant, mais je compris qu’ il partageait les mêmes craintes que les miennes. Tous ses muscles se tendirent au possi ble. J’avançai à tâtons, jaugeant dans la pénombre sa silhouette plutôt avenante. Les cheveux châtains coupés en brosse, illuminés par de captivantes prunelles bleu tées, un peu comme les miennes. Julian avait tout pour plaire. Grand, bien bâti, la mâchoire carrée, d’une virilité remarquable. Mon ventre se contracta. Je ne regrett ais pas de m’être lancée à corps perdu dans cetteentreprise. Un look simple, tee-shirt et jean, ainsi que les pieds nus. Dès qu’il se mit à me sourire d’une petite mine gên ée, je sentis toute tension me quitter. Timidement, il me fit la bise et m’invita à entrer. – Je sais, c’est le bazar, admit-il, en poussant du talon un caleçon sous une commode. Personnellement, j’avais envie de crier que ce n’était pas pire que chez moi, loin de là. Il détenait la chance de vivre dans un logement lar gement plus grand que le mien. L’appartement possédait un salon indépendant et deu x chambres, alors que dans le mien tout se condensait dans la même pièce. Je bais sai la tête, atrocement angoissée, je ne savais plus où regarder. Julian me conduisit jus qu’à sa chambre, rangée à la va-vite. J’occultai le décor sobre et peu accueillant, car m a première réaction fut admirative face à l’ordinateur trônant à l’intérieur de son domaine . – Oh bon sang ! Mais c’est un monstre ! m’écriai-je . Je tombai littéralement à genoux face à sa bécane. Étais-je déjà amoureuse juste à cause de cet engin ? Craquais-je pour ce garçon simplement en désirant poser mes yeux sur la carte mère de son unité centrale ? Je caressaila tourde cette machine, telle une relique ancestrale, le s yeux pétillants. – Je ne me doutais pas que tu étaisgeekà ce point, ricana le jeune homme qui s’assit en tailleur à mes côtés. Son genou toucha fébrilement ma jambe, mais je n’y prêtai aucune attention, trop obnubilée par l’engin. – Au collège, je voulais faire des études d’informa tique, lui racontai-je, même si mon père m’a appris à monter et démonter un ordinateur, je n’avais pas une assez bonne moyenne en maths pour cela. Il m’arrive d’acheter d es pièces détachées d’occasion, des