Ponos

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Ponos : douleur, peine. Dieu de la mythologie grecque représentant le dur labeur.



Joseph, un jeune homme installé à Paris, mène une vie triste et sans saveur, entre impuissance et lâcheté. Désabusé et misanthrope, il regarde la vie et ses contemporains avec un recul teinté d'indifférence.


Lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'une maladie incurable, il quitte tout et navigue à travers l'Europe au gré de ses rencontres.


Hors des chemins péremptoires du travail, il découvre alors que d'autres voies existent...

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EAN13 9782368451113
Langue Français

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©2017–ISEdtion
MarseileInovation.37rueGuibal
1303MARSEILLE
www.is-edition.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-10-6
ISBN(Eboks): 978-2-36845-1-3

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Corections: MarinaDiPauli/CatherineSicsic
Ilustrationdecouverture: ©Shuterstock

Colection«Romans»
Directeur: HaraldBénoliel

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sesayants-droits,oudel'éditeur,estiliciteetconstitueunecontrefaçon,auxtermes
del'articleL.35-2etsuivantsduCodedelapropriétéintelectuele.

WILLIAMBUZY

P O N O S

RÉSUMÉ

Ponos: douleur,peine.Dieudelamythologiegrecq

uereprésentantledurlabeur.

Joseph,unjeunehommeinstalnèm nu eaP à,siré assn iste et e vie tr
saveur,entreimpuisbaséD .étehcâl t eceaned geralir ep ,throisanet musé
la vie et ses contemporains avec un recul teinté d'indiférence.
Lorsqu'ilaprendqu'ilestateiurab incil qulie, u'entnd daeim latetout
et navigue à travers l'Europe au gré de ses rencontres.
Hors des chemins péremptoires du travail, il découvre alors que d'autres
voiesexistent…

4

ÉPIGRAPHE

«Tousconsidéraientlelosino eds ga ee uslibr le r,
temps,cequ'ilsapelaientl'otium,commeune
condtionabsoluedel'acomplisementhumain.
L'undespluscélèbrescontemporainsdePaul,
Sénèque,ditlà-desuqus leuq ehcso e'dasez
mignon, c'est que si par malheur il se trouve réduit
àtravailarti nefu np sa bie, eh n'en ileop rv ruervi
drame: ilsesuiciderait,voilàtout.»
EmmanuelCarère,LeRoyaume

5

1.

Je n'ai pas peur de la mort. La mort, finalement, est asezsemblableà
lapériodequiprécèdelanais emrs ednU .of es anverêmeom sil.sÀ naec
undétailprès: cesommei-l.lenreté tse àténierétl's ai Mtruo tusf ia ,açt
peur aux vivants. Quand on est mort, l'éternité, ce n'est pas si long que
ça.Jenemesuispasenuyéavantmanaisv en sio sapruopae,nce j uqio
jem'enà i chlééf rupcouaeb ia'j iS .tra moès m aprraisueioi nalq euts
dernièrement,c'estquejevaismoi-mêmemouirs-.onoemn pCr usno
bien: urt e meela,et cels j e sédvaiatuotdnom el . jàisMaan dmos ac n ,s
la date de ma mort a, en quelque sorte, été avancée.
Dans quelques mois, un an tout au plus, je serai mort. Personene
peutrienyfaire,etd'ail,iju e ser ,e'tsv arm oAnldoer ss 'cetnou tf oluet .
meracl aq eud si eems, janteranlus b rtmoel slp stopyesèh ahe huxocr
estunbonmomentàpasd.'riedée raC e'tsl eegrn esurantequime
permetdedormirlanuit.Oulejour,celadépend.

Ceteiévsol mete roni rmdos t ui nlaic-siof iava'j ,naàseptheures,me
tirant d'un sommeil agité. Dans mes rêves, il était question de balcons,
devosisuo slpnom u sniocémnetn, tsund'cae ferad e'uad no tejn e me
souvenais plus le rôle, et de sexe bien entendu, quelque chose d'imprévu
aubeaumlij euq ,aç tuot àe nsperee jue qmespeLt eu .alr de eu'esaie

6

detoutremetu mous oe plrdrerl o'adsnni som cenprt eend',sne erds el
lesletresrougesafsnu ,ad nne t « 7ihcia .» 80 hatuas eJ lnsdai heucdoa
jeanetenfindansmeschausaluqna tamp roet. u sernavadet ar pr ti cen
Le couloir était désert, comme toujours. Je logeais dans un peitstudio
e
situé dans l'aile de service d'un immeuble ancien du XVI arondisement
deParis.
Audébutdesanées80,uninvestisa éstiavrueiva 'achée dl'id eu tere
toutl'étage,composédequatrechambresdebonitvaai fdet ux.se lI a ne
studetesd'unequinzainedemètrescartes nu e eenl Ie.t aiou lénucahc s
servaitdel'autredetempsentemps; peires ssieurs rçu à plu siarepa ejva'l
avec une jeune femme, jamais la même. Il était marié, le pauvre homme.
Quandonsecroisaitàcesoct reen,s asi li ,snorager eme ditdauxyes se
avec un sourire répugnant et sincère. J'étais un locataire idéal, me
semblait-il: jepayaistoujoursàtempsetn'apais. Je lais jamel safsiia se
peitesréparationsmoi-même,jemedébrouil dau, efes dutéb rB .sia
anées80,ilavaiteuduflair.
Pour sortir de l'immeuble, je devais traverser un long couloir aux murs
abîmés, prendre un escalier dérobé pour remonter d'un étage afin d'y
trouver un ascenseur de service, lequel me ramenait au rez-de-chausée.
Il ne me restait plus alors qu'à traverser une cour réservée, en principe,
auxpoubelesetauxdeux-rouesavantderal relh aield'entrée,celui
avec un tapis rouge, celui des vrais habitants de l'immeuble, ceux du
bâtiment principal. On y voyait un grand miroir, de jolies fleurs dont
j'ignorais le nom et des moulures au plafond. Il y avait un digicode; je
payaisemtnf ia tnu ea. J'avais claireue s sorl edreyox intcefaire.

Danslemétro,j'avaisbrilca e alp u, noacdnsinmentamné m gag
contrelaportedufond.Jefeuilavsi q euj a'nu siateittura galrnou j
ramasépartere. ilai etsdé'Lrotiitnave aens're prulec viaux nce sietrgvé s
delaSNCF.Iln'avaitpasdemotsasez durs pour conadnmrec ete
«poignéedeprivilégiés»quis'aca p« ses à tiahcorse-droitsd'unautre
temps ». Il disait avec ardeur son incompréhension de ce mouvement,
«combledel'égoïsme»,quiplongeaitlesutli e.»larètas « deursla gans
Une « prise en otage » pure et simple. Pas un mot sur le pourquoi de leur

7

grève.Personen'ensavaitrienetd'ailre'n aétnirueç ,ssaitpersone.
Seul comptait le « ras-le-bol des usagers », lesquels pestaient contre cete
grève qui les empêchait de profiter de leurs congés payés – congés payés
obtenus grâce au droit de grève, mais ce détail semblait avoir échapéà
tout le monde. Je reposais le journal avec un mélange de dégoût et
d'indifogéd ruédn eieP .tûeluetnematé's tioief cs,. cetrAutipeà t,
l'indiférencegagnaitduterain.
Jepas siauaebpuoce dmptedas lns eémrt.oM larg él'afluence,les
couloirs interminables et nauséabonds, les coupures de courant et les
acidtsenruegc ,s ed ayove moyen 'était liotputqr le t eelepdstu pa rasrn
surtout le moins onéreux. Pour soixante-dix euros par mois, je pouvais
voyagerdanstoutParisetlapeitecouronep ,icqnautn ee. En princi
pour cent de ce forfait était obligatoirement payé par l'employeur. Mais
lemienm'avaitrefusécepeitremboursement,argu antquejene
travailaispasàtempsplein.
J'étaisintérimairedanslamanutention; pé salciéeis tait s'éoîtema b
dansl'aménagementdeplateauxdetélévsio.nL roqsche unu'u oneaî enu
société de production instal ,édatiatissnl ou aetinégad méia,t
réaménageaitunplateau,elefaisaitap, qui, luilpyoue r àom nmel e
faisaitapelàmoi.J'étaispayéàlamision: sob e rup raurstr ou j0,708
pour une amplitude horaire qui dépendait de ma rapidité d'exécution:
jamais moins de huit heures, souvent plus de dix. Le principal avantage
résidait dans l'absence quasi complète de contact avec des persones
extérieurespendantl'instaltael : noians s plent étaiéd savilel sap r
commanditaires en amont, et je n'avais plus qu'à les suivre. Il n'était pas
rare,pourtant,qu'unprésentateurvedetour euct snee j siae ,nup orud
quoid'autrevient uop le ed letae andequémd pé relemtnalecneau,de
telouteléclairage,deteleoutel snaD .arémac e mje, làs-cas ce e
contentais de hocher la tête d'un air poli, avant d'exprimer fermement
moninhablitéàmodfiq eu éedm naqleue pler lalidan v ,ue qreièitsoe c
enutlisantcetré. C'ét air nav-sicm noef ioecav ntcot acs no lue tiam àl
cesgensausiantsourque nts épad ichcaà s pat enainevrap en iuq ,sr eu ler
mépris – car ils me méprisaient forcément, et je ne pouvais pas vraiment
leurenvouloir: que l'on parl e'draegtno ued serètirc ,exes lsseerivun
d'évaluationderéusitesociale,j'étaisloinderièreeux.

8

Jegagnaispeuetbaisaisencoremoins; algiansip sa ,ud njem'e pen
reste. Généralement, ils restaient figés quelques secondes, un peit
souiramdnianesls eedomme s'i coin, caulc tn.sianoC aiplntsasei te ne j
sans doute que je n'étais finalement pas apte à comprendre le caractère
simplisformulerleursimedeleurrequête,ilss'en retournaient
doléancesauprèsdequelqu'undepluscompétent: f,he cenrr éne ucutda
un chef de rubrique ou un chef de service – puisque dans l'audiovisuel,
tout le monde est plus ou moins chef de quelque chose. Bref, j'arpentais
les couloirs des télévisions mais conservais une totale indépendance. En
somme, je croisais des gens particulièrement cons, mais ne travailaispas
avec.

Cejour-là,j'instal eig'd lderéa cr és anonvuaexuia sel sAfrica24,une
chaîne d'information en continu consacrée à l'Afrique. La rédaction était
instaldee a lnlbaueieamrm ip lbuseos edidrée dans uniene.L'acueily
avait été particulièrement froid, et à peine avais-je eu le temps de
débaluq eei ldécaalr er matéron mfra éeis qnedruaehc u ,fcirtne ee t
visiblement mal-baisée, s'agaçait déjà du temps que je prenais pour faire
montravailque,naturelement,elee tsmiia tibneoi m insormpnttaeuq
le sien. Son travail, justement, n'avait pas l'air clairement défini. Ele
multipliaitlesaletours sers-r al gnolt ruetuol'uruee dopen-space,
grifonaitdesintiles a nu rus segnartéVeu eabltaleda,définisantainsi,
j'imagine, les sujets du prochain journal, s'en prenait à tous les
journalistesqui,vsiblement,n'alaientpasas En. ûtgon soà etiv ze
défintive,ellaseulees'agitaitbeaucouppourpasgrand- chose.À
question que je lui avais posée – je me demandais comment on pouvait
couvirl'informationafricainedepuisParis–,eleavaitd'aileursété
incapablederépondre,ouentoutcas,el éguj sap tiava'e ncenésairede
lefaire.Cependant,l'instalationsepasp aôtul funtt ret tbiitla m eeveen
rapide.Laseuledificultérésidaitdansl'imposiblitéquasipermanente
d'efectuerlestests,lesmomentsdeof,dansunechaîned'informationen
continu, étant rares. Tout ceci m'emmena jusqu'à un peu plus de dix-huit
heures, et je pouvais espérer être chez moi avant vingt heures.
Le trajet de retour, encore en métro, était généralement ausiagréable
quel'aler:uneprésenceaumètrecariféd tia selsiole d laé qui

9

physique,uncocktaild'odeurstoujoursplusine tavtnojeinu e ode
vivreambiantequel'onneretrouvequ'àderaresocasions–aux
entere st à tpo'l,aréar pxe elempC'. iatélg tlabonemeunt ur p emen
bonheur pour les sens. Ce soir-là, un homme d'une quarantaine d'anées
se tenait face à moi, rasé de près, le dos bien droit et le menton en l'air. Il
semblaitêtrearivélàparerconc un paroinsd euosrem ud tuot uo ,ru
circonstances,etmasquaitdifyavo diss ans senos géd .tûo eJ icilement
yeuxqu'ilsesentaitpuisx eu d àminos cevaemutsoc nt, alebales.Sa
veste souple, cintrée, était parfaitement coupée, laisantentrevoircequ'il
fal ,esimehc aS .lo cdet ehencmae tid a tiaté'c,tnedivé pitta éemitfaarne t
repasée–pasparlui,c'étaitévidentausbmerp notcauti Li.cra atavsoe
parfaitementl'ensemble,ajoutantàl'ef al à teaireorit autfoisna tlégée t
qu'il dégageait. Le pantalon tombait parfaitement sur ses chausures
parfaitement cirées. Oui, tout était parfait sur ce Monsieur, qui en était
tout à fait conscient. Même son caleçon devait valoir une journée de
monsalaire: ilavaitbesoindemet,» nlKie n « Calvi dans duetib as er
c'est plus confortable. Alors que je croisais son regard, je sentis toute
l'asurancequeluiconféraitsonaced do eecm d emertuoiertsoa l Àt.en
transportquineleméritaitpas,ilmarcheraitête droite, tors eobbm,és e
délectantdubruitdesesmocasclaqqui ientueral ses rusé.p va sni

Meschausuresneclaquaientpast aiaid'n'l avy évapI .s ru selleurspas
de pavés dans ma rue. En sortant de ma bouche de métro, je retrouvai à
lasurfacedestrotoirsliste sorp serpu – erasisnP ,nuhosene ce da rar
avantagedemonquartier.Jelongeailesgril'd sebaame unsade,puis
dépasailefleuriste,lepoisonte r el eitr, s oibrlireaitn s àuqocmmreaçi
je n'achetais jamais rien. Je n'avais jamais compris le culte que l'on vouait
auxfleurs:jelestrouvaischères,périsxu tna ablese ,tc nortiaerem
animaux d'une manière générale, incapables de survivre seules; ilfalait
sansceselesaroser,lesorienterdeteleoutelefaçon,leurasurerune
dosepertinented'ensoleilement.Bref,eld menaadeitna uinmos es
autantd'atia tvaio rvace inoeatqnuoni tn' u'qo u vepnoummefe ,eal tler
elesétait,apriori,platonique.Jedétestaisparaileurslepoison e'unet, d
manière générale, tout ce qui se trouvait dans la mer et à proximité, en
particulier les crabes, que je trouvais peureux et vicieux.

10

Quantauxlibrari siatuotne'nyov s,ee j.tP uo r'lniétêrent pas simplem
leslivres,j'al régaisremeuliè al à tnhtoilbib:ueèq onytrouvaitàpeu
près tout, gratuitement. Je n'éprouvais pas le besoin de poséderceque
je lisais. Le cas échéant, j'arpentais les marchés et leurs bouquinistes,
richesdepuresmerveiled igpoe née tre unetuiqa enoo'lc cé nsgenah
centimes.Laprese,jenelalisaisplus.Ellimpree nesaitplussonrôle
depuislongtemps,etj'avaiscesédeluiac –tem no droer ma confiance
argent. Un seul canard – ou plutôt un seul magazine – avait encore mes
faveurs.UnmensuelnomméParole(s),dontlesfondateursavaientréusi
à préserver l'indépendance de fond et de forme grâce à un soutien fort
deslecteurs,quipayaientàprixd'ordesabons à mentalorvie em sême
que l'espérance de voir ce travail perdurer s’amenuisait de jour en jour.
Sonambtionétaitsimple: découvirntco –er ererat pmocdner , c é'atti
son slogan – le monde, au moyen d'un reportage, d'une enquête et d'un
témoignage chaque mois. Ses reportages étaient inédits, ses enquêtes
aprofondiesetsestémoignagespertinents; aj tiaté y'n lin iostue qisma
denumérospécialimmoblier,declas ou ed tcé snememmcoceeresole d
dedoser sisec rul sed uohcop plae n ioatulforp iuqud tneti système.
C'étaitsufisantpourmériterunabonn soil eje lit, eeme .tniouQ'uq
recevaisdirectementdansmaboîteauxlet et n'avais doncn lub seio nser
d'entrerdansunelibrarie.
À la première bifurcation, je tournai à gauche dans ma rue, dont une
boulangerie faisait l'angle. Je n'y achetais jamais rien non plus,
principalementparcequeleprixdupainyat tedngiammte soss ei
indécents: 1,60eurolabaguet artdate, 1,90 euro lion,2,80euroslepain
auxcéréales.Quantauxpâtis d'uchat l'aies,reim nlefeuilenécesitaitau
préalable, pour le commun des mortels, l'obtention d'un prêt bancaire à
la consommation. J’achetais donc généralement mon pain à un épicier
cachéunpeuplusloin: labaguetey uep om ertes un était cleetfade,
maiselerestaitdansunefourchetelbadroba sulp x es lurPo. prie de
milefeuilq eul o' nems reroduits surgeléstnocatned sip seesje, e m itva
dans les restaurants d'entreprise des chaînes de télévsiondontj'instalais
lesplateaux.
Paséelagrandegrilde mon ie à e rtpoa lischnarf ej ,elbuemm
digicode,traversailehalentt epr l' iurusarco éuqrtcalb eiman àitnamei

1

moncouloirsecretetaustudioqu'ildesj'en refeLrovrasqiute. ream ial
portederi,mol iie èruep iom iaténu theurngt e vins dli érevoM nse .
avaitsonizre téôt sulp serueh etiaf ,.tE tnert-mesp ,je n'avais rien
hormisêtretrimbalé r patéornum ideds roavoi et star inlédesécrans
dansunerégiedetélévsion,aumlineg ni seed utéresésmaispas
vraimentintéresiocvuou ide qts, s neeuro etnaxios éngag isva'a Js.ntar
monélectricité.Monréveilson onze heures. Et t àonvuae uadsnaier
toutrecommencerait.

12

2.

Du moins en théorie. Car en pratique, le lendemain, je ne travailais
pas.Joiesdel'intérim.J'acumuleenmoyeninque une m iazni eedsions
par mois, parfois moins, rarement plus. Je dois cependant rester à
l'entièredispostin es caurd'ncgep ,e tuee moon dlpyo nmeuq,iue r
m'apm enu resufer xuieler à tout moment.B ei nûs,rj eepsion.Jepeux
même partir deux semaines en vacances et en refuser plusieurs. Mais à
cepeitj es npea ss euni epuo-slàt, ji nedf roec .oNsuom ss mee uno
vingtainedemanutentiontrga sapsem rel airi noues àsions,demanière
très inéquitable, au bon vouloir du responsable de planing.Ilexisteune
sortedeclases l ésoyplems let ennôrt leuqud temmu soel airtunt veem
plusdisponibles,lespluseficaces, et docnl sep ul stulisés.Àchaque
coupdefil,ilyadespointsenjeu: uuf s nerdrepd erf em are Es.t pescela
bienentendu,plusjedescendsdansleclas,tnemeam'n onsoi mpele.
Unjour,peut-être,leraps re .eJesarvnre s'iorcede fort ulsee lai
manutentionedrvno tpeires sles entraris et ,sem der ri pvariseliP ed eria
desoupleseetd'avantagespours'ofira mivres se nE .sectendantce
jour,j'oubliel'idéedevacancesoudewe urpoe e trisamje, ri pne-kne d
quemontéléphonesone,etsurtout,quoiqu'ilarive,jefermema
gueule.

13

Alorsquemespâtescuisaient,jem'instalévsiad vena talt léion,
zap certont s meaineel sel r,sd êtetre, rdgat anfidénas oc scivnnoitant
sontfamlimemêu aserèi ttelax au qlruee pessleue rusqsellesse
trouvent. Rien de tout cela n'avait d'intérêt, mais ça n'en était pas
vraimentlebut,aufond.Jefinistéiednerl é'rcna, parfois a tisjoous urr pa
énervé, parfois simplement las. Généralement, je m'aprochaisalorsde
lafenêtre.
De là, j'avais une vue imprenable sur l'immeuble d'en face. Dans le noir
complet, j'observais les vies de ces gens que j'avais l'impresion,àforce,
deconaîtreunpeu.Lavieils urr sutrième ée du quaemt uoojattic mo
sonfauteuilàfleurs,faceàlatélévision.Elt aitue mespelt na t ,va
l'inverse. Deux étages plus hauts, une femme d'une quarantaine d'anées
arpentaitsonap tnuvaia l y,si efoiAutrer. poses siamaj snas tenemrta
hommeavecel ep ul.sJ eovaysi je ne le temps,uq suqled ; iupee
m'imaginais que son mari était parti lorsqu'il avait compris qu'ele
vieilisait.Désormais,elu flétri, la pea,e até eelues tior cle, mébî aps
l'espritravagéparlesconeriesqu'el tra son parait,l aq iuavliesil
boufait.Eleatinma aesecneses ued es xenitapmi ceva tiadnuelesde
ClubMed,peut-êtremêmequ'eloy mlet s'e dent y eiarevuorey rneovne
l'air, c'était probable. C'était sa seule chance d'aileurs.Lerestedutemps,
elemangeaitbio,regardaitdesémisucsd eo et décs deionine,
multipliaitlesalsecèip-xued nos trt et,diré c àvaiadansurs retoers-lait
pour rembourser ledit crédit et payer ses fameuses deux semaines au
ClubMed.Elêm mitvauns pae tnafne o's ruopccuper l'esprit.I n a'elui
restaitquaranteansàvivre,maisel.etrom àjéd t ieaté
Il m'en restait un peu plus – du moins, c'est ce que je croyais à ce
moment-là–,etsijen'étaispasausiavancéqu'elesurlechemindela
décrépitude,del'eniuedl e ttant siavsap uop ua rnu'iletije, 'a n
l'impres- tnuehdtvi av ieira .s'iJvgvnaon existns, et imotiat ecneé's
résuméejusqu'iciàunesucesoi ns obencepérid'exétcid seriotagil ar pes
lasociété,etparmonapartenanceàlaclas meeoyne.

Mes premiers souvenirs remontaient à l'école maternele;j'avais
ensuiteaprisàlire,àécire,àcompter.Aucolège,jefaisaispartiedela

14

masedesinvisibles: lameépicrbine tta'é nje sas pislant,jenesortaispas
du lot en sport, j'étais loin d'être le roi de la cour de récréation;
physiquement, j'étais quelconque, et j'étais enfin trop timide pour que
l'éloquencemesauve.J'aitraversécetaiment la vivre.p réoieeds na srv
Aulycée,j'aicréavecrts gen des erceuj sofyoiaes die l qnsej euq s ia'n
jamaisrevusaprèsmonbac,oualorsparacdine,teur . durne'uu atodé
On se saluait alors d'un air gêné, on échangeait quelques nouvelessans
intérêtavantdes'échaperausivitequeposle.bi
Pendantcesdix-huitpremièresan'jvaei ,ôcotia seséyé vmae d
alternativement mon père et ma mère, lui plus souvent qu'ele.Jen'avais
qu'un vague souvenir de leur séparation, je n'avais d'aileurspas
vraiment demandé d'explications. J'avais compris qu'eleétaitpartiepour
un autre, avec plus d'argent bien entendu. Cet homme de rechange
l'avaitlui-mêmequitéequelquesanulp seép drat sul sour une autre, p
jeune.Désespérémentclas ,euc udhcil à éiq:étnolov touscouraient
aprèsl'argentetlesexe.
Jevivaisdansunepeitevilsnu enr reud eadégion quon pe, qelcue
provincialequelconque.Monpères'oc moit deplup la udt ra t .mespiapu
Tout cela se résumait à un repas en commun pris chaque jour en
semaine,deuxlewek-end.Iltravail ,t tôar pittaimâtt,en snab elad ti
rentraittard,etcontinuaitlewe joindre les deux« r ou pr,oi nau ,dne-k
bouts » comme on dit. Pour nouirsonfils,pourp ayersesclopes
surtout,sescréditsausecnau ,sne scav r pen pau ap en nOap tiatr. i
manque d'argent, surtout par manque d'envie. Quand il ne travailaitpas,
ilrestaitdansamaisonàfairesonpeit cirbgaloà ,eril e ses journaux àl a
con,àregardersesémisonic al à sferB .noe vi, un cone detnu a aven
mort encore plus con, un cancer qu'il n'a même pas combatu.Iln'en
avaitnilaforcenilesmoyens.Ilaabandon .éngisér tsée,l eâlhc,ei l's
J'avaisvingtans,j'avaisquitse lom teiduI .r crtmeomél r ét pouisona ma
ilavaitvécu: sue lte avoir r sans enassin e eapm mêà foien . Jeutres
pourquoijesuisaléàl'enterement; luq e'juaarsiv le seuluouoi v r,
c'étaitlui.Lesautres,jenelesconaiss pos paai èstru o ,trapulp al ru
peu.Jereconaisn oncle uement uasiv gaà.iglo lnésuocé ni,ici nu

15

Etmamère,biensûr.Elevieilisaitencore,eleétaitseuleausi.Jeme
demandaisparfoissieleregretaes. tpiiasrr op rceêntede' t Jia tnadneP .
mon adolescence, je ne la voyais que pendant les vacances. Les mienes
entoutcas; pendantlesienes,elearéférp tiar pit enssar .tJ fnnal iu een
enveuxpasvraiment; uq àd ioc onraau-jisbie nep uul iesvrri? Quepeut
faire un gamin prépubère en vacances avec sa mère, hormis lui gâcher ce
tempssiprécieux? Unefois,cependant,elme ténem'm eiavatéia .'C tne
Espagne, et cela reste à ce jour mes seules vacances à l'étranger. Tout ce
que j'y avais vu m'avait semblé particulièrement sale et moche. À
commencer par les Espagnols, bien entendu. Je n'en garde pas un très
bonsouvenir,etmamère,quiavaitpas eénos met àpsum f ser lur
balcondel'apupsi .eD artement de locp ,noitamelbabors pat enuspln no
quej'avaisquitsuoN ev r. ueilsav aras ép eenl a'uted,sj ur mes éégion po
nenousap suon euq esho cleeu slat ai etép rèM noul.son pas nns pelio
avions encore en commun, et maintenant qu'il était mort, le dernier lien
quinousunisait,sinfimefût-il,avaitdéfintivementdisparu.
Je la fixai longuement, au cimetière, alors que le corps de mon père,
confortablementinstal nsda tiadnecsed ,sioerp alcneh sedb é entre quat
lecaveaufamli enom hs me tnexuedt euianees qcordles par ne ur tea,l
costume sombre. Il faisait beau, l'air frais s'engoufraitdansmoncol
ouvert. Une colombe posée sur l'arbre qui nous surplombait s'envola.
Mamèretournalatête.Elia t'mvan eeé auemblis sjamasivieileet
ausna trpcéec tnitsait la dis. C'étsiofeuq inre erèaioys.e j vlan 'eque id vi

Lesjoursquisuivirentlesobsèquesfurentasépinlbse .eSlud las anez
maisondemonpère,jerecevaissansceselavsied g t eanevtnei sne iuq
me présenter leurs condoléances, louer la bonté et la générosité d'un
homme dont je ne m'étais jamais vraiment senti très proche. Le courier
afluaitenmase; jen'enlisaisquelamoti rlet en teesé,na tj tetcmeider
aprèsavoirprissoindenoterl'adrestircua euetié ,ros de d l'expéde de
l'envelopd setrac etnauqns ntmeiercmeree a hcavsiJ a'.et ci cendeuxeté
préremplies pour répondre aux gens qui s'étaient manifestés. C'était, je
crois,lachoseàfaire,l'aito'l à a adtpeéaielemtnude soccasion.

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Le rendez-vous chez le notaire fut bref. Se sachant condamné, mon
pèreavaittoutprévu.J'étaissonuniquehértietn e c'iquy l .rem aLosia
avait à l'intérieur me revenaient intégralement. Ses detesausi.Pour
payer – au même itrequelesdroitsdesucesno– l sei diférentes
commis te selsnoilae dren visvade rés gends enfraij eç ,aottuap r
maison.Lenotaireconaisrahcaregd tiot e. utAu« ia tdu monde, il se
bout du compte, il ne restera pas grand-chose », m'avait-il prévenu.
Efxid j a'ra,dr çeavsi peuu uns de pluemevitceleuq ,tnoi mesqu tuspls
miloluq.éC tea grnet devait servir e esoruur sn umpco bten uerncnafià
projetimmobliencoait restqui iuu drh'juuoera mo, ban prn etoj reiuqn re
ayantrouvétrèsdrôleledos redd tmieeilui je s faavaid enaedq eurptê
parvenir.Vsiblement,macondtiondemanutentionaireenintérim
sans garanties ne l'incitait pas à débloquer les fonds nécesairesàl'achat
d'unapmetraaP . rrtpotsanndfoims ti ,ed seremtnd ris. Autent à Pa
conséquent, le maigre héritage de mon père dormait sur un compte
bloqué et, à défaut d'être capable de rembourser six cents euros de crédit
immoblierha cej ,noc euqsiomde dépentinuais es rectemêmesomme
enloyer.Uneautrefinesedelafinancequim'échape,songeais-jeen
m'alongeant dans mu ésrdpa.ree uvcontrau dc nopanail-ém ,t

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