Réflexions sur le Maroc contemporain

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Ce recueil de nouvelles constitue un genre nouveau d'écriture au Maroc. Il mêle le politique au sociologique de telle façon que le lecteur peut aisément reconnaître, bien qu'ils ne soient pas cités, les acteurs politiques qui se dissimulent derrière les personnages. Le lecteur trouvera dans ce recueil un monde rempli de symboles et de signaux, où le réalisme côtoie la mythologie et où se mêlent le sacré, le réligieux, le politique et l'économique.

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 88
EAN13 9782296716087
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0065€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Réflexions sur le Maroc
contemporain

















































Mohamed EL ALAMI






Réflexions sur le Maroc
contemporain




(Traduit de l’arabe par Brigitte Trégaro)





































Les versets cités sont extraits de l’ouvrage « Le Koran », traduit
de l’arabe par M. Savary (Editions Garnier Frères-Paris)




© L’HARMATTAN, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-13854-4
EAN : 9782296138544


PREFACE



Il existe en littérature un type d’écriture qui s’intéresse à
l’incapacité de certains peuples à conserver la maîtrise de leur
destin et à demander des comptes aux dirigeants qui méprisent
la démocratie. Ces masses offrent finalement un spectacle
tragicomique, n’ayant connu qu’hypocrisie, corruption,
débauche et imposture et ne reculant devant rien lorsque leurs
intérêts, même dérisoires, sont en jeu. C’est ce que leur ont
appris les régimes dictatoriaux qui n’ont eux-mêmes rien appris
de l’histoire, ancienne ou moderne. Intellectuel d’une grande
érudition, romancier, nouvelliste et journaliste engagé auteur de
nombreux articles pour les journaux et magazines arabes,
européens et internationaux, le Pr Mohamed El Alami, qui écrit
aussi bien en arabe qu’en français, s’attache à décrire les
souffrances de l’homme et à analyser les questions arabes et
internationales. « Désastre en Irak », publié en français en 2005,
évoque l’un des plus grands crimes perpétrés au mépris des
principes élémentaires de la légalité internationale. Il s’agit d’une
critique virulente du nouvel ordre international, avec l’invasion
de l’Irak et le mépris envers les Arabes et les musulmans, ainsi
qu’envers la communauté internationale dont les usages et la
législation ont été foulés aux pieds au nom de principes
fallacieux tels que la lutte contre le mal et la possession d’armes
de destruction massive.

LePr Mohamed El Alami est connu pour avoir milité au sein
du Mouvement National avec ardeur et conviction. En
témoigne son magnifique et tragique roman« Fèset le
pommier »,publié en 1980, qui évoque un épisode précis de
l’histoire de Fès.

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L’auteury fait revivre le douloureux souvenir de l’humiliation
subie par les combattants et les résistants de la ville au début de
la colonisation française, et salue leur héroïsme face à
l’envahisseur étranger et aux éléments traîtres.

Leroman met en scène un arrangement entre deux familles
vivant dans la campagne de Fès et dont la mentalité tribale est
cause de la mort dramatique d’un couple d’amants séparés par
un mariage d’intérêt. La vengeance conduit ainsi au meurtre
d’innocents au nom d’un honneur factice. «Tige de rose»,
roman publié en français en 1995, situe l’action dans un passé
lointain. L’histoire commence sous le règne d’un sultan du
Maroc, un règne marqué par la corruption et la pratique
scandaleuse du trafic d’esclaves. Nous sommes dans le Maroc
de Hassan I, qui a un cheval pour trône et s’est entouré de
courtisans opportunistes et vils qui ont terni la réputation du
Maroc, offensantles valeurs islamiques de son peuple: vertu,
solidarité sociale et liberté pour tous les hommes, noirs et
blancs, valeurscontenues dans le discours du pèlerinage
d’adieu de Mohammed.


Poursuivant son chemin d’écrivain militant, le Pr Mohamed
El Alami a publié récemment un recueil de nouvelles évoquant
la réalité du Maroc d’après l’indépendance, qui ne s’est pas
encore réveillé de sa léthargie. D’une lecture aisée, «Rites
marocains » est accessible à tous. C’est du moins le modeste
avis de quelqu’un qui n’est ni auteur ni critique. L’ouvrage, qui
se caractérise par la simplicité et l’audace, établit des
corrélations historiques fantaisistes et aborde les problèmes
politiques, économiques et sociaux du Maroc et du monde
arabe, que le premier charlatan venu peut exploiter de la pire
manière. La dernière nouvelle appartient au genre du dialogue
et pose des interrogations concernant l’histoire sainte et
mythologique ancienne et moderne. L’auteur rivalise ici avec les
historiens et les philosophes, dont les plus grands ont, tel
Socrate, eu recours au dialogue pour éduquer le peuple

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d’Athènes. En dépit de l’intérêt que lui ont porté les anciens
Arabes, ce procédé demeure trop peu utilisé par les écrivains.
Parmi nos contemporains qui ont exploré le genre, il faut citer
Jean-Paul Sartre, le philosophe de l’existentialisme (athée), qui
l’a abondamment utilisé dans ses romans et nouvelles et dans
son théâtre. Et, voilà plusieurs siècles, le philosophe et poète
arabe Abou Al-Ala’ El-Maari a fait dialoguer les anges et les
pécheurs dans son célèbre ouvrage « Message de miséricorde »,
qui a influencé le grand auteur italien Dante pour la rédaction
de «La divinecomédie », ainsi que l’auteur de « Un monde
mystique », L’alchimiste, ouvrage publié il y a une dizaine
d’années et destiné à vulgariser les théories philosophiques
ardues. Il s’est vendu quelque 20 millions d’exemplaires de ce
livre, traduit en plusieurs langues et paru récemment en arabe.

Le lecteur trouvera dans le recueil « Rites marocains », du Pr
Mohamed El Alami, un monde rempli de symboles et de
signaux, où le réalisme côtoie la mythologie et où se mêlent le
sacré, le religieux, le politique et l’économique. De quoi
redonner goût à la lecture, victime d’une désaffection due à
divers facteurs, notamment politiques. Ces nouvelles, écrites
dans une langue fluide et simple, enrichiront certainement les
connaissances des diverses catégories sociales et classes d’âge.
C’est une contribution qui arrive au moment opportun et
répond à une nécessité urgente, celle de rationaliser l’histoire
politique de l’Ile Coucou falsifiée depuis un demi-siècle, ainsi
que la vie de son dirigeant, dont il faut rappeler les mauvaises
comme les bonnes actions. La technique employée est habile et
innovante, de par l’évocation des événements, l’évolution des
personnes qui y ont participé, le mélange des époques et des
espaces matériel et spirituel. Tout cela nous est exposé en cinq
brèves nouvelles qui se succèdent de façon harmonieuse et
cohérente. Versets du Coran, hadith, proverbes et sentences
empruntées aux plus grands sages de ce monde viennent
renforcer le message. Tout cela demeure même une fois que
l’histoire a jugé les criminels, leurs victimes, l’émir et son

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peuple. Vient ensuite le jugement définitif et sans appel : « Chez
votre Seigneur, vous vous querellerez.» Chacunaura son
compte, sans discussion, sans corruption et sans falsification
des élections, car tous sont égaux face à la loi suprême.


Mohammed El Ouali Alami
Chercheur en pensée andalouse marocaine



























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AVANT-PROPOS


Ce recueil de nouvelles constitue un genre nouveau
d’écriture au Maroc. Il mêle le politique au sociologique de telle
façon que le lecteur peut aisément reconnaître, bien qu’ils ne
soient pas cités, les acteurs politiques qui se dissimulent derrière
les personnages. Il ne s’agit pas toutefois d’un règlement de
comptes, même s’il y a place pour la mémoire et pour le
caractère personnel de l’auteur, qui sait dépasser
l’autobiographie pour exposer une vision globale de la société.
Il aborde ainsi de nombreux sujets tels que la corruption, le
non-respect de la déontologie professionnelle par les médecins,
l’importance de la magie, utilisée à des fins diverses, ainsi que
d’autres thèmes comme la manière de gouverner.


Pour bien comprendre la signification de ces nouvelles, il
faut les replacer dans lecontexte politico-historique précis dans
lequel elles ont été conçues, et tenir compte également de la
période où se déroulent les faits, de façon à en mesurer la
portée. En effet, il est évident que, dans dix ans ou plus, le
lecteur se trouvera dans un contexte historique différent.


Une lecture attentive permet d’apprécier l’érudition de
l’auteur, qui nous parle aussi bien du christianisme, du
bouddhisme et de l’islam, que des philosophes, évoquant de
grandes personnalités comme El Jahiz. Ses connaissances lui
permettent ainsi de trouver de multiples points de convergence
entre les penseurs et les philosophes, au-delà des différences
d’époque et de sujets traités. Le fait est que le lecteur acquiert
ainsi de nouvelles connaissances.

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