Sœurs de sang

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176 pages
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Description

Shana et Mikénian, unies la naissance par un curieux concours circonstances, grandissent en véritables jumelles. Ces liens se renforment lorsque, plus tard dans vie, Shana donne son sang à Mikénian. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour ces sœurs de sang jusqu’au jour où, trahie par Mikénian, Shana perd pied et se retrouve prise dans un terrible piège. Une histoire teintée d'amour, de rivalité entre sœurs et de tragédie qui vous tiendra en haleine jusqu'å la fin.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de visites sur la page 566
EAN13 9782916532271
Langue Français

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Sœurs de sang
Régina YAOU
Sœurs de sang
Roman
Vallesse Éditions 01 B.P. 2290 Abidjan 01 (Côte d’Ivoire) e-mail : edition_vallesse@yahoo.fr
CollectionYenian dirigée par Regina YAOU
© Vallesse Éditions, Abidjan, 2013 ISBN : 978 -2 -916532 -27 -1 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
À
Béatrice et Gisèle, mes jeunes sœurs.
PROLOGUE
Effondrée dans le fauteuil qui jouxtait le lit dans la chambre spacieuse et meublée avec goût, Shana sanglotait désespérément. Elle ne comprenait pas qu’il ait pu arriver une chose pareille. Comment allait-elle vivre maintenant que Mikénian était partie à jamais, emportant sous une dalle de marbre et une tonne de fleurs son sourire conquérant qui semblait se moquer de tout ? Comment et pourquoi n’avait-elle pas pu sauver sa sœur de sang ? Elle était pourtant là, à crier pour offrir ce sang, mais le personnel de la clinique n’en avait pas voulu, prétextant qu’il était trop tard ! Machinalement, Shana porta à la bouche son doigt rouge et enflé ; ce doigt qu’elle avait volontairement appuyé sur l’épine de la seule rose rouge mêlée aux blanches déposées sur le couvercle du cercueil. Elle l’avait fait exprès, afin que Miki, sa sœur bien-aimée, puisse en-core partager son sang, même sur le chemin de l’au-delà. Des larmes silencieuses avaient fait
place aux sanglots qui n’avaient presque pas cessé de la secouer depuis cette interminable semaine qui venait de fermer ses portes sur des images insoutenables, des images que Shana n’oublie-rait jamais. C’est vrai, lors de l’inhumation, on s’était saisi d’elle et on l’avait éloignée de force avant de faire descendre dans un trou ce coffre de bois où reposait, plus resplendissante que jamais, Mikénian, sa Miki. Shana luttait contre les souvenirs qui lui parlaient de Mikénian tandis que, au rez-de-chaussée, on la cherchait pour lui présenter les condoléances. Les souvenirs personnels, c’est-à-dire ce qu’elle avait vécu, et ceux des parents, particulièrement ceux de sa mère, se bouscu-laient en elle. Mais elle leur résistait vaillamment. Depuis que Mikénian avait quitté la terre des vivants, elle, Shana, s’était enfermée dans un univers où elle était devenue amnésique. Ap-paremment l’entrée de ce monde nouveau n’avait pu résister aux assauts répétés de ce qui voulait s’en prendre à son cœur déjà si terri-blement meurtri. Avec un cri de bête blessée à mort, Shana se jeta sur le lit, à plat ventre et se laissa emporter. Et tout commença par le début, comme le veut la logique humaine. La machine à remonter le temps s’enclencha, indi-quant que c’était vingt-deux ans plus tôt que
l’histoire de Shana et de Mikénian s’était mise en marche. Dans un hôpital où deux femmes s’étaient retrouvées pour donner la vie. Un simple hasard ? Une coïncidence comme tant d’autres ? Seul Dieu, Maître des temps et des circons-tances, détenait la réponse à cette épineuse question. L’avenir allait donc l’apporter à tous ceux que Mikénian laissait derrière elle. Le flot de souvenirs, qui s’impatientait, sub-mergea donc Shana. Vaincue, cette dernière s’abandonna…
1.
ina commençait à ranger sa valise. M C’est aujourd’hui qu’elle devait quitter la maternité de ce Centre Hospitalier Univer-sitaire fraîchement ouvert. Le bébé, profondé-ment endormi après la tétée, lui laissait toute latitude pour se préparer. Soudain, elle laissa tomber la chemise de nuit qu’elle était en train de plier et se précipita vers le berceau. Mais non ! il ne se passait rien, elle voulait juste ad-mirer une fois de plus son enfant, sa fille. Une fille qu’elle avait tant attendue ! Une fille qu’elle avait mise au monde en vivant l’enfantement de bout en bout. Pour les deux premiers garçons, on avait eu recours à une césarienne. Après la venue du deuxième, elle avait tellement at-tendu que, finalement, au moment où elle s’était décidée à avoir ce troisième enfant, dont elle était sûre que ce serait une fille, impossible de tomber enceinte. Elle avait vu des tas de mé-decins, le verdict demeurait sans appel : il n’y
avait rien à faire. Et ce, parce qu’elle ne souffrait d’aucune maladie et que le bébé viendrait tout seul. Mina remua la tête : c’est vrai, elle était venue toute seule, sans traitement d’aucune sorte, quand elle l’avait voulu. Et elle était belle comme le jour, estimait-elle, sa petite Shana. Oui, elle avait convaincu son mari d’appeler leur fille ainsi ; Shana, qui signifiait « chance » dans leur langue maternelle. Shana remua un peu. Le cœur de Mina bondit et, toute excitée, elle se pencha sur l’enfant, prête à la prendre dans ses bras ; elle y renonça car, aussitôt, elle se souvint qu’elle ne devrait pas l’y habituer. Quelqu’un frappa à la porte. Mina leva la tête dans un sursaut comme un enfant pris en faute. Etait-ce déjà son mari ? – Entrez, fit-elle, essayant de ne pas mon-trer sa surprise. – Excusez-moi, dit celle qui avait toqué à la porte. – Ah ! C’est vous, Madame Enimo ? Asseyez-vous, l’invita Mina tout sourire. – Non, merci. Voici vos papiers de sortie, dit la sage-femme qui lui rendit son sourire. – Merci madame, répliqua Mina. Vous par-tez maintenant, vous ? – Hélas non ! dit la sage-femme. Nous avons un cas sérieux qui vient d’arriver et le docteur