Sorcellerie à Covent Square

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Description

Dick REUTEL, détective, et sa tendre compagne Betty, apprennent par le journal qu’Elsie, la femme du peintre Ronald Smith, a été retrouvée morte, chez elle, empoisonnée.


L’artiste étant de leurs amis, Dick et Betty se rendent sur place, à Covent Square, afin d’apporter un réconfort à Ronald et Grace, sa troublante belle-sœur qui vit sous le même toit.


S’agit-il d’un crime ou d’un suicide, se demandent les médias ?


Si la justice conclut rapidement à la deuxième solution, Dick, lui, semble pencher plutôt vers la première...


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EAN13 9782373477351
Langue Français

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I
Crime en suicide ?
Betty pénétra en trombe dans la pièce où Dick, mollement étendu sur un canapé, était en train de savourer la saveur particulièrement exquise d'un porto très spécial qu'il avait fait venir en droite ligne du Portugal.
Elle tenait un journal à la main, et Dick constata subitement qu'elle était anormalement pâle. Il y avait même, quand on s'y attardait, quelque chose de tragique dans l'expression de son visage.
— Que se passe-t-il ? fit-il, doucement étonné. Elle lui tendit le journal et Dick, regard écarquillé, fixa avec stupeur le titre qui s'étalait grassement en première page. Il lut à mi-voix : « La femme du premier peintre d'Angleterre est trou vée morte dans son boudoir. — Elsie Smith aurait succombé victime d'un empoisonnement. — Une enquête est ouverte. » Dick passa une main irritée dans ses cheveux bruns et, d'une voix émue : — S'il vous plaît, chérie, versez-m'en un verre, afin de m'éclaircir les idées.
Ronald Smith était incontestablement un des premier s peintres d'Angleterre. Sa fulgurante carrière l'avait conduit à la gloire en trois années, et ce jeune homme de trente-cinq ans, était à juste titre considéré dans le monde entier comme un génie de l'art pictural.
Les Smith étaient des relations à Dick et Betty, l' épouse du détective amateur ayant autrefois connu celle qui était appelée à devenir Mrs Smith, dans un cercle de tennis irlandais.
C'est pourquoi, dès que Dick eut assimilé la lectur e de l'article, il décida de rendre immédiatement visite à Ronald, pour lequel il avait , outre de l'admiration, une profonde sympathie. — Je vous accompagne, chéri, dit Betty. Grace aura très certainement besoin de moi. Grace était la sœur d'Elsie. Elle vivait avec eux d ans leur somptueuse propriété de Covent Square. C'était une étrange et superbe créat ure à la sculpturale beauté, remarquablement intelligente et indéniablement neurasthénique. Âgée de 26 ans, elle était, selon son propre aveu,« lasse de tous ces hommages masculins »qui l'irritaient plus qu'ils ne lui étaient agréables.
Elle disait parfois, avec son étrange sourire étiré, que deux hommes seulement auraient été susceptibles de lui plaire : son beau-frère et Dick. Seuls, disait-elle, ces deux-là ont une personnalité comme je les aime, forte, indéniable et imperceptiblement mystérieuse... Mais voilà, ces hommes-là sont les époux de deux femmes que j'admire tout autant que je les aime, il n'y a pas de chance de bonheur pour moi sur cette méchante planète.
Elle écrivait de bizarres poèmes curieusement sophi stiqués et incontestablement surréalistes qui avaient un certain succès. Lorsque Dick et Betty arrivèrent chez Ronald Smith, ce fut Grâce qui vint les accueillir. Une Grace défigurée par la douleur et l'horreur. Elle se jeta en sanglotant contre Betty qui lui caressa les cheveux en murmurant les vagues et inut iles paroles prononcées toujours en semblable cas.
— Une mort si horrible, Betty, hoquetait Grace, si horrible !... Nous ne pouvons pas même, Ronald et moi, rester seuls avec notre douleu r. C'est ici, depuis ce matin, le défilé odieux des policiers, médecins légistes et journalistes...
— Où est Ronald ? questionna Dick.
— Dans sa chambre, il se repose entre deux interrogatoires.
— Et... Elsie ?
— Ils l'ont emmenée
Elle étouffa un sanglot :
— Elle était devenue noire, toute noire, Dick, c'était affreux. Betty l'emmena dans un fauteuil, la fit asseoir, lui parlant bas à l'oreille. — Je monte chez Ronald, fit Dick.
***
Ronald était anéanti dans un fauteuil. Dick sut, lo rsqu'il le vit, qu'aucune expression n'aurait mieux pu convenir à son attitude. Dès l'entrée de Dick dans la pièce, il leva sur son ami un regard morne, éteint. Ses yeux étaient rouges d'avoir trop pleuré. — Ta présence me fait du bien, dit-il en se devant pour accueillir son ami. Il hocha douloureusement la tête, omettant de lui tendre la main
— À la douleur d'avoir perdu Elsie s'ajoute l'énervement croissant et odieux suscité par cette troupe d'imbéciles qui ne cessent de me poser des questions...
Il était retourné à son fauteuil. Dick en traîna un à ses côtés. D'une voix hésitante, il murmura :
— Cela t'ennuierait que je te pose moi aussi quelques questions ?
— Toi, ce n'est pas la même chose. — Merci.
Dick réfléchit longuement et commença :
— À quelle heure a-t-on découvert la mort d'Elsie ?
— Ce matin, 9 h 30. C'est Grace qui l'a découverte dans son boudoir. D'après le médecin légiste, elle serait morte une heure avant. Grace m'a téléphoné, j'étais absent de la veille, parti au manoir de Pearl Brennian où je travaillais au portrait de lady Brennian.
— Que disent les autorités ?
— L'autopsie a révélé dans les viscères des traces d'un poison extrêmement rare. Un poison hindou, je crois, affublé d'un nom barbare, quelque chose comme« cyrrhio phratus », mais je n'en suis pas sûr.
— Quelques détails encore ? Ronald, profondément accablé, baissa la tête, se tut, puis, d'une voix sourde : — Il y avait, aux côtés d'Elsie, sur une petite table proche du fauteuil dans lequel on l'a trouvée, une boîte de bonbons que je lui avais offerte hier matin. « Ils » s'en sont emparés pour analyse, et quelques-uns des bonbons sont infectés de ce poison.
— C'est tout ?
— Tout ! Dick laissa flotter entre eux un moment de silence, puis, d'une voix gênée : — Il y a évidemment tout un monde de questions que je ne te poserai pas...