Un homme infidèle et parfait

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184 pages
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Seydou, en homme de son temps, est un mari aimant et avenant qui inonde sa femme Saly de bonheur. Leur vie conjugale est un véritable conte de fées jusqu'au jour où Saly découvre le lourd secret de son mari qui, pour elle, était un homme parfait... Ce roman est un voyage initiatique au coeur de la question existentielle, celle de la condition humaine qui pose la problématique du destin, mais aussi de l'amour.

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Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de visites sur la page 178
EAN13 9782296503700
Langue Français

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UN HOMME INFIDÈLE ET PARFAITCollection :Nouvelles Lettres Sénégalaises (NLS)
Nouvelles Lettres Sénégalaises (NLS) Collection dirigée par : Mamadou Bâ, Bassirou Coly et Abdoulaye DialloDIOP Moustapha,La voie d’un musicien, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », août 2012. DIALLO Rabia,Amours cruelles, beautés coupables, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », juin 2012. CHERIF Souleymane Abdelkérim,Quand l’évidence ne suffit plus», mars, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises 2012. SAMBE Fara,Lettre du retour au pays natal, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », février 2012. GUISSÉ Ameth,Femmes dévouées, femmes aimantes, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », septembre 2011. THIOUNE Bassirou,Gott. Le retour vers la terre, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », septembre 2011.
SODANDOYEUN HOMME INFIDÈLE ET PARFAITNLS
© L'HARMATTAN-SÉNÉGAL, 2012 « Villa rose », rue de Diourbel, Point E, DAKARhttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr senharmattan@gmail.com ISBN : 978-2-296-99524-6 EAN : 9782296995246
I. En ce lundi 3 janvier, Saly marchait dans les couloirs de la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’après les rumeurs, les cours auraient déjà commencé alors qu’elle n’avait même pas l’emploi du temps. Il était onze heures et il faisait relativement froid. Comme à l’accoutumée, elle s’était habillée élégamment sans dénuder son corps, le voile lui couvrant la tête. C’était une belle jeune fille de vingt-deux ans, aux traits fins. Hissée sur ses jambes de faucheux, elle avait le nez pointu, les lèvres charnues et un regard perçant qui la rendaient très séduisante. Elle dégageait une allure qui incarnait l’innocence et la fermeté. Sa démarche précise et déterminée ajoutait à son charme.La première chose à laquelle elle pensa fut de se procurer l’emploi du temps, ce qu’elle fit. Par la suite, elle se rendit au jardin de la faculté et s’assit sur un banc public situé sous un arbre afin de se protéger du soleil. Alors qu’elle consultait les feuilles reçues, quelqu’un lui banda les yeux de derrière. Lorsqu’elle se retourna, c’est avec surprise qu’elle vit son amie Khady. Les deux jeunes filles se laissèrent emporter par l’euphorie des retrouvailles. Khady était une jeune femme très coquette. Mignonne, de taille moyenne, à la peau chocolatée, elle attirait plus d’un regard. Ce jour-là, elle était vêtue d’une robe chinoise qui épousait ses formes et de chaussures à talons hauts. Légèrement maquillée, elle portait des boucles d’oreilles artisanales qui lui donnaient une allure rustique.
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SODANDOYE« Tu m’as abandonnée ces temps-ci. Mais comme on dit “pas de nouvelle, bonne nouvelle”. Un dénommé Amadou n’en serait-il pas à l’origine par hasard ? taquina Saly. – Tu n’as pas changé, à ce que je vois ! Mais ce n’est pas ce que tu sembles croire. Tu sais, entre la Tunisie et le Sénégal, il y a une distance considérable, répondit-elle avec une moue sceptique. – C’est vrai, mais il ne faut pas laisser cette distance avoir raison de votre amour. C’est déjà pas mal de communiquer par téléphone et Internet. – Tu as sans doute raison. Mais dis-moi, tu continues toujours à fuir les hommes ? – Fuir ! Ce n’est pas le mot approprié. C’est tout simplement que je refuse d’avoir une relation amoureuse tant que j’étudie. – Tu dis cela parce que tu n’as pas encore rencontré l’homme de ta vie. – Que Dieu me préserve de tomber amoureuse ! J’en perdrais ma liberté. – Ah ! Quelle idéologie ! » pouffa Khady. Ainsi, les deux amies continuèrent à discuter de leurs péripéties respectives tout en marchant. Deux heures plus tard, elles se retrouvèrent au restaurant pour le déjeuner. Alors qu’elles étaient à table, Khady fit un signe de main à un homme qui les rejoignit aussitôt. « Salut Seydou ! Ça fait longtemps ! – Bonjour, chère cousine. Comment tu vas ? – Bien ! Tu veux te joindre à nous ? – Avec plaisir. » Alors que ce dernier s’asseyait, Saly leva les yeux vers cet homme qu’elle voyait pour la première fois. Elle fut impressionnée par la beauté de ses traits. Le menton volontaire et une corpulence athlétique rendaient cet homme aux yeux captivants extrêmement séduisant. Elle ressentit une vague
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Un homme infidèle et parfait d’émotions. Le cœur battant la chamade, elle s’empressa de baisser les yeux, incapable de soutenir son regard. Tandis qu’il ajustait sa chaise, Khady fit les présentations d’usage. « Enchanté. Je suis ravi de faire votre connaissance, dit-il. – Tout le plaisir est pour moi. – C’est mademoiselle, j’espère ! » Khady essaya d’étouffer le rire qui lui montait à la gorge. « Oui, Mademoiselle Salimata Wade précisément, répondit-elle. – C’est un soulagement. – Ah ! Tu ne changeras donc jamais ! L’ami des femmes, n’est-ce pas ? intervint Khady. – C’est une offense à ma réputation ! Que va penser Saly de moi maintenant ? – Cette discussion ne me regarde absolument pas. Et ne je ne porte aucun jugement sur vous, soyez-en rassuré, répondit-elle en souriant. – Oh ! Mais bien sûr que cela vous regarde. Et même bien plus que vous ne le pensez, renchérit Seydou. – En quoi je te prie ? dit Khady. – Tu es une fille intelligente, alors je te laisse deviner. » Saly qui sentait le regard de cet homme se poser sur elle fit comme si elle n’avait pas saisi l’allusion. En son for intérieur, elle mourrait d’envie de lui rendre ce regard, mais elle résistait. Ils discutèrent de tout et de rien dans une bonne ambiance, tout en déjeunant. À la fin du repas, ils sortirent ensemble et marchèrent en poursuivant leur conversation. Elle n’intervint que vaguement dans la discussion, craignant de se trahir. C’était la première fois qu’elle faisait autant attention à un homme. « Vous êtes dans quelle faculté ? demanda-t-il. – Lettres et sciences humaines. Je fais une licence III d’anglais.
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SODANDOYE– C’est bien, mais je crois qu’il vous reste du chemin à parcourir. – En effet ! Je vais également faire une formation professionnelle enmanagement et gestion du personnel parallèlement aux études universitaires. Et vous ? – Je suis en dernière année de spécialisation en cancérologie. Je vois que vous êtes ambitieuse. – J’espère que ce n’est pas un reproche, intervint Khady. – Bien sûr que non, au contraire. – Alors, c’est bien. Mais, dis-moi, c’est pour quand la soutenance ? – Avant la fin de l’année, si tout va bien. – Oui, et tu en auras fini avec le calvaire des études ! Je t’envie, tu sais. – Pas si vite, cousine. J’envisage de faire une sous-spécialisation en cancer du sein. Les études ne finissent jamais. Chaque jour est un apprentissage. N’est-ce pas, Saly ? – En effet, répondit cette dernière en le regardant dans les yeux cette fois-ci. – Bon ! Mesdemoiselles, je vais devoir vous quitter, car j’ai un rendez-vous important. – Oh ! Déjà ? dit Khady. – Malheureusement, oui. Ce fut un réel plaisir de partager ces moments avec vous. J’espère que nous nous reverrons bientôt, dit-il à l’attention de Saly. – Je ne crois pas que … – Mais bien sûr que vous vous reverrez ! Je m’en chargerai personnellement », coupa Khady. Sur ce, il s’éloigna à grandes enjambées sans se retourner. Elle le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse. « Il te plaît n’est-ce pas ? dit Khady d’une voix enrouée. – Tu es folle ? Qu’est-ce que tu racontes ?
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