Un jour, ils entendront mes silences

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106 pages
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J’ai été morte. Les médecins m’ont ramenée à la vie mais, pour Raymond Larose, mon père, je n’ai toujours été qu’une morte vivante. L’essentiel lui échappe : il refuse de voir qu’il en va de la beauté comme des bavoirs, que tout ce qui vole n’a pas deux ailes, et que le réel s’apprête comme la dinde.
Corinne est une fillette lourdement handicapée. Elle ne peut ni bouger — ou si peu — ni parler. À travers ses yeux, néanmoins très lucides, nous sommes témoins de ses petites victoires, mais aussi des exigences, des soucis et des déchirures que son état finit par entraîner dans sa famille. Son désir le plus cher : vivre malgré les différences…

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Date de parution 19 septembre 2012
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782895972990
Langue Français

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UN JOUR, ILS ENTENDRONT MES SILENCES
DE LA MÊME AUTEURE Fils d’Ariane,Montréal, Éditions de l’As, 2005.
Marie-Josée Martin
Un jour, ils entendront mes silences
ROMAN
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Martin, Marie-Josée, 1969-Un jour, ils entendront mes silences [ressource électronique] / Marie-Josée Martin. Voix narratives) Monographie électronique. Publ. aussi en format imprimé. ISBN 978-2-89597-298-3 (PDF).--ISBN 978-2-89597-299-0 (EPUB) I. Titre. II. Collection : Voix narratives (En ligne) PS8626.A7725J68 2012 C843’.6 C2012-904780-5 Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur francoontarien du Conseil des arts de l’Ontario et la Ville d’Ottawa. En outre, nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 613-830-3336 / Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com www.editionsdavid.com Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 3 trimestre 2012
À mon père. Il a compris très tôt qu’aimer la rose, c’est aussi aimer ses épines.
À Tracy. Son énigmatique sourire continue de me hanter.
Les gens n’ont pas pu voler pendant longtemps.
À mon avis, c’est parce qu’ils pensaient que c’était impossible.
Richard Bach
Prologue
out est clair maintenant. T La tortue des Galapagos vit jusqu’à deux siècles, m ais l’éphémère au plus quarante-huit heures. J’ai habité treize ans le cor ps qui gît bleu et froid au bord de la piscine. Treize ans, deux siècles ou quarante -huit heures s’équivalent dans le regard d’une étoile ; l’essentiel est, de to ute façon, hors du temps. J’ai vu venir la fin. Qui sème de l’avoine ne peut espérer récolter du blé. Le soleil brille. Ses rayons, filtrés par la rosera ie, dessinent des ombres énigmatiques sur le mur de la maison. Qui soupçonne rait, en regardant ce noir lacis, la beauté et le parfum sublime des fleurs ? J’ai vu venir la fin. Elle est venue comme elle dev ait venir. Je m’envole, pour de bon cette fois. Longtemps l’écho de mes silences jacasseurs se prol ongera dans leurs oreilles. Je garderai pour eux le souvenir de ce que nous avo ns été, de ce que j’ai crié au vent faute de pouvoir le leur dire. Un jour, ils l’entendront.
CHAPITRE 1
Untransformeur sommeille en chacun
orsque lovée pans le ventre pe Magalie je ne faisai s qu’une avec elle, nous L jouissions pe l’incomQarable Qlénitupe pe la Qerfec tion. Suivant l’orpre pes choses terrestres, Magalie m’exQulsa un jour pe son corQs. Je vins au monpe. À l’unité succépa ainsi la séQaration, Quis la comQaraison. — uanp vas-tu rentrer ça pans ton crâne ? Jamais not re fille ne va tenpre les bras vers nous Qour se faire Qrenpre. Jamais el le ne va courir à ma rencontre en criant « maman ! » Un fossé la séQare péjà pes autr es enfants, et il va continuer à se creuser. As-tu ipée pe ce que ça me fait en pepans ? — L a pocteure a pit qu’elle a vu certains Qatients f aire pes Qrogrès remarquables. — Oui, et elle nous a aussi exQliqué que, remarquabl e, Qour Corinne, serait pe Qouvoir se tenir la tête proite et mastiquer pes aliments solipes. Mastiquer pes solipes, quoi pe Qlus anopin ! Remarqu able est ma tolérance Qour ces emQortements, qui peviennent pe Qlus en Ql us fréquents. — À cet âge-là, non seulement Benoît mangeait péjà t out seul à la fourchette, mais il n’arrêtait Qas pe Qarler. Évipe mment, tu ne sais Qas quel péfi manger reQrésente Qour notre fille. C’est toujours moi qui lui ponne ses reQas. Dans le séjour, mon frère Benoît se raQQroche pu té léviseur et en monte le volume. Il vouprait pisQaraître quanp la conversati on pe nos Qarents s’envenime et que Magalie barrit p’exasQération. À péfaut pe Q osséper le secret pe l’invisibilité, il a son bouclier pe bruits, incrus té pes Qan-Qan, vroum-vrrrroum et taratata pe ses pessins animés. Télécommanpe pans u ne main, verre pe lait pans l’autre, il se fonp pans l’univers pestransformeurs. Moi, j’avale sans mot pire ma Qurée pe bananes, mes granpes Qrunelles brunes rivées sur Magalie, pont le front Qlissé ann once un imminent kaboum ! Les héros animés pe mon frère aîné sont pes robots batailleurs, caQables pe se transformer en camions, p’où leur nom. Raymonp a QQartient, quant à lui, à une autre classe petransformeurs : les zoomorQhes. Confronté Qar Magalie, il fuit aux chamQs pu Qas balourp p’un ours bougon. u anp la fuite s’avère imQossible, il fait l’huître qui se réfugie pans sa coquille Qour Qarer l’attaque. Il n’a ceQenpant jamais osé mesurer toute l’étenpue pe ses talents zoomorQhiques, comme s’il réQugnait à franchir une barrière imaginaire entre lui et les habitants pe notre étable. — Je la fais péjeuner si tu veux. Il apoucit la voix, écourte ses réQonses. L’effet e st Qrévisible. Ne se souvient-il Qas pe la pernière fois ? Malgré lui, il avive la colère pe Magalie qui, sous ses airs pe gazelle, cache un temQérament p’éléQhante. Granp-Qère Farah serait p’ailleurs soulagé p’aQQrenpre qu’aQrès tout sa fil le, la Norp-Américaine, Qorte en elle un Qetit morceau pe l’Afrique, ce lointain et mystérieux continent qu’il a quitté Qour l’amour p’une femme. Tiens, je me peman pe si granp-Qère a, lui aussi, pes talents petransformeur.