Un petit baobab pour vivre ensemble

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202 pages
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Description

Des mots courent dans ma tête aux quatre vents : quatre langues qui se croisent, se côtoient, se mêlent et s'enrichissent comme les quatre points cardinaux. C'est au Sénégal que je suis né, Sarakholé en pays soninké, j'ai grandi chez les Peuls, j'ai étudié auprès des Wolofs et je travaille aujourd'hui au pays des Gaulois depuis près d'un quart de siècle. Les vocables dont je dispose ne souhaitent pas avoir raison les uns des autres, mais se complètent et cherchent des réponses. Comprendre et se faire comprendre est la source du bien-vivre ensemble. Passé, présent et futur cohabitent ; tout dialogue en moi crée une Babel heureuse !

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Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 40
EAN13 9782296497818
Langue Français

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Un petit baobab pour vivre ensemble
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions Pius NGANDU Nkashama,Dialogues et entretiens d’auteur, 2012.Hélène MILLET,Roman Bambéen, 2012. ITOUA-NDINGA, Leroman des immigrés,2012. Paul-Evariste OKOURI,Prison à vie, 2012. Michèle ASSAMOUA,Le défi. Couples mixtes en Côte d’Ivoire, e 2 édition revue et corrigée, 2012 Angeline Solange BONONO,Marie-France l’Orpailleuse, 2012. Jules C. AGBOTON,Ma belle-sœur (et quatre autres nouvelles), 2012. Joseph NGATCHOU-WANDJI,Le Vent du Printemps, 2012. Faustin KEOUA LETURMY,Dans le couloir du campus, 2012. Abdou DIAGNE,Les Larmes d’une martyre, 2012. René GRAUWET,Au service du Katanga. Mémoires, 2012.Antoine MANSON VIGOU, Journal d’un demandeur d’asile, 2012. Brigitte KEHRER,Poudre d’Afrique, 2012. Patrick Serge Boutsindi,Bal des Sapeurs à Bacongo, 2011. Alice Toulaye SOW,Une illusion généreuse, 2011 Kapashika DIKUYI,Le Camouflet, 2011. André-Hubert ONANA MFEGE,Le cimetière des immigrants subsahariens, 2011. José MAMBWINI KIVUILA KIAKU,Le Combat d’un Congolais en exil, 2011.Aboubacar Eros SISSOKO,Mais qui a tué Sambala ?, 2011.Gilbert GBESSAYA,La danse du changer-changer au pays des pieds déformés, 2011. Blommaert KEMPS,Confidences d’un mari désabusé, 2011. Nacrita LEP-BIBOM,Tourbillons d’émotions, 2011.Eric DIBAS-FRANCK,Destins maudits, 2011.
Yaya Sickou Dianka
Un petit baobab
pour vivre ensemble
Préface d’Éric Belloir
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99060-9 EAN : 9782296990609
Pour Fatimata, mon épouse Pour Cheikh, Kardiatou, Issa, Madina mes «Petits bouts de bois de Dieu»
Avant-propos _________________________________________________ Dans les pages suivantes, tu entendras souvent parler de mon village natal :Ourossoguiest situé à plus de 800 kilomètres de Dakar, au Nord-Est du Sénégal, sur les bords du fleuve qui porte son nom. Etymologiquement, Ouro-Sogui s’écrit en deux mots :Ouroen peul et Sogui, prénom d’un berger**ou village peul. Vers 1839, ce pasteur s’était installé à l’est de la bourgade avec son troupeau de bovidés avant d’en être expulsé par des chasseurs, peuls également, de la famille Dia.
Jusqu’à une date récente, Ourossogui était dirigé par six maisons de dignitaires, des nobles qui choisissaient parmi eux les futurs chefs du village. Sur ces six familles dignitaires, seules trois pouvaient prétendre diriger le village : Boubou Oumar, Dembéré et Diabidiama ; nantis de pouvoirs particuliers, les autres étaient conseillers, et de ce fait coresponsables de la bonne gouvernance. Comme tu
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le vois, il y avait chez moi une certaine démocratie comparable à celle de la Grèce antique. Par exemple, les Niang-Niangbé étaient chargés de fabriquer et de faire porter solennellement la chéchia, la couronne du chef du village. Les Foulbé Yirlabé géraient tout ce qui avait trait au bétail (reproduction, santé des troupeaux, etc.), les Diabidiama étant garants de la paix sociale. Dans la communautéPulaar** (peuleen français), il y a trois classes sociales : les nobles, les artisans et les captifs. Les nobles détiennent les pouvoirs religieux (fonction de califat ou imamat pour la direction des prières), politiques (chefs de village, chefs de canton) et économiques (propriétaires de terre et de bétail). Les artisans, classe intermédiaire, sont attachés à un métier spécifique comme les boisseliers, les forgerons, les tisserands, les cordonniers… Quant aux captifs, ce sont d’anciens esclaves qui cultivent les champs des nobles et doivent leur donner les deux tiers des récoltes. Les captifs peuvent aussi apprendre un métier manuel qui leur permet de vivre toute l’année, y compris en dehors des périodes des travaux des champs. Je suis né dans ce contexte. Mon village a subi en quelques décennies une mutation sur tous les plans : géographique, sociologique, culturel, économique et surtout démographique. Il est séparé de la Mauritanie par le fleuve Sénégal qui sert de frontière naturelle entre les deux pays; aussi, auparavant, les populations y vivaient-elles des cultures de décrue ouwalo**après l’inondation annuelle. La pêche, la chasse et la cueillette - activités pratiquées toute l’année - satisfaisaient les besoins des habitants de mon village. Enfants, mes copains et moi allions à la cueillette de gomme arabique, de fruits et de miel sauvages dans les acacias et de diverses herbacées nombreuses dans la forêt proche. Combien de fois, apeurés par les rugissements des lions et des panthères, le grommellement des sangliers et le beuglement des antilopes, n’avions-nous pas tenté de nous cacher du mieux que nous pouvions ? Dans les champs, le piaillement des singes et
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