Le Destin d'Amélie

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Français
88 pages
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Description

Amélie avait été une petite fille triste, pauvre, seule. Elle était devenue une jeune fille dont la seule richesse visible, le seul avantage flagrant, se voyait au premier coup d'œil. Elle était divinement belle. Magnifique, tout comme le coin de nature solognote où elle vivait. Et pourtant... Il y avait au fond de ses yeux, qui auraient pourtant mérité l'amour, le reflet de la vraie, de la pure misère. Elle allait avoir vingt ans et peu de gens pouvaient se vanter de l'avoir vu sourire. Elle était une simple promesse de bonheur... et pourtant !... Elle avait chaud, Amélie. Puis elle avait froid. Puis elle toussait par quintes successives. Puis elle tressautait. De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front... Et pendant ce temps, les souvenirs affluaient, se télescopaient, défilaient... Au fil des souvenirs d'Amélie, Gérard Bardon nous promène dans la vie, les mœurs, les traditions des Solognots du début du XXe siècle.


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Date de parution 29 octobre 2013
Nombre de lectures 153
EAN13 9782365752138
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Gérard Bardon
Le Destin d’Amélie
Roman du terroir solognot
À Giny, celle qui, avec patience,
a partagé mon destin
« Cueille, cueille la rose
et ne t’occupe pas de ton destin. »
Robert Desnos
… Amélie avait été une petite fille triste, pauvre, seule. Elle était devenue une jeune fille dont la seule richesse visible, le seul avantage fl agrant, se voyait au premier coup d’œil. Elle était divinement belle. D’une beauté qui attir e le regard. D’une beauté qui vous coupe le souffle. D’une beauté qui aurait pu faire croire que Dieu lui-même l’avait choisie.
Et pourtant…
Mon Dieu qu’elle était belle !
Mon Dieu qu’elle semblait douce !
Mon Dieu qu’elle irradiait !
Il y avait dans ses yeux cette sorte de mélancolie convenable, insondable et sombre, comme l’horizon mourant au fond de l’étang proche d u lieu où elle avait passé son enfance. Il y avait dans ses yeux immenses cette tr istesse contenue de ceux que la bonne fée a froidement dédaignés. Il y avait dans s on regard cette résignation qui accable les plus humbles, les plus démunis. Il y av ait au fond de ses yeux, qui auraient pourtant mérité l’amour, le reflet de la vraie, de la pure misère.
Sa longue chevelure brune tombait en cascade sur se s reins en de grands mouvements soyeux frémissant sous la caresse du vent comme les hauts roseaux de la berge.
Elle possédait une allure élégante et noble. Pas d’ une élégance apprise, calculée, non, d’une élégance innée et d’une noblesse naturelle. S es pauvres vêtements paraissaient jque sauvage, sa façon de se déplaceroliment faits sur elle. Sa démarche souple et pres dans la forêt la rendait encore plus mystérieuse. S i ce coin de nature solognote était magnifique, Amélie l’était encore plus.
Amélie allait avoir vingt ans et peu de gens pouvai t se vanter de l’avoir vu sourire. Elle était comme une âme dénudée, exhibée, exprimée en u n visage et vivant en une silhouette. D’une beauté que l’on ne pouvait dire. Celle d’une hampe de lilas blanc, de la pulpe d’une pêche de vigne, d’un coquelicot s’ouvra nt sous la chaleur, d’une soirée d’été où l’on sent un léger souffle rafraîchissant.
Elle était une simple promesse de bonheur...
Et pourtant !…
Elle avait chaud, Amélie.
Puis elle avait froid.
Puis elle toussait par quintes successives.
Puis elle tressautait.
De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front...
Et pendant ce temps, les souvenirs affluaient,
se télescopaient, défilaient...