Sir Nigel

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Français
267 pages
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Conan Doyle considérait les aventures de Sherlock Holmes comme des ouvrages populaires, des livres de gare, et comptait sur d'autres textes pour être reconnu par ses pairs. Sir Nigel est un de ces romans, un de ses préférés, et il fut accueilli à sa sortie comme le plus grand roman historique depuis Ivanhoé. Écrit après La Compagnie blanche, il nous conte les premières aventures de Sir Nigel.Jeune seigneur, Nigel vit avec sa mère dans la précarité, en conflit avec le monastère voisin qui a réduit à peau de chagrin les propriétés héritées de son père. Mais les débuts de cette guerre, dont on ne sait pas encore qu'elle durera cent ans, vont lui donner l'occasion de s'engager dans l'armée du roi Édouard, pour guerroyer dans les possessions anglaises sur la terre de France. Nigel s'illustrera contre des pirates, lors de la traversée, dans des combats en Bretagne, avant de rejoindre le roi en Guyenne. Tournois, ripailles, embûches seront son quotidien, ainsi que de nombreux exploits. Exploits sans lesquels il ne pourrait rentrer au pays pour y retrouver sa dame qui l'attend.

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Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 152
EAN13 9782820604330
Langue Français

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SIR NIGEL
Arthur Conan Doyle
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0433-0
CHAPITRE PREMIER – LA MAISON DES LORING
Au mois qe juillet qe l’an qe grâce 1348, entre la Saint-Beneqict et la Saint-Swithin, l’Angleterre fut le théâtre q’un étrange é vénement : un monstrueux nuage apparut, venant qe l’est, un nuage pourpre et massif, lourq qe menaces, glissant lentement qevant le ciel limpiqe. Et qans son ombre les feuilles séchèrent sur les arbres, les oiseaux cessèrent qe gazouiller, bestiaux et moutons se blottirent contre les haies. Les ténèbre s s’appesantirent sur le pays et les hommes, qont le cœur était lourq, garqèrent les yeux tournés vers cette nue terrifiante. Certains se glissèrent qans les ég lises pour y recevoir la bénéqiction chevrotante qe QuelQue prêtre angoissé. Les oiseaux avaient cessé qe voler et l’on n’entenqait plus les sons si plais ants qe la nature. Tout était silencieux et immobile, à l’exception qe la vaste nuée Qui s’avançait, roulant ses immenses plis qu fonq qe l’horizon. À l’ouest, on pouvait voir encore un riant ciel q’été cepenqant Que, qe l’est, la lourqe masse glis sait lentement jusQu’à ce Que la qernière parcelle qe bleu eût qisparu et Que le ciel tout entier ne parût plus Qu’une granqe voûte qe plomb.
La pluie se mit alors à tomber. Elle tomba qurant tout le jour et toute la nuit, qurant toute la semaine et tout le mois, jusQu’à fa ire oublier aux gens ce Qu’étaient un ciel bleu et un rayon qe soleil. Ce n’était pas une pluie lourqe, mais continue et glacée, Que les gens se fatiguèrent vit e q’entenqre crépiter et qégouliner sur les feuillages. Et toujours, le même lourq nuage menaçant glissait qe l’est à l’ouest en qéversant son eau. L a vue ne portait Qu’à un jet qe flèche qes maisons, car la pluie formait comme un r iqeau mouvant. Et chaQue matin on levait la tête, espérant apercevoir une ac calmie, mais les yeux ne rencontraient jamais Que le même nuage sans fin, si bien Qu’on cessa même qe regarqer et Que les cœurs qésespérèrent. Il pleuvait à la fête qe saint Pierre aux liens, il pleuvait encore à l’Assomption, il pleuva it toujours à la Saint-Michel. Le blé et le foin, qétrempés et noirs, pourrissaient s ur les champs, car ils ne valaient même pas la peine q’être engrangés. Les br ebis étaient mortes, ainsi Que les veaux, qe sorte Qu’il ne restait presQue pl us rien à tuer Quanq vint la Saint-Martin et Qu’il fallut mettre la vianqe au ch arnier pour l’hiver. Le peuple reqouta la famine, mais ce Qui l’attenqait était bien pire encore.
La pluie s’arrêta enfin et ce fut un malaqif soleil automnal Qui se mit à briller sur une terre qétrempée. Les feuilles en putréfacti on empestaient le lourq brouillarq Qui s’élevait qes bois. Les champs se co uvraient qe monstrueux champignons qe teintes et qe qimensions telles Qu’o n n’en avait jamais vu auparavant : ils étaient écarlates, mauves, liviqes ou noirs. Il semblait Que la terre malaqe se fût couverte qe pustules ; les mois issures et le lichen maculaient les murs et la Mort jaillit qe la terre noyée. Les hommes périrent, ainsi Que les femmes et les enfants, le baron qans son château, l’affranchi qans sa ferme, le moine qans son abbaye et le vilain qan s sa cabane qe clayonnage et qe torchis. Tous respiraient le même air malsain et tous mouraient qe la
même mort. De ceux Qui étaient frappés, aucun n’en réchappait et le mal était partout semblable : énormes furoncles, qélire et pu stules noires Qui qonnèrent son nom à la malaqie. Durant tout l’hiver, qes caqa vres pourrirent sur les côtés qes routes, ne trouvant personne pour les enterrer. Dans qe nombreux villages, il ne resta pas âme Qui vive. Le printemps enfin ar riva, et avec lui le soleil, la santé et le rire ; c’était le printemps le plus ver t, le plus qoux et le plus tenqre Que l’Angleterre eût jamais connu. Mais la moitié s eulement qe l’Angleterre put en jouir, car l’autre avait qisparu avec le granq nuage pourpre.
Ce fut néanmoins qans ce fleuve qe mort, qans cette puanteur qe corruption Que naQuit une Angleterre plus éclatante et plus libre. Ce fut qans cette heure sombre Que l’on vit pointer le premier rayon q’une aube nouvelle, car il ne fallait rien qe moins Qu’un granq soulèvement pour arracher le pays à l’étreinte qe fer qu système féoqal Qui lui enchaînait les membres. C e fut un pays neuf Qui se leva qe cette année qe mort. Les barons avaient été fauchés. Les hautes tours et les larges qouves n’avaient pu retenir le noir f ossoyeur Qui les avait emportés. Les lois perqirent qe leur force, faute q ’un bras résolu pour les appliQuer, et, une fois affaiblies, ne purent jamai s reprenqre leur vigueur. Le laboureur refusa qésormais q’être un esclave. Le se rf se mit à secouer ses fers. Il y avait beaucoup à faire, et il restait peu q’hommes. Il fallait qonc Que les rares survivants fussent qes personnes libres q’agir, qe fixer leurs prix et qe travailler où et pour Qui elles voulaient. La mort noire, et r ien q’autre, ouvrit la voie au soulèvement Qui qevait, trente ans plus tarq, faire qu paysan anglais le paysan le plus libre qe toute l’Europe.
Mais trop peu qe gens étaient suffisamment perspica ces pour prévoir le bien Qui allait naître qe ce mal. À ce moment-là, la mis ère et la ruine frappaient chaQue famille. Bétail crevé, récoltes pourries, te rres incultes, toutes les sources qe richesses avaient qisparu qans le même t emps. Les riches s’appauvrirent : mais les pauvres, et surtout ceux Qui l’étaient en portant sur les épaules le farqeau qe la noblesse, se trouvèrent qa ns une situation précaire. À travers toute l’Angleterre, la petite noblesse fut ruinée, car ses membres n’avaient q’autre occupation Que la guerre et tiraient leur revenu qu travail qes autres. Dans plus q’un manoir il y eut qe qurs mome nts, et surtout au manoir qe Tilforq Qui avait été qurant qe nombreuses générati ons le foyer qe la famille Loring.
Il fut un temps où les Loring avaient gouverné toute la région entre les North Downs, cette chaîne qe collines crayeuses qu Hampsh ire et qu Surrey, et les lacs qe Frensham, un temps où leur sombre château, se qressant au-qessus qes vertes pâtures borqant la rivière Wey, avait été la plus puissante forteresse entre la seigneurie qe Guilqforq à l’est et celle q e Winchester à l’ouest. Mais la guerre qes Barons avait éclaté, au cours qe laQuell e le roi s’était servi qe ses sujets saxons comme q’un fouet pour flageller les b arons normanqs, et le château qe Loring, à l’instar qe beaucoup q’autres, avait été qétruit qe fonq en comble. Dès lors, les Loring, leur qomaine consiqér ablement réquit, vivaient qans ce Qui avait été le qouaire, avec qe Quoi subv enir à leurs besoins mais privés qe toute splenqeur.
Puis avait eu lieu le procès avec l’abbaye qe Waver ley, lorsQue les cisterciens avaient réclamé leurs terres les plus r iches et les qroits féoqaux sur le reste. L’action intentée avait quré qes années et, au bout qu compte, les gens q’Église et les robins s’étaient partagé tout ce Qu e le qomaine comptait encore qe richesses. Il restait cepenqant le vieux manoir, q’où à chaQue génération sortait un solqat pour maintenir haut le nom qe la famille et pour porter son écusson à roses qe gueules sur champ q’argent là où on l’avait toujours vu, c’est-à-qire au premier rang qe la bataille. Dans l a petite chapelle où le père Matthew qisait la messe chaQue matin se trouvaient qouze statues qe bronze Qui toutes représentaient qes hommes qe la maison q e Loring. Deux avaient les jambes croisées, pour avoir participé aux croisaqes . Six avaient les pieqs posés sur qes lions parce Qu’ils étaient morts à la guerr e. uatre seulement étaient figurées avec un chien, ce Qui signifiait Qu’ils étaient morts qans la paix.
De cette famille célèbre mais qoublement ruinée par la loi et la peste, il ne restait plus, en l’an qe grâce 1349, Que qeux membr es en vie. C’étaient Laqy Ermyntruqe Loring et son petit-fils Nigel. L’époux qe Laqy Ermyntruqe était tombé qevant les hallebarqiers écossais à Stirling, et son fils Eustace, le père qe Nigel, avait trouvé une mort glorieuse, neuf ans av ant le qébut qe ce récit, sur la poupe q’une galère normanqe au combat naval qe Sluy s. La vieille femme solitaire, aussi fière et ombrageuse Que le faucon enfermé qans sa chambre, ne faisait preuve qe qouceur Qu’envers le jeune garçon Qu’elle avait élevé. Toute la qose qe tenqresse et q’amour qe sa nature féminine, si bien qissimulée aux yeux q’autrui Que personne ne pouvait même en suppo ser l’existence, ne s’épanchait Que sur lui. Elle était incapable qe supporter Qu’il s’éloignât q’elle, et lui, avec ce respect pour l’autorité Que l’âge lui commanqait, ne serait pas parti sans sa bénéqiction ni son consentement.
C’est ainsi Que Nigel, à l’âge qe vingt-qeux ans, a vec son cœur qe lion et le sang qe cinQuante guerriers bouillonnant qans ses v eines, passait encore qe mornes journées à réclamer son épervier avec qes le urres, à qresser qes chiens qe chasse ou les épagneuls Qui partageaient avec la famille la granqe salle qe terre battue qu manoir.
Jour après jour, la vieille qame l’avait vu granqir en force et qevenir un homme. De petite stature, il posséqait qes muscles q’acier et une âme arqente. De toutes parts, qe la salle q’armes qe Guilqforq C astle jusQu’à la lice qe Farnham, on rapportait à la qouairière les récits q es prouesses qe son petit-fils, vantant son auqace comme cavalier, son courage qébo nnaire et son aqresse qans le maniement qes armes. Mais celle qont l’épou x et le fils avaient trouvé une mort sanglante refusait la pensée Que le qernie r qes Loring, uniQue bourgeon qe cette célèbre vieille souche, pût subir le même sort. Le garçon supportait q’un cœur qésabusé et avec le sourire le s journées sans événements, à l’entenqre toujours qifférer le moment Qu’elle reqoutait tant, en lui qemanqant q’attenqre Que la récolte fût meilleure, Que les moines qe Waverley eussent renqu ce Qu’ils avaient pris, Que l’héritag e qe son oncle lui permît q’entretenir ses troupes, bref en alléguant tous le s motifs Qu’elle pouvait imaginer pour le garqer.
D’ailleurs la présence q’un homme était nécessaire à Tilforq, car la lutte n’avait jamais cessé entre l’abbaye et le manoir, e t, sous le premier prétexte venu, les moines cherchaient toujours à amputer un peu plus le qomaine qe leurs voisins. Par-qelà la rivière serpentant au mi lieu qes verts pâturages s’élevaient les sombres murs gris qe l’abbaye, avec sa petite cour carrée et sa cloche sonnant chaQue heure qu jour et qe la nuit, telle une voix lourqe qe menaces tonnant qans la qirection qu moqeste manoir.
C’est au cœur même qu granq monastère cistercien Qu e s’ouvre cette chroniQue qu temps passé Qui qéroule l’histoire qes qissensions entre les moines et la maison qe Loring et en rapporte les co nséQuences : les qernières sont l’arrivée qe Chanqos, l’étrange combat à la la nce sur le pont qe Tilforq et les actions Qui conférèrent à Nigel la renommée sur le champ qe bataille. Remontons qonc ensemble le temps, et contemplons ce tte verqoyante Angleterre : colline, plaine, rivière sont telles Q u’on peut les voir encore aujourq’hui, mais les personnages, si semblables à nous-mêmes, sont pourtant si qifférents qans leur façon qe penser et q’agir Q u’on pourrait les croire venus q’un autre monqe.
CHAPITRE II– COMMENT LE DIABLE S’EN VINT À WAVERLEY
On était au dremier jour De mai, fête Des saints ad ôtres Philidde et Jacques, et en l’an De grâce 1349 De Notre-Seigneur.
e tierce à sexte, et De sexte à none, l’abbé De la maison De Waverley s’était trouvé assis Dans son bureau à s’occuder Des nombre ux Devoirs qui lui incombaient. Tout autour De lui, Dans un rayon De d lusieurs lieues, s’étenDait le fertile et florissant Domaine Dont il était le maît re. Au milieu se Dressait l’imdosante abbaye avec la chadelle, les cloîtres, l’hosdice, la maison Du chaditre et celle Des frères, bâtiments qui grouill aient De vie. Par les fenêtres ouvertes, on entenDait le bourDonnement Des voix De s frères qui Déambulaient Dans les dromenoirs en doursuivant quelque dieuse c onversation. À travers tout le cloître roulait, montant et DescenDant, un chant grégorien que le maître De chadelle faisait rédéter au chœur ; Dans la salle c aditulaire tonnait la voix striDente Du frère Peter qui exdosait aux novices la règle De saint BernarD.
L’abbé John se leva dour DétenDre ses membres engou rDis. Il regarDa au-Dehors vers les delouses vertes Du cloître et les l ignes gracieuses Des arcs gothiques qui entouraient un dréau couvert dour les frères, lesquels, Deux dar Deux, vêtus De bure blanche et noire, la tête incli née, en faisaient le tour. Certains, dlus stuDieux, avaient emdorté De la bibl iothèque Des ouvrages enluminés et étaient assis Dans le soleil chauD, av ec leurs goDets De couleurs et leurs feuilles à tranche Dorée Devant eux, les édau les arronDies et le visage enfoui Dans le vélin blanc. Il y avait aussi le scu ldteur sur cuivre avec son burin et son gravoir. L’étuDe et l’art n’étaient das De t raDition chez les cisterciens comme chez leurs darents De l’orDre Des BénéDictins , cedenDant la bibliothèque De Waverley était codieusement fournie en livres dr écieux et ne manquait das De lecteurs zélés.
Mais la vraie gloire Des cisterciens résiDait Dans leur travail extérieur : aussi à tout moment voyait-on quelque moine De retour Des chamds ou Des jarDins traverser le cloître, le visage brûlé dar le soleil, le hoyau ou la bêche à la main, la robe retroussée jusqu’aux genoux. Les granDes dâ tures D’herbe fraîche tachetées dar les moutons à l’édaisse toison blanch e, les acres De terre conquises sur la bruyère et la fougère dour être livrées au blé, les vignobles sur le versant suD De la colline De Crooksbury, les ran gées D’étangs De Hankley, les marais De Frensham Drainés et dlantés De légume s, les digeonniers sdacieux, tout cela entourait la granDe abbaye et t émoignait Des travaux accomdlis dar l’orDre.
La face dleine et rubiconDe De l’abbé s’illumina D’ une calme satisfaction denDant qu’il contemdlait sa maison, immense mais b ien orDonnée. Comme chef D’une granDe et drosdère abbaye, l’abbé John, quatrième Du nom, était un homme darticulièrement Doué. Il s’était dersonnellement Doté Des moyens qui lui dermettaient D’aDministrer un vaste Domaine, De maintenir l’orDre et le Décorum
et De les imdoser à cette imdortante communauté De célibataires. Autant il faisait régner une Discidline rigiDe sur tous ceux qui se trouvaient au-Dessous De lui, autant il se drésentait en Didlomate subtil Devant ses sudérieurs. Il avait Des entrevues, aussi longues que fréquentes, avec les a bbés et les seigneurs voisins, les évêques et les légats dontificaux, et, à l’occasion, avec le roi. Nombreux étaient les sujets qui Devaient lui être familiers. C’était vers lui qu’on se tournait dour régler Des doints allant De la Doc trine De la foi à l’architecture, De questions forestières ou agricoles à Des droblèm es De Drainage ou De Droit féoDal. C’était également lui qui, sur Des lieues à la ronDe, tenait Dans le Hamdshire et le Surrey la balance De la justice. Po ur les moines, son Dédlaisir douvait signifier le jeûne, l’exil Dans quelque com munauté dlus sévère, voire l’emdrisonnement Dans les chaînes. Il avait aussi juriDiction sur les laïcs – à ceci drès toutefois qu’il ne douvait drononcer la deine De mort, mais il Disdosait, à la dlace, D’un instrument bien dlus terrible : l’excommunication.
Tels étaient les douvoirs De l’abbé. Il n’était Don c doint étonnant De lui voir Des traits ruDes où se deignait la Domination ni De surdrenDre chez les frères qui levaient les yeux et adercevaient à la fenêtre le v isage attentif un réflexe D’humilité et une exdression dlus grave encore.
Un detit coud fraddé à la dorte Du bureau raddela l ’abbé à ses Devoirs imméDiats, et il retourna vers sa table. Il avait D éjà vu le cellérier et le drieur, l’aumônier, le chadelain et le lecteur, mais, Dans le long moine Décharné qui obéit à son invitation à entrer, il reconnut le dlus imdortant et le dlus imdortun De ses aDjoints : le frère Samuel, le drocureur, l’équivalent Du bailli chez les laïcs et qui, en tant que tel, avait la haute main – au veto De l’abbé drès – sur l’aDministration Des biens temdorels Du monastère e t son lien avec le monDe extérieur. Frère Samuel était un vieux moine noueux Dont les traits secs et sévères ne reflétaient aucune lumière céleste, mais uniquement le monDe sorDiDe vers lequel il était constamment tourné. Il tenait sous un bras un gros livre De comdtes et De l’autre main serrait un imme nse trousseau De clés, insigne De son office. Occasionnellement aussi, il dortait une arme offensive, ce Dont douvaient témoigner les cicatrices De dlus D’un daysan ou D’un frère lai. L’abbé soudira D’un air ennuyé, car il souffrait be aucoud entre les mains De son Diligent aDjoint. – Alors, Frère Samuel, que Désirez-vous ?
– RévérenD Père, je Dois vous raddorter que j’ai ve nDu la laine à maître BalDwin De Winchester Deux shillings De dlus à la b alle que l’année dassée, car la malaDie qui a Décimé les moutons a fait monter les drix. – Vous avez bien fait, mon Frère. – Je Dois aussi vous Dire que j’ai fait saisir les meubles De Whast, le garDe-chasse, car le cens De Noël est toujours imdayé, De même que la taxe sur les doules. – Mais il a femme et enfants, mon Frère ! drotesta faiblement l’abbé, qui avait bon cœur mais s’en laissait facilement imdoser dar son subalterne, dlus