Soldat, moine et maître de danse - Mémoires d
20 pages
Français

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Soldat, moine et maître de danse - Mémoires d'un Alsacien du XVIIIe siècle

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Description

Les législateurs et les conquérants fameux, les grands poëtes et les savants de génie sont assurés de l’immortalité, de cette immortalité relative au moins, que l’histoire peut seule garantir aux hommes, et qui trop souvent s’efface avec les monuments qui devaient en perpétuer le souvenir. S’ils ne cèdent pas eux-mêmes à la tentation de transmettre aux siècles futurs le récit de leurs exploits, de leurs inventions et do leurs triomphes, cent plumes adulatrices en retraceront le tableau ; la haine elle-même et l’envie contribueront involontairement à préserver leurs noms de l’oubli, en les dénigrant dans leurs satires et leurs pamphlets.Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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EAN13 9782346069439
Langue Français

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À propos de Collection XIX
Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIX e , les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Rodolphe Reuss
Soldat, moine et maître de danse
Mémoires d'un Alsacien du XVIIIe siècle
SOLDAT, MOINE ET MAITRE DE DANSE OU Mémoires d’un Alsacien du XVIII e Siècle
Les législateurs et les conquérants fameux, les grands poëtes et les savants de génie sont assurés de l’immortalité, de cette immortalité relative au moins, que l’histoire peut seule garantir aux hommes, et qui trop souvent s’efface avec les monuments qui devaient en perpétuer le souvenir. S’ils ne cèdent pas eux-mêmes à la tentation de transmettre aux siècles futurs le récit de leurs exploits, de leurs inventions et do leurs triomphes, cent plumes adulatrices en retraceront le tableau ; la haine elle-même et l’envie contribueront involontairement à préserver leurs noms de l’oubli, en les dénigrant dans leurs satires et leurs pamphlets.
Pendant de longs siècles, l’histoire s’est contentée de connaître ainsi la vie et la carrière des grands et des puissants de ce monde, dédaignant la foule obscure, qui ne semblait créée que pour féconder les sillons par la sueur de ses veilles et fertiliser de ses ossements tous les champs de bataille. De nos jours cependant, le lent mais irrésistible avénement de la démocratie dans les pays les plus cultivés de l’Europe a produit un changement dans l’esprit des historiens et les idées du public. On a compris que le livre de l’histoire n’est point tout entier le Livre des Rois, et que l’étude des classes inférieures et moyennes donne en définitive un tableau plus exact et plus fidèle d’une époque que celle de quelques individualités privilégiées, vivant en dehors de l’humanité, parce qu’ils vivent au-dessus d’elle. Alors on s’est pris d’un intérêt subit pour les détails du labeur journalier de l’artisan, du bourgeois, du plus humble paysan ; on a tâché de reconstituer l’histoire du développement des idées et des mœurs dans les couches populaires, afin de donner une histoire plus véridique et plus vivante du passé. Tâche attrayante sans doute, mais devenant plus difficile à mesure que nous reculons à travers les siècles. Où trouver les couleurs exactes pour retracer un pareil tableau ? A quels chroniqueurs, à quelles inscriptions pourrons-nous emprunter les détails nécessaires pour en faire ressortir tous les contours ; sans sacrifier cependant la vérité historique ? Malheureusement, les siècles passés n’ont point inscrit dans leurs annales les menus détails de l’existence de Jacques Bonhomme, et se sont bornés à signaler les grandes crises qui, d’âge en âge, sont venues renouveler ses longues souffrances. C’est presque un hasard si dans les archives ou les bibliothèques nous retrouvons parfois quelque récit qui nous entretienne de la vie des humbles et des petits, et nous permette de pénétrer plus avant dans leur histoire intime. Aussi devons-nous accueillir avec reconnaissance tous les renseignements de ce genre qui sont venus jusqu’à nous, et les utiliser avec soin quand il s’agit de retracer l’image des siècles qui s’éloignent de nous pour entrer dans ce passé, auquel, nous aussi, nous appartiendrons quelque jour. Si nous savons en faire notre profit, ils nous donneront une idée plus juste de l’époque que tous les pompeux récits de bataille que nous rencontrons dans les historiographes officiels.
Je dois m’excuser peut-être de reproduire ici ces réflexions générales qui se sont involontairement présentées à moi pendant que je parcourais un volume de maigre apparence, imprimé sur papier d’emballage, et qu’un heureux hasard vient de faire tomber entre mes mains. Ce sont les Mémoires d’un Alsacien,