Traité de l'Art Militaire

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ÉDITION INTÉGRALE, ANNOTÉE, REVUE ET CORRIGÉE




Ce texte est une référence pour tous ceux qui s'intéressent à
la tactique militaire. Écrit par Végèce
, écrivain romain, De Re Militari a connu une notoriété immédiate et éclatante qui a perduré jusqu’à nos jours tellement ce manuel pratique est brillant.



Riches en enseignements stratégiques, ce traité fut le livre de chevet de nombreux conquérants dont Napoléon.
Son objet dépasse le simple domaine des arts de la guerre en abordant des notions à la fois philosophiques et politiques.



Végèce aborde ici les grands thèmes de la guerre, du recrutement des recrues au fortification des camps, en passant par les ruses et les stratagèmes à utiliser pour se promettre la victoire. Les deux premiers livres exposent les armes et les corps de la légion romaine. Le livre III traite de la guerre terrestre et nous livre des maximes d’une actualité déconcertante : « La nature produit peu d'hommes courageux par eux-mêmes, l'art en forme un plus grand nombre. ». Le livre IV est consacré aux batailles et aux fortifications, le livre V plus court aborde la guerre maritime.




EXTRAIT : «
C'est par un exercice journalier et longtemps soutenu que tous les arts se perfectionnent. Si cette maxime a lieu dans les plus petites choses, à plus forte raison dans les plus importantes : or, qui ne sait que l'art de la guerre est le plus important, le plus grand de tous ? C'est par lui que la liberté se conserve, que les dignités se perpétuent, que les provinces et l'empire se maintiennent. C'est cet art auquel les Lacédémoniens autrefois, et depuis les Romains, sacrifièrent toutes les autres sciences. Aujourd'hui même c'est le seul auquel les Barbares pensent qu'il faut s'attacher, persuadés que la science de la guerre renferme tout, ou quelle peut procurer tout le reste : enfin, c'est l'art de ménager la vie des combattants et de remporter la victoire. Un général d'armée, revêtu des marques du commandement suprême, à la conduite et à la valeur duquel sont confiées les fortunes des particuliers, la défense des places, la vie des soldats et la gloire de l'état, doit être occupé tout entier, non seulement du salut de toute l'armée, mais encore de chaque combattant ; parce que les malheurs qui peuvent arriver aux particuliers, se comptent parmi les pertes publiques, et lui sont imputés comme des fautes personnelles. »

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EAN13 9782357282834
Langue Français

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TRAITÉDE L’ART MILITAIRE
DE RE MILITARI
VÉGÈCE
Traduction par
V I CTO R D EV EL AY
TM ATI ÈR ESAB L E D ES
Végèce Notice sur Végèce Avertissement Livre Premier Avant-Propos 1. La pratique des armes a valu seule aux Romains la conquête de tous les peuples 2. Parmi quelles nations choisir les recrues 3. Les recrues des campagnes sont-elles préférables à celles des villes ? 4. À quel âge admettre le conscrit 5. Taille du conscrit 6. Indices physiques qui caractérisent les meilleurs sujets 7. Professions en harmonie ou en désaccord avec le métier des armes 8. Marque distinctive donnée au conscrit 9. Pas militaire, course, saut 10. Natation 11. Exercice de la quintaine usité chez les anciens 12. Supériorité de la pointe sur le taillant 13. Escrime 14. Javelot 15. Arc 16. Fronde 17. Balles de plomb 18. Équitation 19. Charge du soldat 20. Armes, un usage chez les anciens 21. Utilité de la fortification des camps 22. Assiette d'un camp 23. Tracé d'un camp 24. Modes de fortification d'un camp 25. Retranchement d'un camp devant l'ennemi 26. Évolution de ligne 27. Promenade militaire 28. Avantages de la pratique des armes Livre Second 1. Division de la milice 2. De la différence des légions aux troupes auxiliaires 3. Causes de la décadence des légions 4. Combien les anciens menaient de légions à la guerre 5. Comment se forme la légion 6. Combien il y a de cohortes par légion et de soldats par cohorte 7. Noms des grades et des officiers de la légion 8. Noms des commandants des anciens ordres ou division de la légion 9. Des fonctions du préfet de la légion 10. Des fonctions du préfet de camp 11. Fonctions du préfet des ouvriers
12. Fonctions des tribuns des soldats 13. Des centuries et des enseignes de l'infanterie 14. Des termes ou compagnies de la cavalerie légionnaire 15. Manière de mettre une légion en bataille et des armes des centurions et des triaires 16. Que les pesamment armés combattaient de pied ferme 17. Que le nom et le grade de chaque soldat étaient écrits sur son bouclier 18. L'art d'écrire par note et de compter, recherché dans le nouveau soldat 19. Gratifications des soldats mises en séquestre 20. Dans la légion, on fait les promotions de manière que les soldats qu'on avance passent par toutes les cohortes 21. Des trompettes, cornets et buccines 22. De l'exercice des troupes 23. Comparaison de la guerre avec d'autres professions 24. Des outils et machines de la légion Livre III 1. Des armées 2. Des moyens de conserver la santé dans les armées 3. Des subsistances d'une armée 4. De la conduite qu'il faut tenir pour éviter les séditions 5. Quels sont les différents signaux militaires 6. Quelles sont les précautions qu'il faut prendre lorsque l'armée marche dans le voisinage de l'ennemi 7. Du passage des grandes rivières 8. Comment on établit un camp 9. Dans quelles circonstances il faut employer la ruse ou la force ouverte 10. De ce qu'il faut faire lorsque l'on a de nouveaux soldats ou d'anciens qui ont perdu l'usage des combats 11. Des précautions qu'il faut prendre le jour d'une bataille et du choix d'un terrain propre et avantageux 12. Qu'il faut sonder les dispositions des soldats, avant que de combattre 13. Comment une armée se range en bataille, pour que, dans le choc, elle soit invincible 14. Des espaces et des intervalles 15. Disposition de la cavalerie 16. Du corps de réserve 17. Du poste des officiers généraux dans une bataille 18. Par quels moyens, en bataille rangée, on peut résister à la valeur et aux ruses de l'ennemi 19. Combien il y a de différents ordres de bataille, et comment, quoique inférieur en nombre et en forces, on peut espérer d'obtenir la victoire 20. Qu'il faut faciliter une issue à l'ennemi enveloppé, pour le défaire plus facilement 21. Des moyens d'éviter le combat 22. Des chameaux et de la cavalerie armée de toutes pièces 23. Des chariots armés de faux et des éléphants 24. Du parti qu'il faut prendre, en cas qu'une partie, ou que la totalité de l'armée soit battue 25. Maximes générales de la guerre Conclusion du Livre III
Livre IV Épître dédicatoire à l'empereur Valentinien 1. Des places fortes 2. Manière de tracer les murs 3. Manière d'affermir les murs 4. Des portes et des herses 5. Des fossés 6. Des moyens de se parer des flèches de l'assiégeant 7. Des moyens de prévenir la famine dans une place assiégée 8. De la défense des murs 9. Des cordes propres aux machines et ce qui y supplée 10. Des préservatifs contre la disette d'eau dans une place assiégée 11. De ce qu'il faut faire si le sel manque aux assiégés 12. De l'escalade 13. Des machines 14. De la tortue, de la faux, du bélier 15. Du mantelet, de la guérite, du cavalier 16. De la galerie 17. Des tours portatives 18. Comment on peut brûler les tours portatives 19. Comment on augmente la hauteur d'un mur ou d'une tour 20. D'une espèce de mine qui rend la tour inutile 21. Des échelles ; de la sambuque ; du pont ; de la bascule 22. Des machines propres à la défense des murs 23. Des machines qu'on oppose au bélier 24. Des mines 25. De ce que doit faire l'assiégé, si l'assiégeant a pénétré dans la ville 26. Des précautions qu'on doit prendre contre les ruses de l'assiégeant 27. Des ruses de l'assiégeant 28. Des précautions qu'on doit prendre contre les ruses de l'assiégé 29. Des armes et des machines propres à l'attaque d'une place 30. Des moyens de connaître la hauteur des murs Conclusion du Livre IV Livre V Épître dédicatoire à l’empereur Valentinien Avant-Propos 1. Les romains ont eu de tout temps une flotte sur le pied de guerre 2. Hiérarchie maritime 3. Étymologie du mot liburne 4. Soins qu'exige la construction des liburnes 5. Instructions relatives à la coupe des bois 6. Époque de la coupe des bois 7. Liburnes 8. Nombre et désignation des vents 9. Époques favorables à la navigation 10. Moyens de constater l'approche des tempêtes 11. Pronostics d'un temps calme ou agité 12. Flux et reflux 13. Nécessité de la connaissance des lieux. Rôle important des rameurs
14. Armes, projectiles et machines en usage dans la marine 15. Surprises de la guerre maritime. Dispositions d'une bataille navale. Armes spéciales telles que solives, faux, hache à deux tranchants
NO TI CE SUR V ÉG ÈCE
n n'a pas d'autres indications sur la personne de V égèce que le titre même de O son livre, où il est appelé homme illustre. Plusieu rs manuscrits le qualifient de comte ; et Raphael de Volterre, qui n'en donne pas de preuves, le fait comte de Constantinople. Il est certain que Végèce a dédié s on livre à un empereur d'Occident, et qu'il ne nomme nulle part Constantinople. S'il a été comte, c'est assurément une marque ou de naissance ou de mérite. Il est plus intéressant de savoir sous lequel des t rois Valentiniens il vivait ; ce n'est pas sous le premier. Le nom de Gratien, son success eur, qui est cité dans le premier livre, en est une preuve. À l'égard des deux autres , Végèce ne rapporte aucun fait qui puisse servir à résoudre la question. Le portrait q u'il fait de son prince dans les préfaces du second et du quatrième livre est visibl ement un portrait flatté ; et la critique, qui veut asseoir ses jugements sur des pi èces plus authentiques, sait qu'un auteur peut donner à un prince dont il brigue la pr otection, beaucoup de qualités qu'il n'a pas. Mais qu'il le loue pour certaines vertus l orsqu'il a précisément les vices opposés, elle sait aussi que cela n'est pas vraisem blable. Végèce dit à l'empereur qu'il surpasse tous ses prédécesseurs en clémence, en mod ération, en charité ; qu'on remarque surtout la dernière vertu, qui, comme tout es les vertus chrétiennes, est ennemie de l'éclat, et n'entre guère dans les éloge s fastueux. Or, comment aurait-il osé parler ainsi à Valentinien III, lequel tua de sa pr opre main Aétius, le bouclier de l'empire, et fut lui-même assassiné par Maxime, don t il avait violé la femme ? Cela ne peut donc convenir qu'au second Valentinien , surnommé le Jeune ; et ce qui forme une preuve positive, saint Ambroise, qui ne flattait pas les princes, et qui savait si bien être évêque dans le sens que l'enten dait le pieux Théodose, loue en effet, dans une oraison funèbre, le jeune Valentini en par les mêmes endroits que Végèce. Il relève surtout sa continence, dont il ra pporte un exemple singulier, et n'hésite pas à le mettre dans le ciel à côté de son frère Gratien. De plus, Sozomène et Nicéphore, qui n'avaient pas le même intérêt que sa int Ambroise et Végèce à louer cet empereur, s'accordent si bien avec eux sur son cara ctère, qu'on ne peut plus douter qu'il ne soit le même prince à qui les Institutions de Végèce sont dédiées. Déclaré Auguste en 375, il avait environ vingt ans lorsqu'i l fut assassiné dans les Gaules en 392. C'est donc sur la fin du quatrième siècle que vivait Végèce. Le peu qui nous reste des écrits des anciens sur l' art de la guerre ajoute au prix du petit traité de Végèce : nous avons perdu les livre s de Caton l'Ancien sur la discipline militaire, ceux de Polybe sur la tactique, et d'aut res auteurs illustres qui avaient traité des différentes parties de la guerre. Frontin et Po lyen ne traitent que des stratagèmes et des ruses de guerre. Elien ne parle que de la ta ctique des Grecs. Le Poliorcétique
d'Enée, qui passe pour antérieur au temps de Pyrrhu s, n'en est pas plus admirable. Hygin est borné à la castramétation, de sorte que l 'abrégé de Végèce est proprement le seul ouvrage ancien qu'on puisse regarder comme une espèce de cours de science militaire. On ne parle point des livres de l'empere ur Léon, ni de ceux de l'empereur Maurice, qu'on accuse d'avoir copié Jules l'Africai n. Comme empereurs et comme auteurs militaires, ils ne présentent qu'une faible idée de la puissance et de la milice des anciens Romains. Aucun auteur n'a parlé de la m ilice ancienne sans citer Végèce : beaucoup l'ont fait, en parlant de la guerre en gén éral. Le célèbre Montecuculli, le digne émule de Turenne, ne s'est point fait scrupul e d'adopter dans les Principes de l'art de la guerre un grand nombre de maximes de Vé gèce. « On ne peut prudemment, dit ce grand général, hasarder une bataille avec de s troupes qui ne sont ni disciplinées ni aguerries. Et qui serait assez fou pour le faire ? Ce ne sera ni Scipion, ni Sempronius, ni Végèce. » À l'autorité de Montecucul li on peut joindre le témoignage d'un très habile écrivain militaire, le chevalier d e Folard. « Si nous lisons Végèce avec toute l'attention qu'il mérite, dit-il dans son Tra ité de l'attaque des places, nous trouverons que son ouvrage est tout pris de Tite-Li ve, qu'il a réduit en principes et en méthode autant que le plan qu'il s'était proposé le pouvait permettre ; ce qui n'est pas un petit travail. Il s'est tellement resserré dans son quatrième livre, quoiqu'il le soit trop dans les autres, qu'il écarte une infinité de chose s à l'égard de l'attaque et de la défense des places, dont il donne à peine une idée ; comme s'il n'avait écrit que pour ceux de son temps, et que son ouvrage ne dût pas po usser au loin dans la postérité. Cependant cette postérité, qui s'en fait tant accro ire, n'a rien de mieux à lire, ni de mieux à faire, que de le suivre dans ses préceptes. Je ne vois rien de plus instructif ; cela va jusqu'au merveilleux dans ses trois premier s livres. » Il n'est peut-être pas exact de dire que Végèce ait réduit en maximes et e n méthode Tite-Live, qu'il n'a jamais nommé, et qui n'a guère de rapports avec lui . Il vaut mieux l'en croire lui-même sur les sources de son livre, lorsqu'il parle des o uvrages dont il l'a tiré. Mais ce qui importe ici, c'est de voir en quels termes s'est ex primée l'estime du chevalier Folard pour cet abrégé. Il y a d'ailleurs de la vérité à d ire que bon nombre des préceptes qu'expose Végèce auraient pu être tirés des grands exemples de l'Histoire romaine de Tite-Live. Végèce, en effet, excelle dans les maximes générale s. Il avait très bien compris que le seul moyen de relever la majesté de l'empire , c'était de faire revivre l'ancienne police militaire. Ses conseils à l'empereur Valenti nien sont pleins de sagesse et de vérités philosophiques ; et tous ses préceptes sur l'art de la guerre renferment des principes féconds en conséquences. Le plan de l'ouv rage est méthodique. Il traite des levées et des exercices des nouveaux soldats dans s on premier livre ; dans le second, de la légion, de son ordonnance, de ses différents genres de soldats, de leurs armes, de leurs fonctions. Ces deux livres servent de prép aration au troisième, qui roule sur les grandes opérations de la guerre, principalement sur la tactique. Le quatrième regarde l'attaque et la défense des places ; et le cinquième, la marine. On peut remarquer dans cet ouvrage, où tant de mati ère est renfermée, les deux défauts presque inséparables des abrégés, l'obscuri té et la sécheresse. Il en est un autre plus grave : Végèce confond les temps et les usages militaires. Les anciens, chez lui, signifient tantôt les Romains dans leurs commencements, tantôt la république florissante ; souvent des temps peu antérieurs à so n siècle. En général, il n'observe
pas assez les différentes époques de la milice. Qua nt à son style, s'il est vrai qu'il soit en certains endroits obscur et sec, en beaucoup d'a utres il ne manque ni d'élégance ni de force ; et, eu égard au temps où vivait Végèce, son livre est d'un bon écrivain. Le ton en est par moments élevé, et, parmi quelques fl eurs de rhétorique, on rencontre des passages animés de cette éloquence que donnaien t à l'auteur l'amour de son sujet, au Romain l'admiration du passé de son pays.
1 N. Schwebelius, 1885
1Notice sur Végèce par le chevalier de Bongars, revue par Nicolas Schwebelius », in « Ammien Marcellin, Jornandès, Frontin (les Stratagèmes), Végèce, Modestus, Collection des Auteurs Latins dirigée par Nisard, Paris, librairie Firmin-Didot, 1885.
NO TI CE SUR V ÉG ÈCE
n n'a pas d'autres indications sur la personne de V égèce que le titre même de O son livre, où il est appelé homme illustre. Plusieu rs manuscrits le qualifient de comte ; et Raphael de Volterre, qui n'en donne pas de preuves, le fait comte de Constantinople. Il est certain que Végèce a dédié s on livre à un empereur d'Occident, et qu'il ne nomme nulle part Constantinople. S'il a été comte, c'est assurément une marque ou de naissance ou de mérite. Il est plus intéressant de savoir sous lequel des t rois Valentiniens il vivait ; ce n'est pas sous le premier. Le nom de Gratien, son success eur, qui est cité dans le premier livre, en est une preuve. À l'égard des deux autres , Végèce ne rapporte aucun fait qui puisse servir à résoudre la question. Le portrait q u'il fait de son prince dans les préfaces du second et du quatrième livre est visibl ement un portrait flatté ; et la critique, qui veut asseoir ses jugements sur des pi èces plus authentiques, sait qu'un auteur peut donner à un prince dont il brigue la pr otection, beaucoup de qualités qu'il n'a pas. Mais qu'il le loue pour certaines vertus l orsqu'il a précisément les vices opposés, elle sait aussi que cela n'est pas vraisem blable. Végèce dit à l'empereur qu'il surpasse tous ses prédécesseurs en clémence, en mod ération, en charité ; qu'on remarque surtout la dernière vertu, qui, comme tout es les vertus chrétiennes, est ennemie de l'éclat, et n'entre guère dans les éloge s fastueux. Or, comment aurait-il osé parler ainsi à Valentinien III, lequel tua de sa pr opre main Aétius, le bouclier de l'empire, et fut lui-même assassiné par Maxime, don t il avait violé la femme ? Cela ne peut donc convenir qu'au second Valentinien , surnommé le Jeune ; et ce qui forme une preuve positive, saint Ambroise, qui ne flattait pas les princes, et qui savait si bien être évêque dans le sens que l'enten dait le pieux Théodose, loue en effet, dans une oraison funèbre, le jeune Valentini en par les mêmes endroits que Végèce. Il relève surtout sa continence, dont il ra pporte un exemple singulier, et n'hésite pas à le mettre dans le ciel à côté de son frère Gratien. De plus, Sozomène et Nicéphore, qui n'avaient pas le même intérêt que sa int Ambroise et Végèce à louer cet empereur, s'accordent si bien avec eux sur son cara ctère, qu'on ne peut plus douter qu'il ne soit le même prince à qui les Institutions de Végèce sont dédiées. Déclaré Auguste en 375, il avait environ vingt ans lorsqu'i l fut assassiné dans les Gaules en 392. C'est donc sur la fin du quatrième siècle que vivait Végèce. Le peu qui nous reste des écrits des anciens sur l' art de la guerre ajoute au prix du petit traité de Végèce : nous avons perdu les livre s de Caton l'Ancien sur la discipline militaire, ceux de Polybe sur la tactique, et d'aut res auteurs illustres qui avaient traité des différentes parties de la guerre. Frontin et Po lyen ne traitent que des stratagèmes et des ruses de guerre. Elien ne parle que de la ta ctique des Grecs. Le Poliorcétique