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Vie et oeuvre du Cheikh Uthmân Dan Fodio

De
225 pages
Figure mythique de l'histoire de la pensée islamique en Afrique de l'Ouest, divers aspects de la doctrine de Cheikh Uthmân Dan Fodio ont été étudiés, mais pas son oeuvre relative au soufisme Mystique musulmane. Cet ouvrage retrace à travers des manuscrits inédits la vie et l'oeuvre mystique de ce grand cheik de la tradition musulmane ouest africaine.
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SIGLES DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
B.N :Bibliothèque Nationale de Paris (France) B.M :British Museum. London (Royaume-Uni) B.S.O.A.S.:Oriental & Africanthe School of Bulletin of Studies,University of London. I.U.P :Ibadan (Nigeria) University Press I.F.A.N :Institut Français d’Afrique Noire renommé Institut Fonda-mental d’Afrique Noire après les années 1960 (Dakar- Sénégal) I.F.A.O :Institut français d’archéologie orientale M.A.R.A. :Manuscrits arabes et ajamis (Niamey- Niger) J.A.H. :Journal of African History J.H.S.N. :Journal of the Historical Society of Nigeria J.R.A.S. :Journal of the Royal Asiatic Society J.S.A :Journal de la société des Africanistes R.B.C.A.D. :Research Bulletin, Center of Arabic Documentation Institute of African Studies University of Ibadan. Nigeria. C.A.D :Center of Arabic Documentation. Ibadan. U.L. :University Library (Ibadan) H.L. :History Library (Kaduna) N.A. :National Archive (Kaduna) IRSH :Institut des Recherches en Sciences Humaines (Niamey) C.I.S. :Center of Islamic Study (Sokoto) S.H.B. :History Bureau of (Sokoto) N.U. :Northwestern University (Chicago) C.E.A.N. :Centre d’Etudes d’Afrique Noire C.T.S.S. :Maiduguri Publication U.S.P. :Sokoto PressUniversity of N.M.P. :Northern Maktabat Press (Kano) O.U.P. :Oxford University Press.
PREFACE
Ce livre de Seyni Moumouni, consacré àla vie et l’oeuvre du Cheikh Ousmane Dan Fodio, est important à plusieurs égards. D’abord, il n’est pas besoin de souligner outre mesure l’intérêt d’une étude qui se propose d’apporter encore quelque éclairage sur ce qu’il est convenu d’appeler la phase peule de l’islamisation de l’Ouest africain, celle des jihads d’Ousmane Dan Fodio au début du dix-neuvième siècle et d’Oumar Tall al-Fûtî en son milieu, ainsi que sur le personnage principal de ce moment d’histoire qui a donné à la région le visage qui est le sien. Il n’est que de voir, pour se convaincre de cet intérêt, l’importance cruciale, aujourd’hui, de la question religieuse, au Nigéria, où les discus-sions concernant la charia instaurée dans les Etats du Nord évoquent tout naturellement le califat que Dan Fodio a créé.
Ensuite, toute étude centrée sur la signification, pour l’histoire intellec-tuelle de l’Ouest africain, de l’islamisation de la région, est une pierre de plus apportée à l’intelligence de cet aspect encore trop méconnu. Trop longtemps, trop souvent, ce que les Africains de l’ouest ont réfléchi, pensé et écrit, en arabe ou dans d’autres langues africaines utilisant les caractères arabes, a été ignoré à cause d’une approche étroitement ethnologisante se proposant de lire, dans des cultures considérées comme orales par nature, un esprit sans véritable histoire. Seyni Moumouni indique, dès les premières lignes de son livre, que des tra-vaux pionniers ont, fort heureusement, retrouvé et continué la piste tracée par Maurice Delafosse qui, lui, cherchait des écrits plutôt qu’une “âme”, et qu’en particulier, pour les études danfodiennes, Mervin Miskett et d’autres (figurant dans une riche bibliographie qui a, entre autres, le grand mérite de présenter nombre de thèses et mémoires produits actuellement sur le sujet), ont écrit des travaux essentiels. L’ouvrage de Seyni Moumouni, certainement, est une contribution de qualité à cette littérature.
La thèse centrale sur laquelle ce livre est construit est que, contrairement à une opinion répandue par une idéologie qui reconstruit la figure du Cheikh Dan Fodio comme celle d’un puriste littéraliste, celui-ci fut un mystique avant tout, chez qui le soufisme fut toujours au coeur et au
principe de la pensée et de l’action. Et Seyni Moumouni met une énorme érudition et une attention scrupuleuse aux textes à démontrer et établir fermement cette thèse. Dont les conséquences ne sont certainement pas triviales. Que la stature de Dan Fodio soit celle d’un soufi sur un thème aussi important, par exemple, que l’ijtihad, l’effort de continuelle-ment penser la religion comme engagée dans le devenir, basé sur la compréhension que la fidélité à la tradition est dans le mouvement permanent de sa réinterprétation, cela est important, religieusement bien sûr, mais politiquement également. Car ce qui est en jeu, explique avec clarté Moumouni, c’est la capacité de se renouveler, de se reconnecter, pour les musulmans de l’Ouest africain et pour l’islam en général, à une culture du mouvement qui est, lorsqu’on y réfléchit, l’esprit même de l’islam.La vie et l’œuvre du Cheikh Ousmane Dan Fodioest, absolument, lorsqu’elles sont restituées comme ici dans toute leur dimension soufie, une contribution importante à la nécessaire reconstruction de la pensée religieuse de l’islam, aujourd’hui.
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Souleymane Bachir Diagne 14 août 2007