Au boulot fillette!

Au boulot fillette!

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134 pages
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Description

J'ai toujours adoré l'ambiance des fêtes foraines. La musique ronfle à fond de tous les côtés. Ça chante, ça rigole, ça hurle, c'est la fête, quoi! Bien que l'on soit en pleine semaine, tu ne peux pas savoir le monde qui règne sur la pelouse de Reuilly où se déroule la Foire du trône. C'est dingue! Mais ce qui est encore plus dingue, c'est ce que vient faire mon porteur de valise ici? Vraiment, je te le demande? À moins peut-être qu'il soit représentant d'une fabrique d'articles pour forains et que sa valise ne contienne que des gadgets à gagner dans les loteries? Tremblante, soumise, ingénue? Rien qui ne concerne Lisa Combes, alias Lady Savate qui, pour ses premiers pas au sein de la DGSE, se voit embarquée dans une enquête pour le moins périlleuse et renversante, conjuguant espionnage, violence, érotisme et humour. Relaté par l'héroïne elle-même, qui manie un verbe haut en couleur et déconseillé aux âmes par trop prudes et puritaines, "Au boulot, fillette!" constitue tout autant un hommage appuyé qu'une belle irrévérence aux oeuvres romanesques de F. Dard et de G. de Villiers.

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Ajouté le 10 juillet 2014
Nombre de lectures 133
EAN13 9782342025217
Langue Français
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Au boulot, fillette ! Jean-Louis Mercier










Au boulot, fillette !

Lady Savate




















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IDDN.FR.010.0119531.000.R.P.2014.030.31500




Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014


À mes deux petites princesses, Éva et Clara,
En attendant qu’elles aient l’âge de lire mes sonneries !
Et de devenir des Lisa !
P.P.L.L.



Avertissement



Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, ce roman
comme tous ceux que j’ai écrits ou que j’écrirai s’adresse
à tous, garçons ou filles, avec cependant une affection plus
particulière pour ces dernières, et c’est pourquoi je
m’adresse le plus souvent à toi, lecteur ou lectrice, au
féminin.
Que les mecs me le pardonnent et ne m’en tiennent pas
ombrage, car j’espère bien qu’ils me liront aussi,
pardessus les nichons de leur copine !
La seule chose importante pour apprécier les délires
dont je vais noircir les pages suivantes se résume en un
seul point :

NE PAS ÊTRE PINCÉ(E) DU C… !

C’est clair, non ! Alors les trous du c… bouchés et
autres carmélites, caltez ! Quittez avant l’apoplexie ! Et
sachez que de toutes vos remontrances, je m’en tape la
moule ! (tiens, juste un petit échantillon histoire de… !)
Quant aux autres, mes chéri(e)s, attendez-vous au pire
et au meilleur.
Bises à tous,
Lisa Combes alias Lady Savate
9


Prologue



Bon, merde (ça y est, c’est parti !), ça suffit comme ça,
tous ces machos de la gâchette qui encombrent l’univers
de notre espionite aiguë.
Ras la cafetière de tous ces « monsieur Bond » qui
aiment qu’on les appelle James.
De « Son Altesse sérénissime » (SAS) Malko Linge (à
repasser, j’en ai encore deux paniers et toi ?) qui passe son
temps à restaurer sa ruine de château entre deux atrocités.
Il s’en fout, le père Malko, puisque ce sont les cons de
contribuables américains qui payent.
Des San-Antonio qui se figurent que toutes les
gonzesses ne sont constituées que de trous qu’il faut boucher à
tout prix (dis, San-A., c’est quand que tu t’occupes des
miens ?)
Et les ancêtres, Nick Carter, les gorilles qui vous
saluent bien, les OSS cent ch’sais plus combien ! Et tous les
autres qui s’empiffrent de whisky, tirent des coups de
pétard à tout-va, matraquent des tronches de demeurés
tellement nuls qu’on se demande s’ils ont bien pris leur
phosphatine en étant petits.
Et Spiderman, Batman, l’incontournable Colombo,
hein ! Il n’y en a plus qu’un seul qui me fait bidonner,
c’est l’inspecteur Gadget !
Alors je dis STOP ! Il faut que ça change. Nous aussi les
filles on veut notre héroïne. Une super nénette carrossée
comme une Cadillac Eldorado, capable de déjouer les
plans machiavéliques de tous les pourris de la planète, qui
ne rêvent que de la faire péter. Une belle petite garce qui
ne s’envoie que les mecs capables de lui transformer la
11 minouchette en fontaine miraculeuse. Une nana enfin qui
en prend plein la gueule mais qui le rend au centuple, qui
parle comme un mec en clamant tout haut que le
vocabulaire argotique n’est pas la propriété des machos de la
plume. Et pour finir, une pétasse qui n’a pas froid aux
yeux, ni ailleurs non plus ! Finalement, une bonne femme
quoi !
12


Introduction
(avec circonspection, SVP)



Moi, ça m’a prise de bonne heure, ce goût de la baston.
Dès la maternelle je commençais à me bigorner avec les
petits mâles qui voulaient piquer mes jouets. Puis cela
s’est poursuivi en primaire à qui mieux mieux, pour
atteindre son apogée au collège.
Je rentrais presque tous les jours les fringues
déchirées, des hématomes partout et les yeux au beurre noir.
Cela désespérait ma pauvre mère, tout en réjouissant
secrètement mon bon papa qui, colonel d’infanterie,
regrettait de ne pas avoir eu un garçon. Alors, quelle
aubaine pour lui que ce garçon manqué, et tu penses
comme il bichait le bougre quand il me prenait sur ses
genoux le tarin encore dégoulinant de sang.
— Que s’est-il encore passé, ma fille, pour que tu
rentres dans cet état ? disait-il, en faisant semblant de me
gronder.
— C’est un garçon qui voulait toucher ma culotte,
Papa.
— Tu t’es défendue et ce salaud t’a mis un coup de
poing sur le nez en représailles !
— Non, Papa, c’est moi qu’ai raté mon coup en lui
mettant un « coup de boule » dans les gencives !
Afin que ce genre de loupé ne se reproduise plus et
pour calmer un peu mes ardeurs, Papa m’avait alors
inscrite au judo club du cercle militaire dans lequel je croisais
déjà le fer en tant qu’escrimeuse de talent.
Qu’est-ce que ça me faisait tartir, ce judo ! À chaque
fois qu’un adversaire me mettait par terre et envisageait de
13 me finir au corps-à-corps, je lui balançais instantanément
mes deux panards dans le buffet.
Ah, ça le stoppait net, l’affreux ! Ainsi que le combat
d’ailleurs. Seulement, un jour le professeur en eut marre, il
me prit à part et m’incendia.
— Cela ne peut plus durer comme ça, Lisa ! Le judo, ce
n’est pas du combat de rue. Tu vas aller voir maître
Thuong, c’est le professeur qui enseigne le karaté au
cercle. Il te calmera !

Et c’est ainsi que j’ai connu l’homme qui a bouleversé
ma vie : maître Thuong Nâm.
Quand j’ai vu pour la première fois maître Nâm, j’ai
cru que j’allais pisser dans ma culotte tellement il m’a fait
bidonner ! Il n’était pas plus grand que moi. Ses poignets
étaient à peine plus gros que les miens. Je me suis dit
qu’avec une simple torgnole la première septuagénaire
venue était capable de l’envoyer au tapis ! Et c’est avec
une envie de bâiller que je suivais distraite ses premiers
enseignements.
C’est un peu plus tard, quand je l’ai vu atteindre avec
ses pieds des sacs de sable fixés à deux mètres du sol,
casser des briques d’un seul atemi et faire échouer quatre
armoires à glace qui tentaient de le faire plier au bras de
fer que je me suis dit : « Ma petite Lisa, vaudrait mieux
être très polie avec ce monsieur Nâm ! »
Sixième dan de karaté, le père Nâm, capable de te faire
répandre en confiture sur le tapis du dojo rien qu’en te
regardant dans les yeux, et en poussant un kaï à te glacer
le sang dans les veines ! Un cas, moi, je te le dis !
Au début, il ne croyait pas qu’une petite fille comme
moi pourrait suivre son enseignement avec autant de
fougue et d’acharnement. Il reconnut avoir fait l’erreur de sa
vie quand quelques années plus tard, pour mes dix-sept
ans, je réussissais mon passage de ceinture noire. J’étais
14 alors la seule fille de cet âge et à ce niveau en France et
tout l’honneur et la fierté lui en incombait.
Plus tard, quand j’entrai à l’École militaire section
féminine, j’arborai en plus de ma ceinture noire un premier
dan.
Quand j’en ressortis encore quelques années plus tard,
j’étais troisième dan, avec une collection de médailles et
de coupes diversement gagnées en compétitions. En plus,
les copains m’avaient dotée du titre de « Lady Savate »
grâce aux bons et loyaux services de mon amoureux de
l’époque, un professeur de gymnastique spécialiste de
boxe française.
Ah, il m’en a montré, des trucs vicelards, le fripon, en
particulier au plumard ! Mais au combat aussi.
Tiens, par exemple, il m’avait appris à balancer en
moins de deux secondes trois coups de pied à un
adversaire : un premier sous le pif, juste dans les ratiches ; un
deuxième au plexus ; et pour finir, un troisième dans les
noix ! (Dis-moi : à part un gorille castré, tu vois un autre
mammifère capable de se relever après un traitement
pareil ?)
Par contre, au tir j’étais carrément au-dessous de la
barre. Quand je réussissais à balancer trois pralines sur
cinq dans les environs immédiats du dernier cercle de la
cible, on m’applaudissait !
Je n’arrivais pas à me faire au recul de ces putains de
pétoires. Un jour je réussis même l’exploit de vider tout
mon chargeur dans la cible du voisin. Le pauvre mec se
retrouva avec dix trous dans son carton et dut
recommencer le tir.
On ne peut pas être bonne en tout, hein !

Ce que je ne voulais surtout pas en finissant mes
études, c’était de me faire ch… des journées entières dans un
bureau ! Encore moins subir renfrognée les mains de mes
chefs au cul dans le plus pur style « promotion canapé ».
15 Alors quand, sortie lieutenant de la Military School, je
me retrouvai au ministère de la Défense dans un bureau
merdique sous les ordres d’un vieux con à quatre barrettes,
je me suis dit :
— Lisa, t’es cuite, tu vas finir ta vie de cogneuse à te
cogner les bébés Cadum sardinés !
Et puis finalement non, la chance me sourit en la
personne d’un capitaine, chef du service des archives dont je
dépendais. C’était un de ces vieux obsédés de la braguette
doublé d’une connerie chronique !
Comme tout bon macho, il n’arrêtait pas de me vanner
avec des allusions toujours plus salaces les unes que les
autres.
Jusqu’au jour divin !
Ou Séraphin,
Le vieux coquin,
En vint aux mains !
(C’est bien dit, non ?)

Il faut dire, à sa décharge, que j’avais une façon toute
personnelle de rectifier mes jupes d’uniforme bien
audessus de la « norme maximum tolérée par le règlement ».
En plus c’était un matin où, pas de bon poil, j’étais
pliée en deux à la recherche d’une saloperie de dossier.
Le nez enfoui dans une armoire en chêne massif
comme seule l’administration militaire en possède encore,
j’entendis Ribouldingue se pointer derrière moi.
Décidé qu’il était, Pépère, comme un missile en
acquisition sur sa cible, il vint, comme si j’avais été « la
Madelon qui vient nous servir à boire… », claquer ses
mains bien à plat sur mes deux fesses cambrées, saillantes
sous le tissu kaki trop haut relevé.
Sans pudeur il les descendit alors sur mes cuisses, puis
cool, il les remonta de nouveau en suivant le galbe de
celles-ci, entraînant du même coup le bas de mon uniforme
16 jusqu’à une hauteur vraiment plus admise par le
règlement !
Surprise sur le coup, j’attendis sans broncher de voir
jusqu’où ce vieux cochon allait aller (olé !).
Ce fut au moment où ses doigts s’aventurèrent dans
mon entrecuisse, que, me redressant, mon coude partit
comme une contre-mesure sur le missile peloteur.
Cela fit un grand « tchac » qui propulsa le pépé vicieux
deux mètres en arrière, éjectant du même coup sa main de
ma petite culotte.
Courbé en deux qu’il était, le « papy peloteur ». Les
bras repliés sur son bide, il suffoquait en injuriant toutes
les salopes de la terre dont, bien sûr, je figurais en
première place sur sa liste.
Alors moi, pas vraiment calmée, et pour lui montrer
l’effet que cela faisait d’être pelotée sans une permission
signée en trois exemplaires, je retournai la situation en
passant à mon tour derrière lui.
Profitant de sa position, je lui glissai une main entre ses
cannes de serin, afin de lui chopper les testicules façon
masseuse turque.
Pépère se mit à hurler. Ravie mais encore insatisfaite,
mon côté déconneuse à plein tube me fournit l’idée de la
suite des réjouissances.
Idée scabreuse, je te l’accorde, mais ce n’est pas tous
les jours que l’on a l’occasion de se marrer ! N’est-il pas ?
Alors tenant toujours pépère beuglant et vociférant par
ses testicules, je le forçai à se mettre en marche afin
d’arpenter tous les couloirs du ministère.
Ah ça, on a fait du chemin, avec Couilles Pressées !
Tous les coins et les recoins (coin-coin), tous les étages et
deux fois encore, en montant et en descendant !
Officiers, sous-officiers, hommes du rang, secrétaires et
femme de ménage ! Tout le monde était sorti des bureaux
pour assister au spectacle. Ils se bidonnaient de nous voir
ainsi. Ils croyaient que l’on déconnait, les cons !
17 Captain Couilles, lui, ne se marrait pas pourtant, il
gueulait à qui voulait l’entendre :
— Au secours, aaïe ! Arrêtez-la, bon Dieu, c’est une
folle ! Ouille ! Mes couilles !
Notre show dura au moins dix minutes sous les vivats
et les applaudissements de tous, mais comme toute bonne
chose, il y eut une fin, qui se traduisit par : trente jours de
placard pour ma pomme ; trois jours de plumard, les
noisettes dans la ouate cellulose pour Couilles Brisées !

Ah, ce fut ma révélation, on ne parlait plus que de cela
à tous les échelons. Paraît que même le ministre en
personne en fut informé ! C’est pour te dire.
Comme je n’étais pas la première fille à qui cette
mésaventure était arrivée, les autres vinrent témoigner en ma
faveur du caractère très « entreprenant » de notre Couilles
Molles national, et mon cas fut jugé de « juste retour des
choses » par la hiérarchie, et la punition ne dépassa pas la
prison pour le principe.
Captain Couilles, lui, en fit une jaunisse, et demanda à
ne plus jamais me revoir dans ses archives. Ce qui, tu t’en
doutes, me convenait fort bien.
* * *
C’est sympa la tôle, quand tu es officier. Tu as une
carrée rien que pour toi avec un plumard confortable. On
t’amène à bouffer matin, midi et soir. Tu peux lire, écrire,
et c’est d’ailleurs de là que m’est venue l’idée de noircir
les pages blanches de mes conneries !
Le deuxième pompe qui m’amenait la bouffe était super
mignon. Je me le serais bien fait, mais mes exploits de
presse-couilles lui avaient été contés en long, en large et
en travers, alors forcément il se méfiait, le pauvre.
Juste avant qu’il ne soit muté à d’autres tâches moins
gratifiantes, je réussis tout de même à lui violer son petit
bec de poussin apeuré, en lui roulant une pelle d’enfer
18 dans le plus pur style hollywoodien. À peine l’avais-je
relâché, que le puceau manqua de s’évanouir !

Puis le temps passa, morose, morne. J’avais demandé
ma mutation vers le service action, espérant que cette
demande serait appuyée par ma démonstration de
redresseuse de tort.
C’est au matin du quinzième jour de tôle que le colonel
Perret (dit Levallois) me rendit visite. Il me parut tout de
suite sympathique, me rappelant mon père par sa prestance
et son franc-parler.
Ses premières paroles d’accueil, je les entends encore
résonner dans ma tête. J’avais le corps figé dans un
gardeà-vous impeccable :
— Enfin un lieutenant qui n’a pas de couilles, mais qui
montre qu’il en a ! Cela va me changer de ceux qui en ont,
mais qui les planquent ! En plus, c’est vrai que vous êtes
très baisable, Lisa, ce sera un plus non négligeable dans
certaines missions délicates. Bienvenue au service action
de la DGSE et n’oubliez pas votre maillot de bain,
lieutenant, vous entrez dans la piscine et ce, sur le champ !
Allez, AU BOULOT, FILLETTE !
— À VOS ORDRES, MON COLONEL ! hurlai-je à lui en
faire péter les tympans.
19


Chapitre I



— Tu sais pourquoi on m’a balancée sur cette affaire
pourrie ?
— Non !
— Et tu veux le savoir ?
— Non !
— Bon alors, qu’est-ce que tu fous là, tu peux me le
dire ?
Ah, c’est ton copain qui fait relâche et tu te retrouves
seule avec ton envie de gratter (là où ça démange) ! Du
coup, tu as pris un de mes bouquins, histoire d’oublier
l’eczéma de ton petit bouton !
C’est sympa… j’aime bien ton copain.
Rrrr… Bzzzz…
Quoi ! Et il ronfle, en plus ! Tu n’as vraiment pas la
baraka ma pauvre chatte. Tu vois, quand on choisit un
copain de plumard, outre ses fesses et sa fusée Ariane, il
faut toujours s’enquérir de l’état de ses végétations ! Bien
savoir si on lui a retiré les amygdales quand il était petit.
C’est important toutes ces conneries, tu sais ! J’en
connais qui divorcent après vingt ans de mariage rien que
pour ça.
Et là encore tu as le bol parce qu’entre nous, et sans
vouloir empiéter sur le terrain scatologique de ce vieux
Bigard, il y a ceux qui pètent en dormant ! Si, si, si ! Qui
pètent, je dis bien.
Alors là, ma vieille, je peux te dire que ça te ratisse les
ovaires ! Ça te ramollit façon guimauve. T’as plus qu’une
seule envie : c’est de te rhabiller vite fait et de fuir le
terrain de manœuvre. Caltez, volaille !
21 Tiens, ça me fait penser à une blague complètement
immonde. Ça se passe à Versailles sous le Sun King – le
Roi-Soleil, autrement dit Louis le quatorzième du nom
pour celles (ceux) qui ont quitté leurs études dès la
maternelle supérieure.
Il y a le comte de Chépaquoi qui fait minette à la
marquise de Chépaqui. Comme à l’époque les règles
d’hygiène restent très à désirer, je ne te dis pas l’odeur
qu’encaisse le Chépaquoi.
À un moment, la Chépaqui en plein panard (la
veinarde !) se libère d’une perle haute en couleur. Ravi, le
Chépaquoi qui la prend en plein dans les naseaux relève la
tête et s’exclame :
— Mumm, voilà un petit vent frais bien agréable,
marquise !

Bon, de toute façon, je sais que tu me fais marcher et
que tu as envie de savoir ce que je fais en ce 28 juin,
postée comme une grue devant le buffet brasserie de la gare
de l’Est à Paris.
Tout d’abord, sache que malgré le temps superbe qui
règne depuis huit jours sur Paname, le zigoto qui
s’occupait officiellement de l’affaire vient de se choper
une vilaine otite causée selon lui par deux heures de
concert AC/DC, écoutées à fond dans un casque de walkman
pour ne pas faire chier le voisinage. Tu vois ce que ça
rapporte d’être gentil ! Ce con est en arrêt maladie pour trois
semaines !
Ajoute à cela que la moitié de l’effectif restant est
(déjà) en vacances et que l’autre est planquée sur des
missions plus ou moins bidons.
Devine qui vient d’arriver et qui n’a donc rien à branler
(pas même le chef !) ?
Bravo tu as gagné. À 9 heures le colonel Perret me
saute dessus (parce que par-dessous, c’est moins facile) et
me convoque illico dans son bureau (oh, oh).
22 — Lisa, trouvez-vous à midi gare de l’Est. Un type
dont voici la photo va débarquer du train de Munich. Il
sera en possession d’une valise qu’il remettra à un tiers.
— OK, je lui réponds un œil sur le carré de papier
glacé.
— Suivez ensuite cette valise coûte que coûte jusqu’à
son destinataire final. Vu ?
— Vu !
Je ne suis pas emmerdante hein comme nana, il y en a
qui auraient demandé : Qu’est-ce qu’il y a dans la valise,
mon Colonel ? C’est qui le type, mon Colonel ? Etc.
Moi rien, je me contente d’un simple : Vu.
La vraie petite conne, quoi ! Le doigt sur la couture du
slip.
Au moment de tourner les talons, je ne peux
m’empêcher quand même de lui sortir :
— Il me semblait, mon colonel, que l’on n’avait pas le
droit d’opérer sur le territoire national ?
— Ta gueule, lady, et tire-toi avant que je te foute la
main au cul !
Il explique bien Perret, hein !
23


Chapitre I bis



Je descends au garage et je croise le môme Marcel qui
me dit être chargé de me driver toutes affaires cessantes en
voiture banalisée. Non pas que j’aie droit à un chauffeur,
mais que l’on est mieux à deux pour ce genre de filature.
Le chauffeur reste en attente moteur en marche, prêt à
prendre le relais, si l’usage de son « quatre roues » devient
nécessaire. Bon, enfin tu vois quoi ! Le truc classique, pas
de quoi grimper au mur ! (Oui, toi, je sais que tu préfères
grimper aux arbres et t’arrêter aux nœuds, vicieuse !)
Cinq minutes plus tard, Marcel met les gaz et on se
catapulte, dans une rue surchauffée par ce mois de juin
caniculaire, vers notre rendez-vous. Vu la chaleur, je me
suis octroyé une tenue vestimentaire très adéquate, qui
consiste en un petit chemisier qui dévoile à qui veut le voir
que je ne porte pas de soutien-gorge et en une ravissante
petite jupette fabriquée tout spécialement pour remplir
Sainte-Anne de la gente masculine. Assise aux côtés de
Marcel à la place du mort, cette coquine, malgré mes
efforts désespérés, découvre la quasi-totalité de mes cuisses.
Je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais en voiture tu es
toujours assise les fesses plus basses que les genoux, ce
qui inéluctablement te fait remonter la jupe au mieux à
micuisses et au pire au ras de la culotte ! À croire que les
constructeurs automobiles le font exprès. C’est comme
cette habitude maintenant de foutre le levier de vitesse au
plancher. Ça fait sport ! Tu parles ! Qu’ils disent ! En fait,
c’est pour que le chauffeur passe son temps à s’excuser à
chaque pelotage causé par le changement de vitesse ! Et je
peux te dire que le môme Marcel, qui connaît le truc,
25 n’arrête pas de me demander pardon ! En plus, malgré la
vue imprenable sur mes cuisses, le vicieux Marcel qui en
veut encore plus n’arrête pas de tortiller son cou de piaf
pour essayer de mater plus haut. Ceci bien sûr au
détriment de la conduite de sa charrette, qui devient de plus en
plus autonome dans sa trajectoire.
Le résultat manque de se produire à un carrefour. Dans
un effroyable crissement de pneu, il évite de justesse le cul
d’un Express Darty tranquillement arrêté à un feu rouge.
— Quel con ! se met à brailler Marcel.
— Tu parles de qui ? Du chauffeur consciencieux qui
s’arrête au feu rouge, ou de l’obsédé sexuel qui conduit
son tas de boue le nez dans ma culotte ! (Puis hors de moi,
je me mets à hurler :) Gare-toi IMMÉDIATEMENT.
Il faut te dire que, pendant le trajet, je m’étais mise en
devoir de rectifier mon minois. Détachée de la ceinture
pour l’occasion, afin de bénéficier d’une plus large
autonomie de mouvements, j’en étais au Ricil au moment du
coup de patin.
Lâchant tout pour me cramponner d’urgence à la boîte
à gants et m’éviter l’éclatement du tarin dans le pare-brise,
cette conne de brosse à cils devenue indépendante en
profite pour faire « ping » dans le pare-brise que je voulais
éviter, et « pong » sur ma jupe et mon chemisier où elle
laisse une ravissante traînée noire avant d’aller rouler je ne
sais où sous le siège.
De par mon grade son supérieur, Marcel range la
bagnole en moins de trois secondes quatre dixième le long
du trottoir. Inquiet, il me demande de la voix d’un mec qui
a des trucs à se faire pardonner :
— Un problème, Lieutenant ?
Je ne lui réponds pas, mais comme une vraie salope
(que je ne suis pas ! Tu le sais bien), je soulève les fesses
en faisant remonter ma jupe autour des reins jusqu’au
nombril. Puis cool, je m’adresse au chauffeur mateur :
26