Coccinelles

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296 pages
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Réveillé voit tout de suite le papier dans la bouche. Il demande à Fortins: — T'as une pince? Il sort avec mille précautions le papier de la bouche de la morte. Il le déplie à l'aide d'une deuxième pince. C'est une feuille avec des cantiques que le commissaire connaît. Il se met à chantonner. Louis Fortins, le légiste, l'entend. Il se moque gentiment de son ami. — Tu chantes? — Non, ce sont des souvenirs qui remontent. Bon, regardons cette feuille de plus près. Quelque chose y est griffonné avec un stylo. Il lit tout haut: — Il faut rendre au bon Dieu ce qui est au bon Dieu. Au revoir coccinelle. Peut-être parce la mort est son premier souvenir, le petit Jérémie a vite mal tourné. Obsédé par les coccinelles, obsédé par les femmes... et s'il était coupable de ces meurtres qui terrorisent aujourd'hui son petit village? Ambigu et dérangeant, le thriller psychologique de René Lelièvre joue avec nos nerfs comme avec les peurs de ses personnages. En découle un polar imprévisible et tragique, au final sans concession.

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Date de parution 27 février 2015
Nombre de visites sur la page 21
EAN13 9782342034813
Langue Français

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Coccinelles
Du même auteur
Triangle, éditions Publibook, 2013
René Lelièvre Coccinelles
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120134.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2015
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://mesaventureshandicapes-normaux.over-blog.com
1. Pourquoi qu’t’es là ? Son premier souvenir d’enfant c’est la mort. Jérémie n’a pas compris immédiatement. Ses questions lui ont permis de devi-ner. La maison en pierre est flanquée d’un escalier de dix mar-ches en ciment. Jérémie connaît le nombre de marches par cœur. Grâce à elles, il a appris facilement à compter jusqu’à dix. Il sait même, parce qu’un jour il avait réussi à les monter deux par deux, que cinq fois deux marches font dix marches. Les marches débouchent, en haut, sur un couloir large et court qui lui suffit pour jouer à la balle avec une raquette et alors il rêve, il est le plus grand tennisman sur terre. De chaque côté du couloir deux portes ouvrent sur deux ap-partements. Il y a celui de ses parents d’un côté et celui de son oncle et de sa tante de l’autre. Au bout du couloir, un nouvel escalier raide, en bois celui-là, avec quinze marches et un virage serré entre la septième et la huitième. Ces marches montent vers deux autres appartements, où il y a son grand père et sa grand-mère dans l’un, une vieille fille dans l’autre. L’un des plus grands exploits de Jérémie a été de sauter qua-tre marches d’un seul coup dans le virage de cet escalier, en s’envolant à l’horizontal, bien accroché à la rampe. Ce jour là, le jour de son premier souvenir, la mère de Jéré-mie l’oblige lui et sa cousine Virginie à jouer dehors dans le jardin collé à la maison. Il est pourtant l’heure de faire le carta-ble pour l’école. Ils ont obéi, comme toujours. Il vaut mieux pour leur matricule ! Les questions seront pour plus tard même s’ils savent bien qu’il n’y aura pas de réponse. Des allées et venues inhabituels remplissent les escaliers à l’extérieur et à l’intérieur. Des personnes que ne connaissent ni lui, ni sa cousine cachés, derrière un arbre du jardin, font des
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allers et retours. Les uns descendent les bras chargés de vête-ments, les autres remontent avec un brancard ou des draps. D’un seul coup il n’y a plus personne. Tous sont restés en haut, chez grand père et grand-mère. Jérémie et sa cousine Virginie s’approchent de l’escalier à pas de loup. Ils s’apprêtent à monter lorsque toutes celles et tous ceux qui étaient là-haut commencent à descendre en procession. Jérémie et Virginie courent se cacher derrière le mur d’angle de la maison. Tous ceux qui descendent sont habillés de noir. Voiles, pan-talons, robes, chapeaux, rubans, vestes, chemises, chaussettes, chaussures. Tout est noir. Jérémie ressent un frisson qui court dans son dos. Il imagine être un deux novembre quand, avec ses parents, ils vont à l’église pour honorer les morts de la famille comme dit sa mère. Derrière la procession il n’y a plus personne en noir. Apparaît alors un homme, chemise blanche, manches re-troussées, pantalon marron, bras ballants, mains accrochées à deux poignées. Derrière l’homme, Jérémie voit lentement une forme blanche allongée sur un brancard et derrière cette forme, un deuxième homme, habillé comme le premier, mains accro-chées à deux autres poignées. — C’est quoi ? demande Jérémie à sa cousine. — C’est qui, il faut dire, réplique Virginie fière d’avoir tout deviné. — C’est qui ? redemande Jérémie. Virginie sait. Sa mère lui a dit il y a une semaine : — Tu as dix ans, il faut que tu saches que grand-mère est très malade a-t-elle chuchoté. Elle va peut-être nous quitter pour toujours et monter au ciel. Elle lui a fait promettre : — Tu ne dis rien à ton cousin Jérémie. Il n’a que six ans et il ne comprendrait pas. — C’est qui ? insiste Jérémie avec impatience. Virginie ne peut tenir sa promesse. Elle veut prouver à son cousin qu’elle est plus grande que lui et qu’elle sait répondre à toutes les questions. — C’est grand-mère.
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