Crimes dans le Yorkshire

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En Angleterre pour voyage d’affaires, le détective Yves MICHELOT se prend d’intérêt pour l’étrange suicide d’un contremaître d’usine faisant suite à la mort naturelle de son riche beau-frère.


Inspectant les abords du canal dans lequel la victime s’est jetée pour en finir, Yves MICHELOT repère des empreintes de pas. Elles le mènent vers un local en apparence désert, mais les apparences sont souvent trompeuses...


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EAN13 9782373478839
Langue Français

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Yves MICHELOT,
Détective
CRIMES DANS LE YORKSHIRE
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
SUICIDE... OU ASSASSINAT ?
— Ah ! je suis déçu... s'exclama Claudin, le collab orateur du détective, Michelot, en jetant dédaigneusement un journal sur la table.
Ils se trouvaient tous deux en Angleterre où les ha sards de la profession les avaient appelés. Michelot ôta la pipe de sa bouche :
— Quoi... Qu'est-ce qui te déçoit, bonhomme ?
Claudin donna une tape sur le quotidien.
— Voici deux jours que je m'attendais à un mystère de première classe au sujet de la mort de ce Dorrisson qui s'était écroulé en pleine rue. Et maintenant ? Une simple rupture d'anévrisme !
Michelot eut un sourire amusé.
— Tu trouves qu'il n'y a pas assez de crimes, déjà ? Il faut que tu en inventes ?
— Je... heu... Oui, vous avez raison.
La conversation n'alla pas plus loin, Claudin avait à sortir pour quelque emplette.
Ce même jour, en fin d'après-midi, le jeune homme e ut le regard attiré par une affichette devant un kiosque à journaux :
TRAGIQUE ÉCHO D'UNE MORT RÉCENTE
Un sous-titre parlait d'une trouvaille lugubre dans un canal. Claudin acheta la feuille et lut rapidement :
« ... On a découvert, ce matin, flottant en un endroit désert, sur les eaux du canal, près de Shuttleworth, dans le Yorkshire, le cadavre d'un homme âgé qui a été promptement identifié.
« Il s'agit de Benjamin Corrie, contremaître d'usin e, bien connu dans la bourgade. Cette trouvaille est un écho tragique du récent mystère de la mort soudaine de John Dorrisson. En effet, les deux hommes étaient beaux-frères.
« On sait que Dorrisson possédait une usine dans le Yorkshire... »
Claudin se hâta vers la maison. En entrant dans le cabinet de travail, il vit son patron assis au coin du feu. Sur le tapis, un a utre journal du soir.
— Ah !... Vous avez vu, sans doute ?
Michelot fit un signe de tête affirmatif. Il avait l'air sombre. Après un moment, il marmonna :
— C'est louche... On parle de suicide... Je n'y cro is pas...
Il se dressa, tout à coup.
— Nous avons quelques jours devant nous avant de re ntrer à Paris. Je veux élucider cette histoire... En route pour Shuttleworth.
* * *
Le train roulait. Les deux hommes, assis l'un en fa ce de l'autre, ne parlaient guère. Claudin réfléchissait. Il avait lu plusieurs journaux du soir donnant des détails sur l'événement.
Il cherchait à comprendre pourquoi son patron trouv ait cette mort suspecte. D'après ce qu'il avait appris, il jugeait le suicid e inéluctable. Le beau-frère de Dorrisson, à la lecture du testament, après le décè s de ce dernier, avait appris qu'il était totalement exclu de l'héritage – un mil lion de livres.
Le légataire universel était Martin Thorne, le fils adoptif de l'usinier. La lecture du papier officiel par un homme de loi démo ntrait que les dernières volontés avaient été claires, nettes, précises.
Alors ? Pourquoi aurait-on assassiné Corrie ? Qui p ouvait avoir intérêt à faire disparaître un homme qui ne bénéficiait de rien ?
« Ah ! songeait Claudin, si l'on avait découvert, d ans les conditions précitées, le corps de Martin Thorne, par exemple, c'eût été différent. C'est là qu'on aurait pu soupçonner une tragédie sordide, ca r, alors, l'héritage revenait automatiquement au beau-frère, seul parent de Dorri sson. »
Claudin décida de faire part de ses hypothèses au p atron.
Ce fut, à peu près, la seule conversation réelle qu 'ils eurent au cours du voyage.
— Oui, dit Michelot, raisonnement très lucide, mon garçon. Mais...
— Mais vous allez tout de même me prouver par A plu s B, que je me fourre le doigt dans l'œil ?
— Non, Claudin. J'ai déjà étudié les événements, et ... je suis arrivé,en théorie,à la même conclusion que toi.
— Alors, pourquoi ce « mais » ?
— Parce que... commença Michelot, qui, tout de suit e, s'interrompit pour annoncer :
— Ah ! nous voici à Leeds. C'est ici que nous chang eons de train.
Ils prirent un tortillard qui les amena vers minuit à Shuttleworth. Trop tard, évidemment, pour faire quoi que ce fût. Ils s'insta llèrent à l'hôtel de la Station.
Dès le lendemain, Michelot décida de « humer l'atmo sphère » comme il disait. Il voulait entrer en contact avec diverses gens dont les faits et gestes gravitaient autour du problème.
Un problème fort complexe. Le détective admettait e n son for intérieur qu'il ne possédait pas le moindre indice, la plus petite donnée pour étayer ses convictions.
Ici, comme bien souvent, il avait obéi uniquement à son instinct, à ses pressentiments, à son intuition.
Sa première visite fut pour la maisonnette que Benj amin Corrie avait habitée durant de longues années. C'était dans la banlieue industrielle de la bourgade, « chaussée du Pont ».
Il y avait, à proximité, plusieurs usines, parmi le squelles la...