L'étrange sursis

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Description

Bill DISLEY, le célèbre reporter-détective, est sollicité par une jeune femme pour protéger son père.


Celui-ci est menacé de mort par un ancien complice ayant participé au braquage de la National Bank, vingt ans auparavant.


Seul condamné et écroué, il s’apprête à sortir dans quelques jours et prévoit de régler ses comptes avec ses ex-associés qui ont dépensé sa part du magot...


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EAN13 9782373475586
Langue Français

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AVANT-PROPOS
Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas familiarisés avecBILL DISLEY et son existence trépidante de journaliste détective, nous rappelons que notre sympathique héros est le plus brillant reporter au« Star Express », grand quotidien londonien dontBOB, dit « le Gros Bob », est rédacteur en chef. L'habituel comparse de Bill estJEFF, ancien pickpocket notoire, géant à la compréhension lente, mais à la « droite » impeccable, dévoué corps et âme au journaliste qui le tira autrefois d'un mauvais pas. L'inspecteurMARTINdans la plupart des est, enquêtes, mêlé aux agissements de Bill. C'est un petit homme ponctuel, bourgeois et sévère, qui professe une grande amitié et une sorte d'admiration pour Bill, bien qu'il soit souvent heurté par la désinvolture avec laquelle notre reporter traite Scotland Yard, ses œuvres et ses pompes.
J.-A. FLANIGHAM.
I
LES ROMANCIERS NE MENTENT PAS
Le garçon d'étage heurta la porte pour la forme, en tra sans attendre de réponse et, d'une voix lasse, annonça :
— M'sieur Disley, y a une dame qui vous demande !
Le journaliste eut un regard courroucé vers l'intru s qui l'importunait durant une combinaison particulièrement difficile – il éta it placé devant un échiquier – et grommela :
— Au moment précis où je sentais que mon roi allait faire un tour remarquable...
— Que faut-il répondre à cette dame ?
Le regard du garçon d'étage s'appesantit avec une é vidente raillerie sur l'échiquier, pour revenir au grand garçon, tout seu l, qui fronçait les sourcils.
— Est-elle jolie, au moins ?
L'autre eut un geste vague :
— Oh ! moi, vous savez...
Bill eut un regard rapide vers la silhouette voûtée , le regard terne du garçon ; il se leva et, grommelant : « Évidemment... » entre les dents, pour questionner à nouveau :
— Comment s'appelle-t-elle ?
— Dinah Corbin !
— Connais pas ! Introduis-la tout de même !
Quelques instants plus tard, le garçon d'étage intr oduisait la visiteuse, puis refermait la porte derrière lui.
Bill s'avança vers la jeune femme, la détaillant ra pidement : elle était mieux que jolie, elle avait du charme. Un charme assez in définissable que le jeune homme situa immédiatement par une phrase lapidaire murmurée intérieurement : « Elle est tout en coloris ! » Il émanait d'elle une harmonie totale, quasi parfaite, quoiqu'artificielle : l'étr ange roux de ses cheveux ne pouvait être naturel, mais il convenait admirableme nt cependant à sa carnation légèrement ocrée, au rose de ses joues, à ses lèvre s pleines... Et elle possédait ce que Bill cherchait depuis des temps immémoriaux : des yeux couleur violette !
Il resta, quelques instants, fasciné par ce regard, se murmurant, amusé :
« Les romanciers ne mentent donc pas : je « tiens » ma paire d'yeux violets. »
Elle parut légèrement décontenancée de cet examen a pprofondi qui n'avait cependant pas duré plus de quelques secondes, vint à lui, et, d'un timbre de voix assez sourd, murmura :
— Je m'excuse de cette démarche, mais elle était in dispensable, il fallait que je vous voie !
Elle s'assit dans le fauteuil qu'il lui désignait, et les mots se précipitèrent lorsqu'elle poursuivit :
— J'ai longuement hésité, puis j'ai décidé enfin... je ne puis plus vivre dans cette angoisse... cette terreur...
Déconcerté par le timbre de voix qui trahissait net tement la terreur, par l'expression du regard qui sentait l'affolement, Bi ll se leva, vint auprès de la jeune femme, se pencha vers elle :
— Calmez-vous ! dit-il posément, et essayez de m'ex pliquer clairement les raisons de cette terreur !
Elle parut dominée par le son tranquille de cette v oix, eut un rapide regard, encore hésitant, vers Bill qui approchait un fauteu il du sien et reprit :
— Si je viens vous voir, c'est parce que je suis da ns l'impossibilité de me confier à la Police. Puis-je avoir votre parole que cet entretien restera confidentiel et que Scotland Yard ne sera mis au co urant de rien ?
Il plissa les paupières pour la mieux considérer, s ilencieux, paraissant se poser à lui-même une grave question, et consentit e nfin :
— Vous avez ma parole, je vous écoute...
II
OÙ BILL APPREND LA VÉRITÉ... POUR RETOMBER DANS LES TÉNÈBRES...
Bill franchit rapidement le porche monumental de Sc otland Yard, pénétra dans la salle d'attente où le sergent de service di scutait ferme avec un inspecteur qui eut vers le reporter un sourire glac ial, auquel Bill répondit par un signe de main désinvolte.
— Martin est-il dans son bureau, Domms ? questionna -t-il.
Domms fit « oui », d'un signe de tête infiniment se c, et Bill, dans un sourire et un petit merci ironique de la main, disparut.
Quelques instants plus tard, il entrait dans le bur eau de Martin qui était plongé dans un dossier. Il leva la tête à l'arrivée du jeune homme et fit remarquer d'une voix monotone :
— Ah ! Tiens, c'est vous ?
— C'est tout le plaisir que ça vous procure ?
Il contempla, attentif, un coin du plafond avant de poursuivre, d'une voix changée :
— Pour des raisons qui me sont personnelles, Martin , et qui n'ont rien à voir avec aucune affaire présente, j'aimerais que vous m e donniez quelques renseignements...
— Vous allez encore fourrer votre nez dans une histoire malsaine ?
— Ne soyez donc pas stupide, Martin ! Admettons, to ut simplement, que je veuille exhumer de très vieilles histoires criminel les pour un reportage ! Tout est calme en ce moment, et mon rédacteur en chef, ce dé licieux Bob, se lamente à longueur de journée.
Le grand regard clair de Bill était plein de candeu r lorsqu'il le posa sur Martin pour questionner :
— Que font donc les brigands à Londres, depuis quel que temps, mon vieux ? Léthargie ?
Toujours soupçonneux, Martin soutint quelques insta nts le regard de Bill pour questionner, d'un ton bourru :
— Qu'est-ce donc que vous aimeriez savoir ?
— Je m'intéresse depuis... disons quelques jours, à un très vieux et très célèbre cambriolage : celui de laNational Bank !
Martin, visiblement déconcerté, resta quelques inst ants silencieux avant
d'émettre un petit sifflement :
— En effet, c'est de la vieille histoire !
— Vingt années, je crois ?
— Vingt années environ ! J'en ai entendu parler par les anciens ! Ce fut le cambriolage le plus audacieux qui se voit vu de lon gue date.
— Pourriez-vous me retrouver le dossier ?
Nouveau regard soupçonneux de Martin, auquel, en ré plique, jaillit, de la part du reporter, un regard d'une candeur tranquille.
L'inspecteur grommela quelque chose d'indéfinissabl e entre ses dents, appuya sur une sonnerie. Quelques instants après, u n constable apparaissait, auquel Martin, d'une voix sèche et toujours intrigu ée, donnait un ordre.
... Une demi-heure plus tard, allongé dans un faute uil, les pieds négligemment appuyés sur le rebord du bureau de l'i nspecteur, Bill, le chapeau rejeté en arrière, compulsait avidement les notes a yant trait au vol de laNational Bank.
Il y avait maintenant une heure et demie que Bill é tait arrivé à Scotland Yard, lorsque, reposant le dossier sur le bureau de Marti n, il se pencha vers son ami en questionnant d'une voix excitée :
— Connaissez-vous cette affaire, Martin ?
— Pour avoir entendu les commentaires de mes ancien s, oui !
L'inspecteur questionna :
se
leva,
s'approcha
de
Bill
et,
d'une
voix
insidieuse,
— Qu'est-ce qui vous intrigue dans la vieille affai re de laNational Bank, Bill Disley ?
— Je songe que Scotland Yard réussit à capturer un comparse seulement, que cet homme fut condamné à vingt ans et qu'il est libre maintenant, LIBRE, vous entendez ?
Martin poussa un rugissement :
— Qu'est-ce que ça veut dire, Bill Disley ?
Bill fronça ses épais sourcils et, d'une voix incis ive :
— Pourriez-vous savoir, le plus rapidement possible , la date de la libération de Leslie Wallis, Martin ?
Sans demander d'autres explications, l'inspecteur p rit le dossier, jeta rapidement un coup d'œil vers un papier à en-tête, décrocha le récepteur et donna des ordres d'une voix brève.
Puis il se tourna vers Bill qui venait de s'asseoir dans l'unique fauteuil du bureau :
— Bill ! questionna-t-il d'une voix âpre, qu'est-ce que tout cela signifie ?
Bill eut un geste négligent :
— Je vous ai dit tout à l'heure que je m'intéressais aux vieilles histoires...
L'inspecteur Martin haussa les épaules :
— Gardez vos explications pour des plus idiots ou d es plus...