L'homme de Madagascar

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Description

Un homme est mort, sur les quais de la Seine, la tête écrabouillée probablement écrasée par un camion.


Alors que l’inspecteur Rodier fait appel au détective Yves MICHELOT pour résoudre l’affaire, ce dernier reçoit un courrier d’une ancienne cliente pour laquelle il avait retrouvé son frère installé à Madagascar. Elle prévient de sa visite dans l’après-midi.


Mais la vieille dame est étranglée dans sa chambre d’hôtel avant d’avoir pu se rendre au rendez-vous...


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EAN13 9782373478853
Langue Français

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Yves MICHELOT,
Détective
L’HOMME DE MADAGASCAR
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
UN CADAVRE, AU PETIT JOUR
L'aube blanchissait lentement le ciel. Deux agents cyclistes pédalaient de concert. Leur dernière ronde avant la relève. Il fa isait frais, les cols des pèlerines étaient relevés.
Le pavé miroitait d'une récente ondée, les hommes e n uniforme allaient lentement, devisant de choses et autres.
Soudain, ils stoppèrent et, du même mouvement, mire nt pied à terre. C'était sur le quai de Bercy, près des entrepôts de vins.
Ils avaient repéré une forme humaine, sur la chauss ée, près du trottoir. L'un d'eux chuchota :
— Oh ! Tu as vu, Mercier ?
Mercier avait vu. Et, de même que son camarade, mal gré leur entraînement professionnel, il avait eu un haut-le-corps.
Ils examinèrent rapidement le malheureux.
— Tu parles s'il est bien arrangé !
Un cadavre. Froid et rigide. Mais, détail affreux, la tête était dans un état indescriptible. Impossible de reconnaître quelque c hose d'humain dans cette bouillie noirâtre.
L'agent Mercier, le plus expérimenté des deux, déci da, après un court instant :
— Pas d'endroit pour téléphoner. On aura plus vite fait de filer jusqu'au prochain commissariat.
— J'y vais ? Je demande une ambulance ?
— Oui, Rodel. Faut que quelqu'un reste ici... T'es meilleur que moi à vélo. Fais vinaigre.
Rodel appuya sur les pédales et disparut.
L'heure était extrêmement matinale et les alentours se révélaient déserts. L'agent Mercier constata que la victime avait les v êtements mouillés, ce qui indiquait, au moins, qu'elle gisait là antérieureme nt à l'averse.
Il fouilla les poches. Absolument vides. Pas le moi ndre indice, pas de papiers d'identité, naturellement.
Mercier nota l'heure sur son calepin et y jeta égal ement quelques données
sur les circonstances possibles. À première vue, on pouvait supposer que l'homme avait été surpris, dans la nuit, par quelqu e camion aux roues puissantes.
Cependant, on ne voyait pas de traces de ce genre a utour du corps. C'était même étrange. Tout s'avérait relativement net dans la rue.
Un roulement proche se fit entendre. Ah ! Rodel ava it fait vite. L'ambulance arrivait. Son collègue, debout sur le marchepied, g uidait le chauffeur.
Au commissariat, on enregistra les déclarations des deux agents et le secrétaire conclut d'un ton indifférent :
— Bon... à l'Institut médico-légal... On fera passe r une note dans les journaux.
La ville s'éveillait, les voitures commençaient à c irculer de tous côtés, les gens se hâtaient vers leur travail. La voiture portant une croix rouge partit vers le grand bâtiment, à la pointe de la Cité, où l'on dép osait les inconnus.
— Drôle d'accident ! songeait l'agent Mercier en ch eminant vers son domicile.
Selon toute vraisemblance, il était à supposer que des rôdeurs, ayant découvert le cadavre, en avaient profité – lugubre aubaine – pour s'approprier tout ce qu'il possédait.
Et puis le représentant de l'autorité pensa à d'aut res choses, purement personnelles. Il allait rentrer, dépouiller l'unifo rme, retrouver son intérieur, sa femme... Se reposer...
Tout cela était beaucoup plus important pour lui.
Un cadavre. Bah !... On en trouvait tous les jours. Un de plus, un de moins... On identifierait la victime, on rechercherait la vo iture qui l'avait écrasé.
L'enquête serait plus ou moins longue, mais elle ab outirait. Car, tout de même, l'auto avait dû rentrer au garage avec des pn eus souillés de façon visible.
À moins que... ? Un crime ?
Alors, ça, c'était du ressort de la Police judiciaire.
Cela ne le regardait pas.
* * *
Dans les bureaux du fameux détective Michelot, le c ourrier s'amoncelait comme tous les matins. Pendant que le patron décach etait ses lettres, Claudin,
son assistant, cochait au crayon bleu, dans le jour nal, les articles, informations, etc. susceptibles d'intéresser son directeur.
Michelot déplia une lettre. Son regard, avant de li re, courut tout de suite à la signature, comme de coutume :
— Estelle Gastigues... marmonna-t-il. Voyons, ce no m me dit quelque chose... Où l'ai-je déjà vu ?
Il ne s'attarda pas à chercher. Il parcourut la mis sive :
Cher Monsieur,
Je me trouve à Paris et j'ai l'intention d'aller vo us voir. J'ai besoin de vos conseils. Je suis fort agitée par quelque chose don t je veux vous donner tous détails de vive voix.
Sauf avis contraire de votre part, je passerai, mar di vingt courant, vers quatre heures de l'après-midi.
Entre-temps, cher monsieur, je vous prie d'agréer, etc., etc.
Le papier portait l'en-tête d'un hôtel de bonne catégorie de la rue de Rivoli.
Michelot allait de nouveau interroger sa mémoire po ur se rappeler les lle circonstances dans lesquelles il avait eu affaire a vec cette M Gastigues, lorsqu'une petite sonnerie retentit.
C'était un appareil téléphonique intérieur qui reli ait l'appartement à la loge de me la concierge. La brave M ...