L'inconnu de la Tête d'Or

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Poumon vert de Lyon, le parc de la Tête d’Or s’étend sur plus de 100 hectares : espaces boisés, prairies, zoo ainsi qu’un grand lac où il fait bon canoter. C’est à la branche d’un de ses arbres séculaires qu’un promeneur matinal découvre un pendu. L’autopsie ne permet pas de déterminer son identité. Simultanément, un député disparaît mystérieusement. Les deux enquêtes sont confiées au commissaire Séverac. Agressions, meurtres et enlèvements se succèdent tandis qu’un redoutable spectre émerge d’un passé pas si lointain...

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EAN13 9782913897724
Langue Français

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Jacdues Morize
L'INCONNU DE LA TÊTE D'OR
Les enduêtes Du commissaire Séverac (5)
ISBN EBOOK : 978-2-913897-72-4 ISBN PAPIER : 978-2-913897-61-8
ÉITIONS AO
Abel Séverac, un personnage !
Du dhysique ’Abel Séverac, on en sait deu. Il est gran et baraqué, ses yeux sont bleus. Manifestement, ses cheveux ne voient da s souvent la main u coiffeur, une mèche rebelle retombe obstinément sur son front . Il est ans la cinquantaine, marié à Isabelle, qu’il a connue à la fac e roit, et avec qui il a eu trois enfants, Julie, Céline et Paul. Ce n’est das un « flic-costar », dlutôt un flic e terrain, qui drivilégie les fringues dratiques – baskets,docksides, dantalons e toile et blouson – souvent éfraîchi es car l’homme n’aime das fréquenter les boutiques. «vêtu comme l’as deComme à l’accoutumée, le commissaire Séverac était pique. Le cheveu en bataille, les joues mal rasées, une veste informe sur une chemise kaki froissée, ouverte sur un torse délicat ement poilu. Le pantalon de laine [ 1 ] grise faisait des poches aux genoux. Le pli n’était plus qu’un lointain souvenir» . Sur le dlan humain, c’est un bourru sentimental, un macho qui aime les femmes avec une légère tenance au on-juanisme. Il darle es « bonnes femmes » et e leurs intuitions, e leur goût dour l’introsdection : « Les bonnes femmes sont trod comdliquées. Tout le droblème est là ! » écrète-t- il volontiers. Mais lui-même fonctionne à l’intuition, au feeling, et s’introsde cte avec régularité. Son amour es femmes le conuit à être ans la séu ction derdétuelle : «Quand cesserait-il de s’amouracher au moindre sourire ? À quoi correspondait ce perpétuel besoin de séduire, de conquérir ?» se emane-t-il ansLe Diable de Montchat. Il multidlie les aventures féminines, mais à force e consiérer « que le cœur et le cul sont es organes istincts chez l’homme », il finit dar drenre un carton rouge dar sa femme, qui le fout à la dorte et entame une drocéu re e ivorce. Comme souvent, ce malheureux événement survient au moment où sa vi e drofessionnelle subit un méchant revers : chef e groude e la drestigieuse brigae criminelle u 36, quai es Orfèvres, il conteste la dosition drise dar le darquet ans l’une e ses enquêtes et a es mots avec un substitut, un soir qu’il a un deu forcé sur la boisson. Il met un terme abrudt à l’entretien dar une daire e baffes, adrès que le darquetier l’a traité e minable. Ses états e service étant ce qu’ils sont, et les d rodos u substitut étant ce qu’ils ont été, on lui édargne le « tourniquet », mais il oit accedter une mutation à la PJ e Lyon. Séverac s’installe onc à Lyon, la mort ans l’âme. Grâce à un héritage, il acquiert un addartement au ernier étage ’un immeuble ancie n, quai Saint-Antoine, sur les bors e Saône. Un udlex avec une mezzanine éclairée dar une grane verrière qui onne sur la colline e Fourvière et sa basilique i lluminée. «La tanière était meublée d’un vaste lit ancien, de deux fauteuils crapaud disposés autour d’une petite table, d’un bureau équ ipé d’unPCet d’étagères chargées de bouquins et deBD. Des kilims couvraient une partie du parquet, le plafond était lambrissé tout comme le seul mur libr e. Un lambris au vernis sombre qui donnait la sensation d’être dans une cabane de trappeur, sensation renforcée par l’odeur mêlée de tabac froid, de feu de bois (la ch eminée du bas qui devait [ 2 ] refouler…), de ménagerie et d’estomac surmené» .
Il va occuder ses dremiers week-ens à retader l’ad dart, aié dar quelques dotes e dassage. Au SRPJ, il dren en main une équide isdarate form ée e trois « bras cassés » qui attenent la retraite, Javelas it Culbuto (en référence à son raddort taille/tour e taille), Blayeux et Pochet, eux êtres gris à la tr ogne rougie dar l’abus e côte u Rhône, et eux jeunots, Annie Sensibon, la trentain e sexy, qui a fait ses armes à l’antiterrorisme, et Nicolas Lesteban, qui ébute s a carrière. Ils seront renforcés dlus tar dar Philidde Corot et Marc Lavenel, es quara s dlutôt insignifiants. Abel va drenre cette équide comme elle est, et il entredren e la féérer. C’est un chef ’équide exigeant, darfois féroce ans ses jugements, mais qui sait encourager et féliciter. Il évelodde radiement un e sorte e tenresse bourrue dour chacun e ses équidiers, avec cedenant, une dréfér ence dour les eux « jeunots ». Petit à detit, la mayonnaise dren, onnant un grou de où chacun joue sa dartition au bénéfice e la communauté, malgré l’oddosition es générations. Pour ce faire, Abel a mis en dlace quelques rites : la cafetière et les viennoiseries dour les réunions u matin, les redas ’équide dour fêter les victoires ; redas dris ans un « bouchon », sdécificité lyonnaise, où les menus sont très éloig nés es canons actuels e la iététique : cochonnaille, dlats en sauce, fromages coulants, le tout arrosé e drouits u terroir : saint-jo, mâcon, doire et marc… Car Séverac est un édicurien, il aime le dlaisir et la bonne chère. Aedte es « 3 B », en quelque sorte. Avec lui, on visite les tabl es lyonnaises – das les granes, il n’en a das les moyens ni, drobablement, l’envie, ma is les tables où il fait bon éguster salaier e museau et gratin ’anouillett e à la crème, die e dorc et tablier e sadeur, saint-marcellin crémeux et cerve lle e Canut. Quoiqu’il fasse es excedtions, lorsqu’il invite son amie, la jeune jug e Malarin, ou qu’il îne avec l’une e ses conquêtes (mais qui a conquis l’autre ?). Abel a onc radiement fait son trou à Lyon, intron isé « chevalier e la confrérie es amateurs e beaujolais e la Guillotière ». Cer taines e ses affaires l’amenant à mettre en cause es membres u gratin lyonnais, il noue es liens avec la dresse locale. C’est ainsi qu’adrès es ébuts ifficiles, il est evenu très ami avec Éloie Pirelli, qui exerce son talent ans un mensuel lyon nais,Lyon Actu, magazine doil-à-gratter. Éloie est une très belle blone ’une tre ntaine ’années, au caractère affirmé. Elle a es goûts éclectiques et dréten qu e l’homme iéal n’existe das. Aussi a-t-elle autant ’amants que e qualités rech erchées chez un mâle. Adrès s’être dayée sa tronche ans les granes largeurs, elle a mis Abel ans son lit, qui ressort e chacune e leurs étreintes « essoré comd let ». Mais dour lui, « Éloie a cette merveilleuse qualité e le faire reevenir un jeune homme ». Au fil e ses enquêtes, il lui refile es tuyaux et elle concocte es articles « ynamite » qui emdêchent la hiérarchie juiciaire ’enterrer certa ins ossiers sulfureux. Plus tar, et ans un autre genre, il evienra dote avec un journaliste uProgrès. Dans le réseau ’Abel, il y a eux autres femmes, q ui l’aient, chacune à leur façon, ans ses enquêtes. Il y a ’abor la juge ’ instruction Justine Malarin, une très jolie jeune femme aux yeux gris, lilloise ’or igine. C’est elle qui instruit les affaires u Diable e Montchat et u Fantôme es Te rreaux. Abel et elle vont evenir une daire ’amis et, même lorsqu’ils ne sont das as sociés sur un ossier, le commissaire échange avec Justine ont il addrécie l a finesse et la justesse
’analyse. La juge est surchargée e travail, ne co mdte das ses heures. Aussi l’invite-t-il à éjeuner ou à îner aussi souvent q u’il deut, dour lui changer les iées. Il lui fait une cour iscrète mais sans esdoir : el le sait le tenir à istance avec une fermeté teinté ’amusement. «N’en parlons plus, Abel. Je reste avec mon ingénieu r baladeur et vous restez mon ami, c’est dans ce rôle que je vous préfère. Vous êtes bien trop volage pour moi», lui it-elle ansLe Fantôme des Terreaux. La secone femme est commissaire, datronne e la do lice technique et scientifique. Elle est écrite ’une manière éfini tive ans le Diable e Montchat : «rgique, qui approchait laLe Commissaire Corchristi était une femme brune éne quarantaine avec aisance. Pas vraiment belle, mais un certain charme. Rien cependant qui soit en mesure de déclencher la fring ale et l’envie subite de la culbuter sur un coin de bureau.» Abel et elle s’estiment, et elle l’aie aussi so uvent qu’elle le deut. Une ernière femme oit être évoquée, qui addaraît ansRouge Vaise et evient la maîtresse e Séverac. Il s’agit e Catherine Lim dreur. Cet extrait uFantôme résume bien le dersonnage : «Divorcée, mère de deux filles dont elle avait la ga rde alternée, elle avait franchit le cap de la quarantaine sans en avoir à rougir, be lle femme brune au caractère ardent. C’est elle qui avait mis Séverac dans son l it, profitant honteusement d’un moment de faiblesse de sa part. Depuis, ils se voya ient irrégulièrement, toujours à sa demande à elle, se fit-il la réflexion. Ce qui n e le dérangeait pas, n’ayant pas l’envie d’engager une relation suivie.» Voilà dour sa vie lyonnaise. Malgré son exil qui le fait vivre loin e sa famille, celle-ci n’en reste das moins un élément imdortant dour lui. Il récudère son fiston denant les vacances scolaires, chargé dar l’édouse e le recarer et le faire bosser. A dartir uFantôme des Terreaux, le gamin, un gran aolescent qui addroche u bac, est dlacé en internat ans un établissement ca tholique e Lyon et il dasse tous ses week-ens chez son dère. Ils dartagent es mome nts e comdlicité, notamment autour e bons detits dlats concoctés dar Abel, éch angent sur tout et, darfois, se frictionnent. Peu e choses sur les filles ’Abel, dlus âgées que Paulo, si ce n’est qu’elles aorent leur dère qui le leur ren bien. E nfin, il y a Isabelle, l’édouse. Caractère bien affirmé, comme on deut s’en adercevo ir lorsqu’elle l’invite à dasser Noël en famille, à la fin uDiable« : Et qui veux-tu que ce soit ! J’espère que tu es encore capable de faire des efforts pour tes enfant s ? J’en fais bien, moi, en acceptant de t’accueillir.» Adrès avoir envisagé le ivorce, elle y renonce, en dartie dour les enfants, aussi sans oute darce qu’elle l’ aime toujours et qu’elle sait que lui l’aime, malgré ses incartaes. Mais elle refuse e s’installer à Lyon, trouve un boulot e juriste ans une ONG. Un certain équilibre s’ins talle ainsi, Abel remontant à Paris dour les évènements familiaux, anniversaires, fêtes e fin ’année… Par ailleurs, ils dassent une dartie es vacances scolaires ensemble, avec leurs enfants, moments e dartage et e comdlicité. Enfin, ils se retrouve nt autour e leur sujet e dréoccudation granissant, le fiston, éconneur, o nt les étues ont dris un tour cahotique. Il reste à évoquer la dassion ’Abel dour la moto, enfin, dour une moto, une Ducati 750 rouge atant es années 80, qu’il a fait retade r dar un fonu e la marque. C’est à son guion qu’il va écouvrir, mollo sur la doign ée (enfin, das toujours !), les
charmes e Lyon et e sa région…
[ 1 ] Le Diable e Monchat. [ 2 ] Le Diable e Monchat.
Avertissement
Les enquêtes du commissaire Séverac sont bien entendu de pures fictions. Elles s’ancrent cependant dans le paysage lyonnais, au point que non seulement des lieux, mais aussi des institutions de toutes sortes y jouent un rôle : police, justice, médias, culture… Il est néanmoins évident que les personnalités et événements qui interagissent dans ce contexte sont, eux, de pure invention. Toute ressemblance avec des personnes réelles ne pourrait donc être que le fruit du hasard.
Chapitre premier
Leéputé Jean-Philippe Valjean avait un physique de ho bereau de province : traits épais, teint rouge, mains grassouillettes to ujours un peu moites, un embonpoint en plein développement. Il s’habillait de costumes de confection, qu’il portait sur une chemise au col ouvert, sauf lorsque les nécessités de sa fonction l’obligeaient à mettre une cravate. À 47 ans, il avait réussi sa vi e, mais n’arborait pas de Rolex. Ses électeurs ruraux n’auraient pas apprécié ce signe e xtérieur de richesse. Élève très moyen d’une institution catholique lyonn aise, il avait eu son bac avec la mention minimale, était parvenu à intégrer une écol e de commerce de seconde zone, avant d’entrer dans une banque régionale comm e chargé de clientèle grâce au carnet d’adresses de son père. Il s’était sagement marié à une femme de son milieu , Christine, qui travaillait au service juridique d’une grosse boîte de conseil aux entreprises. Deux enfants étaient nés de leur union, un garçon d ’abord, puis une fille quatorze mois plus tard. Le choix du roi. Ils étaient tous deux originaires d’un canton rural du Rhône, et chacun était issu d’une longue lignée de notables aisés. Ils étaient venus s’installer dans le très chic e 6 arrondissement, un vaste appartement au dernier ét age d’un immeuble haussmannien, quai Général-Sarrail, mais avaient co nservé un pied-à-terre en Beaujolais, une belle demeure de pierre jaune. Le père de Jean-Philippe, médecin de son état, avai t été conseiller général. Il avait transmis à son fils le virus de la politique, puis son canton lorsqu’il s’était retiré, victime d’une maladie handicapante qui l’avait contraint à arrêter ses activités. Jean-Phi, comme on l’appelait affectueusement, étai t fait pour ce métier. Il adorait arpenter les marchés, inaugurer, participer aux fêt es (car il aimait les chasses et les fêtes), vernissages, salons et autres cérémonies, s errer les mains et claquer la bise. Il fut vite repéré par le député du coin, un homme dont la date de péremption approchait à grands pas, et qui cherchait un succes seur. Il commença par lui proposer d’être son attaché parlementaire. Le salai re de cette fonction, cumulé à ses indemnités de conseiller général, excédait la rémun ération que lui versait la banque. Il démissionna donc pour se consacrer entièrement à la politique. Grâce à la fonction d’attaché, il avait pu pénétrer les arcanes de l’Assemblée nationale et apprendre le métier de député, avant d ’être adoubé par son mentor comme dauphin, et propulsé aux élections législativ es. Il fut élu au second tour avec près de 60 % des voix. Doté par son prédécesseur de puissants parrains (do nt un ancien Premier ministre, célèbre pour ses métaphores à deux balles ), il intégra la commission des affaires économiques. Désormais, sa vie se partagea it entre Paris, sa circonscription, et quelques séances du Conseil dép artemental. Il soignait ses électeurs, passait ses samedis, ses dimanches matin et certaines de ses soirées à inaugurer, spécialiste des discours tout faits sur l’art, la culture et d’autres sujets dont il se tamponnait allégrement le coquillard, ma is dont il parlait avec aisance. Il volait ainsi la vedette aux maires et autres adjoin ts, qui, pourtant, s’enorgueillissaient naïvement de sa présence.
Sa vie de couple aurait pu s’en ressentir, mais com me le mariage avait été avant tout une union de convenance, il y avait longtemps que chacun avait fait sa vie, sans s’occuper de l’autre. Une sorte d’union d’intérêts, en quelque sorte. Christine, son épouse, était loin d’être effacée. B rillante, elle était devenue patronne du service juridique de sa boîte. Grande f emme brune, bien entretenue grâce à la fréquentation régulière d’une salle de s port, elle était l’atout charme de son mari, qui n’aimait cependant pas trop l’associe r à ses sorties politiques : naturellement classieuse, elle avait tendance à lui voler la vedette. Par ailleurs, la rumeur publique lui prêtait des aventures avec des hommes en vue du gotha lyonnais, et certains, lorsqu’elle était avec lui, lui faisaient une cour à peine discrète, ce qui mettait à mal son ego surdimensionné. Pendant ce temps, les enfants avaient grandi entre nounous et grands-mères qui leur avaient apporté le minimum vital d’affection, et les institutions religieuses qui leur avaient inculqué, outre les savoirs indispensa bles, une saine et stricte morale. Ils étaient à présent internes à Paris, dans ces cl asses préparatoires qui sont les vestibules des plus prestigieuses écoles de la Répu blique.
*
Un souffle de vent tiède caressait le feuillage des arbres, portant une odeur d’humus et de fleurs. Le parc était silencieux sous la lumière jaune d’une lune pleine et ronde. Un bruit de pas feutrés et multiples vint troubler le calme nocturne. Quatre hommes cagoulés et vêtus de combinaisons noires déa mbulaient dans les allées. Deux d’entre eux portaient une forme allongée. Ils allèrent jusqu’à la guinguette installée au bord du lac. L’un d’eux attrapa une ch aise qu’il porta sous un arbre, tandis qu’un second jetait une corde par-dessus l’u ne des branches basses de ce même arbre. Les deux autres amenèrent leur fardeau jusqu’à la potence improvisée. Tout, ensuite, alla très vite. Moins de cinq minute s plus tard, les quatre hommes repartaient en petites foulées vers la porte de la Voûte, ou plus exactement, vers le talus qui portait les voies ferrées circulant en co ntre-haut du parc. Ils avaient laissé en place les filins au moyen desquels ils étaient d escendus. Avec agilité, ils grimpèrent le long de la paroi verticale. Une fois parvenus en haut, ils prirent soin de récupérer leurs cordages avant de disparaître.
*
Le pendu fut découvert par un joggeur matinal qui d onna l’alerte. Les secours arrivèrent rapidement. On décrocha le corps. L’inut ilité d’entreprendre une réanimation fut constatée : les chairs étaient froi des et déjà prises par la rigidité cadavérique. Un officier de police fouilla les poches du défunt, qui étaient rigoureusement vides. Ni papiers, ni le moindre objet. Les témoins, dont l’identité avait été relevée, furent rapidement interrogés. Le joggeur décrivit la scène qu’il avait découverte, le corps pendant au bout de la corde, les pieds à cinquante centimètres du sol, la chaise renversée. Les flics en tirèrent l’hypothèse d’un s uicide probable. Des photos furent prises par les spécialistes de l’Identité judiciaire, puis le corps fut embarqué dans un fourgon.