La mystérieuse pensionnaire

-

Livres
35 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Madame Nairod qui louait une chambre dans un établissement de Malo-les-Bains a mystérieusement disparu.


Son corps est retrouvé sur une plage, trois jours plus tard. La victime a été étranglée puis jetée à l’eau.


Le détective Yves MICHELOT, décidé à élucider ce crime, ne tarde pas à établir que la défunte, qui avait fourni une fausse adresse lors de son inscription dans la pension, ne s’appelait pas Madame Nairod.


Mais qui pouvait bien être cette mystérieuse pensionnaire ?...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782373478792
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Yves MICHELOT,
Détective
LA MYSTÉRIEUSE PENSIONNAIRE
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
LE SOLITAIRE
me — Tiens ! M Nairod ne déjeune pas avec nous, aujourd'hui ?
C'était le vieux M. Geleest qui avait fait cette ré flexion. Il déplia sa serviette.
me Les pensionnaires des « Coquillages », directrice M Van Elst, s'étaient installés. La petite bonne déposa les hors-d'œuvre. Elle avait le teint rougeaud et des cheveux blond filasse.
— Non, monsieur Geleest... Elle est sortie ce matin .
me C'était exact. M Nairod avait dûment prévenu qu'elle ne rentrerait que pour le dîner.
Le célibataire aux cheveux gris hocha la tête. Ce fut tout.
Bientôt le bruit des fourchettes et couteaux, le tintement des verres, les rires, accompagnèrent la conversation générale.
Les appétits étaient aiguisés par le beau temps et l'air vif de la mer. On était aux premiers jours de juin.
Dans cette pension convenable, mais d'ordre seconda ire, à Malo-les-Bains, me la présence de M Nairod avait pris des proportions inusitées. C'éta it la première fois qu'elle y venait.
Or, les neuf dixièmes de la clientèle se composaien t d'habitués fidèles, qui se retrouvaient chaque année.
me M Nairod était installée depuis deux semaines déjà q uand, ouvrant la marche, M. Geleest avait fait son apparition pour o ccuper une chambre qu'il considérait véritablement comme la sienne propre, d epuis le temps...
Bientôt soixante ans, mais l'œil vif, le teint rose , bon pied. C'était un me fonctionnaire en retraite. Il s'intéressait à la jo lie M Nairod. Il s'était amusé à l'observer.
Oh ! très discrètement. On a des usages, n'est-ce p as ?
Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Il était intrig ué.
Il avait remarqué l'alliance à l'annulaire gauche. Donc, une femme mariée. Mais on n'avait jamais vu son époux. Alors, veuve, sans doute ?
Pas d'enfant. Pas de famille. Pas de frère ou de sœ ur qui écrivissent ou qui vinssent la voir.
Rien que le monsieur du dimanche. Oui, un homme ven ait la prendre chaque dimanche et ils partaient tous deux pour tou te la journée.
Comment se faisait-il qu'aujourd'hui, un mercredi...
Mais elle n'avait de comptes à rendre à personne, e t personne ne se serait permis de la censurer.
Elle menait une existence calme et mesurée. Une exi stence surprenante, même, de tranquillité, pour une femme aussi jeune. M. Geleest ne lui donnait pas plus de vingt-huit ans.
Tous les après-midi, il la voyait sur la plage, ins tallée sur son pliant, à l'ombre d'une de ces grandes cabines de bois, si fr équentes sur les plages du Nord.
Oui, elle était bien jolie. Et d'une élégance sobre , discrète.
Elle ne se liait pas, elle semblait concentrée. Pas taciturne, mais tout de même... Elle ne se mêlait jamais à aucune conversat ion, elle n'encourageait personne à lui adresser la parole.
Certes, elle répondait de bonne grâce, quand M. Gel eest s'adressait directement à elle. Mais c'était tout.
Le vieux retraité, qui se piquait d'être l'un des d erniers remparts de la galanterie française, avait tenté, au début, d'offrir ses services.
me Il en avait été remercié par un sourire, mais la ma nière dont M Nairod l'avait accueilli était assez caractéristique pour lui faire sentir qu'il était importun d'insister.
Elle se tenait à l'écart des petits cénacles famili aux. Elle préférait lire en solitaire, sur le sable. Elle aimait pourtant les e nfants, cela se voyait à son expression affectueuse quand elle les contemplait.
Souvent, elle s'était précipitée pour relever un bé bé braillant, étalé de tout son long. Mais aussitôt, elle retournait à son plia nt et à son livre.
Le seul moment où Geleest constatait une transforma tion était le dimanche matin, lorsqu'elle s'apprêtait à se rendre à la gar e. Le visage exprimait une joie intérieure, une lumière apparaissait dans les yeux gris.
Elle piquait une fleur au corsage avant de sortir.
M. Geleest avait vu l'homme, une fois. De taille mo yenne, le visage rasé, il lui avait paru quelconque, voire insignifiant.
Mais telle n'était pas l'opinion de la jeune femme, assurément. Et Geleest ruminait.
— Elle l'aime... Bizarre... Le cœur a des raisons q ue la raison ne connaît
guère !
Il était très satisfait de cette citation, cueillie dans une œuvre dont il ne se rappelait plus l'auteur.
me M Van Elst, la propriétaire de la pension, savait va guement que sa cliente était veuve. C'était tout ce qu'elle avait pu obten ir comme confidence.
En femme d'affaires avisée, elle se gardait bien d' ennuyer une personne aussi large qui ne discutait jamais les prix, payai t rubis sur l'ongle, ne défalquait même pas les repas pris au-dehors.
Comme elle était d'un naturel romanesque, elle voya it, dans l'attitude de me M Nairod, l'indice d'un grand chagrin d'amour.
me — Elle est venue pour oublier, songeait M Van Elst. Pourvu que cela se cicatrise... Pauvre petite !
Le visiteur dominical était – paraît-il, car person ne n'en était certain – le frère du disparu.
— Elle finira par l'épouser, jugeait la directrice.
Et veuve elle-même, mais d'un âge canonique, avec l e regret des occasions perdues, elle approuvait fort une pareille conclusi on.
Ce matin-là, en la voyant passer avec l'air d'allég resse du dimanche, me M Van Elst avait jugé que le beau-frère devait...