On a pillé un dossier !

-

Livres
40 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L’étude de Maître Champloux, notaire, a été cambriolée. Or, seule une lettre cachetée confiée par un client a été subtilisée.


L’affaire semble se compliquer quand le client en question disparaît de chez lui après que son logement ait été retourné de fond en comble.


L’enquête apparaît bien claire à l’inspecteur Rodier qui accuse le frère de lait de la victime dont le taxi a été retrouvé vide sur place.


Mais le détective Yves MICHELOT ne voit pas les choses de la même façon et porte ses soupçons sur une tout autre personne...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782373478877
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Yves MICHELOT,
Détective
ON A PILLÉ UN DOSSIER !
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
ÉTRANGE AGRESSION
M. Rilon montait l'escalier d'un pas pressé.
Arrivé au premier étage, il prit un trousseau de cl efs nickelées avec soin, et choisit celle qui ouvrait la porte sur laquelle on lisait : « Maître Champloux, notaire »
Ce M. Rilon était le premier clerc de l'étude.
Dans l'antichambre, il fronça le sourcil et prit un e mine offensée. Là, devant lui, sur une petite table pliante, un étalage qui l ui déplut formellement.
Une bouteille de vin entamée, un morceau de pain, u ne assiette, un couvert.
Cyrille, le garçon de bureau, ne quittait jamais l' étude entre midi et deux heures, durant l'absence du personnel. Il prenait s on déjeuner sur place.
— Quoi ? marmonna M. Rilon, il aurait dû avoir term iné depuis longtemps !
Un regard à sa montre lui révéla deux heures moins le quart. Et en effet, Cyrille faisait toujours place nette bien avant le retour du premier clerc.
Ce dernier eut, tout de suite, une autre surprise.
Au second coup d'œil, il venait de constater une ch ose encore plus bizarre. L'homme n'avait même pas entamé son repas. Le petit panier qui contenait les vivres était à terre, sous cette table, et parfaite ment intact.
— Où est-il donc passé, ce Cyrille ?
Le premier clerc ouvrit la porte du grand bureau où il y avait place pour quatre dactylos.
— Personne... constata-t-il.
Sa mauvaise humeur grandissait. Et comme il devenai t facilement grognon, le pauvre Cyrille, dès que découvert il en prendrai t pour son grade, comme le grommelait M. Rilon.
C'est qu'il avait une course urgente à faire. C'éta it pour cette raison qu'il était même revenu à deux heures moins le quart au lieu d'attendre le dernier coup de deux heures.
Des documents importants à réunir et à emporter san s délai.
Et Cyrille qui... Ah çà !... Où était-il, à la fin !
Il se mit à appeler d'une voix suraiguë :
— Cyrille !... Cyrille !...
Pas de réponse. Il parcourut les pièces, entrouvrit la porte du cabinet de M. Champloux.
— Oh !... fit-il, sans plus.
Il restait médusé.
On eût dit qu'un ouragan était passé par là. Un dés ordre inimaginable, à faire dresser les cheveux sur la tête d'un homme au ssi méthodique que l'exemplaire M. Rilon.
Des cartons en piles, sur le sol... Ouverts... Reto urnés... Papiers épars, pêle-mêle... On avait vidé un meuble de dimensions fort respectables, qui tenait tout le fond de la pièce.
Le premier clerc se passa la main sur le front.
Il revint machinalement dans l'antichambre. Et là, il appela encore :
— Cyrille !... Bon sang !... Cyrille !...
Ce fut alors qu'il entendit un vague gémissement étouffé.
Saisi, il pivota sur les talons. Une sueur commença it à perler sur son front. À la vérité, ce n'était pas un héros que cet homme, e t il sentait s'entrechoquer ses mâchoires.
Pourtant, toujours personne... Alors ?
Le gémissement se répéta, plus prolongé.
— Est-ce que ?... Oui... Cela provient du placard !
Il rassembla tout le courage qu'il était encore cap able de manifester, et se dirigea vers l'endroit où les employés rangeaient l eurs vêtements, il ouvrit :
— Hein ? Est-ce qu'il... il...
Mais oui, il était là !
Sur le sol, Cyrille plié en deux, ligoté, bâillonné , les genoux à hauteur du menton !
M. Rilon aspira fortement l'air et réussit à traîne r Cyrille jusqu'au milieu de la pièce. Il le contempla stupidement.
À ce moment s'ouvrit la porte du grand bureau, et l es sténodactylos apparurent toutes ensemble. Ce fut un grand cri d'a ngoisse multiplié par quatre.
M. Rilon était penché sur le garçon et tentait de le débarrasser de ses liens.
Il semblait aussi affolé que les jeunes filles, mai s, en leur présence, il comprit que sa dignité lui imposait de paraître cal me et de sang-froid.
Il se redressa, les toisa majestueusement :
— Mesdemoiselles !... Au travail !... Je m'occupera i moi-même de cette affaire... Cyrille expliquera.
Mais le malheureux était bien incapable de donner d es éclaircissements ! À demi asphyxié, il avait besoin de soins pressés et multiples.
À côté, on entendait chuchoter les employées.
« Et Maître Champloux qui va arriver, songeait Rilo n. Et mon rendez-vous qui attend !... »
Le notaire fit son apparition vers deux heures et d emie.
Le premier clerc avait téléphoné aux clients qui l' attendaient et fourni un prétexte plausible pour retarder sa visite.
Il avait mené Cyrille dans son propre bureau. Le ga rçon, affalé dans le fauteuil, les jambes allongées, continuait de dodel iner de la tête et de regarder son sauveur d'un œil absent.
Maître Champloux avait déjà appris par son personne l qu'il était arrivé quelque chose à Cyrille. Il passa donc chez Rilon a vant de pénétrer dans son cabinet de travail particulier.
Mais quand Rilon toucha deux mots du désordre entre vu, le tabellion se précipita comme un dément. Il...