Séjour clandestin

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Un étrange individu qui débarque clandestinement en France, un facteur abattu par deux malfrats devant la porte d’une famille sans histoire, un homme qui profite de la stupéfaction de tous pour s’échapper de la demeure, un chien joueur et un paquet provenant d’Afrique du Sud...


Le détective Yves MICHELOT va devoir démêler, au risque de sa vie, cet écheveau afin de trouver la solution de cette énigmatique affaire...


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EAN13 9782373478914
Langue Français

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Yves MICHELOT,
Détective
SÉJOUR CLANDESTIN
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
ARRIVÉE SECRÈTE
L'avion apparut soudain hors de la brume qui couvra it la Manche. Il volait assez bas. Il passa au-dessus du petit village côti er de Barnes et disparut au-delà d'un rideau d'arbres.
Personne n'y fit attention.
Il y avait beaucoup d'appareils qui ronronnaient qu otidiennement, en raison de la proximité d'un aérodrome. Et c'était bien sur cette circonstance que tablait le pilote.
Le terrain choisi pour l'atterrissage semblait offr ir une surface propice, mais, à la dernière seconde, un sillon imprévu bloqua une roue, qui se brisa net.
L'avion se déséquilibra. Il culbuta sur le dos. Le pilote fut vidé de la carlingue, mais sans aucun mal. Il se releva, couru t à l'appareil, arracha une couverture de toile épaisse qui recouvrait un baque t, juste derrière sa place. Ce n'était pas un avion de tout dernier modèle.
Un homme apparut, les vêtements fripés, les cheveux en désordre, mais un large sourire aux lèvres.
— Comment te sens-tu, Bob ? demanda anxieusement l'aviateur.
— O.K., mon vieux... Mais alors, quelles crampes au x jambes !
Le dénommé Bob redressa un chapeau de feutre passab lement maltraité et l'enfonça sur sa tête.
— Alors, file !... lança l'autre. On a dû s'apercev oir de mon atterrissage. Il ne faut pas que l'on sache que j'avais un passager !
Bob mit le conseil à profit. Il prit sa course vers le petit bois assez proche. Il était temps. Des paysans apparaissaient et se hâtai ent vers l'oiseau à moteur.
Moins d'une heure plus tard, les journaux londonien s apprenaient que le fameux Dick Cavin, recordman aérien, venait de réus sir, à la suite d'un pari, un raid Afrique du Sud-Angleterre, à bord d'un apparei l démodé, sans autre avarie qu'un atterrissage forcé dans une prairie du Sussex .
Mais personne ne pouvait se douter que Bob Hurst av ait voyagé clandestinement et qu'il se trouvait en Grande-Bret agne, alors que sa famille le supposait en excursion de chasse, dans la brousse, en Rhodésie.
Ce n'était évidemment pas la première fois que Bob venait à Londres. Mais, lors de ses précédents voyages, accomplis par le pa quebot, il avait mené la vie
luxueuse des riches coloniaux en déplacement dans l a métropole.
Aujourd'hui, lorsque le petit train local de Barnes le déposa à la bifurcation qui devait le mener à la capitale, il était décidé à se perdre dans la foule anonyme.
Il choisit une vieille maison dans le quartier ouvr ier, donna le nom de Hart et paya une semaine d'avance, car il n'avait pas de ba gages.
— J'arrive de la campagne, dit-il, sans plus.
Sa logeuse, dépitée, car elle était curieuse, const ata néanmoins que ce locataire, les jours suivants, se montrait convenab le et tranquille.
Cependant, si elle avait pu espionner le jeune homm e quand il s'enfermait dans la chambre, elle eût été fort intriguée. Il pa ssait son temps à copier des adresses dans un bottin. C'était le nom de « Shanno n » qui l'intéressait particulièrement. Il en avait recueilli vingt-deux exactement.
Avec une patience aussi étrange que persévérante, i l entreprit de rendre visite à chacun d'eux, sous les prétextes les plus divers. Le soir, rentré chez lui, il effaçait une ou plusieurs lignes de sa liste et repartait, dès le lendemain, avec la même inlassable obstination.
Au bout de douze jours, il se trouva derrière le pa villon de Webster Shannon, à Wimbledon, une banlieue londonie nne. La veille, il avait passé la moitié de la nuit à guetter une autre fami lle Shannon, à l'autre bout de Londres.
Il était rentré exténué, il avait dormi une partie de la journée...
Actuellement, il récapitulait dans sa mémoire les q uelques renseignements glanés au sujet de ce Webster Shannon. Une femme de ménage l'avait informé, croyant avoir affaire à un agent d'assurances :
— Il y a le père et la fille. Ils travaillent tous deux, ils ne rentrent que vers six heures.
Bob avait fait mine de s'éloigner. Il revint furtiv ement, il ne pouvait attendre six heures. Il lui fallait agir tout de suite, le temps dont il disposait était fort limité.
D'un seul coup, il escalada le mur du jardinet, pas sa inaperçu des voisins, grâce à des massifs derrière lesquels il s'abritait, et atteignit la fenêtre.
Dans sa poche, un gros revolver faisait une bosse. Bob, après un regard farouche autour de lui, se courba, écoutant intensé ment. Il savait que la femme de ménage était partie.
À l'aide d'un couteau, il força la fenêtre. Quelque s secondes plus tard, il se trouva dans une cuisine. Silencieusement, il passa dans un petit vestibule, comprit qu'il avait atteint le devant de la maison en pénétrant dans un salon.
Bob allait traverser la pièce lorsqu'il lui sembla entendre un bruit proche.
Il resta immobile et raidi, les sens en alerte.
Aucune erreur possible : on marchait dans le jardin !... La femme de ménage était donc revenue ?
Il bondit dans le vestibule. Se cacher... À tout pr ix. Il repéra un placard s'ouvrant sous l'escalier. Il plongea parmi les vêt ements, juste au moment où une clef fouillait la serrure de la porte d'entrée.
Des...