Une affaire bien menée

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Le célèbre détective Gaston CERVIER et son jeune auxiliaire Jean TIXIER se lancent sur la piste de dangereux malfaiteurs qui, la nuit, au bois de Vincennes, agressent et dévalisent les promeneurs attardés en les étranglant avec un foulard.


Gaston CERVIER décide de faire l’appât dans les allées du bois sans se douter que les aigrefins sont au service d’un redoutable bandit auquel le détective a déjà été confronté par le passé...


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EAN13 9782373477719
Langue Français

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AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 9 *
UNE AFFAIRE BIEN MENÉE
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
SÉRIE D'ATTAQUES NOCTURNES
Pendant près de quinze jours, Gaston Cervier n'eut à s'occuper d'aucune affaire. Cette oisiveté commençait à lui peser, qua nd un matin, il lut dans les journaux :
« Depuis trois jours, des attaques nocturnes se pro duisent toutes les nuits dans le Bois de Vincennes. Les promeneurs attardés sont assassinés. Et c'est généralement aux environs du lac que se pr oduisent ces attentats. Des misérables, cachés dans les taillis, guettent l es passants, bondissent sur eux comme des fauves et les étranglent au moyen d'une corde ou d'un foulard, quand ils ne les tuent pas à coups de couteau. Les gardes du Bois, secondés par quelques agents, font des rondes fréqu entes, mais, jusqu'à présent, ils ne sont point parvenus à découvrir les malfaiteurs. Ceux-ci sont d'une habileté rare et disparaissent après avoir dé valisé leurs victimes. Ils poussent même l'audace jusqu'à s'attaquer aux autom obilistes. Ils se postent au milieu de la route et quand les conducte urs ralentissent pour ne pas les écraser, ils sautent sur les marchepieds et le revolver à la main exigent que les voyageurs leur remettent bijoux ou billets. Cette bande, qui sème la terreur dans le Bois, opère quelquefois prè s de Fontenay et l'on suppose que c'est là qu'ils se réunissent, car on a signalé de ce côté des individus suspects qui se dispersent rapidement dès qu'ils aperçoivent les agents. »
Quand Jean arriva, le détective lui tendit le journ al.
— Tiens, lis, dit-il.
— Ces malfaiteurs-là, fit Jean, lorsqu'il eut lu l' article, me semblent joliment audacieux, mais ce qui m'étonne, c'est que les gard es du Bois et les agents ne soient point parvenus à les dépister.
— Parbleu ! c'est bien simple, dès qu'ils voient de s uniformes, ils évitent de se montrer. Ils n'attaquent que les promeneurs.
— Des promeneurs, il ne doit plus y en avoir beauco up à présent. Les gens doivent se méfier et ne doivent plus, le soir, alle r prendre l'air dans le Bois. Auriez-vous l'intention de vous occuper de cette affaire ?
— Oui, elle m'intéresse, car je suis persuadé que n ous allons avoir affaire à
une bande qui est peut-être aussi dangereuse que ce lle des« As de carreau » ou des« Cravates vertes ».
— Alors, qu'allez-vous faire ?
— Ce que je vais faire ? Parbleu ! je vais tâcher d 'arrêter quelques-uns de ces gaillards-là. Lorsque j'en tiendrai deux ou tro is, je dénicherai sans doute le reste de la bande.
— Mais comment allez-vous donc vous y prendre ?
— D'une façon bien simple. Je vais me faire attaque r.
— Oh ! c'est grave cela...
— Non, pas tant que tu crois. Les gens sur lesquels se précipitent ces bandits perdent la tête pour la plupart, mais un po licier a plus de sang-froid. J'aurai mes deux mains dans mes poches et je me pro mènerai bien tranquillement en fumant ma pipe. Rossignol et deux autres agents se dissimuleront le long de l'allée où je passerai. Dè s qu'un malfaiteur se jettera sur moi, je ferai feu sur lui sans tirer mon revolver d e ma poche.
— Et comment cela ?
— Parbleu ! en tirant sur lui à travers ma poche. J 'en serai quitte pour un trou à mon veston. C'est toujours ainsi que procède nt les policiers américains, l'agresseur qui vous observe ne peut se douter que l'on tirera sur lui sans montrer un revolver.
— Il est à craindre que plusieurs individus ne se j ettent sur vous à la fois.
— Non... Ces gaillards-là ne se jettent jamais à plusieurs sur un promeneur.
— Et quand commencez-vous votre enquête ?
— Dès ce soir.
— Eh bien ! je vous accompagnerai.
— Tu y tiens ?
— Parbleu ! il ne manquerait plus que je vous laiss e vous exposer seul. Est-ce que je ne dois pas prendre part à toutes les exp éditions que vous entreprenez. Soyez tranquille, je ne me laisserai p as étrangler par les rôdeurs du Bois de Vincennes.
Gaston Cervier sourit.
— Soit, dit-il, tu m'accompagneras. Je vais préveni r Rossignol et lui dire d'amener avec lui deux de ses camarades. Nous parti rons d'ici à cinq heures de l'après-midi.
— Cinq heures, c'est bien tôt.
— Non, il faut que nous arrivions longtemps avant l a tombée de la nuit, car j'ai besoin de repérer les endroits où se tiennent habituellement les malfaiteurs.
II
Un « indicateur » inattendu
Albert, le domestique, venait d'entrer dans la pièc e.
— Patron, dit-il, il y a un individu bizarre qui pa sse et repasse devant la maison.
— Ah !
Et le détective s'approchant de la fenêtre regarda à travers le rideau de tulle.
— Oui, je le vois, dit-il. Ah ! voilà qu'il se dirige vers la grille.
À ce moment, un coup de sonnette retentit.
— Tiens ! quel peut bien être ce visiteur ? Va lui ouvrir, Albert.
Le domestique sortit aussitôt.
Gaston Cervier s'assit à sa table, posa son revolve r sous des journaux et dit à Jean :
— Tiens-toi derrière le bureau à étagère qui se tro uve au fond de la pièce et ouvre l'œil.
— Soyez tranquille, je veille.
Albert introduisit le visiteur. Il ne payait guère de mine. Il était pauvrement vêtu et d'une saleté repoussante.
— Bonjour, monsieur, dit-il en s'inclinant.
— Bonjour, répondit Gaston Cervier, que désirez-vou s ?
— Voici, je suis venu vous apporter un renseignemen t.
— Un renseignement ?
— Oui, monsieur.
— Ah ! eh bien parlez...
L'homme roulait sa casquette entre ses doigts. Il s emblait hésiter.
— Eh bien ! fit le détective en le regardant fixeme nt, je vous écoute.
— C'est que... je vais vous dire, monsieur... Je n' ai pas l'intention de vous donner pour rien le renseignement que je vous apporte.
— Oui, vous voulez être payé ?
— Dame ! c'est assez naturel, s'pas ? Moi j'risque gros en venant chez vous,