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L'Affaire Suzy Zappa

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Description

Lors d’une conférence qu’il donne sur la Bretagne en Italie, Gwenn Rosmadec croise les pas de Suzy Zappa. Cette Lombarde est depuis longtemps fascinée par l’île de Sein sans comprendre pourquoi. Elle charge Gwenn de chercher d’éventuels descendants de sa famille dans le Finistère.


Des Zappa, il y en a ; mais ils portent depuis le temps des croisades un très lourd secret que convoitent le Vatican, les Salafistes saoudiens et la mafia romaine. C’est en cherchant cette famille que Gwenn, à son tour, va être confronté, bien malgré lui, à ces ennemis implacables. La traque le mènera des rives du lac de Côme aux routes enneigées de la Colombie Britannique en passant par Quimper, le Sinaï et l’île de Sein.


Ces malfrats ont oublié un détail : comme le dit Soazic, son épouse, « on ne s’attaque pas à Gwenn Rosmadec ! »

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Nombre de lectures 33
EAN13 9782374535364
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Présentation
Lors d’une conférence qu’il donne sur la Bretagne en Italie, Gwenn Rosmadec croise les pas de Suzy Zappa. Cette Lombarde est depuis longtemps fascinée par l’île de Sein sans comprendre pourquoi. Elle charge Gwenn de chercher d’éventuels descendants de sa famille dans le Finistère. Des Zappa, il y en a ; mais ils portent depuis le temps des croisades un très lourd secret que convoitent le Vatican, les Salafistes saoudiens et la mafia romaine. C’est en cherchant cette famille que Gwenn, à son tour, va être confronté, bien malgré lui, à ces ennemis implacables. La traque le mènera des rives du lac de Côme aux routes enneigées de la Colombie Britannique en passant par Quimper, le Sinaï et l’île de Sein. Ces malfrats ont oublié un détail : comme le dit Soazic, son épouse, « on ne s’attaque pas à Gwenn Rosmadec ! » ***
Comme beaucoup de Bretons, Alex Nicol a longtemps été un « expatrié ». La Bretagne, de ce fait, était un lieu magique, un fantasme d’autant plus rêvé qu’elle
était difficile à atteindre. Et lorsqu’à quarante-cinq ans il a enfin pu poser son ancre sur la terre de ses ancêtres, il a mesuré à quel point vivre sur cette terre était un grand bonheur. Après une carrière de chef d’établissements scolaires aux quatre coins du globe, il a envisagé de créer un cabinet d’écrivain public. Puis très rapidement l’idée d’écrire des romans s’est imposée. Il crée le personnage de Gwenn Rosmadec, Breton expatrié qui revient sur ses terres et va les célébrer. Profondément épris de son pays, de sa culture et de ses traditions, Gwenn Rosmadec, la quarantaine, roux, d’allure sportive, est Bigouden de cœur, et Quimpérois de racines. Ancien journaliste, il aspire à la paix, et pose ses valises à Sainte-Marine, petit port cornouaillais niché entre la forêt et l’Atlantique, en bordure de l’Odet. Il y développe une activité d’écrivain public... C'est ainsi que nait la série de romans policiersEnquêtes en Bretagne, dont voici le seizième opus. Alex Nicol a coutume de dire que le premier héros de ses romans c’est la Bretagne. La Bretagne et sa grande beauté, qui accompagne chacune des enquêtes de Gwenn Rosmadec et emporte le lecteur dans un parcours vivifiant, au son des cornemuses et du bruit du ressac. Et le résultat final, c’est un chant d’amour de la Bretagne partagé par beaucoup de ses lecteurs.
L'affàire Suzy Zàppà
Alex Nicol
38, RUE DU POLAR
Cette histoire n’aurait pas pu être écrite sans la gentillesse et l’aide d’amis français et italiens, installés autour du lac de Côme.
Ce roman leur est dédié.
Marie-France et Rino, Francesca et Zoran Michèle et Roberto, Rosa, Rosanna, Deborah, Chiara, Gianfranco, Marie Bo et Suzy
Prologue
Août 1191. La colonne de cinquante cavaliers cheminait au milieu de cet infect désert de roches, de sable et de vent. Le Sinaï ! Terre promise et terre aride ! Le soleil ardent frappait ses rayons sur les heaumes et faisait scintiller les fers des lances. Les chevaux allaient au pas, trop fatigués pour accélérer l’allure. En tête de convoi, le comte Hugo de Neuchâtel scrutait l’horizon. Il en avait fait du chemin depuis qu’il avait quitté sa Suisse natale pour s’engager sur les routes chaotiques de la croisade. Il en avait connu des combats et des conquêtes. Celle dont il resterait le plus fier s’était déroulée un mois plus tôt : aux côtés de Robert de Sablé, grand maître de l’ordre des Templiers, il s’était rué à l’assaut des remparts de Saint Jean d’Acre et avait vaincu les troupes ennemies. Hugo est un passionné et un mystique. La croisade représentait pour lui le retour aux valeurs de la chrétienté : amour, compassion, respect, pardon… Il fut parmi les premiers à rejoindre ce nouvel ordre de chevalerie, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, au sein duquel il donnait de son temps pour soigner et aider les malades et les pauvres que la croisade avait attirés comme un aimant sur les chemins de l’orient mythique. Un nuage de poussière au lointain attira son regard. Se tournant vers son écuyer, Ulrich Zappa, il déclara : — Ce doit être l’éclaireur qui revient ! Ulrich leva le bras pour mettre sa main en visière : — Probablement Monseigneur. Il a dû trouver le monastère ! De fait un cavalier légèrement équipé arrivait à bride abattue. Il ralentit la course de son cheval et s’arrêta devant Hugo qui fit faire halte à la colonne : — Alors ? fit le chevalier. — Je l’ai trouvé Monseigneur. Il est bâti à flanc de montagne un peu plus loin à l’ouest. — Combien de temps ? demanda le comte. — À peine deux heures, répondit le cavalier. Un sourire traversa la barbe fournie du chevalier. Enfin ! Le monastère Sainte Catherine qui abritait le buisson-ardent était proche. Après avoir guerroyé, tué, assassiné, décapité, Hugo avait ressenti le besoin de se replier dans un lieu propice à la prière et avait informé ses compagnons de lutte qu’il partait en pèlerinage dans le désert. Son statut de Chevalier de l’ordre de Saint Jean l’autorisait à ôter la vie des mécréants pour protéger les terres du Christ et celles de l’Église. Pourtant, cela ne lui avait jamais convenu. Les morts accumulés aux pieds des remparts d’Acre lui avaient curieusement donné la nausée et il avait souhaité prendre du recul et prier. Prier pour se retrouver lui-même, prier pour solliciter le pardon pour toutes ces vies qu’il avait prises. Et avec cinquante hommes de sa garde personnelle, il avait pris la route du sud vers ce domaine des moines, protégé de l’Église et de Mahomet. La colonne se remit en marche. Les hommes de tête avaient entendu la conversation et fait passer le message. Un vent d’espoir caressa les cœurs meurtris par ces années de guerre. Même les chevaux semblaient percevoir la proximité de la destination.
Ulrich plissa les yeux. Il lui semblait percevoir quelque chose au fond de cet étroit passage entre deux montagnes de roches roses. Oui ! Une zone verte ! Une oasis ! Des arbres dans le désert ! Ils y étaient ! Ils avaient réussi. Inconsciemment il resserra l’étreinte de ses jambes autour des flancs de son cheval qui augmenta l’allure. Les autres en firent autant et bientôt, toute la colonne s’avançait au petit trot dans le défilé, soulevant des nuées de poussières fines. Un dernier effort les mena au pied de la construction massive qui se dissimulait dans les couleurs de la montagne. Hugo s’avança seul et leva haut l’oriflamme blanche frappée de la croix rouge. Du haut du mur d’enceinte, un homme observait la scène. Simplement vêtu d’une aube de coton blanc, c’était un moine résident. Il s’adressa en latin à son visiteur qui lui répondit dans la même langue : — Bienvenue au monastère si vous venez en paix ! — Merci, honorable, je suis Hugo de Neuchâtel et je viens en pèlerinage. Le moine disparut du rempart et quelques instants plus tard, la lourde porte d’accès s’ouvrait, laissant le passage aux cinquante cavaliers. Une large cour accueillit la petite troupe. En son centre, de l’eau fraîche coulait dans la grande vasque de pierre d’une fontaine. Un dignitaire s’avança vers eux en s’aidant de sa canne. Quelques moines le suivaient à distance respectueuse. Hugo comprit qu’il avait affaire au supérieur du monastère. Il posa son épée à terre, s’agenouilla et baissa la tête en signe de soumission. Le vieillard s’approcha de lui et posa sa paume sur le front du chevalier : — Viens en paix mon fils ! Toi et tous tes amis ! Nous allons vous restaurer et vous montrer où rentrer vos chevaux. Ensuite vous pourrez vous reposer. * Hugo pensait faire retraite une semaine. C’est plus d’un mois que son séjour dura. Entre-temps, il avait renvoyé la moitié de son escorte vers Jérusalem et se partageait entre la prière, la contemplation et les promenades dans le désert. Ulrich, qui avait été entraîné dans l’aventure tant pour ses qualités de pourfendeur que celles d’économe de la troupe, s’était intéressé aux manuscrits de la bibliothèque. Il avait vite sympathisé avec le bibliothécaire qui appréciait sa grande culture et sa connaissance des manuscrits anciens. Ulrich était fasciné : l’atmosphère sèche du Sinaï avait soigneusement préservé les parchemins rangés dans des alvéoles et sur des étagères. On y trouvait toutes les langues de la région : grec, arabe, copte, hébreu, syriaque, arménien, géorgien et bien entendu l’araméen, la langue que parlait le Christ. Les échanges entre les deux experts donnaient lieu à des joutes verbales passionnées, mais respectueuses, chacun apprenant de l’autre pour le bienfait de tous. Chaque jour, le bibliothécaire présentait un ouvrage parcheminé à son nouvel ami. L’objet de leur discussion reposait alors sur la traduction la plus judicieuse qui pouvait être faite du texte en notant les erreurs que le copiste d’antan avait pu commettre et donc les supputations et les suppositions que cela impliquait dans la compréhension du document. Un matin, le moine prit un air mystérieux :
— Mon ami, je vais te montrer un parchemin dont seul le supérieur et moi avons connaissance. Ulrich ressentit tout l’honneur que le moine lui faisait et se prépara à une nouvelle joute verbale. Le moine ouvrit une armoire de laquelle il tira un coffret finement ciselé. Autour de son cou pendait une petite clé qu’il utilisa pour déverrouiller la boîte. Puis, précautionneusement, il en extrait une pile de feuillets couverts d’une écriture fine et soignée. C’était du grec ancien, langue qu’Ulrich maîtrisait. Le moine alluma une bougie pour éclairer le document et montra le nom du rédacteur. Ulrich traduisit mentalement : Isaac, fils de Barnabé. — De quel Barnabé s’agit-il demanda le Suisse songeur. Ne serait-ce pas celui qui… Il n’osa pas finir sa phrase tant le nom de Saint Barnabé était redouté au sein de l’église. Le moine ne répondit pas, mais acquiesça d’un hochement de tête. Ulrich feuilleta les feuillets de cuir et parcourut rapidement certains passages. La conclusion lui sauta au visage. C’était bien un évangile. Apocryphe, car non reconnu par l’Église, mais surtout une véritable bombe qui pouvait ébranler durablement le dogme érigé en vérité unique du Vatican. Fébrilement, il tourna les pages pour aller directement au chapitre concernant la mort du Christ en croix. Et il lui fallut se rendre à l’évidence. Si cet évangile n’était connu que de deux personnes c’était bien à cause de son contenu éminemment subversif. Ulrich était ému, profondément ému. Il remercia chaleureusement son ami de lui avoir fait découvrir un tel trésor. Le moine lui répondit d’un large sourire avant de remettre les feuillets dans la boîte et celle-ci dans l’armoire. * L’aube pointait discrètement son aile sur les confins du désert lorsqu’Hugo, Ulrich et leurs compagnons quittèrent le monastère pour retourner sur leurs terres. Hugo était satisfait de son séjour. Son cœur avait perdu cette amertume qui l’alourdissait depuis des mois. Ulrich avait copié certains manuscrits avec l’accord du moine pour travailler les textes en son manoir des Grisons. Le supérieur leur avait donné des provisions pour la route et envoyé des moines en avant pour signaler le passage du comte et s’assurer qu’ils seraient partout bien traités. Lorsqu’ils parvinrent à Saint Jean d’Acre, un bateau les attendait qui leur permettrait de retrouver leur maison et cette vie qu’ils avaient quittée depuis si longtemps. * Le bibliothécaire retourna à ses occupations. Il devait maintenir les parchemins en bon état et s’assurer qu’aucune moisissure ne vienne les souiller. En ouvrant la porte de l’armoire, il sortit avec précaution la boîte sculptée et l’ouvrit. Horreur ! Elle était vide ! L’Évangile d’Isaac, fils de Barnabé avait disparu.
Chapitre 1
Gwenn Rosmadec reposa sa cornemuse. Il venait d’exercer ses talents de sonneur, mais aussi et surtout de conférencier dans une salle de la petite ville de Galbiate posée à quelques encablures du lac de Côme. Quelques mois auparavant, une amie bretonne mariée à un Italien, Marie France Kerfriant, l’avait contacté à son domicile à Sainte Marine, le petit port bigouden niché sur une rive de l’Odet. Elle présidait un club francophile en Lombardie et dans ce cadre organisait régulièrement des conférences. À ce titre elle souhaitait que Gwenn vienne parler de sa Bretagne et de son métier d’écrivain public. Il avait pris le temps de la réflexion puis accepté. Un saut en train jusqu’à Nantes, un bond aérien de Nantes à Milan et une balade en voiture l’avaient mené jusqu’aux rives de ce célèbre lac où il avait su charmer son auditoire. Il s’agissait pour la plupart de seniors éduqués qui, s’ils ne parlaient pas tous français, avaient le mérite de le comprendre. Pour illustrer ses propos, Gwenn avait projeté des diapos montrant des vieilles bigoudènes en coiffe, des bagads en défilé et de couples de sonneurs. Enfin il avait fait résonner les voûtes du petit théâtre en 1 jouant une suite d’andro . Les applaudissements venaient de s’éteindre lorsque Marie France, en maîtresse de cérémonie, présenta l’autre conférencière : — Voici Suzy Zappa. Cette Italienne a eu un jour un grand coup de cœur pour l’île de Sein à la pointe de la Bretagne au point d’y consacrer des recherches et de publier un livre,L’île de Sein, une virgule sur l’océan qu’elle pourra vous dédicacer tout à l’heure. Je lui laisse la parole. Un mouvement d’intérêt anima les spectateurs tandis qu’une image envahissait l’écran : le phare de la Vieille, posé au large de la Pointe du Raz, sentinelle avancée des Sénans. Suzy Zappa connaissait son sujet. Marie France, assise à côté du Breton, traduisait les données que la jeune femme présentait. Gwenn l’observa. De petite taille, elle avait su mettre en valeur ses formes discrètes par un choix vestimentaire élégant, mais subversif. Une touffe de cheveux blonds dépassait du petit chapeau de paille Borsalino qui coiffait son chef. Le visage, délicatement maquillé, laissait pétiller l’intelligence dans ses yeux bleus. Un tailleur sobre, d’une grande marque italienne, lui donnait une posture sculpturale, mais ce qui surprenait c’étaient ses bas ornés de petits pompons roses. Étonnant personnage, songea Gwenn.Et comment une Lombarde a-t-elle pu tomber amoureuse de l’île de Sein ? Gwenn en était de là de ses réflexions quand Marie France se leva pour rejoindre la conférencière et siffler l’heure de la fin. Le public se leva pour l’ovationner et s’approcha de la table où s’empilaient les exemplaires du livre. Gwenn fut également abordé par plusieurs personnes qui souhaitaient en savoir davantage sur la Bretagne et répondit à tous avec sa gentillesse coutumière. Peu à peu, les spectateurs prirent le chemin de la sortie laissant les organisateurs gérer la fin de la soirée. — Qu’y a-t-il au programme, maintenant ? demanda Gwenn à Marie France. — Nous allons prendre un apéritif dînatoire chez Francesca et Zoran qui font partie
du comité « Vive le français ». Prends ta cornemuse, je crois que ça va leur faire plaisir ! * La maison de leurs hôtes surplombait le lac où la douceur du soir caressait les ombres finissantes. Zoran, parfaitement francophone, les accueillit sur sa terrasse et Gwenn comprit très vite qu’un air de cornemuse comblerait pleinement les attentes de ses amis italiens. Il proposa donc de leur jouer une sérénade et prit un peu de recul pour entonner des vieilles mélodies écossaises et irlandaises. Les conversations s’étaient tues. Le charme, allié à la beauté du paysage, avait opéré une fois de plus. Et lorsque Gwenn laissa mourir la dernière note, il fut salué d’une salve d’applaudissements. Sur une table sur la terrasse, Francesca et ses filles s’étaient activées pour déposer des plats plus appétissants et colorés les uns que les autres. Deborah et Chiara, du club de professeurs de français, leur avaient prêté main-forte et ce fut avec un plaisir non dissimulé que Gwenn prit place sur la chaise qu’on lui désigna. Zoran aimait la bonne chère et s’y connaissait en vins italiens. Il fit goûter à son invité des blancs sélectionnés que le Breton apprécia à leur juste valeur. La conversation roulait autour de la table, mêlant la langue de Molière à celle de Dante, ponctuée d’éclats de rire qui traduisaient la bonne humeur générale. Zoran tint à ce que Gwenn goûte un verre de Grappa puis il lui offrit une petite dose de Slivovitz, un alcool de prune des Balkans. C’était rude, fort, à l’image du personnage solide, charpenté et de grande taille qui l’avait servi. Puis des groupes se formèrent, chacun discutant avec ses voisins. C’est alors que Suzy s’approcha de Gwenn. — Monsieur Rosmadec… — Appelez-moi Gwenn ! Sa réaction instinctive lui fit à l’instant se demander si ce n’était pas la beauté sulfureuse de l’Italienne ou les effets pervers de l’alcool qui en étaient à l’origine, mais il n’eut pas le temps de poursuivre ses réflexions. Suzy se pencha à son oreille : — Gwenn, je suis follement amoureuse de l’île de Sein… — On l’est tous, répondit le Breton, qui connaissait bien ce lieu unique. — Oui, bien sûr, mais chez moi c’est viscéral. C’est comme si j’avais déjà vécu en Bretagne dans une autre vie. Je ne parviens pas à me l’expliquer. En fait… La belle Italienne s’arrêta comme si quelque chose refrénait son besoin de se confier. Gwenn l’encouragea d’un : — Oui… Je vous écoute ! Cela dut la rassurer, car elle poursuivit : — Ce sont des rêves qui me hantent. Je vois un homme posé au bord de la mer devant une vieille chapelle. Il me regarde et me sourit puis il me fait signe d’avancer. — C’est un rêve récurrent ? demanda Gwenn. — Oui, répondit la jeune femme. Plusieurs fois par mois. Mais ce qui est étrange c’est le décor dans lequel cet homme évolue. — Expliquez-vous ! répliqua le Breton. — Eh bien, j’ignorais où il se trouvait jusqu’à ce que je découvre un reportage sur