L
39 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

L'énigme du yacht « L'Arabella »

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
39 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Lors d’une soirée entre amis pour fêter la distinction de l’inspecteur François PESSART, un invité lui demande de narrer à l’assistance l’enquête la plus intéressante que celui-ci ait menée de sa carrière.


Avec une certaine réticence, une grande nostalgie et beaucoup d’émotions, François PESSART finit par conter une aventure qui lui est arrivée alors qu’il était encore un novice.


À l’époque, pour mettre du beurre dans ses épinards, il accepta la proposition d’un riche Sud-Américain : voyager pendant un mois à travers le monde à bord de son luxueux yacht « L’Arabella » en se faisant passer pour son secrétaire afin de toujours garder un œil sur sa jeune et belle épouse neurasthénique aux tendances suicidaires...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9791070033104
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Inspecteur PESSART

- 3 -

L’ÉNIGME DU YACHT « L’ARABELLA »

De
Marcel PRIOLLET
* 1 *
Les souvenirs de l'inspecteur Pessart

On fêtait ce soir-là le ruban rouge de l'inspecteur principal Pessart.
La réunion avait lieu entre intimes, dans un vieux restaurant derrière l' Odéon, ce vieux Café Volnet, dont le nom évoque encore aujourd'hui aux nonagénaires, le souvenir de dîners fins savamment dosés, d'une bonne cave !
Le salon du premier, une salle blanc et or, aux portes rechampies d'or, disait assez bien l'intimité d'un ancien salon de province au dix-huitième siècle. Les glaces se tachaient d'étoiles verdâtres, les ressorts des fauteuils ne tenaient plus guère et le tapis rouge, qui depuis un demi-siècle avait été piétiné par d'anciennes folies, montrait sa trame.
Cependant la gaieté du lustre, des assiettes, des cristaux, animait cette ambiance morte d'un air de fête. On se sentait, là, plus à l'aise, plus intime que dans un grand restaurant des boulevards.
Il y avait là une vingtaine de personnes, environ, des collègues de l'inspecteur, des amis, des connaissances privées, entre autres, le célèbre détective-radiesthésique Claude Prince, le prince de Bergue, qui devait beaucoup à la sagacité des policiers et René Monge, le jeune diplomate dont la gratitude pour l'inspecteur n'avait pas de bornes.
Le repas fut fort gai. On parla de choses et d'autres et, comme au dessert, la conversation devenait générale, quelqu'un proposa :
Puisque notre sympathique ami est aujourd'hui à l'honneur, nous allons le mettre sur la sellette, c'est un peu son tour !
« M. Pessart, vous qui, durant votre carrière déjà longue, avez suivi tant d'enquêtes passionnantes, voulez-vous nous dire quelle est l'affaire qui vous a semblé la plus intéressante ?
L'inspecteur, qui élevait sa coupe de champagne, laissa retomber sa main. On entendit un léger heurt de cristal et, au même instant, la joviale figure du policier se rembrunit, une mélancolie inaccoutumée passa dans son regard.
Un silence suivit.
François Pessart dit enfin d'une voix grave et contenue dont l'accent de tristesse étonna tout le monde :
La demande de mon honorable collègue m'a un peu surpris. Un policier n'a pas à préférer telle ou telle affaire de sa carrière. Il n'est question pour nous que d'un devoir !... d'une mission à remplir.
Je vous en prie, cher ami, insista le prince de Bergue... Ce que vous voudrez bien nous raconter sera, j'en suis certain, le plus passionnant des romans.
Vous y tenez absolument ? s'enquit Pessart en interrogeant du regard les convives.
Bien sûr !... Oui !... Oui !... s'écria-t-on à la ronde.
Soit ! acquiesça l'inspecteur, en un soir comme celui-ci je n'ai rien à refuser à mes amis !... Ce que je vais vous conter est, à mon avis, l'histoire la plus passionnante que je connaisse !... Ce n'est pas, je vous en préviens tout de suite, une mission de service, mais un évènement extraordinaire auquel j'ai été mêlé presque à mon insu... j'avoue à ma honte que je n'ai pas été vainqueur dans l'aventure et que, ma foi, ma sagacité de policier a été mise en échec... en d'autres termes, j'ai été roulé comme un chapeau et pourquoi ne pas le dire, j'ai laissé un peu de mon cœur dans cette singulière affaire !... Oui, c'est entendu, par la suite, j'ai eu à débrouiller des énigmes difficiles... des drames troublants, des conspirations secrètes... J'ai presque toujours réussi à arrêter les assassins ou les coupables, mais jamais je n'ai été si bouleversé que lors de ma croisière à bord du yacht de plaisance « L'Arabella »... Ah ! c'est une bien vieille histoire ; j'avais vingt-cinq ans alors ! C'est loin !... Je n'y repense jamais sans me sentir des larmes aux coins des paupières !... Je viens de vous le dire, messieurs, un peu de mon cœur est resté dans cette aventure !
Il y eut un nouveau silence prolongé. Et dehors la pluie tombait avec un bruit triste sur les pavés de la place de l' Odéon. L'éclairage restreint du théâtre jetait une lumière glauque sur la chaussée luisante.
Ce n'était pas encore l'heure de la sortie, la place paraissait morte sous la lueur glacée des becs de gaz.
Comme l'inspecteur Pessart ne reprenait point la parole, on le harcela :
L'histoire... l'histoire... vous nous l'avez promise !
Voyons, mon cher, fit Claude Prince en tapant sur son verre, vous nous faites languir... chose promise, chose due !
« Une dernière tournée de champagne et on vous passe la parole !
Des coupes se tendirent, on acclama le nouveau légionnaire, puis, quand le tintamarre de ce dernier toast se fut enfin apaisé, l'inspecteur se rassit, parut regarder vers les régions invisibles, puis ayant coupé, puis allumé un cigare, commença :
* 3 *
À bord de « L'Arabella »
 
J'occupais toute la soirée à me chercher des effets convenables dans les établissements de nouveauté de la ville. Je trouvais ainsi, rue de la Chapelle, l'artère commerçante de l'endroit, trois complets qui me parurent merveilleux, l'un en flanelle blanche, le second en draperie grise, le...