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L'étrange mort d'Arthur Higgens

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Description

Bill DISLEY, le célèbre reporter-détective, est intrigué par un entrefilet dans le journal relatant l’arrivée d’un magnat du pétrole américain en Angleterre, pour échapper à des menaces pesant sur sa vie.


Bill DISLEY ayant eu affaire avec le « Roi du pétrole » deux ans auparavant, et surtout, avec Rosita, sa belle et jeune fille, il décide de se rendre dans le lieu de villégiature du riche industriel pour en savoir plus.


Il convainc le millionnaire d’accepter la présence de Jeff, son fidèle compagnon et ancien boxeur pour veiller à sa sécurité, mais le soir, l’homme est retrouvé mort dans son lit : crise cardiaque...


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Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782373475562
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVANT-PROPOS
Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas familiarisés avecBILL DISLEY et son existence trépidante de journaliste détective, nous rappelons que notre sympathique héros est le plus brillant reporter au« Star Express », grand quotidien londonien dontBOB, dit « le Gros Bob », est rédacteur en chef. L'habituel comparse de Bill estJEFF, ancien pickpocket notoire, géant à la compréhension lente, mais à la « droite » impeccable, dévoué corps et âme au journaliste qui le tira autrefois d'un mauvais pas. L'inspecteurMARTINdans la plupart des est, enquêtes, mêlé aux agissements de Bill. C'est un petit homme ponctuel, bourgeois et sévère, qui professe une grande amitié et une sorte d'admiration pour Bill, bien qu'il soit souvent heurté par la désinvolture avec laquelle notre reporter traite Scotland Yard, ses œuvres et ses pompes.
J.-A. FLANIGHAM.
I
UN ENTREFILET ÉTONNANT
— Non, sincèrement, Bob, de vous à moi, qu'est-ce q ue vous en pensez ?
Le rédacteur en chef haussa un épais sourcil brouss ailleux – toujours le même, le gauche, le droit restant parfaitement immu able et serein –, avant de répondre d'un ton affreusement las :
— Il y a longtemps, Bill, que je me suis résigné à ne jamais penser de la même façon que vous !
Le jeune reporter fixa le « chef » d'un regard crit ique avant de questionner, d'une voix suave :
— Serait-ce chez vous signe de profonde admiration, Bob, ou bien...
— Je serais navré de vous peiner, Bill, rétorqua l' autre toujours aussi placide.
Puis il se mit en mesure d'allumer religieusement u nCorona qu'il venait d'extraire de la poche de son veston.
Après un haussement d'épaules caractéristique, Bill reprit sa position première, face à la rue, mollement allongé sur un f auteuil, les deux pieds en équilibre sur la barre d'appui. Le journal qui avai t suscité son animation sur les genoux, le chapeau de guingois sur un côté du crâne .
Le rédacteur en chef émit un grognement et, se penc hant vers Bill, fit ironiquement remarquer :
— J'ai toujours admiré, sans la comprendre jamais, d'ailleurs, votre façon de travailler, Bill !
Bill, faisant pivoter son fauteuil, fit une brusque volte-face et, dans un soupir navré :
— J'aime l'animation des rues de Londres au printem ps, chef, et les femmes ont des chapeaux si adorablement ridicules, cette a nnée !
Bob eut un geste las :
— On dit ça tous les ans, mon vieux !
— Je sais bien ! fit Bill, dont le regard rêveur s' attardait là-bas sur une silhouette chapeautée de vert ardent, je sais bien ! Seulement, il est impossible que l'on si habitue vraiment !
Le doux regard de myope du « chef » tenta, du quatr ième étage, d'aller rejoindre au passage les détails de la rue, avant d e conclure de la même voix
sourdement ironique :
— C'est d'ailleurs le seul domaine dans lequel ma f emme, après vingt ans de mariage, puisse encore m'étonner : ses chapeaux au printemps !
— Elle ne désarme pas ?
— Elles ne désarment jamais !
La voix de Bob était lugubre. Il se gratta machinal ement la nuque avant de s'absorber dans une profonde rêverie.
Bill reprit le journal qui traînait sur ses genoux, considéra l'ensemble de la pièce, puis, visiblement dégoûté, fit à nouveau opé rer une volte-face à son fauteuil afin de reprendre sa position initiale, do s tourné au bureau, visage penché vers Bond Street. On entendait dans le lointain le cliquetis des machines à écrire de la salle de rédaction, les vocifération s d'un journaliste qui hurlait : « Allô, allô ! je n'entends rien du tout, mademoise lle... »
Bill haussa à nouveau les épaules et se plongea pou r la troisième fois sur l'entrefilet qui avait provoqué tout à l'heure son étonnement ; il relut à mi-voix :
« On annonce l'arrivée à Southampton du richissime Arthur Higgens qui est classé parmi l'une des plus grosses fortunes du mon de. Après vingt années d'absence, Arthur Higgens revient en Angleterre. Nu l n'ignore que sa colossale fortune naquit et prospéra en Californie où Higgens avait acheté des terrains qui se révélèrent, après prospection, riches en pétrole .
« Le roi du pétrole revient donc au pays natal, où il aurait acquis, dans le Sussex, une fort belle propriété.
« Est-il exact qu'Arthur Higgens chercherait à fuir l'Amérique pour des raisons assez mystérieuses ? »
Bill poussa un grognement et, se tournant d'un bloc vers le gros Bob :
— Dites donc, chef, quel est, de tous vos énergumèn es, l'imbécile qui a rédigé cet écho stupide ?
Bob prit le journal :
— Édition de 5 heures, murmura-t-il, il n'y avait q ue Persons et Hugues pour s'occuper de...
Bill décrocha le téléphone, hurla dans l'appareil :
— Est-ce que Persons est là ?
— ...
— Demandez-lui de passer à mon bureau !
Puis, se retournant vers le rédacteur en chef :
— J'ai reconnu son style après coup : il n'y a que Persons dans tout le« Star Express » pour s de maîtreécrire comme un cochon, avec ces sous-entendu chanteur...
Quelques instants après, un grand garçon maigre, ef flanqué, au visage parsemé de taches de rousseur, faisait son entrée.
Bill lui posa quelques questions auxquelles l'autre répondit avec une évidente mauvaise grâce.
— Dans quel journal américain as-tu piqué cette information ?
« Beautiful Ladies » !
— Bon ! tu peux filer !
Après son départ, Bob, hérissant à nouveau son sour cil gauche, se mit en mesure de questionner, de la même voix lointaine :
— Qu'est-ce qu'il dit ?
— Que l'on prétend, dans la lointaine Amérique, qu'une bande de gangsters cherche à s'en prendre à Higgens ou à sa fille : ra pt, rançon, tout le ba-ta-clan, quoi...
Il poussa un grognement, admira le reflet d'un rayo n de soleil sur l'extrémité de ses épaisses chaussures, toujours en équilibre s ur la barre d'appui, avant de poursuivre :
— Je me Rosita Higgens !
souviens
parfaitement
Rob poussa un véritable hurlement :
de
l'exquise
et
insup portable
— C'est donc cela ! Je croyais que c'était votre pa ssion pour le mystère qui vous reprenait : Pas du tout, artichaut, marguerite , courre-jupons, trottine-mesdames, satyre...
Il s'arrêta à bout de souffle, une lueur amusée dan s le regard :
— Vous connaissez la fille du roi du pétrole ?
Bill, rêveur, affirma d'un signe de tête, puis, faisant virer son fauteuil de bord, il plongea son regard dans celui du chef qui était aussi, et surtout, l'ami :
— Je l'ai rencontrée aux États-Unis, il y a deux an s ! En Floride exactement. Miami pour préciser. Elle était jolie comme toutes les filles de milliardaires américains, insupportable comme toutes les jolies f illes, elle était aussi...
Ses paupières se plissèrent :
— À vrai dire, elle m'a flanqué une paire de gifles consécutives à une réflexion ou à une attitude qui lui a déplu, mais l à n'est pas la question, Bob ! Pour qu'Higgens et sa fille viennent en Angleterre, il y a à cela d'impérieuses raisons, croyez-moi. Si j'affirme ceci, c'est parce qu'il me souvient avoir entendu Rosita proclamer son aversion pour le climat anglai s, pour les mœurs anglaises, la jeunesse anglaise...
— Sûr ! coupa Bob d'un ton ironique. Pour un peu qu e vous lui ayez affirmé être ce que l'on fait de mieux dans le genre, je la comprends aisément.
Bill daigna sourire à la facétie du patron avant de répondre :
— D'autre part, tous les intérêts d'Arthur Higgens étant en Amérique et le roi du pétrole ne sachant se passer de la fièvre de bus iness dans laquelle il vivait, je pencherais facilement pour l'opinion de Persons : le mystère, les gangsters...
Il se gratta la nuque :
— Évidemment, ça m'embête profondément de partager l'opinion de ce sinistre crétin, mais il a sans doute raison !
Il sortit un étui de sa poche, alluma distraitement une cigarette, cligna de l'œil, avant de confier à Bob, sur un ton de confid ences :
— Il se pourrait bien que, d'ici quelque temps, cer taine propriété du Sussex reçoive ma visite...
II
UNAMI DE JEUNESSE
ropriété, se murmuraPour une splendide propriété, c'est une splendide p Bill en faisant stopper Rosalie qui poussa un gémis sement.
Il avança lentement, méditant intérieurement, puis se décidant tout à coup, agita la poignée qui, au-dessus de l'entrée de serv ice, se fit entendre dans le pavillon proche réservé vraisemblablement au person nel.
Quelques instants après, du perron même de la propr iété, un jeune homme descendait, venait rapidement à la grille, question nait d'une voix sèche :
— Que désirez-vous ?
— Je suis une ancienne relation de Rosita Higgens q ue j'ai rencontrée il y a deux ans en Floride. J'ai appris l'arrivée de Mr Hi ggens et de sa fille et je suis venu leur présenter mes hommages.
Bill Disley tendit sa carte au jeune homme et, tout en évoquant Rosita, il se caressa machinalement la joue dans un geste rêveur, se demandant par ailleurs où il avait déjà rencontré ce jeune homme brun au regard gris.
— Mr Higgens ne reçoit pas, fit l'autre d'un ton ro gue. Je suis son secrétaire et j'ai l'ordre de faire respecter la consigne !
Un éclair passa dans le regard bleu de Bill, qui s'exclama :
— Allons, Doug ! Pas même pour ce vieux Bill ?
Le garçon aux yeux gris écarquilla son regard qui s 'appesantit quelques instants sur Bill, puis il s'exclama :
— Non ?...
Et son visage détendu souriait largement. Il tendit les mains à Bill dans un geste affectueux, et répéta, réjoui :
— Non...
— Mais oui, Doug, mais oui...
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