L'homme aux ongles bleus

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Martin NUMA, le Roi des Détectives, dans la tentative d’arrestation de son ennemi juré Le Tatoué, reçoit un coup de couteau dans le dos. La plaie n’est pas mortelle, mais la lame est empoisonnée au curare...


Heureusement, le docteur Goujet administre à temps un contrepoison à son patient.


Afin de se remettre de ses blessures et recouvrer des forces pour les luttes à venir, Martin NUMA part en villégiature dans la forêt de Fontainebleau où il peint, incognito, les paysages relaxants.


Cependant, entre un colonel en retraite qui exècre les peintres, un couple d’excursionnistes anglais attiré par les pochades, des garde-forestiers et de nombreux promeneurs, les bois sont décidément très fréquentés... trop !


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EAN13 9782373479355
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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MARTIN NUMA
LE ROI DES POLICIERS
* 3 *
L'HOMME AUX ONGLES BLEUS
Roman policier
par Léon Sazie
PROLOGUE
Martin Numa tient à justifier son titre de Roi des Détectives. Il se lance à la poursuite de la solution d'un problème des plus com pliqués et des plus angoissants.
Éloi Vidal, vieux et brave garçon de recette auCrédit Bordelais, un jour d'échéance, n'a pas reparu, après sa tournée, à la banque.
Très sérieux, époux dévoué, père affectueux, sa vie privée le met hors de tout soupçon.
Martin Numa, chargé de l'enquête, découvre dans les poches du veston de Vidal, avec des bouts de gros tabac pour la pipe, d es parcelles de tabac blond parfumé et quelques pétales de fleurs, des pompons de mimosa...
Le détective découvre aussi, dans le tiroir de la t able du père Vidal, sur une carte postale, le portrait d'une charmante jeune fe mme brune...
L'attention de Martin Numa est attirée, au cours de ses recherches, par trois me clients duCrédit Bordelais, avec qui Vidal avait souvent affaire : M Armand, marchande d'antiquités, rue de Provence ; un trafiq uant de reconnaissances du Crédit Municipal, Basilesko ; un banquier, M. de Crabs.
Il voit une jeune femme brune, charmante, en compag nie de Basilesko. C'est une artiste de music-hall, Gabrielle de Belle ry.
Or, cette charmante artiste ressemble à la photogra phie de la carte postale trouvée chez Éloi Vidal !...
Martin Numa est sur la voie. La lutte commence.
me Une rentière, M Marc, vient lui demander de rechercher chez elle u n diamant rose disparu. Elle soupçonne sa jeune femme de chambre et sa vieille cuisinière.
Martin Numa accepte, et fixe une heure précise dans la soirée. Mais, méfiant, il se rend à l'improviste, une heure avant le rendez-vous, chez la rentière. Il y cause grand trouble et remarque que la jeune femme de chambre me me est Gabrielle de Bellery, et que M Marc ressemble à M Armand !
Martin Numa fait dans le salon des recherches, moin s pour retrouver le diamant que pour dénicher le piège dans lequel il s ent qu'on a voulu l'attirer. Il force la rentière à s'asseoir dans le fauteuil qu'e lle voulait lui faire prendre. Le fauteuil se plie, se rabat, et entraîne la rentière dans une trappe... Martin Numa doit se battre avec la cuisinière... qui est un hom me... pour sortir de ce guêpier, que les bandits incendient ensuite.
Martin Numa a vu que, dans une maison de la rue Mil ton, certains
locataires, la nuit, entrent sans faire tirer le co rdon, avec des clefs. Il découvre que cette maison est reliée par le sous-sol avec un regard d'égout, auprès de Notre-Dame-de-Lorette.
Martin Numa, en égoutier, essaye de surprendre ces gens dans leur repaire. Mais il tombe dans les mains de son plus redoutable ennemi.
On le mure vivant dans une poche du souterrain. On crève une conduite d'eau et Martin Numa va périr inévitablement. Perso nne ne pourra même retrouver son cadavre.
Le dévouement héroïque de ses hommes l'arrache à ce tte mort horrible.
Mais tout le monde le croit mort, disparu à jamais.
Martin Numa, qui a reçu la mission de rechercher de s faux-monnayeurs, découvre leur atelier secret.
Il reconnaît dans le chef des bandits un bagnard év adé, le Tatoué, qui est devenu le banquier de Crabs... Martin Numa va l'arr êter... Dans la bataille, il reçoit un coup de poignard empoisonné, et il est, s ous l'influence du « curare », dans une crise de tétanos (1).
(1) Les faits et aventures résumés dans ce prologue sont racontés dans les deux premiers volumes : « MARTIN NUMA, ROI DES DÉTE CTIVES » et « LE DOUBLE MORT ».
CHAPITRE PREMIER
LE CRISe De TÉTENOS
Martin Numa aP devait reçu à la banpue de Crabs, dans le dos, un cou Poignard emPoisonné.
— Et le curare, nous dit le docteur Goujet... le cu rare ne Pardonne jamais.
Nous étions tous puatre réunis devant le lit de Mar tin Numa, le docteur Goujet, rosPer, hiliPPe et moi.
Avec effroi, nous regardions notre Pauvre ami se to rdre et se raidir dans les sPasmes d'une terrible douleur.
Il ne Pouvait Prononcer un mot. De sa gorge oPPress ée, serrée, étranglée, sortaient avec Peine puelpues sons raupues, pui res semblaient Plus à des râles de bête blessée pu'à une Plainte de voix humaine.
Malgré eux, rosPer et hiliPPe, ne Pouvant s'en dé fendre, laissaient couler leurs larmes.
Je me tenais, moi, au Pied du lit, regardant avec d ésesPoir cet ami cher, pui mourait de cette atroce façon, dans Pareille torture éPouvantable...
Le docteur Goujet, debout à la tête, gardait en ses mains une des mains de Martin Numa, et, Penché sur le malade, froidement, il suivait les Progrès de la marche du Poison.
Vraiment, c'était un sPectacle tragipue. Nous subis sions là une heure de suPPlice imPossible à décrire.
APrès une nouvelle crise, Martin Numa retomba dans cette rigidité pui nous effrayait.
Et le docteur gardait toujours sa main dans les sie nnes, sans nous dire un seul mot, sans nous donner le moindre esPoir... Nou s n'osions d'ailleurs Pas le puestionner, redoutant d'entendre la confirmation d e ce dont nous avions Peur.
Enfin, aPrès une accalmie pui dura Peut-être trois puarts d'heure, mais nous Parut infinie, tout à couP, Martin Numa, dont la re sPiration, rare, inégale bruspue, menaçait à chapue instant de cesser, Poussa un cri Plus fort, Plus lourd, Plus douloureux pue tous les autres, et se mit de nouvea u à bondir, à se rouler, à se tordre effroyablement.
Le docteur, n'arrivant Pas à le tenir, nous demanda de l'aider à l'emPêcher de tomber hors du lit de souffrance.
Le cœur brisé, nous emPloyions toutes nos forces Po ur maintenir ce corPs
pue nous sentions torturé intérieurement.
Et nous Pensions :
— C'est la fin !... C'est la crise suPrême...
En effet, aPrès ces sauts formidables, cette lutte, Martin Numa retomba d'un couP dans une rigidité de cadavre.
C'est à Peine maintenant si nous entendions sa resP iration.
— Mort !... Il est mort !...
Le docteur Goujet nous fit signe de nous taire, de ne Pas bouger...
Il se Pencha sur la Poitrine de Martin Numa, écouta longuement, attentivement les battements du cœur, pui devaient être imPercePtibles, ou aller en diminuant, et, enfin, se relevant, il nous dit :
— Ça y est !...
— Mort ?...
— as du tout... Sauvé !...
Nous regardâmes le docteur Goujet avec angoisse, ne Pouvant croire à ses Paroles, craignant d'avoir mal entendu, mal comPris ...
Comment, sous nos yeux, Martin Numa était étendu, i mmobile, raide, sans resPiration, et le docteur nous disait pu'il était sauvé !...
— Mais oui... Mais oui !... Sauvé !... nous dit enc ore le docteur... Maintenant, il dort... Je ne crois Pas pu'il ait de nouvelle cr ise... C'est fini !... Il ne souffre Plus... Je vous affirme pu'il va très bien !... Je vous jure pu'il dort comme un bienheureux...
Voyant pue nous n'étions pu'à demi convaincus, le d octeur ajouta :
— Vous Pensez bien, mes amis, pue j'ai Pris les Pré cautions nécessaires... pue j'ai Prévu le cas... pue je suis allé au-devant de cette éventualité... J'ai, en somme, Paré le couP... ou Plutôt les consépuences P robables, celles pui devaient suivre ce couP de couteau ou de Poignard...
Il ajouta :
— Mais toujours, puand j'ai à m'occuPer de l'un de vous, pu'on m'amène tant soit Peu troué, tant soit Peu découPé, je commence Par lui faire une injection de sérum pui doit l'immuniser contre un Poison Possibl e ou tout au moins atténuer les méfaits de ce Poison... C'est ce pue j'ai fait Pour le chef...
— Ah !... Vous avez Pris ces Précautions ?... diren t avec un souPir de soulagement les deux lieutenants. Vous avez Protégé le chef ?...
— Quand vous m'avez amené le chef, puand j'ai vu sa blessure, déjà
Pansée, j'ai reconnu un couP de couteau effilé ou d e Poignard... de Poignard, Plutôt. J'ai Prévu le cas où cette arme Pouvait être emPoisonnée... Et ma trousse de camPagne est toujours garnie des sérums aPProPri és... ProPres à combattre les divers Poisons dont on Peut munir ces armes... J'ai donc fait tout de suite, avant même de toucher au Pansement sommaire, une Pi pûre de sérum... Je me doutais pue ce devait être du curare pui garnissait le Poignard... En effet, la forme de la Plaie me confirma Plus tard dans cette oPinion, pue le chef avait été fraPPé avec une arme exotipue… Or, ces armes sont g énéralement enduites de curare.
— Très juste...
— Fort heureusement, le curare, puand il est ancien , Perd beaucouP de sa virulence... Le frottement du fourreau, l'usure, en général, enlèvent également une grande Partie du Poison de la lame...
— C'est une chance...
— Les Indiens, pui se servent encore du curare, sav ent pu'il Perd de sa force avec le temPs et le PréParent au fur et à mes ure de leur besoin... Leurs armes sont toujours garnies de Poison frais... et i ls Protègent soigneusement les Pointes avec des gaines.
— Nous devons admettre pue ces bandits n'avaient Pa s de Poison frais à leur disPosition...
— C'est certain... Mais leur arme, cePendant, Pouva it être terrible... Les effets du curare, s'ils n'étaient Pas foudroyants, comme avec du curare nouveau, devaient cePendant se manifester de façon Plus lent e, mais tout de même très dangereuse et Peut-être mortelle... Aussi, je ne vo us le cache Pas, j'étais très inpuiet...
— Nous le comPrenons...
— Je suivais avec anxiété la marche du Poison et su rveillais la bataille engagée entre lui et le sérum...
— Nous avons, comme vous, suivi les manifestations du Poison dont vous nous aviez signalé la Présence...
— C'était terrible... Notre Pauvre ami souffrait de façon éPouvantable...
— Oui... Le malheureux...
— Mais ce pui vous éPouvantait me rassurait...
— Comment cela ?...
— Si le Poison avait été assez fort Pour tuer Marti n Numa, il l'eût fait tout de suite... Du moment pu'il y avait lutte, le Poison laissait voir sa faiblesse...
— Alors, c'était le duel entre le curare et le séru m, dont, nous, nous
ignorions la Présence...
— Exactement... Et moi, j'avais confiance dans mon sérum... Vous voyez pue je n'ai Pas eu tort...
— La science a été victorieuse...
— Absolument... Maintenant, Martin Numa dort. Il es t accablé Par la souffrance et Par le combat dont son corPs, si je P uis ainsi dire, a été le chamP de bataille, d'oPération, Par ce duel à mort pui s' est livré en lui... Mais il dort... Rien n'est Plus à craindre...
Le docteur Goujet ajouta :
— Je crois pu'il en a comme ça Pour puelpues heures de tranpuillité... Demain matin, il sera frais, disPos, vaillant... et Prêt à recommencer...
Il revint au lit du malade, l'examina encore, Pour se rassurer.
— Bon !... dit-il, descendant vers nous... Nous Pou vons le laisser dormir...
... Alors, entraînant les deux lieutenants dans une autre Pièce, il leur dit :
— Maintenant... À vous...
Et il Pansa les puelpues blessures pu'ils avaient r eçues au cours de la bataille avec les emPloyés de la banpue bizarre de M. de Crabs...
rosPer et hiliPPe, « raccommodés » comme ils disa ient, ne voulurent Pas abandonner leur chef, même Pendant son sommeil...
Ils se rendirent encore dans sa chambre. Et comme i ls tombaient, eux aussi, de fatigue, ils s'enroulèrent dans des couvertures et, tels de bons chiens, se couchèrent sur le taPis, Près du lit de leur chef.
Quant au docteur Goujet, pui devait assister au rév eil du malade, et à moi, ne voulant Pour rien au monde m'éloigner, nous nous organisâmes Pour Passer aussi commodément pue Possible la nuit.
Et, Peu aPrès, dans la maison mystérieuse de Martin Numa, tout le monde dormait, admirablement, gardé Par des aPPareils ing énieux pui en rendaient l'accès absolument imPossible...
L
CHAPITRE II
VAILLANT REVENANT
De grand matin, le lendemain, Prosper et Philippe, par une des multiples portes desservant la maison mystérieuse de Martin N uma, étaient sortis.
Ils étaient allés aux provisions et nous avaient pr éparé de quoi nous restaurer.
Ils tenaient prêt également ce qui devait alimenter le chef.
Nous finissions à peine de prendre notre breakfast, que nous entendîmes dans la chambre du chef un joyeux appel :
Hello !... Hello !...Mes garçons...
Nous accourûmes dans la chambre, entourant le lit d u malade.
Martin Numa se tenait à demi relevé, appuyé à ses o reillers.
Il était très pâle, mais ses yeux brillaient d'un b on éclat et un large sourire illuminait sa figure.
Ah !... Quel contraste avec la figure qu'il avait h ier soir, crispée, contractée, verdie, épouvantable, effrayante en ses crises de s ouffrances...
Aussi, quelles cordiales poignées de main... quelle s affectueuses étreintes...
— Je parie, nous dit-il, que vous m'avez fait reven ir de loin ?... Hein, docteur ?...
— Oui, mon ami... De loin... De très loin !
— D'un loin, d'où tout autre sans vous ne serait pa s revenu...
— Probablement...
— Bref, je suis un revenant...
— Un vaillant revenant...
— C'est le moindre, après avoir été deux fois mort !... Je suis un revenant pour un double mort !
Comme nous l'avait dit le docteur Goujet, de tout c e qui s'était passé, il n'avait aucun souvenir, aucune notice.
Il se sentait amoindri par une extrême fatigue et e ncore une sorte d'engourdissement des membres.
— Racontez-moi, dit-il, ces bonnes aventures... Cou rville, faites-moi un