120 pages
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La Deuxième affaire Mortara

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Description

1858, Bologne, Italie. Un enfant juif est kidnappé par les autorités papales. C’est l'affaire Mortara. Un véritable scandale international. 2007, Montréal, Canada. Le fils adoptif, blanc, d’un couple homosexuel noir est enlevé à son domicile, sa baby-sitter battue à mort. A la recherche du petit Edgardo Mortara, sept ans, la police se lance aux trousses du NPNSC, le Nouveau parti national-social chrétien, groupuscule d’extrême droite, qui a revendiqué le rapt… A partir de la célèbre affaire Mortara, Nathaniel Thorne signe une enquête tendue, qui dénonce la xénophobie et l’extrémisme religieux. Truffé de références historico-politiques, un polar tendu, sobre, précis, réaliste comme un documentaire, qui porte un regard aiguisé sur les maux de nos sociétés.

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Date de parution 23 février 2012
Nombre de lectures 24
EAN13 9782748378290
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,006€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

La Deuxième affaire Mortara
Nathaniel Thorne La Deuxième affaire Mortara
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0117202.000.R.P.2011.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
À la famille Mortara À Louise Harel, une femme d’exception À Françoise David, une grande idéaliste assoiffée de justice Aux amoureux de la Culture
Chapitre premier 23 juin 1858, Bologne, Italie Ce jour-là, un groupe de policiers arrive en trombe à la porte de la demeure cossue d’une grande famille bolo-gnaise au-dessus de tout problème d’argent. Une famille juive vivant dans un pays foncièrement catholique. Le chef de famille ouvre alors la porte… — Vous êtes monsieur Mortara ? — C’est bien moi. — Avez-vous un fils prénommé Edgardo ? — Effectivement. — Nous savons que votre fils a été sérieusement ma-lade au point que sa mort a été envisagée. En conséquence, une sainte femme a baptisé votre rejeton afin de lui ouvrir l’accès au Paradis et lui éviter les Limbes sans oublier l’Enfer. De plus, elle en a informé les autorités. Sachez que malgré tout, je me sens dégueulasse. Je préfère de beaucoup avoir à affronter des centaines de gangsters plu-tôt que m’en prendre à un gamin de sept ans. Mais j’ai reçu l’ordre de quérir Edgardo, votre bien-aimé fils. — Un ordre de qui ? demande un Salomon Mortara fu-rieux. — Un ordre de très haut. — De qui ? — Du pape lui-même. À contrecœur, le fonctionnaire pontifical ordonne à ses hommes d’accomplir la tristissime besogne malgré les cris, les gémissements et les pleurs de la famille Mortara.
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Dans le plus grand désordre, les forces de l’ordre investis-sent la vaste demeure et la fouillent de fond en comble, au centimètre carré près. Ils parviennent finalement à s’emparer d’Edgardo et ils quittent les lieux. La famille Mortara ne reverra jamais plus ce fils. Le paternel sillonnera toute l’Europe avec l’énergie du désespoir alors que l’enfant sera très vite rebaptisé Pio. Quelques années plus tard, à l’âge de seize ans, il sera or-donné prêtre après avoir été endoctriné depuis le premier jour du rapt. Cette affaire prit des proportions tout à fait gigantes-ques. Toute la presse du monde dédia ses pages à Edgardo Mortara et à sa famille. Bien entendu, toutes les associa-tions juives firent des pressions sur Rome, mais Pie IX resta ferme : pas question de lâcher prise. Pour le pape, Dieu et l’Église sont au-dessus de toutes les lois civiles issues de tous les parlements du monde. Cette histoire est loin d’être unique. En effet, jusqu’à la e fin du XIX siècle, l’enlèvement d’enfants juifs par les autorités vaticanes afin de les convertir de force au catho-licisme était chose courante. L’affaire Mortara refit surface en 2000, lors du procès en béatification de Pie IX – déjà reconnu pour son ra-cisme, sa misogynie, son antisémitisme et son hostilité envers toute forme de liberté et de démocratie. Depuis cette date, en plus de tout ce qui précède, nous savons qu’à l’instar de ses prédécesseurs il était également un pontife kidnappeur. Le cas Mortara fut en quelque sorte une bougie d’allumage de l’antisémitisme moderne.
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