Les assassins fantômes

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48 pages
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Description

Rambouillet et ses alentours sont en proie à la terreur. Une bande de mystérieux voleurs n’hésite pas à assassiner qui se trouve sur son chemin.


C’est l’inspecteur Jacques BERTHON de la Sûreté de Paris qui est chargé du dossier.


Décidé à mener l’enquête incognito, le policier se présente en qualité de journaliste et rend visite aux premières victimes du gang, une famille marquée par le destin puisque le père, tailleur de profession, est paralytique, le fils quasi aveugle, et l’épouse boiteuse.


Seule Marthe, la fille, a été gâtée par mère Nature.


C’est d’ailleurs pour éblouir cette belle jeune femme que Jacques BERTHON va redoubler d’audace et de pugnacité sans se douter des risques auxquels il sera confronté...


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EAN13 9782373472622
Langue Français

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LES ASSASSINS FANTÔMES
Roman policier
par Georges GRISON
*1*
LA FAMILLE DU TAILLEUR
Au mois de septembre 19.. venait s'installer à Ramb ouillet, avenue de la Gare, un petit tailleur, arrivant, disait-il du Nor d. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, d'apparence solide, mais aff ligé d'une paralysie des jambes. Sa femme et son fils qui l'accompagnaient, avaient été obligés de le descendre du train et l'avaient traîné sur une voit ure de malade, à travers la ville, jusqu'au logement qu'il avait retenu à l'ava nce par lettre.
La femme, sans être aussi invalide que son mari, ét ait, elle, boiteuse de la jambe gauche. Le fils portait d'énormes lunettes bl eues et semblait avoir beaucoup de peine à se diriger dans les rues. Seule , une jeune fille de dix-huit à dix-neuf ans, le second enfant de ce ménage, était grande, bien faite et très appétissante avec l'opulente chevelure blonde qui l ui encadrait le visage.
Le tailleur déclara se nommer Pierre Deconinck. Sa femme s'appelait Clorinde et ses enfants Jean et Marthe. Il sollicit a la clientèle de la ville, promettant de satisfaire les plus exigeants.
En effet, les deux ou trois personnes qui se risquè rent à mettre son savoir-faire à l'épreuve furent excessivement contentes. L es étoffes étaient excellentes, la coupe très élégante et les prix tou t à fait modérés. Le bruit s'en répandit vite et bientôt les commandes affluèrent c hez Deconinck.
Il les exécutait avec une merveilleuse ponctualité. Installé toute la journée sur son établi, secondé par sa femme et son fils, i l allait vite en besogne. Quant à sa fille Marthe, qui était, elle, couturière, ell e trouva rapidement du travail chez les dames de Rambouillet. Elle prenait l'ouvrage ch ez elle où allait en journée, au gré des personnes qui voulaient bien l'employer. On commença par lui donner à faire des raccommodages. Elle s'en tira à merveille, transformant une vieille robe, de façon à la faire paraître presque neuve. Voyant cela, on se risqua à lui confier la confection des toilettes et on fut étonné et enchanté de son habileté.
— Elle a des doigts de fée, disaient les clientes.
Plusieurs jeunes gens de la ville essayèrent de lui faire la cour. Elle les repoussa sans brutalité, mais avec une fermeté qui les força de convenir qu'elle était la plus honnête fille qu'on pût rencontrer.
Tout allait donc pour le mieux. La famille du taill eur gagnait bien sa vie. Toute la journée était consacrée au travail. Le soi r venu, on plaçait le paralytique sur sa petite voiture et sa femme et son fils se re layaient pour le conduire jusque dans la campagne afin de lui faire prendre l'air.
Toute la ville considérait avec la plus grande symp athie ces bonnes gens.
Un événement imprévu vint encore augmenter l'estime et la considération qu'on avait pour eux.
En quittant son pays natal, un chef-lieu de canton des environs de Lille, M. Deconinck avait, disait-il, vendu son fonds. L'a cquéreur lui redevait encore quelque argent.
Un jour, il reçut par la poste un chèque de six cen ts francs sur la Société Générale. C'était le solde du prix de vente. Comme il lui fallait toucher lui-même ce chèque, on le hissa sur sa petite voiture et on le conduisit place Félix-Faure, au siège de la société.
Là, en considération de son état, on n'exigea pas q u'il descendît, et un employé vint à la porte, lui remettre les fonds con tre son acquit. Cela ne se fit pas sans qu'on le sût en ville. On en parla même be aucoup, à cause de la dérogation qui avait été consentie par le directeur, aux habitudes de la banque.
Or, voilà que, la nuit suivante, des cambrioleurs p énétrèrent dans la maison du tailleur, forcèrent les meubles et s'emparèrent, non seulement des six cents francs, mais encore de quelques économies que possé dait le pauvre ménage.
Cela fit un bruit énorme dans Rambouillet. Tout le monde plaignit le malheureux Deconinck, tombé tout à coup dans la détresse la plus complète. On fut d'autant plus indigné que les voleurs s'étaient adressés à un modeste travailleur. Certes, le vol est toujours infâme, ma is, dans le cas présent, il devenait cent fois plus odieux.
La gendarmerie ouvrit une enquête. Elle ne put obte nir que peu de renseignements. Deconinck déclara n'avoir rien vu r ien entendu. Son fils, sa femme et sa fille couchaient au premier étage et c'était dans la boutique, au rez-de-chaussée, que l'argent était placé. Les voleurs avaient opéré sans laisser la moindre trace.
Émues de pitié, plusieurs personnes voulurent ouvri r une souscription pour procurer au pauvre tailleur les moyens de renflouer son industrie. Deconinck s'y opposa et ne consentit qu'à accepter d'un gros négo ciant de la ville un prêt de deux cents francs, qu'il s'engagea à rembourser à r aison de cinquante francs par mois.
Ces paiements furent faits avec une stricte exactit ude et la réputation de la famille Deconinck en devint encore mieux établie.
Six mois se passèrent sans incident nouveau.
*2*
LES NUITS SANGLANTES
L'émotion causée par la mésaventure du petit taille ur commençait à être calmée, quand un nouvel exploit des malfaiteurs vin t mettre de nouveau Rambouillet en éveil.
Le 10 avril était le jour de versement du percepteu r et naturellement, à cette date, les fonds qu'il avait en caisse avaient une c ertaine importance.
Or, le 9 au soir, il était parti pour Paris où il é tait invité à un dîner. Il devait y passer la nuit et ne rentrer que le lendemain matin .
On avouera que l'occasion était bonne pour tenter u n vol.
Cela ne manqua point. Dans la nuit du 9 au 10, la p orte du bureau fut ouverte avec de fausses clefs, la caisse fut forcée et mise au pillage.
Mais les cambrioleurs, pour bien informés qu'ils fu ssent, ne savaient pas tout. Avant de partir, le percepteur, prudemment, a vait déposé à la recette particulière et son argent et ses pièces de comptab ilité, de façon à pouvoir effectuer son versement à son retour à Rambouillet. .. Les voleurs ne trouvèrent dans le coffre-fort qu'une trentaine de francs en m enue monnaie, dont vingt francs en centimes destinés aux appoints et qu'ils durent laisser n'en ayant que faire.
La tentative, quoiqu'ayant avorté, n'en avait pas m oins un caractère d'extrême gravité. De nouveau, la gendarmerie se mi t en mouvement, sans plus de succès. Personne n'avait rien vu, rien entendu. Les malfaiteurs avaient opéré avec une audace et une habileté incroyables.
Il y eut bien quelques racontars. Des gens prétenda ient avoir vu, vers minuit, une automobile arriver par la route de Paris, et re partir au bout d'une heure. Mais qu'est-ce que cela prouvait ? Et lors même que le fait eût été prouvé, en quoi cela pouvait-il servir l'enquête ? Tout au plu s, pouvait-on émettre l'hypothèse que les voleurs étaient des bandits ven us de Paris. Mais qui avait pu les renseigner ? Les plus proches voisins seuls ava ient vu le percepteur aller prendre le train. Et ils ignoraient où il allait et combien de temps il resterait absent. Il y avait bien M. Soleau, le greffier du t ribunal qui, invité également au dîner, avait été son compagnon de route. Mais, outr e que M. Soleau était au-dessus de tout soupçon, il ne l'avait pas quitté d' une minute et n'avait pu avertir me les cambrioleurs. M Soleau n'avait parlé à qui que ce soit du voyage d e son mari. Il n'y avait donc rien à chercher de ce côté.
Au bout de quelques jours, l'enquête fut close, fau te du moindre détail qui
pût servir de base.
Un nouveau vol, plus important et mieux réussi, ne tarda pas à attirer l'attention de la justice.
Cette fois, ce fut chez un négociant, M. Barcelon, celui-là même qui avait avancé à Deconinck l'argent nécessaire à la continu ation de son travail.
Un dimanche que toute la famille Barcelon était à l a campagne, on s'introduisit chez elle par le tuyau d'une cheminée de cuisine, et l'on ouvrit le coffre-fort qui contenait une dizaine de mille fran cs.
Le coup fait, les malfaiteurs étaient tranquillemen t partis par la porte du magasin qu'ils avaient ouverte de l'intérieur et qu 'ils avaient simplement tirée à eux en s'en allant.
Cette fois, on eut un témoignage, celui...