Quand sonnera minuit...

-

Livres
50 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Gaspard LANGEVIN, le célèbre policier aux multiples exploits, vient de subir le premier échec de sa carrière en ne mettant pas la main sur le sanglant terroriste Ali-Azouf.


Alors que le dossier est confié à ses collègues – et pourtant rivaux – Gargoulet et Mirador, il décide de prendre des congés pour se rendre à Marseille et poursuivre son enquête.


Bien déterminé à d’abord résoudre une autre affaire locale qui s’apprête à faire grand bruit, Gaspard LANGEVIN ne se doute pas qu’il s’engage dans une lutte sans merci au bout de laquelle une lente agonie lui est promise...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 1
EAN13 9782373474749
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
QUAND SONNERA MINUIT…
Roman policier
par Marcel PRIOLLET
AVANT-PROPOS
« Littérature Populaire » !
***
Le terme est souvent lancé comme une insulte à la f ace du lecteur passionné ou occasionnel !
Une littérature qui s'adresse au peuple en oppositi on à celle destinée aux e lettrés et qui est montrée du doigt depuis sa création à la fin du XVII siècle.
Les qualificatifs sous lesquels les condamnent les membres d'une caste supérieure, d'une élite n'ayant d'yeux que pour la littérature savante, celle, inaccessible, par déficit de moyens ou d'éducation aux moins nantis, varient avec le temps tout en conservant les mêmes consonan ces péjoratives. La « littérature mercantile » devient une « littératur e commerciale ». Le « roman à quatre sous » se transforme en « roman de gare ». L a « littérature populaire » se mue en « paralittérature ».
Même la renommée des auteurs évolue au fil du temps et ceux ayant alimenté la littérature populaire d'avant-hier sont aujourd'hui devenus des écrivains avec un grand É et leurs romans, des œuvr es incontournables (Eugène Sue, Alexandre Dumas, Jules Verne…).
Mais la réputation d'un pourvoyeur de cette « sous- littérature » peut également varier du tout au tout en quelques décenn ies. Ainsi, George Simenon, Léo Malet ou Frédéric Dard dorment-ils au Panthéon des « Écrivains » quand tant de leurs confrères de l'époque ou des générati ons précédentes sombrent encore dans un oubli qui sied si peu à leur talent et à leur production.
Parmi ces « écrivains » qui mériteraient amplement de se voir greffer une majuscule,Marcel PRIOLLETfait figure de tête de file.
Il faudrait être fou ou totalement présomptueux pou r espérer dresser une liste exhaustive de la production deMarcel PRIOLLET tant celle-ci est gigantesque et tant sa vie demeure obscure.
Les romans et feuilletons de l'auteur se déploient sur un demi-siècle de littérature populaire, et sont signés sous de nombr eux pseudonymes(René-Marcel de Nizerolles, Henry de Trémières, Marcel-Re né Noll, René Valbreuse)et ont nourri les nombreuses collections des plus prol ifiques éditeurs de l'époque [Ferenczi & fils, Eichler, Fayard, Tallandier, Le L ivre National, La Librairie Contemporaine, Éditions S.E.T.,…].
Mais si l'auteur, à l'époque, a ému autant de lecte urs, c'est aussi à travers les nombreux genres qu'il a abordés [policier, sent imental, fantastique, aventure…], sachant bien évidemment les mélanger po ur le plus grand plaisir de tous.
Car, siMarcel PRIOLLET s'est fait une spécialité des séries fasciculaires sentimentales qui titillent les glandes lacrymales de son lectorat sur plusieurs dizaines de titres [« Trompée au seuil de la chambre nuptiale »,« La mariée aveugle »,« Née en prison »,…] il sait aussi l'enthousiasmer autour des aventures trépidantes de ses héros [« La vie d'un aviateur »,« Les voyages aériens d'un petit Parisien à travers le monde »,« Les aventuriers du ciel », « Les Robinsons de l'île volante »,…] sans omettre de faire frissonner les amateurs d'émotions fortes et de romans policiers [« Tip Walter, le Prince des Détectives »,« Old Jeep & Marcassin »,« Monseigneur et son clebs »,…].
Mais il ne faut pas oublier qu'avant tout,Marcel PRIOLLETest un conteur et qu'il ne se contente pas d'offrir des personnages i ntéressants en se disant que pour le format court des séries fasciculaires, cela suffira à remplir son office. Non, l'auteur prend chaque épisode comme une histoi re à part entière et la fignole de la même manière. Le scénario tient alors la route et est plaisant à lire et les personnages récurrents font office de cerise sur le gâteau d'une lecture de bon goût. Aussi n'est-il donc pas rare, dans un tex te deMarcel PRIOLLET, que les genres se mêlent pour napper les sujets à la mo de de son époque, car, comme tout bon auteur de littérature populaire, il s'adapte à son lectorat et lui propose ce qu'il aime, ce dont il a envie en l'émou vant, le dépaysant, le surprenant… en lui faisant vivre des aventures, tou t simplement.
Enfin, n'occultons pas queMarcel PRIOLLETun écrivain imaginatif et était qu'il n'est pas rare que, malgré la concision de ce rtains textes, ceux-ci se basent sur des idées que l'on aurait pu qualifier de « gén iales » pour tout autre auteur mieux considéré [on notera ainsi l'excellence du nœ ud de l'intrigue de l'épisode « Le bal des disparus »de la série« Monseigneur et son clebs »].
Jusqu'à présent, pour vous rendre mieux compte des dernières qualités de l'auteur mises en avant dans cet avant-propos, vous pouviez vous référer aux deux séries policières rééditées parOXYMORON Éditions [« Old Jeep et Marcassin » et« Monseigneur et son clebs »]. Grâce à la collection éponyme mise en place aujourd'hui, vous pourrez également c onstater les atouts de « bon faiseur » de l'auteur en vous plongeant dans des ti tres issus de l'une des plus e ère cultes collections du début du XX siècle : « Le Roman Policier » [1 série] des éditions Ferenczi & fils.
À travers ces courts romans édités, en premier lieu , en fascicules de 32 à 48 pages, vous pourrez vous délecter des sujets qui passionnaient les lecteurs des années 1920 et découvrir un auteur qui faisait preuve de métier en s'adaptant à une collection dite « policière », mai s dont les titres pouvaient tout
aussi bien concorder avec les collections « aventures » de son éditeur.
Ces divers titres seront d'ailleurs réédités dans l es décennies suivantes, dans les autres collections Ferenczi & fils avant d e disparaître totalement… jusqu'à aujourd'hui.
Si la littérature populaire de l'époque méritait qu 'un éditeur « moderne » la remette au goût du jour et permette que le lectorat actuel puisse la savourer à nouveau,Marcel PRIOLLETr une, lui, de par son travail, méritait au moins d'avoi collection à son nom. C'est désormais chose faite !
Bien que le talent d'un écrivain se juge avant tout , et uniquement – peut-on être tenté de dire, – par ses écrits, voici quelque s éléments biographiques pour conclure cet avant-propos.
Marcel PRIOLLET naît à Ivry-sur-Seine le 6 août 1884 et meurt à Pa ris le 10 novembre 1960.
Il écrit, au début Julien PRIOLLET.
de
sa
carrière,
notamment,
avec
son
frère
Il est nommé aux grades de Chevalier de la Légion d 'Honneur [1928], et d'Officier de la Légion d'Honneur [1937], pour enfi n être promu Commandeur de la Légion d'Honneur [1952].
Il est enterré au cimetière du Montparnasse.
Comme vous pouvez vous en rendre compte, les élémen ts biographiques connus surMarcel PRIOLLET sont très succincts, mais, heureusement, sa production l'est beaucoup moins, pour le plus grand plaisir des lecteurs de l'époque et, dorénavant, des lecteurs d'aujourd'hui .
Bonne lecture.
*1*
LA DISGRÂCE DE GASPARD LANGEVIN
Lorsque Gaspard Langevin quitta les bureaux de la P réfecture de Police où il venait de conférer avec son chef, il offrait le spectacle d'un homme complètement désemparé.
Il erra quelques instants sur les quais, indifféren t à tout ce qui l'entourait, oubliant même de répondre aux saluts de ceux qui re connaissaient en lui le célèbre Langevin, le policier ingénieux et brave, l e héros de cent missions périlleuses accomplies sous l'uniforme, alors qu'il s'agissait d'aller secrètement dans les lignes ennemies, de surprendre des secrets stratégiques, de faire sauter des ponts, de repérer des batteries, des dép ôts de munitions et des emplacements de troupes.
Gaspard Langevin, inspecteur de la Sûreté, avait fa it tout cela pendant les cinq années de guerre. Rendu à la vie civile, il n' avait consenti à prendre aucun repos. Il avait continué à guerroyer, non plus cont re les ennemis de la patrie, mais contre ceux de la société.
Voleurs, assassins, faussaires, malfaiteurs de tous grades, savaient quel adversaire résolu ils avaient dans ce garçon de tre nte ans, solidement musclé, qui alliait à un courage légendaire des méthodes d'investigations ultra-modernes et une bonne humeur qui semblait inaltérable.
Aujourd'hui, cependant, Gaspard Langevin était visi blement soucieux. Sa mine renfrognée disait que bien des choses n'allaie nt pas selon son gré.
Le hasard de sa promenade l'avait amené en vue de l a grosse horloge de la gare de Lyon.
Il consulta les aiguilles. Son visage s'éclaira.
— Qu'on le veuille ou non, je repars ! décida-t-il.
Il semblait que cette résolution le soulageait d'un grand poids, car dès lors il redevint souriant.
Il entra dans un café, écrivit une longue lettre da ns laquelle il sollicitait de ses chefs un congé...