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Banni

De
294 pages
Roman imaginaire, "Banni" se déroule dans le monde fantasmagorique de l'auteur. Mélange de lieux traversés, d'univers inventés, mais aussi de moments réellement vécus mais cachés, les personnages évoluent dans une aventure "médiévale". "Celui qui ne parle jamais" vous entraîne dans sa quête de ses origines, sa découverte de son pays inconnu et interdit, dans sa rébellion malgré lui pour un monde meilleur vers un avenir incertain. "Banni", oeuvre sensible emplie d'une profonde humanité, est un roman empreint d'un souffle épique indéniable. Ce qui paraît au premier abord une histoire de survie et de quête des origines est en réalité un voyage initiatique où nous emporte un héros bouleversant de solitude et d'interrogations, porteur de nombreux thèmes universels, tels que le refus de la tyrannie et de l'injustice. De plus, à travers l'épopée de "Celui qui ne parle jamais", l'auteur porte un regard facétieux sur notre époque.
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Banni
Arnaud Mollaret Banni
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119445.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
1. Sous le soleil Il naquit sans un cri comme s’il n’avait pas voulu déranger, comme pour se faire oublier. Sa tribu vivait là-bas, dans ces terres arides desséchées par le vent et brûlées par un soleil ja-mais voilé. A l’heure de sa naissance, en pleine nuit, les nuages qui s’étaient amoncelés durant toute la journée crevèrent, déversant des tonnes d’eau sur les étendues désertiques. L’eau, quasi-inexistante, seulement présente dans quelques trous rocailleux creusés par les ancêtres, lessiva pour une nuit le pays désolé du peuple banni. Les plus anciens ne se rappelaient pas quand était tombée la dernière pluie et celle-ci dépassait largement en puis-sance les simples averses qu’avait toujours connues cette région. La naissance d’un enfant mâle, accompagnée d’une telle tempête aurait dû être un événement d’une importance considé-rable. Depuis des années aucun enfant n’avait survécu plus de quelques jours et la tribu n’était constituée que de vieillards. Les bannis, comme ils s’appelaient, étaient destinés à s’éteindre. Cette venue ne fut suivie d’aucune fête, d’aucun sacrifice. Pour les bannis il était clair depuis longtemps que les Dieux, s’ils existaient vraiment, les avaient abandonnés. Le dernier sorcier était mort depuis longtemps déjà et faute de des-cendants, personne ne l’avait remplacé et personne n’en voyait l’utilité. La tribu se résignait à disparaître. La fuite n’était pas possible, les guerriers des territoires fertiles situés à des semai-nes de marche tuaient tous ceux qui voulaient franchir les limites des terres maudites. Personne ne savait pourquoi les bannis se trouvaient là, seuls au milieu de terres arides totalement inhospitalières. Personne ne leur venait en aide, depuis des générations ils étaient mau-dits. Les guerriers des frontières que l’on appelait les gardiens ressentaient bien des jours à l’avance l’approche des bannis.
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Leurs chevaux devenaient nerveux et un certain stress s’installait en eux. Ils traquaient l’évadé jusqu’à sa mort et ses ossements séchaient aux limites des oasis. N’ayant aucun moyen de lutter, les bannis n’avaient plus essayé de s’enfuir depuis bien longtemps. Totalement isolés, coupés de toute in-formation, ils survivaient mal et l’enfant qui venait de naître serait sûrement le dernier représentant de la tribu. Bien qu’étant né dans des circonstances étranges personne ne crut qu’il vivrait longtemps. Très vite il fut livré à lui-même, sa mère n’avait pas le temps de s’occuper de lui et le reste du clan ne s’en préoccupait pas, c’était un fardeau, fardeau sans intérêt puisqu’il était comme les autres destiné à mourir. Contre toute attente il survécut. Les hommes encore valides passaient leurs journées à chas-ser les quelques insectes et reptiles qui réussissaient à survivre dans les environs. Ils partaient de plus en plus loin, de plus en plus longuement chaque jour et il fallait constamment déplacer le campement. Les femmes partaient à la recherche de l’eau qu’elles ramenaient dans des poteries précieusement manipulées car rien ne permettait d’en fabriquer d’autres. Le nouveau venu restait donc avec les invalides qui attendaient patiemment la mort. Totalement isolé et délaissé l’enfant apprenait par lui-même grâce à ses sens, la vue, l’ouïe, l’odorat. Il vivait nu comme la plupart des gens de la tribu. Seuls les vieux avaient quelques guenilles datant de leurs ancêtres. Dans le groupe des survivants on ne parlait presque jamais, seulement pour décider de la direction à prendre pour aller chasser, déplacer le camp ou chercher de l’eau. En particulier personne ne parla jamais au nouveau-né et jamais on ne l’entendit prononcer une seule pa-role. Très vite il se mit à marcher et, grâce à ses sens et son ins-tinct, il devint totalement autonome. Les années succédaient aux années et le jeune garçon fut admis naturellement, sans concer-tation parmi les chasseurs. Il s’aperçut rapidement qu’il pouvait ressentir à l’intérieur de sa tête ce qui se passait dans celle des autres. Bien avant qu’ils ne parlent il était au courant de leurs intentions. Il mit à profit ce don pour aller chasser. Rapidement les chasseurs ne se concertèrent plus pour savoir de quel côté chercher le maigre gibier. Il suffisait d’observer Celui-qui-ne-
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