Caliban : Mind Division - Mission 1

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Le matin où le Docteur William Mallaury reçoit une lettre de son père, mort depuis quinze ans, il ne se doute pas combien sa vie en sera bouleversée. Pourtant, en se rendant à l’adresse indiquée sur le courrier, il rencontre un étrange jeune homme qui hante les lieux depuis des années : Caliban. Celui-ci semble en savoir beaucoup sur ce père trop absent que Will a préféré rayer de sa vie. Et que dire de l’attirance que le jeune médecin éprouve presque aussitôt pour ce curieux personnage qui oscille entre innocence et terreur à la seule idée de sortir du vieil immeuble délabré où il séjourne ? Quels secrets cachent l’appartement 27C ? Et qui est la mystérieuse Sycorax que Caliban semble tant redouter ?


(Version longue du livre paru sous le même titre.)

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EAN13 9782364753907
Langue Français

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Cyriane Delanghe
CALIBAN: MINDDIVISION- 1
AVERTISSEMENT Le roman que vous allez lire est le premier d’une s érie consacrée à des personnes hors du commun : les Hibraines. La série se divise en deux univers : celui des Hibraines, une race éteinte ayant déjà vécu sur Terre il y a des milliers d’années, e t celui de Mind Division, un groupe gouvernemental secret qui mène des expérienc es à partir des restes de cette race. Ce premier volet, intituléCaliban, s’intéresse à deux personnages : Will et Cal que je vous laisse découvrir. Le suivant sera consa cré à d’autres personnages qu’ils croisent dans ce volet. À chaque fois, on ch ange de perspective, de narrateur. Ce roman peut se lire comme un one shot. Toutefois, si l’univers vous intéresse, je vous invite à lireViracocha etIsis, les deux autres tomes déjà parus de la série desHibraines.
PRÉSENTATION
Le matin où le Docteur William Mallaury reçoit une lettre de son père, mort depuis quinze ans, il ne se doute pas combien sa vi e en sera bouleversée. Pourtant, en se rendant à l’adresse indiquée sur le courrier, il rencontre un étrange jeune homme qui hante les lieux depuis des années : Caliban. Celui-ci semble en savoir beaucoup sur ce père trop absent que Will a préféré rayer de sa vie. Et que dire de l’attirance que le jeune médecin éprouve presque aussitôt pour ce curieux personnage qui oscille entre innocence e t terreur à la seule idée de sortir du vieil immeuble délabré où il séjourne ? Q uels secrets cachent l’appartement 27C ? Et qui est la mystérieuse Sycor ax que Caliban semble tant redouter ?
CHAPITRE1
WILL. Trois coups de sonnette stridents résonnèrent à la porte. En l’ouvrant, William Mallaury croisa le regard du facteur, lequel lui adressa un sourire contrit. — Bonjour. Désolé pour le dérangement, m’sieur, mai s on m’a demandé de vous remettre ceci en main propre. Il lui tendit une enveloppe jaunie à l’adresse presque effacée. — Avec toutes les excuses des services postaux de la ville de New Haven. — C’est une plaisanterie ? s’exclama le jeune homm e en déchiffrant la date d’affranchissement du courrier.Et cette écriture… Celle de mon père ! Il passa une main nerveuse dans ses cheveux noirs et bouclés, avant de refermer la porte sur le préposé qui continuait de débiter son discou rs, puis revint à grands pas dans le salon, tout en décachetant le courrier. Un message de son père ! Quinze ans après sa mort ! William sentit son sang battre plus fort contre ses tempes. La lettre lui échappa, glissant au sol ; il poussa un juron tout en se baissant pour la ramasser. Le c ourrier lu, il se précipita vers son portable. « Juliet ? C’est Will. Je dois annuler notre journé e. Oui… Non… Je… je viens de recevoir une lettre de mon père… Non, une erreur de la poste. L’adresse est celle d’un appartement où j’ai habité il y a quinze ans, sauf que le numéro de la rue est erroné. Tu imagines ? Non, je ne sais pas, je verrai sur place. Je t’appellerai. À plus tard », conclut-il avant de raccrocher. Ses yeux noisette parcoururent la lettre tout en tâtonnant dans la poche de sa veste pour récupérer ses clefs et son manteau. Une fois dans la voiture, il brancha le GPS et entra l’adresse que son père lui avait indiquée. Quinze ans, bon sang ! Quinze ans de retard ! Que trouverait-il, là-bas ? Le jeune homme quitta l’allée de son garage et doubla le facteur qui poursuivait la distribution du courrier. Sa fébrilité faillit lui faire rater un stop et il jura quand un autre automobiliste, qui arrivait sur sa gauche, le klaxonna pour signaler son imprudence. Quinze ans après sa mort, ce père qu’il adulait et qu’il voyait à peine, ce père maudit mille fois manquait de le faire tuer. Will roula ainsi deux bonnes heures avant d’atteind re sa destination, tout en ressassant des souvenirs amers, ses déceptions de p etit garçon. Il avait dû supporter l’absence quasi systématique de son père à ses anniversaires ou aux fêtes de l’école, raison pour laquelle il chérissait le souvenir des quelques rares fois où son géniteur avait été présent pour un évén ement marquant de sa vie. Quant au jour fatidique où il avait appris son décè s, alors qu’il commençait ses études de médecine à Yale, il restait comme l’un des plus sombres de sa vie. Il ne prêta aucune attention au paysage urbain qui s’étendait sous ses yeux. Il détestait New York, de toute façon : trop de bruit, trop de monde, trop de confusion. Il serra les dents un peu plus en franchissant le pont Kennedy. L’adresse ne lui disait absolument rien. Que pouvait bien y fabriquer ce père honni et idolâtré qui le tirait de son quotidien co nfortable par une simple lettre ?
Hector Mallaury n’était pas un homme simple à saisir, loin de là. Et son fils courait certainement tête baissée droit dans les ennuis. Craignant de ne pas trouver d’autre place de stationnement, le médecin stoppa la voiture à quelques pâtés de maison de sa destina tion et termina à pied. Ses longues enjambées trahissaient sa nervosité, alors qu’il approchait du but. Son ventre cria famine, lui rappelant qu’il n’avait pris qu’un rapide petit déjeuner car il craignait d’arriver en retard à son rendez-vous. Sa uf qu’il n’irait pas chez Juliet aujourd’hui : au lieu de cela, il se lançait dans une quête improbable. Son portable vibra, lui signalant un message, mais il n’en tint pas compte. Il était enfin arrivé. Levant les yeux vers la façade de l’immeuble, il fut saisi de vertige. C’était immense, vieux, sinistre, inquiéta nt même. Personne ne devait habiter là depuis des lustres, sauf peut-être quelques squatteurs. « Mauvaise idée, mauvaise idée », grommela-t-il entre ses dents. Pourtant, il poussa la porte d’entrée d’une main ferme et se glissa à l’intérieur, où régnaient la pénombre et une fraîcheur surprenante. L’endroit était désert, poussiéreux, en très mauvais état. Il manquait une partie du plancher par endroits, des tags recouvraient les murs et la lumière filtrait à peine entre les lames cassées des volets. Will allu ma la lampe torche récupérée dans la boîte à gants de sa voiture et s’avança. « C’est vraiment, franchement, carrément n’importe quoi », pesta-t-il en posant la main sur la poignée d’une porte qui lui resta dans les mains. Au bout d’un long couloir l’attendait un escalier. « Je ne vais pas monter. Pas question. C’est un coup à se rompre la nuque. » Le médecin avança pourtant, posa le pied sur une ma rche qui grinça en signe de protestation et persévéra jusqu’au premier étage. Sur les portes, des numéros effacés. Difficile de croire qu’on avait habité cet endroit, tant il semblait vétuste. Même si ça fait quinze ans que personne n’est retou rné ici, ça n’explique pas un tel état de délabrement.C’était sans doute déjà comme ça quand mon père y séjournait. Mais qu’est-ce qu’il fichait ici, bon sang ? Se cachait-il ? Le controversé Hector Mallaury, le touche-à-tout, le manipulateur.Pourquoi tu ne t’es pas occupé de moi au lieu de venir te perdre dans ce trou ? Mais le père, dont l’absence excessive était hélas devenue définitive, ne pouvait plus répondre aux reproches que lui adressait son fils. « Rends-toi à cette adresse », disait la lettre. « Tu comprendras tout. » Comprendre quoi ? L’éloignement, l’indifférence, les circonstances exactes du décès trop brutal d’Hector Mallaury ? On l’avait re trouvé mort dans sa voiture, laquelle avait terminé sa course contre un arbre. L ’autopsie avait conclu à un malaise ayant provoqué la perte de contrôle du véhicule. Un génie s’en était allé, avait titré la presse, la communauté scientifique s ’était émue quelques jours, avant de retourner à ses préoccupations du moment. William, lui, avait fait comme si cette perte n’avait aucune importance. Il ne pou vait que constater, en crapahutant dans cet immeuble, que ce n’était pas le cas.27Cla lettre. précisait Concentré sur sa quête, le jeune homme ne faisait pas attention aux endroits où il mettait les pieds. Le piège se referma sur lui avec un craquement sonore. Le temps de baisser les yeux, sa jambe droite avait dé jà traversé le plancher. Le reste de son corps suivit. Englouti par le vide, Wi ll dégringola d’un niveau pour
choir enfin dans un amas de planches et de gravats. Une douleur fulgurante lui broya les jambes, avant de remonter le long de sa colonne vertébrale. Il perdit connaissance. CALIBAN. Aujourd’hui, il faut chasser. La viande fraîche est bien meilleure que les conserves. Les rats sont rapides et rusés. Mais mon estomac est vide. Courir sur les poutrelles. M’amuser à écouter les p etites pattes grises. Reconnaître les couinements. Être plus vif que le r ongeur qui s’agite dans ma main et tente de mordre. Le petit bruit de ses os q ui craquent. Son sang chaud sur mes doigts que je lèche goulûment. Du bruit. Un intrus. Cal abandonna sa proie pour se mettre en sécurité. À l’abri des murs, il observa le nouveau venu. L’étranger avait un visage aux traits familiers. Beaucoup de bruits, de grognements. Rats et cafards fuirent. Rester. Suivre son odeur agréable dans les étages. 27C ! Pourquoi 27 C ? Mallaury ? Mallaury est de retour ? Plus jeune, pourquoi ? Attention, danger ! WILL. Will se réveilla en sursaut. Quelque chose gouttait sur son front. Ses paupières s’ouvrirent sur une vision floue. Quelque chose… qu elqu’un était penché au-dessus de lui. C’était… très pâle. Il sentit des do igts agiles courir le long de ses flancs, entendit qu’on déchirait un tissu. Une paum e se plaqua sur sa poitrine. Aussitôt, une sensation de brûlure lui arracha un g émissement. La douleur s’amplifia, jusqu’à devenir intolérable. Il hurla. CALIBAN. Jeune Mallaury blessé. Il connaissait son nom. Will. Un vieux souvenir enfoui revenant à la surface. Jeux et rires. Joie et tendresse. WILL.
Le jeune homme émergea de nouveau de l’inconscience . La forme pâle se tenait encore penchée au-dessus de lui. Des doigts couraient sur son visage, le long de sa mâchoire. Quelque chose tenta de forcer ses lèvres, il ouvrit la bouche et sentit qu’on glissait une cuillère entre ses den ts. Le goût était infâme. Il repoussa la main qui voulait le nourrir et cracha la bouillie qu’on le forçait à avaler. « Pas bon ? » entendit-il demander d’une voix rauque. Le médecin essaya de distinguer qui lui parlait, il lutta contre ses yeux récalcitrants, se concentra, frotta ses paupières, renouvela ses tentatives. Peine perdue. « Où suis-je ? s’enquit-il. — Maison », lui répondit-on. Me voilà bien avancé, songea-t-il. « Dormir. Mieux demain », lui dit-on encore. Il ne lutta pas et sombra dans un sommeil peuplé de souvenirs et de rêves. Il était à l’université. Il devait passer un examen . Impossible de répondre à la question de l’examinateur qui lui demandait de lui citer les différents os du pied. Je le sais, pourtant,sans cesse, confus. Son portable se mi  répétait-il t alors à vibrer et il lut sur l’écran :Caliban. Ça n’avait aucun sens. Caliban ? Le monstre de la pièce de Shakespeare ? Tout à coup, quelque chose enserra son poignet, il le secoua pour se libérer, mais en vain. Une forme noire le happait, l’aspirait dans un abîme sans fond, il… il allait… William se réveilla en sursaut, se redressant si vivement qu’il en eut le vertige. Près de lui, une ombre sursauta. « Cauchemar ? » entendit-il murmurer avant de sentir deux mains se poser sur ses épaules. Il laissa échapper un cri de terreur en découvrant un visage d’une extrême pâleur à quelques centimètres du sien. Il battit en retraite en poussant sur ses mains et ses pieds, jusqu’à heurter un mur et se cogner la tête. « Qui… Qui êtes-vous ? » balbutia-t-il. L’inconnu le dévisageait, la tête légèrement penché e sur le côté, accroupi, perplexe. Il était nu… Non, il portait un pantalon élimé mais ni chaussures, ni chemise ni pull. Le corps imberbe, sale et d’une bl ancheur extraordinaire, était aussi musclé que celui d’un danseur. Une masse info rme de cheveux blonds dégringolait sur les épaules, encadrant un visage… un visage… Will se sentit choqué de le trouver beau sous toute cette crasse. Les yeux, surtout. Il n’en avait jamais vu de pareils. Pouvait-on avoir des yeux aus si bleus ? Non, pas bleus. Déjà, ils avaient changé de couleur, alors que l’inconnu s’avançait vers lui. « Pas peur », supplia une voix rauque, tandis qu’un e main aux longs doigts diaphanes se tendait vers lui. Will eut encore un mouvement de retrait, mais son dos était bloqué par le mur. — Qui êtes-vous ? répéta-t-il d’une voix sourde, tout en continuant de détailler l’étrange individu. Il y avait… quelque chose de familier en lui. Oui, familier. Cependant, c’était impossible, le jeune homme était certain de le rencontrer pour la première fois.
L’inconnu s’arrêta à quelques pas de lui. William é tait grand, plus d’un mètre quatre-vingt cinq. Sa taille l’avait toujours complexé. Rarement il pouvait regarder quelqu’un dans les yeux sans avoir à baisser le nez . La plupart du temps, il se tassait sur lui-même pour se rendre moins impressio nnant. Cependant, quand il eut trouvé le courage de se relever, il constata qu ’il lui fallait lever la tête pour croiser l’improbable regard, dont le propriétaire n’avait toujours pas répondu à sa question. Peut-être ne comprenait-il pas ce que Wil l disait. Mallaury se désigna donc de l’index, prononça son nom, avant d’indiquer la poitrine de son vis-à-vis, dont les traits s’éclairèrent d’un sourire. « Caliban, annonça-t-il tout de go. Caliban », répé ta-t-il comme s’il aimait la consonance de ce nom. Le médecin, lui, grimaça. Il détestait cette pièce de Shakespeare : le monstre – Caliban – lui avait toujours fait peur. Et voilà qu e son sauveur disait s’appeler ainsi. Mais qui pouvait appeler son fils Caliban ? Le jour qui filtrait à travers les persiennes des volets lui permit de constater qu’il se trouvait toujours dans l’immeuble délabré. « Tu vis ici ? » s’étonna Will en s’adressant à son sauveur. C’était sans doute lui qui l’avait tiré des gravats et qui… Le médecin baissa la tête. Sa chemise et son pantalon étaient maculés de sang et de poussière mêlés. Pourtant… Il réalisa qu’il n’aurait pas dû pouvoir se lever. Pas après une chute de deux étages. Incrédule, il se palpa les jambes. « Je n’ai rien ! s’exclama-t-il. Pas une blessure ! C’est incroyable ! » Toutes ces imprécations parurent perturber Caliban, qui recula vivement et s’enfonça dans les ténèbres. « Attends ! » voulut le retenir William. Il y eut un mouvement dans la pénombre, puis son sa uveur reparut sur sa gauche. « C’est toi ? C’est toi qui m’as aidé ? » L’autre parut se ratatiner sur lui-même, soudain craintif. « Eh ! tenta de le rassurer le jeune homme. Tout va bien. Merci, ajouta-t-il ensuite. — Mer… ci ? répéta Caliban, visiblement étonné qu’on lui adresse un tel mot. — Oui, merci. Sans toi, je serais probablement… mort. Personne ne sait que je suis venu ici. Personne. — Personne ? — Est-ce que… tu vis ici ? » s’enquit Will. Il était désormais convaincu d’avoir affaire à un s quatteur, un de ceux qui avaient marqué leur territoire en taguant les murs.Mais pourquoi s’exprime-t-il aussi mal, et semble-t-il aussi fasciné par les mot s qui sortent de ma bouche ? songea le médecin, tout en cherchant son portable.Zut ! J’ai dû le perdre lors de ma chute.Comment le retrouver maintenant ? Comment prévenir Juliet qui doit se faire un sang d’encre ? « Qui est Juliet ? demanda Caliban d’une élocution étonnamment claire et surtout, surtout… avec la voix d’Hector Mallaury. — Comment sais-tu que je pensais à Juliet ? s’écri a William, provoquant un mouvement de panique chez son sauveur, qui recula e n répétant à l’envie, mais
d’un ton paniqué : — Juliet ! Juliet ! Juliet ! » Le jeune homme avait l’impression d’entendre le fantôme de son père. « Eh ! Reviens ! » Il fit quelques pas avec difficultés et grimaça en se découvrant diverses courbatures au passage. Quelque chose tomba sur le sol avec un tintement.Mes clefsde voiture !réalisa le médecin, avant de les récupérer. « Rends-toi à cette adresse », promettait la lettre. « Tu comprendras tout. » Il baignait plutôt dans une confusion totale. Il du t s’appuyer contre les murs pour avancer, tout en doutant de leur solidité, de celle du plancher, de la porte qu’il ouvrit et qui aurait tout aussi bien pu lui tomber dessus. Cet endroit était une épave à la dérive. La tête lui tournait, il répétait sans cesse : « Caliban, reviens ! » et tout ce qu’il obtenait en réponse, c’était un « Juliet ! » parfois lointain, parfois tout proche, comme si son sauveur se moquait de lui, à présent. « Arrête de répéter ça sans arrêt ! » finit-il par hurler à pleins poumons, excédé. Et la voix se tut. « Merde ! Il est où ? » Lui se sentait totalement perdu. Désorienté. Paniqué. Un vertige le saisit mais, avant qu’il ait commencé à vaciller, Caliban fut là , l’attrapant par la taille pour l’empêcher de tomber, l’aidant à s’asseoir et attendant qu’il reprenne son souffle. « Pourquoi tu t’es enfui ? Je ne te voulais aucun mal. — Will…, commença l’étrange personnage. — Oui, c’est mon nom, rétorqua le jeune homme avec agacement. — Je sais comment ton père est mort. » De nouveau une phrase construite, prononcée d’une voix posée et qui laissa le médecin stupéfait. « Tu connais… mon père ? — Hector, confirma la créature. — Il est mort dans un accident de voiture. — Non. — Non ? » Caliban lui tendit la main. « Viens. 27C. » Cela suffit à faire bondir Will sur ses pieds. « Conduis-moi. » Son étrange sauveur le guida à travers l’immeuble, avant de s’arrêter devant une porte. 27C. Le médecin prit une grande inspirat ion, puis se saisit de la poignée et poussa le battant. William resta un moment sur le seuil. Cillant à plu sieurs reprises pour chasser cette vision qui s’obstinait à ne pas s’effacer, il crut revenir vingt ans en arrière, dans la maison de son enfance, celle qu’il avait ha bitée avant de partir pour l’université, avant le divorce, à l’époque à peu près heureuse où il espérait encore avoir un père. Tout y était reproduit, dans les moi ndres détails, y compris la bibliothèque qui comprenait les mêmes volumes que c elle d’Hector. Il entra, parcourut les pièces, ouvrit les placards (vides), les armoires (tout aussi désertes, hormis quelques cafards). L’endroit semblait avoir été abandonné à la hâte : dans