Délices Nocturnes

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93 pages
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Description

Même si c’est le sang qui assure sa survie, Vianney ne vit que pour le cacao. Chocolatier nocturne, il mène une existence paisible, loin des Humains et des Vampires. Seule sa sœur Nina, adolescente diurne, cause quelques remous dans sa vie tranquille.


Patrick, de son côté, se laisse porter par le présent, son ordinaire ponctué par les lubies de ses amis Sérénité et Edmond.


Un jour pourtant, le projet artistique d’une certaine Doriane va bouleverser leurs habitudes.


Une morsure, du sang et du chocolat, une union voluptueuse pour accroitre le plaisir et brouiller les sens...

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Nombre de visites sur la page 20
EAN13 9782373420494
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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DélicesNocturnes
Jade Corbeau
Éditions du Petit Caveau - Sang d'âme
Avertissement
Salutations sanguinaires à tous ! Je suis Van Crypting, la mascotte des éditions du Petit Caveau. Si vous lisez cette histoire avec un Kindle, n'hésitez pas à activer les polices/fontes de l'éditeur (dans le menu des polices). Si vous rencontrez un problème, et que vous ne pouv ez pas le résoudre par vos propres moyens, n’hésitez pas à no us contacter par mail (numerique@editionsdupetitcaveau.com). Nous no us chargerons de trouver la solution pour vous, d'autant plus si vous êtes AB-, un cru si rare !
À Florent, mon signe diacritique
Sujet : pour les nouveaux sur voisins.nocturnes.com
De : Nina
À : Sérénité
Salut !
Je compte envoyer ce message aux admins du forum, t u veux bien me donner ton avis ?
Ce sont des définitions pour les visiteurs du site ou les futurs inscrits ; je me disais que ce serait bien si on mettait ça en préambule su r le forum. Ça permettrait déjà de répondre à la plupart des questions que se posent l es gens, et en même temps signaler qu'on est un forum de discussion et pas de roleplay.
Le but c'est d'être clair sans faire des tartines d e texte, donc ne t'étonnes pas si je ne vais pas dans le détail (déjà je trouve que j'en donne vachement).
Vampire :nom masculin désignant un être autrefois humain et ayant subi des transformations physiques telles que :
développement des canines de la mâchoire supérieure
mutations des globes oculaires entraînant une nycta lopie avec perception en noir et blanc ainsi qu'émanation de lumière rouge dans l e noir
mutation de la salive : coagulante et cicatrisante
passage du régime alimentaire omnivore à strictemen t hématophage
mutation des fonctions de l'estomac, arrêt des fonc tions des organes du système digestif
stérilité
vulnérabilité aux rayons solaires provoquant des sy mptômes d'apathie (fatigue, lourdeur, lenteur du temps de réaction).
Nocturne :synonyme de Vampire (comme Voisin Nocturne, Ami aux dents pointues, etc.).
Licence Carminée :autorisation de vente de sang (et globalement, tout ce qui est suivi des termes « carmin » ou « carminé,e,s » se réfère à quelque chose qui contient exclusivement du sang. Se trouve uniquement dans le s boucheries, les bars et les restaurants). Les humains comme les vampires peuven t en acheter, mais la réglementation est sévère (il est interdit de vendre plus de deux litres par jour à la même personne par exemple).
Loi Lesaint :texte de loi qui prévoit l'union d'un vampire et d'un humain sous forme d'un contrat stipulant l'échange réciproque de leurs fluides « utiles » en cas de nécessité (l'humain donne son sang au vampire, le v ampire donne sa salive à l'humain).
S'il y a un autre mot qui te vient à l'esprit dis-le-moi, là sur le vif je ne pense qu'à ceux-là.
Et je me demandais si tu savais le nom qu'on donne aux humains qui boivent le sang des vampires et se retrouvent avec des difform ités (histoire que je puisse l'ajouter). Je dirais bien Goule, mais ça fait biza rre.
Merci d'avance pour ton aide !
Nina
PS : il paraît qu'ils ont retrouvé le squelette d'u n vampire datant de l'époque de Lucy. Tu y crois toi ?
Chapitre 1
La robe était particulièrement audacieuse. De loin, elle paraissait d’une pudique sobriété, quoiqu’un peu originale. De près, toutefo is, la sensualité qu’elle exsudait balayait la première impression. De longues manches , une ample jupe qui s’ourlait aux pieds, l’ensemble était fait de maille sombre, tran sparente, permettant de distinguer le corps prisonnier de l’étoffe. Seules deux bandes no ires, opaques, encerclaient la poitrine et le bassin, dissimulant les zones indéce ntes tout en les mettant en valeur, épousant les courbes. Une tenue qui dévoilait et di ssimulait à la fois la svelte silhouette. Le contraste avec la pâleur des mains e t du visage était saisissant, mais l’attention était retenue par une autre couleur : l’ample chevelure était d’un étonnant ton vert, foncé comme du lierre. Une feuille en adoptan t la forme et la teinte en ornait d’ailleurs une mèche tressée, parure de soie artisa nale discrète et raffinée. Patrick ne put s’empêcher de contempler la jeune femme avec un sourire en coin.
— Sérénité, tu n’as donc aucune robe qui ne soit pa s… extravagante ?
Son amie lui adressa un sourire d’excuse.
— Je ne me sens pas à l’aise dans une robe ordinaire.
Elle avança dans le couloir, et s’arrêta devant le placard à chaussures. Saisissant une paire, elle recula, et s’assit sur le petit tab ouret disposé là à cet effet. Patrick croisa les bras, s’appuyant contre la porte d’entrée derrière lui, et l’observa enfiler la paire d’escarpins noirs en cuir. Les talons aiguilles vertigineux forçaient son admiration, et lorsqu’elle se releva et se déplaça avec aisance, u n petit rire lui échappa.
— Incroyable. Les dames sont des équilibristes. Ou des acrobates.
La jeune femme lui fit un clin d’œil, tandis qu’ell e décrochait de la patère un long manteau noir.
— Tu n’as pas idée à quel point.
Elle enfila le pardessus, cintré et semblable à une veste de costume, et ferma les quelques boutons à l’avant. De la robe, il ne resta it plus rien de visible, lui conférant l’aspect « normal » auquel elle se soumettait rarem ent.
— Tu as les clés ?
— Oui.
— Parfait, ça m’évite de prendre un sac juste pour ça.
Patrick se remit à rire.
— Tu es la seule femme que je connaisse qui préfère sortir sans sac à main.
Sérénité secoua la tête, amusée.
— C’est que tu ne connais pas assez de monde.
— Peut-être.
— Tu veux bien ouvrir et me dire si je dois prendre une écharpe ?
L’homme conserva son sourire, et s’exécuta. L’air n octurne était agréable, assez pour ne pas nécessiter le port d’un quelconque acce ssoire.
— Pas la peine. C’est bon, on peut se mettre en rou te ?
Lui répondant par un air faussement contrarié, la jeune femme passa devant lui pour sortir. Patrick la suivit, et prit soin d’éteindre la lumière avant de verrouiller la porte.
— Le restaurant est assez éloigné, mais on devrait être à l’heure.
— Je te fais confiance.
Ils se dirigèrent vers sa voiture, une berline disc rète garée juste devant la maison grise. Une fois installés, Patrick la laissa choisir un disque, et elle opta pour un ancien album de Psykup. Ils se mirent à fredonner de conce rt, se jetant des coups d’œil complices à l’occasion. Le trajet leur parut court, malgré la succession de plusieurs chansons. Alors que l’homme manœuvrait pour se gare r dans le parking du restaurant, son amie soupira en avisant la façade de la bâtisse .
— Un gastronomique ? Je ne vais rien pouvoir manger…
Patrick coupa le contact, et lui sourit.
— Je te donnerai mon dessert.
Sérénité éclata de rire. Ils sortirent de la voiture et Patrick vérifia rapidement son apparence dans le reflet de sa vitre. Son costume b leu nuit n’avait pas un pli, sa chemise blanche était bien boutonnée, et sa cravate bleue électrique bien nouée. Sa petite tresse sous son menton parée de sa perle d'a rgent, ainsi que ses cheveux bruns coiffés en l'air – en hérisson selon les termes d'E dmond – complétaient son aspect à la fois soigné et original.
Surprenant le regard taquin de son amie, il lui tira la langue, avant de passer un bras autour de ses épaules et de la conduire vers le portique du restaurant. Un serveur tiré à quatre épingles les accueillit avec une bienséance toute professionnelle, avant de prendre leurs noms, les défaire de leurs manteaux, et les conduire à leur table.
En chemin, les regards des convives, dispersés dans la grande salle au décor luxueux, convergèrent vers eux. Les conversations s ’interrompirent, laissant place à un silence anormal pour un lieu si fréquenté. Habituée , Sérénité conserva son air paisible, avançant avec nonchalance, alors que Patrick, mal à l’aise, baissa les yeux. Il s’absorba dans la contemplation de la moquette, don t la couleur noire tranchait avec les murs blancs. Traversée de motifs dorés, elle ra ppelait les frises qui contournaient le plafond, proposant l'image du cadre décoratif d'un tableau de valeur.
Le son de leurs pas était avalé par la texture mi-rude mi-moelleuse, et il se demanda si les talons de son amie étaient compatibles avec ce genre de fibres. À en juger par sa démarche tranquille, il conclut que, comme ses c ontemporaines, elle maîtrisait parfaitement le déplacement sur échasses. Le bas de sa robe paraissait flotter autour de ses chevilles, et, l’espace de quelques secondes , l’homme essaya d’imaginer la sensation que cela devait procurer. Rougissant de s es propres pensées, le soulagement l’étreignit quand ils atteignirent leur table.
Ils y trouvèrent Edmond occupé à plier sa serviette en tissu pour lui donner une forme originale. L’état des trois autres serviettes indiquait que cela faisait plusieurs minutes qu’il était arrivé, et que l’ennui le guettait. À le voir arborer une simple chemise noire, sans fioriture, et une coiffure négligée qui laissait sa chevelure sombre couler sur ses épaules, Patrick se sentit trop apprêté, et reg retta d’avoir fait un effort vestimentaire. Edmond releva la tête, et leur adres sa un sourire en les voyant s’installer dans les fauteuils à l’aspect de velours. Il attrapa la main de Sérénité, qu’il embrassa, et au lieu de serrer celle de Patrick, lu i infligea le même sort. L’homme se
sentit rougir à nouveau. Malgré plusieurs années d’ amitié, le besoin qu’éprouvait Edmond à devoir sempiternellement toucher, effleure r, étreindre, était une chose à laquelle il n’arrivait pas à s’habituer. Sérénité a ussi se montrait très tactile avec lui, pourtant il avait su se débarrasser assez vite de tout embarras à son encontre. Avec Edmond, il n'arrivait en revanche toujours pas à effacer sa gêne dès qu'ils entraient en contact.
Un malaise qu’il ne savait pas expliquer. Tandis qu ’il retirait sa veste pour être plus à l’aise, leur compagne se mit à observer la salle, c onsidérant les miroirs sur les murs et les lustres de verre pendus au plafond.
— On dirait davantage une salle de bal qu’un restau rant… mais bon, danser sur de la moquette…
Elle porta ensuite son attention sur le petit vase décoratif en forme de sphère, posé au milieu de leur table ronde, dans lequel flottait une orchidée violette, sans tige. Pensive, elle saisit le petit récipient avec délica tesse. Edmond la scruta avec intensité. Patrick ne doutait pas, qu’à cet instant, des image s se formaient dans son esprit, qu’il finirait par voir dans une prochaine œuvre. Désireu x de le laisser évoluer dans son imagination, il resta silencieux, à les regarder l’ un après l’autre. Leur faculté commune à se détacher du présent pour rêvasser était source de fascination pour lui. À leurs côtés, il se sentait dénué de toute sensibilité artistique. Même s’il adorait les dessins d’Edmond, et possédait même quelques-unes de ses il lustrations, Patrick n’avait pas le sentiment d’être transporté par son art. Par l’Art, en vérité. C’était ainsi avec tout, le cinéma, la musique, la littérature, en soi chaque e xpression qui s’adressait à un public. Il appréciait, sans être touché. La voix de Sérénité, qui parlait à Edmond, le sortit de ses pensées.
— Ton éditeur sait, pourtant, que je ne suis pas très… pas très resto étoilé…
Patrick lui sourit.
— Il voulait sans doute te faire plaisir.
La jeune femme fit la moue.
— Une boîte de chocolats aurait été amplement suffisante…
Les deux hommes la regardèrent avec tendresse. Séré nité n’avait pour péché mignon que cette seule gourmandise. Et globalement sous toutes ses formes. Ce qui était un avantage considérable dès qu’il s’agissait de lui faire un cadeau. Patrick se pencha légèrement vers elle, l’air malicieux.
— Une seule boîte ?
La jeune femme plissa les yeux, puis croisa lenteme nt les bras. Edmond se mit à sourire dans son coin, alors que Sérénité détournai t la tête théâtralement, faisant mine d’être contrariée. Patrick adorait ce genre d’ambia nce, ces éphémères révélations de leurs facettes enfantines. Les fausses chamaillerie s de l’une et l’amusement de l’autre étaient des preuves de proximité, des marques d’intimité, dont il aimait être le complice et la cible. De loin, il aperçut le serveur venir v ers eux, guidant Baptiste, l’éditeur d’Edmond. Le voyant dans un costume à la coupe impe ccable, Patrick se sentit moins seul, bien que l’obscur ensemble du quarantenaire s oit plus conventionnel. Il n’y avait que le nœud papillon, au motif non identifiable, po ur trancher avec son aspect austère, tout en témoignant de l’existence d’enfants dans so n entourage familial.
— Bonsoir à tous les trois, et pardon pour le retard !
Baptiste s’assit, enthousiaste. Sa jovialité adoucissait ses traits, et rajeunissait son visage, prématurément vieilli par un houleux divorc e et les nombreux tracas qui l’avaient accompagné.
— J’ai une grande nouvelle à vous annoncer !