Des nouvelles du bout de l'île

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193 pages
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Ce recueil r a ssemble des nouvelles rédigées sur une période de cinq ans. Sa parution fait suite au Bout de l’île , ce roman de la transition entre l’enfance et l’adolescence. Il reprend le héros Gaby qu’on retrouve à certaines étapes de sa vie. Le Sourire d’Hélène Châtel , la nouvelle qui ouvre ce recueil, résulte d’une épiphanie, c’est-à-dire d’un événement anodin qui déclenche soudain la remontée d’un souvenir qui, bien qu’enfoui profondément dans l’esprit du narrateur, n’a jamais cessé de le hanter. La madeleine trempée dans la tasse de thé de Proust est du même ordre. Mais là s’arrête la comparaison... car Gaby, le personnage récurrent de ces récits, provient d’un milieu socio-économique fort différent de celui du narrateur d À la recherche du temps perdu . En effet, Pointe-aux-Trembles, une agglomération urbaine située sur la portion orientale de l’île de Montréal (Canada), n’est vraiment pas comparable au très riche quartier d’Auteuil, à Paris (France). Le Sourire d’Hélène Châtel , comme les treize autres nouvelles qui composent ce recueil, exprime un acte de mémoire pour en tirer un enseignement quasi trivial : quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, on ne sort jamais du pays de l’enfance.










Né à la fin des années 1950, Daniel Ducharme a grandi sous les trembles de l’est de Montréal sans trop savoir ce qu’il allait devenir. Après des études de philosophie et d’histoire, il a opté pour des études professionnelles en gestion de l’information, ce qui lui permet de « vivre » à peu près comme tout le monde. Plus jeune, il a joué dans un groupe rock, a écrit une dramatique télévisée diffusée à Radio-Canada et a vécu dix ans à l’étranger. Depuis lors, il essaie de donner corps à ses projets littéraires sans jamais se prendre au sérieux.


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EAN13 9782924550038
Langue Français

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DES NOUVELLES DU BOUT DE L’ÎLE
DANIEL DUCHARME
© ÉLP éditeur, 2015 www.elpediteur.com elpediteur@gmail.com
ISBN : 978-2-924550-03-8
Image de la couverture : © Daniel Ducharme
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à mon père
Note sur cette mise à jour
En 2011, ÉLP éditeur faisait paraître un recueil de nou-velles intituléLe sourire d’Hélène Châtel. Ce recueil contenait huit nouvelles qui avaient toutes en commun le personnage de François-Gabriel Dumas, dit Gaby, le héros du romanLe bout de l’îleparu la première fois en version papier en 2009, puis deux ans plus tard en numé-rique chez ÉLP. À l’instar du recueil de 2011, cesNou-velles du bout de l’île: laune unité de lieu  partagent petite ville de Pointe-aux-Trembles, aujourd’hui un demi-arrondissement situé à la pointe orientale de l’île de Montréal. Les quatre dernières nouvelles font toute-fois exception puisque Gaby, comme plusieurs jeunes hommes de la banlieue, s’est installé en « ville » à l’âge adulte, du moins pendant quelques années. Mais les lec-teurs familiers avec les textes de l’auteur, qu’il publie régulièrement sur son blogue (dducharme.com), recon-
naîtront les personnages (Céline, Florence, Jean-Luc, etc.), tous originaires du bout de l’île. Ces nouvelles ont toutes été révisées en profondeur et certaines d’entre elles ont même été augmentées. Par ailleurs, l’auteur en a ajouté cinq, ce qui porte le compte à treize textes. Il s’agit donc d’un ouvrage véritablement « revu et augmenté » comme on avait coutume de le lire dans l’édition traditionnelle. Un ouvrage cohérent qui reproduit, sous une forme courte, le petit monde duBout de l’île, un roman dont la version papier est malheureu-sement épuisée, mais qui est toujours disponible en numérique chez ÉLP éditeur.
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Table des histoires
Le sourire d'Hélène Châtel
La rondelle volée Tout ce que je savais des Juifs Une place assise
Toute une vie Charogne Le lecteur Jo La parole absente
L’épuisement du rêve Zacka Au chevet de ma mère
Une lettre pour Sophie
1 Le sourire d’Hélène Châtel
Je suis archiviste. En soi, cela n’a pas vraiment d’im-portance pour la compréhension de ce récit, si ce n’est que cela en constitue le point de départ, l’élément déclencheur qui a fait ressurgir dans mon esprit le per-sonnage d’Hélène Châtel.
En tant qu’archiviste, je suis chargé entre autres choses d’analyser les calendriers de conservation des organisations soumises à la Loi sur les archives. Au Qué-bec, cette loi oblige les organismes publics à faire approuver ces calendriers par la direction générale des Archives nationales, institution dont je suis à l’emploi depuis quelques années. Sans entrer dans des détails fas-tidieux, disons simplement qu’il s’agit de tableaux de gestion dans lesquels sont établies des durées de conser-
1Nouvelle parue dans la revueVirages : la nouvelle en revue, num 42, 2008
vation, et que ces durées sont fonction des grandes séries de dossiers en usage dans les administrations publiques. Mais ce qui intéresse au premier chef l’archiviste, c’est que dans ces tableaux se trouve également consigné le sort final des documents une fois les délais écoulés : éli-mination ou versement, c’est-à-dire destruction ou conservation permanente à titre de patrimoine archivis-tique de la nation. En novembre dernier, je travaillais à l’analyse d’un calendrier de conservation en provenance d’une commis-sion scolaire de l’est de l’île de Montréal. Il s’agissait d’une règle qui s’appliquait aux documents produits dans les écoles primaires. Elle indiquait que les dossiers des élèves ayant fréquenté l’école primaire avant 1970 pouvaient être éliminés à l’exception de ceux portant des noms de famille commençant par les lettres D, M et S. Cette règle de tri, que l’on n’applique guère aujour-d’hui, n’a qu’un seul avantage : conserver un nombre relativement restreint de documents parmi une grande série de dossiers de même nature. En me penchant sur cette décision, je me rendis soudain compte que mon propre dossier échapperait au couperet puisque mon
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nom – Dumas – commence par la lettre D. Par contre, celui d’Hélène Châtel, qui avait fréquenté l’école Sainte-Élisabeth en même temps que moi, allait être envoyé à la déchiqueteuse. Hélène, mon Hélène, la meilleure de la classe, allait donc mourir une seconde fois.
Et c’est ainsi que, subrepticement, tout me revint en mémoire. o0o J’allais sur mes neuf ans lorsqu’au milieu des années soixante je commençai ma troisième année d’école pri-maire à Sainte-Élisabeth, une petite école de la 6e avenue à Pointe-aux-Trembles. Pour la première fois, les classes étaient mixtes, ce qui ne manqua pas d’impressionner. Dès les premiers jours, d’ailleurs, je remarquai la pré-sence d’une petite fille aux cheveux châtains légèrement ondulés, aux yeux couleur noisette, aux lèvres charnues, au nez fin. Elle était assise sur le deuxième banc de la première rangée, sur la gauche. La maîtresse m’ayant assigné le cinquième banc de la première rangée de droite, je voyais Hélène de profil, légèrement en plongée. Tout de suite, je tombai éperdument amoureux d’elle.
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