Entre II Mondes - Livre 2 : Le Passage

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303 pages
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Description

Alastar, entre la vie et la mort, est retrouvé par Gabriel, Ahawk et Moumbator, ses fidèles compagnons et frères de l’Ordre Sacré. Transportés en sécurité loin du temple, les uns et les autres guetteront un hypothétique réveil dans l’espoir de découvrir la vérité.
De son côté, Moïra continue de mener un semblant de vie normale aux côtés de ses proches et de Tristan à Hidden Hills où seule Nel, sa meilleure amie, manque à l’appel. Heureuse avec le jeune homme, elle se laisse emporter par des sentiments nouveaux et intenses qui les rapprochent encore un peu plus l’un de l’autre, jusqu’à les lier profondément. Seulement, Moïra sait en son for intérieur que sa situation dans le monde des Hommes est précaire. Le besoin de renouer avec ses véritables racines et de rencontrer ses parents biologiques se fait plus fort à chaque instant.
Inconsciente du véritable danger qui la menace, la jeune femme envisage de passer de l’autre côté pour obtenir des réponses.
Tandis que les sirènes de l’autre monde se font de plus en plus pressantes, les Ténèbres grondent en secret. Mais Samain approche à grands pas, ouvrant le passage…
« Le Passage » est le second volume de la trilogie « Entre II Mondes », dont le livre 3 est à paraître à l’automne 2014.

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Date de parution 30 septembre 2014
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Langue Français

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ENTRE II MONDES
Livre 2 : Le passage
D.LYGG
© Éditions Hélène Jacob, 2013. CollectionFantastique. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-070-1
À la nouvelle génération, Adam, Éléanore et Romann… Je tiens également à remercier mon mari pour avoir géré le quotidien pendant mes longues séances d’écriture, ainsi que pour avoir ri et retenu son souffle lorsqu’il le fallait. Mes proches, pour les menaces reçues concernant l’avenir de tel ou tel personnage dans ce tome ! Et enfin, les Éditions Hélène Jacob pour avoir permis aux deux premiers tomes de la saga Entre II Mondes de voir le jour…
« La vérité à demi ne vaut rien, il la faut toujours entière. » Stefan Zweig
Résumé du livre précédent
Moïra est une adolescente de dix-huit ans, vivant avec ses grands-parents à Hidden Hills, petite ville de la province d’Alberta dans les Rocheuses canadiennes. À l’instar de tous les adolescents de son âge, elle est scolarisée au lycée de la ville, sort avec ses amis et connaît les problèmes liés au difficile apprentissage du passage à l’âge adulte, à ceci près qu’elle n’est pas comme les autres. Moïra découvre que sous les aspects d’une vie tranquille et ordinaire peuvent se cacher bien des secrets. C’est au travers de ses rêves et de sa relation naissante avec un jeune homme nommé Tristan qu’elle se sent troublée. Elle prend véritablement conscience de sa différence, lors de l’apparition d’étranges phénomènes liés à ses nouvelles capacités, qu’elle doit apprendre à maîtriser rapidement. Un challenge terrifiant pour quelqu’un de non préparé. Mais ses dons l’éloignent malgré elle de ceux qu’elle aime, ses grands-parents Rosy et Jo et sa meilleure amie Eleanor. Ils font également d’elle la proie d’êtres mal intentionnés, des darkanns, démons de l’enfer, ainsi que des elfes noirs, créatures venues d’un monde ancien oublié par les Hommes, et œuvrant pour le compte de leur puissant maître resté dans l’ombre. Heureusement, la providence place sur son chemin, en la personne d’Alastar, un allié redoutable et courageux appartenant à l’Ordre Sacré des Gardiens du Temple. Envoyé sur terre par Goren, son supérieur, il a pour mission de retrouver la trace d’une activité anormale dans le monde humain, ce qui le mène sur la trace de Moïra. Ce n’est qu’après l’attaque des darkanns au domicile de la jeune fille, qu’il découvre sa véritable identité. Alastar apprend alors la vérité à Moïra sur ses origines, à savoir qu’elle est le fruit d’un amour entre Breda, une fée supérieure de l’autre monde, et d’Aoden, un mortel appartenant au monde des Hommes. Un amour interdit par les nouvelles lois du monde féerique, depuis le conflit qui a fait trembler les deux mondes. Pour cette relation, ses parents ont été sévèrement punis par les Autorités Supérieures, les Dieux régissant les mondes. Toutefois Breda, sa mère, consciente du danger pour son enfant à naître, avait pris soin de dissimuler sa naissance, l’envoyant par la suite dans le monde des Hommes. Alastar, loyal envers Breda la blanche fée, fait le serment de protéger Moïra de ses dangereux ennemis au péril de sa propre vie. Pour cela, il affronte Rohr, l’elfe noir, et ses démons après que ces derniers ont attaqué Moïra et Tristan à leur sortie du restaurant l’Eden.
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Dans la confusion de l’attaque, la jeune fille se voit dotée d’un nouveau don, celui de pouvoir changer les ombres du mal en glace. Elle apporte ainsi une aide précieuse à Alastar lors du combat, dont ils sortent vainqueurs. Tristan, blessé en ayant voulu protéger Moïra, est conduit par leurs soins chez Nel, dont le père Samuel est médecin. Après avoir laissé la jeune fille entre de bonnes mains, Alastar se rend au temple afin de lever ses doutes, car avant de mourir sous le coup de son sabre, Rohr lui a révélé la trahison d’un gardien envers l’Ordre, qui s’est allié à son propre maître. Mais en pénétrant dans le bureau de Goren, Alastar tombe dans un piège, car celui-ci l’attend avec une arme empoisonnée par du venin d’aspic. Pendant ce temps, Moïra – ignorant le sort de son protecteur – reprend un semblant de vie normale auprès de Tristan. Seule Eleanor, dont la véritable identité n’est peut-être pas celle que l’on croit, se doute de quelque chose. Mais la saison sombre approche et avec elle la fête de Samain, ouvrant le passage entre les deux mondes…
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Prologue
Un calme absolu régnait dans la forêt, où les premiers rayons de soleil d’une belle matinée de printemps réchauffaient l’atmosphère, faisant s’évaporer la fraîche rosée du matin sur les feuilles des arbres. Une biche et son faon étaient en train de se nourrir, paisibles et ignorants d’un danger imminent, car, caché dans les feuillages, se tenait un homme. Il était grand et beau, ses cheveux reflétaient à eux seuls toutes les nuances de châtain. L’homme s’apprêtait à tirer une de ses flèches sur la mère ou l’enfant. Il inclina la tête de côté afin de disposer du meilleur angle de tir pour ne pas manquer sa cible. Il prit quelques instants pour se concentrer, puis inspira et expira le plus silencieusement possible afin de ne pas éveiller les soupçons de la mère. Il savait qu’il fallait agir vite et bien, car il ne disposerait que de quelques millièmes de seconde pour tirer, une fois que la biche aurait perçu le son d’un arc que l’on est en train de bander. Sûr de lui, il décida que le moment de tirer était venu, mais un événement aussi inattendu qu’inexplicable lui fit rater sa cible. La biche et son faon venaient d’échapper, par la circonstance d’un heureux hasard, à une mort certaine. L’homme, qui avait tout l’air d’être un chevalier à en juger par sa tenue, portait une armure aux multiples entailles, fruits de nombreuses batailles, ainsi qu’une épée rangée dans le fourreau qu’il avait accroché à sa ceinture. L’homme prit le temps de caler son arc dans son dos, avant de se protéger les yeux du dos de la main. Une lumière aveuglante l’empêchait de
voir correctement et lui avait, par conséquent, fait rater le gibier qu’il convoitait pour nourrir ses hommes. Il tenta de se rapprocher de la lumière dorée, mais une force inconnue le cloua littéralement au sol. — Qu’est-ce que ceci ? Si vous en avez le courage, montrez-vous au lieu de vous cacher sous pareil artifice, s’écria-t-il, irrité. Pour toute réponse, la lumière commença à s’estomper, laissant apparaître sur les côtés les courbes d’une femme, une très belle femme à en juger par la silhouette qui se précisait de plus en plus. La lumière fut soudain entièrement absorbée par la jeune inconnue et l’homme, qui avait laissé retomber sa main le long du corps, put la détailler à loisir. Ses longs cheveux bouclés étaient d’une magnifique couleur cuivrée et lui descendaient jusque sous la poitrine, contrastant avec sa robe immaculée qui la recouvrait jusqu’aux pieds. Des arabesques dorées, comme la lumière qu’elle avait aspirée, couraient le long des bras fins à la peau diaphane.
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Mais plus que le reste, ce fut la beauté des traits de son visage, régulier et d’une finesse sans pareille, qui le fascinèrent, tout comme les yeux couleur d’ambre qui le fixaient avec intensité. — Qui êtes-vous ? demanda-t-il, fasciné. — Mon nom est Breda, répondit une voix mélodieuse et dédoublée. — Quelle est cette étrange apparition ? Appartenez-vous au peuple des fées ? — Deux questions ! Vous ne pouvez escompter que je consente à répondre à une seule, alors que vous, Chevalier, ne m’avez même pas donné votre nom, déclara Breda, la blanche fée. L’homme fit une élégante révérence sous le regard amusé de la grande fée. — Aoden, pour vous servir, Madame. Ce fut dans ces circonstances que le coup de foudre entre la grande fée supérieure Breda et le chevalier répondant au nom d’Aoden eut lieu. Plus tard, alors que les jours, les semaines, les mois, les années se transformaient en siècle, Breda et Aoden vivaient toujours sereinement et dans le bonheur le plus total. Jusqu’au jour où Aoden s’aventura avec son arc et ses flèches à l’extérieur des limites de la terre des fées et des fés, sous le contrôle de sa femme. — Que fais-tu si loin de chez nous ? lui demanda une voix qu’Aoden reconnut immédiatement. Il se retourna, et comme à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, il ne put se retenir de contempler son épouse, d’une extrême beauté. — J’ai voulu chasser. Aller au-delà de nos frontières pour une seule fois, répondit-il, en baissant les yeux.
Breda savait qu’arriverait le jour où l’ancienne vie de son mari viendrait à lui manquer. Elle avait depuis toujours conscience qu’elle avait épousé un guerrier et non un homme de cour. — Regrettes-tu tes choix ? fit-elle, avec sa franchise habituelle. — Non, mais je ne peux nier que ma vie d’avant me manque parfois. Comprends-moi bien, je ne reviendrais sur aucun de mes choix nous concernant. Je te ferais cadeau de ma vie une nouvelle fois, s’il le fallait, Breda. Mais le manque est pourtant là… La grande fée s’approcha de lui et prit sa main dans la sienne. Cependant, alors qu’elle s’apprêtait à lui faire une révélation, le craquement d’une branche sous un pied retentit à leurs oreilles. Ils firent volte-face comme une seule personne, mais ne virent absolument rien. Après avoir pris la décision de regagner leurs terres, Breda entraîna Aoden jusqu’à la fontaine au centre d’une grande bâtisse. Là, elle posa la main de son époux sur son ventre avant de lui
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faire une émouvante confession. Malheureusement, ce moment de bonheur fut réduit à néant par un grondement sourd venant du ciel. Les moments de paix et de joie étaient désormais révolus…
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Chapitre I –J-7
Gabriel marchait d’un pas rapide et nerveux, il tenait fermement dans l’une de ses mains le parchemin que lui avait laissé Alastar quelque temps plus tôt. Si le jeune homme paraissait aussi tendu, c’est qu’il venait de prendre connaissance de son contenu. Alastar lui avait demandé de ne l’ouvrir que s’il venait à disparaître sans laisser de traces. C’était dans ces sombres circonstances que Gabriel se hâtait de rejoindre la salle du conseil où l’attendaient patiemment deux autres gardiens, pour leur faire part de la bien étrange confession de leur ami. Le premier, Ahawk, appuyé sur une vieille table en bois brut abîmée, avait deux têtes de moins que le second, debout à ses côtés et dont l’apparence pouvait s’apparenter à celle des géants de légende. Ahawk n’avait de cheveux que sur le sommet du crâne et encore, ces derniers étaient coupés à ras. Son véritable nom n’était connu de personne, seul son surnom, trouvé à cause des armes que lui seul savait manier avec force et habileté, servait à le nommer. Il possédait un visage pouvant être qualifié d’atypique et qui trahissait des origines indiennes. Les deux fentes qu’il avait à la place des yeux, et d’où perçaient deux billes noires brillantes, s’étiraient au-dessus de pommettes saillantes. Son regard perçant et examinateur pouvait vous étudier en une fraction de seconde, qualité essentielle chez un gardien de sa trempe. Sa musculature, imposante comparée à sa taille, lui donnait une corpulence trapue. Le second gardien, à ses côtés, avait au contraire des muscles longs, qui reluisaient sous sa peau couleur ébène. Son crâne était entièrement rasé et il arborait sur le visage des scarifications dont la vue vous glaçait le sang dans les veines. Ils portaient tous les deux la même tenue, une longue tunique sans manches et un pantalon d’un vert émeraude sombre et satiné. Gabriel s’avança vers eux, l’air grave. — Ahawk, Moumbator, fit-il pour commencer. L’un d’entre vous sait où se trouve Alastar ? Les deux gardiens échangèrent un regard équivoque avant de lui faire face. — C’est pour nous demander cela que tu nous as fait venir dans la salle du conseil ? demanda l’Indien. — L’heure est grave, mes frères. Je vous demande cela, parce que de la réponse découleront bon nombre de choses.
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