Helia Meldyn T2

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224 pages
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La Magie est libérée.


Alors que la population doit apprendre à vivre avec au quotidien, Helia Meldyn explore ses nouveaux pouvoirs et entame son apprentissage des dimensions.



Mais une organisation criminelle semble vouloir s’emparer de son Narak, le collier qui lui permet de maîtriser les vents.



Avec l’aide de ses amis, Helia doit déjouer les complots de ses ennemis tandis que la guerre s’étend de plus en plus.



Mais leur plus grand défi sera peut-être de surmonter les nombreux secrets qui se révèleront à eux... et qui changeront le cours de leur vie !

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EAN13 9783958581012
Langue Français

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ISBN : 978-3-95858-101-2 Première édition - Juin 2016
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HELIAMELDYN Tome 2 LA CONSPIRATION DU DÉSERT Hina Corel
Pénétrer dans la première dimension est instinctif pour la plupart des marcheurs. Si certains éprouvent des difficultés à créer leurs propres chemins, nous, nous trouvions cela très simple. Trop simple peut-être. Nos maîtres s’en sont rendu compte : nos capacités dépassaient celles des autres élèves sans que nous en ayons vraiment conscience. Pour nous, créer des chemins était comme dessiner un trait sur une feuille de papier. Nous pensions que tous les autres apprentis étaient comme nous. Mais ce n’était pas le cas. Pour nos maîtres, nous formions un groupe exceptionnel. Un groupe qui allait pouvoir appréhender les dimensions comme jamais. Un groupe de cobayes. Alors, ils nous ont réunis… Sokka Gan’Dalaban (Le 21 d’aan), extrait du Livre de l’Ombre
Chapitre 1 : Helia, la marcheuse Helia leva la tête vers la passerelle tout en se massant l’épaule. Voilà deux fois qu’elle échouait. Mais elle ne se laissa pas décourager pour autant. Inspirant un grand coup, elle retourna dans la première dimension. La poussière argentée stagnait partout dans l’espace qui s’étendait autour d’elle. Ici. Là-bas. Plus loin. Si loin même que les amas de particules blanches semblaient former des étoiles qui constellaient le décor environnant. La première fois qu’elle avait emprunté la première dimension pour se rendre au front, il n’y en avait pas autant. Mais depuis l’explosion de l’attracteur, situé au cœur de la Forêt des Étrangetés, plein de choses avaient changé. L’attracteur. Une machine formidable et terrible à la fois qui avait aspiré pendant plus de huit cents ans toute la magie de ce monde. Nombre d’espèces avaient péri au cours de ces siècles. Les elfes en faisaient partie. Les hommes, eux, avaient survécu à la puissance de l’appareil et avaient peu à peu oublié que la magie coulait jadis dans leurs veines. Elle était devenue rien de plus qu’une vieille légende, un rêve impossible pour certains. Mais aujourd’hui, la vie s’était métamorphosée. La vague de particules argentées qui avait déferlé sur le continent avait entraîné de formidables mutations. Les espèces vivantes avaient recouvré leurs capacités d’antan. Et les légendes qui avaient été oubliées durant près de mille ans étaient maintenant sur toutes les lèvres. Les humains pouvaient à présent utiliser la magie, comme autrefois. Étrangement, tous ne pouvaient pas s’en servir. Et personne n’était pour l’heure en mesure d’expliquer cela. Pourquoi certains détenaient de nouvelles aptitudes et d’autres non, alors que tous avaient été traversés par la déferlante de poussière argentée ? Une chose était certaine pour le moment : les populations les plus proches de la Forêt des Étrangetés avaient été les plus touchées. Tous ces changements avaient inquiété les gouvernements qui avaient pris des mesures express. Au royaume de Serejen, la reine avait ainsi ordonné la création exceptionnelle d’une académie de magie. Un ancien bâtiment elfique de la capitale avait été aménagé pour accueillir tous les futurs étudiants. Comme il n’existait aucun professeur dans le domaine, il fut décidé que des historiens se chargeraient d’endosser provisoirement le rôle d’enseignants. Si certains possédaient déjà des connaissances basiques sur le sujet, d’autres durent se renseigner à la hâte, farfouillant dans les recoins obscurs de la très ancienne bibliothèque d’Aldarin à la recherche de livres détaillés. Ils en trouvèrent peu, mais au moins en apprirent-ils un peu plus sur la magie. Les cours magistraux dispensés par ces précepteurs désignés, bien que non obligatoires, étaient toujours bondés et les retardataires tendaient l’oreille jusque dans les couloirs pour espérer capter quelques bribes de la leçon. D’après les rumeurs, le roi préparait une réforme complète de l’institut. En attendant, les soldats royaux avaient du pain sur la planche. Dès qu’une catastrophe d’origine mystérieuse se produisait, ils devaient intervenir et appréhender le ou les fautifs. Les gens étaient parvenus à dénicher de vieux grimoires poussiéreux dont les pages jaunies s’émiettaient au simple contact de la peau. Mais certaines résistaient encore et dévoilaient toutes sortes de formules, miraculeuses ou non, à base de plantes magiques. Quand il ne s’agissait pas de danses étranges qu’il fallait exécuter pour user de son pouvoir. En bref, on expérimentait la magie sous toutes ses formes pour tenter d’en déterminer ses limites, lesquelles restaient floues. Parfois, ces petites expériences tournaient mal. Ainsi, une dame avait préparé un breuvage afin que les plantes de son potager poussent plus rapidement. Résultat, elle avait dû quitter sa maison que la végétation, haute de trois mètres, commençait à attaquer. Les gardes avaient
passé des heures à trancher les tiges des végétaux jusqu’à ce que la potion ait cessé d’agir et que le jardin ait retrouvé son aspect ordinaire. Enfin, les plus créatifs inventaient des recettes ou des appareils magiques grâce à des vieilleries retrouvées au fond d’un grenier ou d’une cave. Mais, rarement, ils utilisaient leur propre pouvoir pour parvenir à leurs fins, se contentant de se servir des plantes ou des objets enchantés qu’ils dénichaient difficilement. Le roi, las de voir défiler tous les matins des centaines d’inventeurs en herbe, avait décidé l’ouverture d’un institut entièrement dédié à ces découvertes. Cela ne pouvait qu’aider l’académie de magie à se développer, de toute façon. Chaque invention était étudiée minutieusement. Il fallait vérifier si elle n’existait pas déjà, si elle fonctionnait vraiment, et noter méticuleusement les ingrédients ou les procédés qui avaient été appliqués. Autant dire que les bouleversements liés à la destruction de l’attracteur avaient attiré une petite partie de la population du sud vers la capitale de Serejen. D’ailleurs, les Ramianskans, qui avaient progressé vers le Nord et l’Est, renforçaient encore plus ce flux migratoire. Ces derniers, tout comme les hommes, avaient été touchés par l’immense vague de poussière magique. Leurs forces avaient décuplé. Mais pire, les créatures pouvaient utiliser la magie aussi facilement qu’elles levaient le bras. Partout, on s’en inquiétait. Parce qu’aucun individu n’était en mesure de lutter contre cette magie sans maîtriser la sienne. Helia se trouvait dans la première dimension. Un ruban écarlate partait de ses pieds et s’étirait derrière elle. Il représentait un chemin : celui qui passait par la porte de la salle d’entraînement pour gagner un couloir de l’école des marcheurs. Trois mois auparavant, elle ignorait qu’elle était une marcheuse. Son accès à la dimension était bloqué par un sceau d’origine magique. Ce dernier avait été brisé par les Minimials, de petits êtres volants aux couleurs variées. Ils lui avaient d’ailleurs avoué qu’ils en étaient les créateurs. Pas eux personnellement, bien sûr, mais une ancienne génération qui avait aujourd’hui péri. Aussi n’en savaient-ils pas plus. La jeune fille oublia la bande rouge pour se concentrer sur la poussière argentée qui stagnait dans les airs. Elle allait devoir créer son chemin par ses propres moyens si elle voulait atteindre la passerelle suspendue. Maître Val Tamui lui avait expliqué que les rubans déjà présents dans la première dimension représentaient les déplacements réguliers des populations dans le monde réel. Ainsi, plus les individus empruntaient un itinéraire, plus ce dernier devenait tangible. Les pistes qui se trouvaient donc dans la première dimension suivaient le tracé des routes et des accès aux bâtiments. Quant à leur couleur, si plusieurs hypothèses circulaient, une seule faisait quasiment l’unanimité auprès des marcheurs. Les chemins gris étaient les moins fréquentés, les blancs les plus pratiqués. Néanmoins, à la capitale de Serejen, la plupart des rubans étaient écarlates, signe que les elfes avaient longtemps vécu dans la ville. Repenser à ces êtres à la peau bleu pâle aussi solide que la roche noua le ventre de Helia. La dernière fois qu’elle en avait rencontré un, il avait voulu la tuer. Elle ne devait sa vie qu’à l’attracteur de magie qui avait explosé juste à temps. Son adversaire s’était fait engloutir par la puissante vague de magie sans même avoir eu le temps de s’en rendre compte. Quant à elle, son collier l’avait protégée un certain temps, mais le flux magique avait fini par s’infiltrer dans son bouclier improvisé. Après, ce fut le noir complet, jusqu’à son réveil dans une grotte au cœur des Dômes Enneigés. Helia poussa un soupir pour chasser Shiry de son esprit et se concentra sur son travail. La poussière magique s’agrégea sous sa volonté et forma un chemin argenté qui prenait peu à peu de l’altitude. Il atteignit pile la plateforme, comme elle le souhaitait. Elle visualisait sa destination comme un flash dans sa tête. Il était difficile d’expliquer cette sensation étrange. Celle qui permettait à un marcheur étant dans la première dimension de comprendre où il débarquerait dans le monde réel. Il s’agissait plus d’un sixième sens qu’autre chose. Helia emprunta le ruban fraîchement créé. Presque aussitôt, elle sortit de la première dimension, pensant atterrir sur la
passerelle. Ses pieds rencontrèrent le vide. M**** ! Elle était tombée assez de fois pour savoir que le sol mou de la salle n’amortissait pas très bien. Aussi vive que l’éclair, elle rentra donc dans l’espace des marcheurs, créa un nouveau chemin qui descendait jusqu’au sol et le suivit. Une fois sortie de la première dimension, elle leva ses yeux argentés vers son maître. Ce dernier soupira en haussant les épaules. De taille moyenne, son léger surpoids se cachait à peine derrière l’ample manteau des marcheurs qu’il portait. — Comme d’habitude, le chemin que tu as créé est très bien, la félicita-t-il. C’est la marche qui est trop… poussée. Avec un peu d’entraînement, tu devrais y arriver. Helia fit une moue incertaine. La magie déversée par l’attracteur avait créé de nombreuses perturbations dans la première dimension. Les marcheurs progressaient maintenant plus vite, si bien qu’ils rataient souvent leur point de chute. Certains s’étaient adaptés à ce changement, mais pas tout le monde encore. — Maître, dit la jeune fille. Est-il vrai qu’on ne peut pas marcher dans les bâtiments elfiques ? Haden lui avait déjà expliqué cela, mais il n’était pas entré dans les détails et elle souhaitait en savoir plus. — Oui et non, répondit-il. En fait, tous les édifices elfiques sont alimentés en magie par un réseau de canalisations souterraines, comme tu le sais. Ceux qui habitent dans les bâtiments elfiques peuvent décider ou non d’activer un champ de protection autour de leur maisonvia un panneau qui contrôle l’arrivée de la magie des tuyaux. En général, les gens activent la protection durant la nuit pour éviter l’intrusion de voleurs marcheurs dans leur demeure. Quand le panneau de protection est actionné, un marcheur venant de l’extérieur ne peut pas pénétrer dans la maison. De même qu’un marcheur se trouvant à l’intérieur ne peut pas en sortir. Ce dernier peut cependant accéder à la première dimension et en ressortir, mais toujours dans la maison. La protection érigée autour du bâtiment elfique agira comme une barrière dans la première dimension et l’en éjectera. Bien sûr, tout cela ne fonctionnait pas il y a trois mois quand il n’y avait pas de magie. Sauf dans le palais royal. Helia hocha la tête. La maigre magie des canalisations qui avait résisté à l’attracteur avait été détournée pour protéger le palais royal de Serejen voilà des décennies ou des siècles. Mais maintenant, les conduits avaient été débouchés et la poussière argentée y circulait librement. — Donc, c’est un filtre protecteur qui empêche l’extérieur et l’intérieur de la maison d’être liés par la première dimension. — Oui. Tu as compris ! Allez, retour à l’exercice maintenant ! Le maître lui fit recommencer une dizaine de fois l’exercice avant de la lâcher pour la journée. Contente, Helia sortit de la salle d’entraînement pour rejoindre Varlen dans le jardin de Dimensia, l’école des marcheurs. Il était assis, les yeux rivés sur un épais ouvrage. Svelte et grand, ses cheveux blancs lui tombaient sur les yeux. Son regard bleu rencontra celui argenté de la jeune fille quand il entendit ses pas approcher. — Alors ? demanda-t-il. — Eh non ! Toujours pas ! se lamenta Helia en se glissant au sol aux côtés de son ami. — Tu as essayé de t’arrêter avant d’être arrivée au bout de ton chemin ? glissa-t-il en refermant d’un coup sec son livre. Elle acquiesça d’un signe de tête. — Oui, mais rien à faire ! La distance entre le sol et la passerelle est vraiment trop courte. — Hum… alors là, je n’ai pas d’autres solutions, admit-il après un instant de réflexion. — Hé ! On bosse dur à ce que je vois, lança une voix derrière eux. Ils ne se retournèrent même pas et Haden se posta devant eux, les mains sur les hanches. Un large sourire barrait son visage pâle encadré par des cheveux bruns peignés, ce qui était plutôt rare de sa part. Ses yeux violets pétillaient de malice. — Figure-toi que je n’arrive toujours pas à atterrir sur cette passerelle ! bougonna Helia.
— Bah, lança Haden, moi non plus. Ton attracteur a tout chamboulé, on n’a plus qu’à s’entraîner à nouveau. Il fronça les sourcils et jeta des coups d’œil autour de lui. — Heu... Ryth et Ziwia ne devaient pas nous retrouver ? — Si, répondit immédiatement Varlen en pensant à la jeune fille blonde. À tous les coups, ils sont retenus par un combat à mort... — Il n’y a jamais eu de combats à mort dans cette école ! répliqua Helia. Même si je suis sûre que Raza aurait été d’accord si la proposition avait été faite ! — Ouais, eh bien heureusement qu’il n’est plus directeur, ce type ! Il me filait la chair de poule, avoua Haden en frissonnant. Trois mois plus tôt, le directeur Raza avait emmené cinquante de ses meilleurs élèves au front afin d’observer le comportement des Ramianskans. Mais tout ne s’était pas passé comme prévu. Les étudiants avaient été attaqués par des archers camouflés dans la pénombre de la Forêt des Étrangetés. Il y avait eu quatre blessés et un mort. De plus, Helia avait été kidnappée par Shiry. Bref, Raza avait rencontré une malchance incroyable et avait été démis de ses fonctions par le roi en personne. Quelqu’un devait bien payer pour ce qui était survenu. À sa place, un vétéran des légions d’or dirigeait l’école. — Et heureusement que je ne suis plus dans cette école ! s’exclama Helia en s’étirant. J’ai l’impression d’être en vacances à Dimensia ! — Hé, c’est parce que tu es nouvelle, dit Varlen en esquissant un sourire qui montrait ses dents blanches accordées à la couleur de sa chevelure. Bientôt, tu regretteras ces paroles… La jeune fille haussa les sourcils et s’apprêta à riposter quand Ryth et Ziwia arrivèrent. — C’est chouette que Raza ne soit plus là, lâcha Ryth, un garçon de taille moyenne aux cheveux bleus mi-longs. L’entraînement du matin est plus… doux. — Enfin, intervint calmement Ziwia, c’est parce que tu ne te donnes pas à fond. — Sûrement… Ryth n’était pas adepte des combats. Il n’était à Altagar qu’à cause de ses parents, qui l’avaient forcé à entrer dans cette prestigieuse école. Lui préférait l’histoire. Une passion qu’il ne pouvait assouvir que rarement. Le groupe se dirigea vers la nouvelle académie de magie. Dans l’ancienne cité elfique, les bâtiments aux parois blanches se dressaient sur plusieurs étages et reflétaient les rayons du soleil dans toutes les directions. Les routes formaient des tapis roulants brillants qui transportaient tous ceux qui se tenaient dessus dans un sens ou l’autre, selon qu’on se trouvait sur la droite ou la gauche. Comme c’était le début de l’été, la végétation qui bordait les axes de circulation égayait le décor de différentes couleurs. Mais au-dessus de leurs têtes, le ciel affichait des teintes grises. Les amis se firent doubler par trois jeunes adolescents qui progressaient sur des planches flottantes. Derrière l’une d’elles s’échappait un léger jet de flammes bleues. — Un Skateplane ! C’est une nouvelle invention ! s’exclama Haden sans quitter des yeux les objets qui s’éloignaient silencieusement. Mais ça coûte une fortune ! Ils doivent être sacrément riches ! Dès que j’ai assez d’argent je m’en achète un ! Du même genre que le Skateplane, ils croisèrent un homme dont les chaussures planaient légèrement au-dessus du sol. Il battait frénétiquement des bras pour maintenir son équilibre et faillit même tomber plusieurs fois. Les joues rouges de honte de sa maladresse, il lança un regard dédaigneux à tous ceux qui se moquaient et s’éclipsa au coin de la rue. Helia et ses amis arrivèrent finalement à une intersection où un disque bleu pâle marquait le centre. Comme les ascenseurs de la bibliothèque. Trois personnes apparurent soudain dessus, comme si elles surgissaient de nulle part. Ryth sursauta et Ziwia posa instinctivement la main