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Il s'appelait Alexandre...

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136 pages
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L'enfance d'Alexandre nous renvoie à ses souvenirs d'école dans le IXe arrondissement de Paris.
Puis, le récit bouleversant des rêves cauchemardesques d'Alexandre nous révèle toute l'horreur de la fin dramatique de Maurice dans une chambre à gaz d'Auschwitz.
Drôle et poignante, cette histoire raconte les secrets et les joies d'une enfance tourmentée, en brossant le portrait de la famille et des amis d'Alexandre.

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Ajouté le 02 février 2016
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EAN13 9782140000805
Langue Français
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d’Alexandre nous révèle toute l’horreur de la In dramatique de
Paul Sechter
Il s’appelait Alexandre…
et c’était mon copain
Roman
Il s’appelait Alexandre…
Paul SECHTER
Il s’appelait Alexandre…
et c’était mon copain Roman
Du même auteur Une randonnée pédestre. De Paris à Saint-Jacques-de-Compostelle, Édition Edite, Paris, décembre 2006 Deux petites filles juives dans la tourmente nazie, L’Harmattan, Paris, juillet 2009 En 1936, j'avais quinze ans, L’Harmattan, Paris, juillet 2011 À la recherche de l’Évangile primitif. Pour que disparaisse l’antisémitisme dont les racines sont chrétiennes, Éditions La Bruyère, er Paris, 1 trimestre 2014 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07122-0 EAN : 9782343071220
À toutes cees et ceux que j’aime tant
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I L’ENTERREMENT D’ALEXANDRE
Par une bee matînée douce et paîsîbe, Aexandre s’en est aé tranquîement vers sa dernîère demeure. I y pensaît depuîs queque temps. Dans son Grand Lîvre Noîr tout avaît été consîgné : ses recommandatîons, ses réf exîons, ses désîrs, ses voontés. Tout d’abord, î vouaît être încînéré. Puîs, un jour, à ’occasîon des obsèques d’un cousîn, î avaît changé d’avîs. « Comment peut-on se faîre încînérer », dîsaît e rabbîn quî dîrîgeaît a cérémonîe « quand des mîîons de Juîfs ont été réduîts en cendres après avoîr été assas-sînés par es nazîs ? » Troîs jours pus tard, Aexandre achetaît un caveau au cîmetîère de Bagneux.
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Aujourd’huî tout se déroua comme prévu. Une cérémonîe sobre, sans leurs nî couronnes, et sans prîse de paroe. Magré ’îmmense chagrîn quî m’envahîssaît en suîvant e cortège, tout en marchant e ong de ’ave-nue prîncîpae, entre ces tombes quî nous învîtent au recueîement, une vîeîe chanson s’est întroduîte sour-noîsement dans ma tête. Cette chanson, Aexandre et moî ’avîons souvent chantée autour d’un feu de camp : « Unîssons nos voîx avant de nous quîtter Je pars pour un très ong voyage La vîe est sî bee et e monde est sî beau Entonnons ce dernîer adîeu Je vaîs par e monde emportant ma joîe Et mes chansons pour bagage
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Je chante ’amour et je chante ma foî Je pars pour un très ong voyage.
Et sî je rencontre a mort en chemîn Fauchant parmî es rangs des gueux
Ouî je seraî prêt pour mon dernîer voyage Je chanteraî en dernîer adîeu.
Je quîtte ce monde en éguant ma joîe Et mes chansons en hérîtage
Je ègue ’amour et je ègue ma foî Je pars pour mon dernîer voyage. »
Le dernîer coupet avaît été écrît par Aexandre uî-même. Maîs î avaît changé d’avîs. I vouaît entendre une chanson de Chares Trenet avant de dîsparaïtre. Aussî, quand son cercueî fut déposé sur deux tréteaux au mîîeu de ’Aée des Noîsetîers, c’est par un extraît de « La Mer » qu’î a été accompagné : « La mer Qu’on voît danser e ong des gofes caîrs À des relets d’argent La mer Des relets changeants Sous a puîe » Puîs son corps fut descendu au fond du caveau, « pour retourner à a terre ». I étaît mîdî sîx. Dans son sommeî éterne, Aexandre se dît avec maîce : « Tîens ! maîs c’est ’heure de Catherîne ! »(de Médîcîs). Ensuîte ce fut e ong cortège des condoéances« À a famîe ». Reîne, a femme d’Aexandre étaît absente, ee venaît de subîr une opératîon de toute urgence. Ce furent es deux frères d’Aexandre, Abert et Afred, quî reçurent es embrassades, es poîgnées de maîns et es paroes de réconfort. Puîs, entement, trîstement, es yeux rougîs par e chagrîn, a foue quîtta e cîmetîère.
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