L

L'appel du ventre

-

Livres
180 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La diseuse passait ses journées sur un trottoir couvert, assise aux pieds de ceux qui montaient et descendaient l'escalier qui mène aujourd'hui encore au seul parking souterrain du centre. Du bout des doigts elle poussait sur votre chemin la soucoupe posée devant elle. Une photo d'enfant qui souriait était soigneusement scotchée sur le bord de l'assiette. D'où elle venait, il arrivait qu'un enfant naisse avec son double...

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 décembre 2011
Nombre de lectures 98
EAN13 9782296475588
Langue Français
Signaler un abus
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56693-4 EAN : 9782296566934
L’Appel du ventre
Nadia Harre
L’Appel du ventre
Roman
L’Harmattan
« Et ces nœuds que vos langues démêlent, non vraiment ça ne vous dit rien. Vous êtes bien tous les deux pareils, vous ne savez pas que vous avez....faim. »Dominique A Aux gens que j’aime. À ceux que j’ai aimés.
a diseuse passait ses journées sur un trottoir couvert, L assise aux pieds de ceux qui montaient et descendaient l’escalier qui mène aujourd'hui encore au seul parking souterrain du centre. Du bout des doigts elle poussait sur votre chemin la soucoupe posée devant elle. Une photo d'enfant qui souriait était soigneusement scotchée sur le bord de l'assiette. D’où elle venait, il arrivait qu’un enfant naisse avec son double. Un autre lui qui partageait son espace de la manière la plus effacée qui soit. Il mangeait ce qui ne manquerait à personne et dormait où il ne gênait pas, mais toujours à proximité de celui qu'il suivait. Il ne portait pas de nom. D'ailleurs quand on interrogeait le premier sur l’identité du second, il vous regardait droit et pointait le doigt sur son propre cœur. Après trois ou quatre années, le double achevait de s’amenuiser. Son petit corps se flétrissait au soleil et un jour, au détour d’un jeu ou d’une promenade, il s'égarait. L’enfant rentrait seul, sans en sembler changé ni affecté et on n'en parlait plus. Elle avait quitté les montagnes pour la ville, poussée comme les autres par l'exigence des morts ou bannie en leur nom. Aucune des histoires qu'elle vendait n'avait pour personnage central le double qui finissait par se perdre. La mienne si.