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L'arrière-goût de la liberté

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Français
251 pages

Description

Kesso, jeune fille de dix-sept ans, vit comme un drame la séparation de ses parents et le remariage de son père avec une Européenne. Elle se retrouve soudain projetée dans le tourbillon des évènements qui bouleversent son pays, la Guinée. C'est le début des années meurtrières des indépendances africaines.

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Publié par
Date de parution 29 janvier 2020
Nombre de lectures 125
EAN13 9782140141645
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Kesso, jeune Ille de dix-sept ans, vit comme un drame la séparation de ses parents et le remariage de son père avec une Européenne. Elle se retrouve soudain projetée dans le tourbillon des évènements qui bouleversent son pays, la Guinée. C’était le début des années
est pharmacienne de formation et écrivaine de vocation. Son premier roman,Chasseurs de rosée
Fatoumata Barry
L’arrière-goût de la liberté
Écrire l’Afrique Guinée
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L’arrière-goût de la liberté
Collection « Écrire l’Afrique Guinée » dirigée par Mamadi Koulibaly
Cette collection désire accueillir des textes de création et de fiction. Caractérisée par sa souplesse et son ouverture, elle souhaite rassembler des romans et des récits qui décrivent des sociétés à travers des histoires révélatrices de ce que vit la population du pays et d’un continent traversé par de multiples bouleversements.
Déjà parus
Mambi Magassouba,Tant d’errances, roman, 2020. Mohamed Condé,Le sofa de l’ombre, roman, 2019. Kadiata Kaba,La dame de fer, roman, 2019. Mamoudou Kabala Kabiné Kaba,Confidences d’enfants, roman, 2019. Michel Haba Michel Haba,Nathalie ou le grand pardon, roman, 2019. Ibrahima Dâka Diallo,La sève du terroir. Une page d’enfance au pays natal,2019. Fadaman Itala Kourouma,Odyssée d’une réconciliation, roman, 2019.
Fatoumata Barry
L’arrière-goût de la liberté
Roman
© L’HARMATTAN, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique – 75005 Paris
www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-18878-2 EAN : 9782343188782
Aux véritables Jeannine et Miss Grace, dont j’ai prêté les prénoms à des personnes ayant réellement existé.
A Yayé, guerrière familiale aux mains nues. A son humour et son courage désarmants.
A Thierno, fils de Yayé, fils aux nombreuses épithètes. A sa quête de statut dans un monde sans identité. A son courage atavique et son audace héréditaire.
A Kesso dans le tourbillon de la vie et à ses interrogations. Pour un regard d’avenir, car la vie est faite d’espérance.
A Olivier et Rouguie, pionniers résolus de la race humaine et de ses couleurs. Il n’y a pas de guerre sans douleurs !
Aux nombreux autres anonymes, dans le décor ou sur la scène… Entraînés malgré eux dans une guerre à petits moyens et à grande horreur. Ou victimes silencieuses d’un combat idéologique non choisi… Un jour, peut-être, témoignerez-vous !
A R-M et M, mes premières lectrices : Leurs bienveillantes critiques m’ont aidée.
CHAPITRE PREMIER
Tourments d’adolescentes
C’est d’abord Doua qui lui a volé la vedette. A la sortie du lycée, elle est allée se coucher au beau milieu de la piste rouge en attendant la voiture du Gouverneur qui passe par là tous les mardis vers midi. Elle espérait se faire écraser par lui, légèrement, sans trop se faire esquinter tout de même. Ce serait un faux accident bien sûr, mais cela aurait eu l’air d’un vrai suicide raté, les deux amies en avaient discuté quelques détails ensemble. Mais voilà : pressée et impétueuse comme à son habitude, Doua avait mis le plan à exécution dès le lendemain, sans même daigner s’en référer à Kesso. Naturellement la voiture ne l’a pas écrasée, ni même effleurée, elle était bien trop visible, robe blanche étalée dans une position naïve au beau milieu de la piste rouge, et non pas à la sortie du virage comme convenu hier avec son amie. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas la remarquer. Et le Gouverneur qui l’a bien vue s’est garé sur le bas-côté de la route. Il a tout de suite deviné ses intentions. Aussi, l’a-t-il calmement mais fermement embarquée dans sa voiture et ramenée chez elle. Puis, il s’est entretenu en aparté avec son père, le directeur adjoint de la société des mines, laCompagnie,comme tout le monde l’appelle ici. Ils ont parlé du désespoir universel et de la fragilité de l’adolescence en des termes
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onctueux et cotonneux. Ce qui a provisoirement clos l’affaire mais n’a pas empêché les langues d’aller bon train. Ce même jour, par on ne sait quelle indiscrétion, toute la cité connaît l’histoire du "suicide raté"de Doua. Tous ces cancans ont mis les projets de Kesso à l’eau et la puce à l’oreille de sa belle-mère qui n’a parlé que de ce faux suicide les jours suivants en lui défendant de revoir Doua : - Ton amie est une hystérique qui veut attirer l’attention sur soi, elle s’y prend de toutes les manières possibles. Après un tel verdict énoncé dans un langage châtié, Kesso aurait pu avaler un plein tube de comprimés de quinine amère sous ses yeux et mourir pour de vrai, Jeannine, sa belle-mère belge, n’y aurait pas cru un instant et n’aurait peut-être pas levé le petit doigt pour arrêter son ‘cinéma’. Pour elle, cela n’aurait été qu’une mise en scène de plus, une comédie de jeune fille en mal de spectacles. Et Kesso ne veut pas courir de risques inutiles, elle veut bien se battre contre la femme de son père mais pas y laisser sa vie. Elle a copieusement sermonné son amie une fois que celle-ci est revenue au lycée. Mais à Doua ça lui est bien égal, elle a obtenu au moins un résultat de son côté : son père lui prête vraiment attention désormais, ce qui ne lui arrivait pas auparavant. Il avait toujours trop à faire pour la bonne marche de l’usine, c’est cela seul qui avait l’air de compter pour lui. En dehors des caprices de Miss Grace, sa nouvelle et jeune épouse, mais ceci est une autre histoire. Toujours est-il que depuis ce faux suicide, son père a promis de l’emmener avec lui en France, pour les prochaines vacances scolaires. Doua
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