L'auberge du Bon Repos

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89 pages
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Description

Le détective Gaston CERVIER est embauché pour retrouver un homme d’affaires qui a mystérieusement disparu.


La dernière trace de son passage mène dans une sombre auberge perdue dans la montagne, et tenue par une famille patibulaire.


Gaston CERVIER, accompagné de son jeune apprenti Jean TIXIER, se rend dans cet endroit incognito pour savoir ce qui se trame en ces lieux...


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EAN13 9782373476002
Langue Français

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AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 4 *
L’AUBERGE DU « BON REPOS »
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
Nouvelle affaire
Pendant quinze jours, ce fut, comme disent les mari ns, le calme plat. Gaston Cervier, aidé de Jean, remit un peu d'ordre dans sa maison que cet affreux Bébert avait bouleversée.
Albert, complètement remis de ses blessures, était revenu à l'hôtel et avait repris son service.
— Je crois, dit un matin Gaston Cervier, que je ser ai obligé de déménager. Les malfaiteurs savent où j'habite et il n'est guère prudent de rester ici.
— Vous ne retrouverez peut-être pas un hôtel aussi coquet que celui-là, répondit Jean.
— Peut-être.
— Avez-vous quelque chose en vue ?
— Oui.
— Dans ce quartier ?
— Non, du côté du parc Montsouris. J'ai là un peint re de mes amis qui m'a indiqué un endroit charmant. Enfin, je verrai. Ce q ue je désire surtout, c'est une maison qui ait deux issues.
— Ce doit être assez facile à trouver.
— Oui, je verrai. En tout cas, je ne puis partir d' ici avant trois mois, et, d'ici là, il peut se produire bien des événements. Je pui s être appelé en province ou même à l'étranger.
— À l'étranger ?
— Mais oui. On me demande quelquefois en Angleterre .
— En ce cas, je ne pourrais vous accompagner.
— Et pourquoi pas ? Oui, je comprends, tu ne veux p as te séparer de ta mère, mais je la verrai à ce moment et je la tranqu illiserai. Tu vas avoir seize ans, à cet âge, on n'est plus un enfant. Et puis, a vec moi, tu ne risques rien.
Cette conversation fut interrompue par un coup de téléphone.
— Tiens, fit Gaston Cervier, qu'est-ce que cela ? E st-ce que l'on m'annoncerait l'évasion de Marcas ou celle de l'Ing énieur.
Le détective prit le récepteur et écouta. Jean l'en tendit qui disait :
— C'est cela, venez, je vous attends, nous verrons ce que je peux faire.
Le détective raccrocha.
— Rien de grave, dit-il, c'est un client qui me tél éphone. Oui, un client. Il arrive parfois que des gens me chargent de m'occupe r d'une affaire, soit pour dépister un voleur ou un faussaire, soit pour les d ébarrasser d'ennemis dangereux. Ces affaires sont parfois assez délicate s, mais elles rapportent généralement. Ce sont les revenants-bons du métier.
— Et ce client va venir vous trouver aujourd'hui ?
— Dans un quart d'heure, il sera ici. Il semble trè s pressé de me voir.
Gaston Cervier s'assit devant son bureau, compulsa quelques papiers.
— As-tu lu les journaux, ce matin ? demanda-t-il.
— Oui, répondit Jean. Avant de partir de chez moi, rapidement.
— Et tu n'as rien vu ?
je les parcours
— Non. Ah ! si. Il est question d'une bande de faux monnayeurs que la police recherche.
— Cela n'a aucune importance. Les faux monnayeurs s e font toujours prendre, soit qu'on les dénonce, soit qu'ils commet tent une imprudence en écoulant les pièces qu'ils ont fabriquées. Ces gens -là ne m'intéressent pas.
— Vous préférez vous occuper des bandits ? Des crim inels comme les As de Carreau ?
— Oui, parce que ces gens-là sont plus dangereux po ur la société.
— Il est probable que nous retrouverons encore des individus comme Marcas ou l'Ingénieur.
— Je ne sais, mais, ce jour-là, je me mettrai imméd iatement en campagne. Pour l'instant, je crois, mon ami, que tu peux repr endre ton entraînement et te préparer pour un prochain match de football.
Un violent coup de sonnette interrompit cette conve rsation. Albert alla ouvrir aussitôt. Peu après, il pénétrait dans le cabinet d u détective.
— Monsieur, dit-il, c'est la personne qui vous a té léphoné tout à l'heure.
— Faites entrer.
Bientôt la porte s'ouvrait et le visiteur était introduit.
C'était un homme d'une cinquantaine d'années, au te int bronzé, à la physionomie assez ingrate. Il était vêtu avec éléga nce, mais ne pouvait cependant passer pour un homme du monde.
Il salua d'une brève inclination de tête et dit son nom.
— Pablo Garcias, rentier.
— Veuillez vous asseoir, fit Gaston Cervier en dési gnant un siège. De quoi s'agit-il ?
Jean allait se retirer, mais le détective lui fit s igne de rester.
— Ce jeune homme est mon secrétaire, dit-il, vous p ouvez parler devant lui.
L'homme toussa pour s'éclaircir la voix, puis laiss a tomber ces mots :
— Monsieur, vous pouvez peut-être me sauver, mais i l n'y a pas de temps à perdre. Il se peut que, cette nuit, je sois assassi né.
— Assassiné... que me dites-vous là ?
— Je dis ce qui est, monsieur.
Gaston Cervier regarda fixement le visiteur. Il se demandait sans doute s'il n'avait pas affaire à quelque malheureux atteint du délire de la persécution... Il lui était parfois arrivé dans sa carrière de se tro uver en présence de déments qui se croyaient menacés par des ennemis imaginaires. C ependant son interlocuteur avait l'air très calme, bien qu'il pa rût assez ému.
— Voyons, fit le détective, expliquez-vous. Peut-êt re vous exagérez-vous la situation.
— Hélas ! je suis sûr de ce que j'avance. Vous alle z voir que je n'exagère pas. Voici. J'ai acquis une assez jolie fortune au Klondike où j'étais chercheur d'or. C'est, vous ne l'ignorez pas, un dur métier q ui ne demande pas seulement de l'énergie, mais aussi un certain don. Tout le mo nde ne peut pas réussir en cherchant de l'or. Beaucoup sont morts à la peine. Moi, j'ai eu la chance de réussir. D'abord simple mineur, je suis peu à peu d evenu prospecteur puis directeur d'une exploitation dont le rendement étai t considérable. J'avais, pour mon malheur, pris trois associés ; c'étaient de mal honnêtes gens dont j'ai été obligé de me séparer. J'ai même dû faire arrêter l' un d'eux, un certain José Manzana... Après avoir vendu ma mine, je suis revenu en Europe, et suis venu, il y a trois ans, me fixer à Paris. J'ai ache té à Saint-Germain, presque en bordure de la forêt, une villa entourée d'un parc, et je vis là avec un domestique, un brave garçon que j'ai ramené du Canada. Je n'ai plus de famille. Ma femme est morte, il y a dix ans, et mon fils m'a quitté e n Amérique pour aller s'installer dans la République Argentine. J'ai appris, un jour, qu'il avait été assassiné par les nègres qu'il employait dans ses plantations. Ce s détails ne sont peut-être pas inutiles, il faut que vous sachiez qui je suis. Maintenant j'en viens à l'affaire qui m'amène chez vous.
II
La villa de Pablo Garcias
Le visiteur se recueillit un instant, puis reprit :
— Pendant trois ans, j'ai vécu tranquillement. Bien que j'aie de la fortune, mes goûts sont modestes. Je sors très peu et passe mon temps à cultiver des plantes rares. Je ne me connais pas d'ennemis, quan d, hier soir, j'ai trouvé dans ma boîte une lettre qui n'avait pas été envoyée par la poste. Quelqu'un était venu l'apporter. J'ai aussitôt ouvert l'enveloppe e t dès les premières lignes j'ai compris. L'homme que j'avais fait autrefois envoyer au bagne s'est sans doute évadé, et je ne sais comment il est parvenu à me re trouver. Or, c'est cet homme qui me menace. Il me dit dans sa lettre que si je n e lui remets pas demain cinq cent mille francs, il me tuera, et il est capable d e le faire, car c'est un bandit de la pire espèce. Il n'est pas seul, j'en suis sûr, i l a avec lui des complices. Peut-être même a-t-il retrouvé les deux misérables dont j'ai été autrefois obligé de me séparer. Je sais que je pourrais me défendre, tuer ces individus à coups de revolver, mais c'est toujours grave. J'ai pensé qu' un grand détective comme vous arriverait à s'emparer du bandit qui me menace . Une fois que nous le tiendrons, je me charge du reste, car j'ai en main de quoi le faire l'envoyer au bagne. Consentez-vous, monsieur, à vous occuper de cette affaire. Je n'ai pas besoin de vous dire que je vous récompenserai large ment.
Gaston Cervier réfléchit un instant.
— Vous croyez, reprit-il, que cet homme n'hésiterait pas à vous tuer ?
— J'en suis sûr, il a d'ailleurs plusieurs crimes s ur la conscience. Il est capable de tout. Même si je lui donnais les cinq ce nt mille francs qu'il demande je n'en serais pas débarrassé. Il reviendrait à la charge et n'aurait de cesse qu'il ne m'eût ruiné. Il faut s'emparer de lui. Ensuite... ensuite, je me charge du reste.
— Avez-vous la lettre dans laquelle il vous menace ?
— La voici, monsieur.
Et M. Pablo Garcias, tirant de sa poche un petit pa pier bleu, le remit au détective. Celui-ci y jeta un coup d'œil.
— Voulez-vous, dit-il, me laisser cette lettre ?
— Je ne demande pas mieux, mais il est entendu, n'e st-ce pas, que vous consentez à me venir en aide ?
— Oui, j'y consens.