L'Épistolier était chargé !

-

Livres
178 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La réputation de Marc-Antoine DECOME n’est plus à faire. Ancien policier alcoolique et violent, il est devenu un détective irréprochable, si ce n’est son comportement loufoque et sa détestation de tous sauf de son meilleur ami, un basset artésien nommé Commissaire Robert.


Aidé par son fidèle lieutenant, un jeune issu de multiples immigrations, l’enquêteur s’est déjà imposé comme LE privé incontournable des environs de Perpignan.


Aussi, quand une sommité de la médecine se fait frapper par un inconnu à coups de clé anglaise, c’est immédiatement aux services de l’Agence M. A. R (Marc-Antoine et Robert) qu’il fait appel.


Mais une agression peut en cacher une autre et même, parfois, dissimuler un défi en forme de duel au soleil entre un shérif et un épistolier...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 1
EAN13 9782373477139
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
La saga « M.A.D. » prend en compte « les nouvelles règles de l’orthographe française ».
--
D’intrigants documents invitent en retour,
Orpailleurs, boucaniers, mais aussi enquêteurs.
Marc-Antoine et Damien concourent à leur tour,
Employés en cela par un souffre-douleur.
C’est un jeu, un duel, un défi qui s’affiche,
Épistolier taquin contre camp du shérif.
I
DAMIEN
Damien, un prénom qui engendre l'effroi – pour peu que vous ayez vu le film « La malédiction de Damien » – et dont l'étymologie première provient de Damia, la déesse grecque de la fertilité dont la la tinisation laisse à penser qu'il signifie « Conquérir ». Autant dire qu'il ne me sie d dans aucun sens du terme.
Déjà, parce que je suis d'origine austro-algérienne ou algéro-autrichienne, – c'est selon – oui, mon père est algérien, ma mère a utrichienne et, si vous voulez tout savoir, mon nom est Österreichischer Ben Abdal la. Ensuite, parce qu'avec mon physique et mon caractère, je suis loin de conq uérir quoi que ce soit, encore moins une partenaire pour tenter de la ferti liser. Je suis taillé comme un manche de nunchaku qui aurait été abandonné par son frère jumeau et j'ai le sexe-appeald'une batterie asséchée.
De mon père, j'ai hérité ma gueule d'Arabe, mon tei nt gris, mes cheveux indéfinissables. De ma mère… rien. Mais j'aimerais bien savoir qui m'a refilé ses yeux globuleux et son nez aquilin.
Je suis né en Belgique, à Néchin, vous savez, là où les gros blonds russophiles s'exilent pour payer moins d'impôts.
Tout jeune, mes parents m'ont déménagé à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, dans le quartier du Champ de Mars, une petite cité d'une petite préfecture, d'un département de bord de mer. C'est moche, mais c'est chez moi et j'aime ma barre H. L. M., mon quartier, ma ville .
C'est là, dans le secteur de Las Cobas, que je trav aille maintenant. Je dis maintenant, car, comme beaucoup, j'ai longtemps été au chômage. Mais le destin m'a fait rencontrer mon patron, Marc-Antoine Decome, un détective hors du commun – c'est le moins que l'on puisse dire – p our lequel je travaille depuis quelque mois.
Marc-Antoine Decome… comment pourrais-je le décrire ? C'est un fou qui ressemble à un désaxé. Une chevelure blanche fuyant un crâne dans le chaos ; un visage ravagé par une moustache à l'ancienne rem ontant en favoris jusqu'au lieu de l'exode ; un corps trapu, tatoué d'une gril le de morpions sur le torse. Et encore, là, je ne le décris que physiquement.
Mentalement, il a encore l'air plus dingue. Il se p rend pour un shérif, a pour meilleur ami un chien, une sorte de basset super po ilu qu'il considère être son ancien chef déguisé – ça fait des années qu'il n'a pas changé d'accoutrement. Il
est misogyne, raciste, rétrograde, autoritaire, par fois violent. Quand il interroge des suspects – et il excelle dans cet art –, il reg arde toujours son adversaire de travers, à côté, en parlant à quelqu'un d'autre, un e femme, un homme, un gamin, bref, je n'ai jamais rien compris sauf qu'il obtient des résultats remarquables.
Son fameux ami, le Commissaire Robert Roger, est un clébard qui pue, bave, mange, chie, pisse, ronfle et qui, quand ça l ui prend, mord les testicules des gens.
Comme ça, sur le papier, notre équipe n'a pas fine allure, mais, en vrai, nous sommes les meilleurs.
Notre terrain de jeu, Perpignan et ses environs.
Je m'appelle Damien Österreichischer Ben Abdalla, j 'ai vingt-cinq ans et je combats le crime au sein de l'« Agence de détectives M. A. R. »Marc- – Antoine et Robert.
II
MARC-ANTOINE
J'ai été flic, dans une autre vie. Une vie faite d'insouciance, d'alcool, de sexe et d'argent facile. Une vie où le code d'honneur ét ait omis, où le sens du service n'existait pas.
Mais un évènement anodin a bouleversé mon existence . Je suis tombé dans la piscine, sans mon petit pull marine. J'ai bien touché le fond et, dans le fond, je n'étais pas si con. J'ai attendu un peu… un peu tro p, le temps de sombrer dans le coma.
J'y suis resté deux mois et demi – dans le coaltar, pas dans la piscine – un long roupillon qui m'a permis de changer, physiquem ent et mentalement.
Physiquement, mes tifs et mon teint ont blanchi, sa ns que je sache pourquoi. Cela me donne un air un peu fantomatique, mais l'intensité de mon regard bleu lagon offre une touche de couleur dans ce vide lactescent, une oasis dans une mer de sel.
Mentalement, la mutation a été saisissante. Adieu l a police, les magouilles, l'alcool, le sexe, l'argent, Paris… J'ai débarqué à Perpignan. Pourquoi là ? Parce que mon ami le Commissaire Robert, un expert du dég uisement qui se fait passer pour un chien depuis des années – il n'a jam ais voulu me dire quelle bande il voulait infiltrer ainsi – a sélectionné l' endroit, sur une carte de France, en urinant sur cette ville.
Certains déménagent à un vol d'oiseaux de chez eux, d'autres à un jet de pierre, nous, c'était à un jet de pisse.
Fini l'alcool, je ne jure que par les bulles de mon soda que je fabrique moi-même. Adieu les magouilles, je suis devenu la droit ure personnifiée. Au revoir, les filles faciles aux mœurs aussi légères qu'un gr ain de poussière. Quant au fric, ma pension suffit largement à vivre et je peu x donc me consacrer pleinement à mon bizness peu rémunérateur.
À Perpignan, au début, les choses étaient calmes. J 'étais destiné à faire la tournée des cocus pour surprendre les couples adult érins. Mais, depuis, les choses sont différentes, le crime gangrène la socié té jusque sous le soleil, jusqu'au bord de mer, jusqu'à ma porte.
Ah… une dernière chose à vous préciser, pour que vo us sachiez vraiment à qui vous avez affaire. Depuis mon retour du grand v oyage, je possède un don, celui de vous voir « multiple », de voir chacune de vos personnalités, d'observer chaque être en vous, le veule, le courageux, le men teur, le calculateur, le